La Grèce, le FMI et les autres…

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/30/grece-les-europeens-contestent-le-pessimisme-du-fmi_5071372_3234.html

Grèce : les Européens contestent le « pessimisme » du FMI

Les créanciers du pays ne veulent pas d’un effacement de la dette alors que le Fonds monétaire international juge celle-ci « totalement intenable ».

LE MONDE ECONOMIE | 30.01.2017 à 09h31 • Mis à jour le 30.01.2017 à 10h06 | Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance) et Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

 La directrice générale du FMI Christine Lagarde, et le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, en 2015.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde, et le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, en 2015. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/ FRENCH-POLITICS POUR « LE MONDE »

Quand finira donc l’interminable bras de fer entre le Fonds monétaire international (FMI) et les créanciers européens de la Grèce qui prend le pays en otage depuis des mois ?

Vendredi 27 janvier, la fuite d’un rapport très alarmiste du Fonds sur la soutenabilité de la dette publique grecque (180 % de son produit intérieur brut), a de nouveau braqué les partenaires européens du FMI et créanciers du pays (mécanisme européen de stabilité (MES) et Banque centrale européenne (BCE)). « La dette grecque est totalement intenable. Même avec une application pleine et entière des réformes approuvées dans le cadre du programme d’aide, la dette publique et les besoins de financement vont devenir explosifs sur le long terme », écrit le FMI dans ce rapport qui sera présenté à ses 189 pays membres lundi 6 février. Sans mesures d’allégement, la dette grecque atteindrait 275 % du PIB du pays en 2060.

 

Ce constat est loin d’être le premier dressé par le FMI. Depuis début 2015, il insiste sur le caractère intenable de la dette grecque, espérant que le MES et la BCE accepteront des mesures d’allégement substantielles. C’est précisément parce qu’il n’a, jusqu’à présent, pas réussi à les convaincre qu’il n’a toujours pas pris la décision de participer au troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros), dix-huit mois après son lancement.

Les Européens ne veulent pas entendre parler d’un effacement de dettes

De fait : ses statuts interdisent au FMI d’aider un pays si à terme, sa dette n’est pas soutenable. Soit les créanciers font un effort en acceptant de renoncer en partie à leurs prêts, soit c’est le pays qui adopte des mesures d’austérité supplémentaires pour être en mesure de les rembourser.

Mais les Etats de la zone euro (qui contribuent au MES), contestent le « pessimisme » du FMI. « Le fardeau de la dette de la Grèce peut être soutenable, si les réformes convenues sont pleinement mises en œuvre, grâce aux conditions de prêt exceptionnellement favorables du MES sur le long terme et aux mesures à court terme d’allégement de la dette récemment adoptées », a fait savoir un porte-parole du MES dimanche 29 janvier.

Les Européens ne veulent pas entendre parler d’un effacement de dettes. Ils ont juste consenti mi-janvier à ce que le MES procède à des opérations très techniques, avec pour conséquence de légères baisses de taux sur certaines tranches de dette. Cependant, Berlin ne veut pas accepter de baisses substantielles des taux ni d’allongement des maturités avant les élections allemandes. Tout en réclamant, de manière parfaitement contradictoire, comme les Pays-Bas ou la Finlande, que le FMI contribue quand même au troisième plan, assurant que sa présence rend plus crédible le sauvetage du pays pour les marchés financiers.

Coupe automatique

En attendant, les Grecs sont pris en otage. Comme les Européens ne cèdent pas sur la dette, le FMI exige d’eux des garanties qu’ils parviendront à dégager un surplus primaire (surplus budgétaire hors paiement des dettes) de 3,5 % de leur PIB sur le long terme… Le premier ministre Alexis Tsipras a déjà accepté au printemps dernier d’adopter un mécanisme de coupe automatique dans les dépenses publiques si ce ratio n’était pas atteint en 2018. Les créanciers suggèrent maintenant qu’il soit étendu au-delà de 2018.

« Nous pourrions éventuellement accepter sous conditions l’extension du principe mécanisme d’alerte automatique en cas de dérapage budgétaire. Mais nous ne légiférerons en aucun cas de nouvelles mesures. Tout le monde semble l’avoir compris sauf le FMI », affirme Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement grec dans une interview au quotidien Ethnos dimanche 29 janvier.

Lire aussi :   Les pays du Sud réclament une zone euro plus solidaire

Pour Alexis Tsipras, il n’est pas possible d’aller plus loin dans les épreuves infligées au peuple grec. « Il est absolument hors de question de prendre des mesures d’austérité supplémentaires qui iraient au-delà de ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord avec les créanciers, avertit-il dans un entretien au Journal des rédacteurs (Efimerida Ton Syntakton). Nous n’ajouterons pas seul un euro de plus dans l’austérité ! »

Besoin d’un nouveau prêt

Samedi, les Grecs – notamment les agriculteurs et les personnels des hôpitaux publics – étaient une nouvelle fois dans la rue pour dénoncer les coupes budgétaires dans les services publics. Dans ce contexte tendu, le leader du parti d’opposition Nouvelle Démocratie réclame des élections anticipées immédiates. « Le gouvernement conduit le pays à une impasse, affirme Kyriakos Mitsotakis. Qu’il donne dès maintenant une chance au peuple grec de décider comment il veut voir les choses évoluer. »

Alexis Tsipras continue d’affirmer qu’il souhaite aller au bout de son mandat en 2019 mais cela va devenir de plus en plus compliqué, au vu des exigences des créanciers. D’autant que la Grèce va avoir besoin d’un nouveau prêt au printemps, pour parvenir à rembourser en tout 13 milliards d’euros de prêts arrivant à échéance d’ici juillet 2017…

Lire aussi :   Les discussions sur l’allégement de la dette grecque reprennent

 

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Après le Brexit, un Grexit

Source : http://www.lepoint.fr/economie/l-allemagne-poussera-t-elle-la-grece-hors-de-l-euro-31-01-2017-2101491_28.php

L’Allemagne poussera-t-elle la Grèce hors de l’euro ?

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a rouvert le débat sur une possible sortie de la zone euro de la Grèce, accablée par sa dette.

Par 6Medias

Modifié le 01/02/2017 à 06:14 – Publié le 31/01/2017 à 20:31 | Le Point.fr
Le ministre des Finances allemand a parlé ouvertement d'une sortie de la Grèce de la zone euro.
Le ministre des Finances allemand a parlé ouvertement d’une sortie de la Grèce de la zone euro. © SOOC/ Alexandros Michailidis

 

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Une hécatombe qui se poursuit…

Déjà fin décembre 2016, M. l’Ambassadeur de Grèce était retrouvé mort à Rio…

http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/30/01003-20161230ARTFIG00251-l-ambassadeur-de-grece-disparu-au-bresil-serait-victime-d-un-crime-passionnel.php

Le scénario macabre du meurtre de l’ambassadeur de Grèce au Brésil

  • Par Juliette Mickiewicz , AFP agence
  • Mis à jour le 31/12/2016 à 11:37
  • Publié le 30/12/2016 à 21:56
Françoise de Souza Oliveira, la femme de l'ambassadeur grec à l'entrée du commissariat de Rio, quelques minutes avant de reconnaître sa participation à l'homicide de son mari.
Françoise de Souza Oliveira, la femme de l’ambassadeur grec à l’entrée du commissariat de Rio, quelques minutes avant de reconnaître sa participation à l’homicide de son mari. Crédits photo : Fabiano Rocha / AP

La police parle d’un crime passionnel : l’épouse, Françoise de Souza Oliveira, 40 ans, entretenait une liaison avec Sergio Moreira, un policier de 29 ans. Ensemble, ils sont soupçonnés d’avoir planifié l’assassinat du mari, l’ambassadeur Kyriakos Amiridis.

L’ambassadeur de Grèce au Brésil, Kyriakos Amiridis, âgé de 59 ans, retrouvé carbonisé jeudi dans sa voiture dans les faubourgs de Rio, a été assassiné par l’amant de sa femme. Sergio Gomes Moreira, un policier militaire de 29 ans, a avoué l’avoir tué dans le cadre d’un «crime passionnel» planifié par son épouse de 40 ans, Françoise de Souza Oliveira. Le commissaire de la police Evaristo Ponte a annoncé lors d’une conférence de presse que la femme et l’amant ont été placés en détention provisoire.

Un cousin de l’amant, Eduardo Moreira de Melo, 24 ans, a également été arrêté. Il est soupçonné d’avoir fait le guet pendant le meurtre et d’avoir apporté un soutien logistique.

Mercredi, l’épouse de l’ambassadeur avait signalé la disparition de Kyriakos Amiridis, alors que le couple passait quelques jours de vacances dans sa résidence secondaire de Nova Iguaçu, au nord de Rio, avec sa fille de dix ans. Elle avait indiqué à la police n’avoir pu entrer en contact avec son mari depuis son départ lundi, seul à bord du véhicule loué par le couple pour leurs vacances.

L'ambassadeur grec, Kyriakos Amiridis, durant une cérémonie officielle à Brasilia (Brésil), le 25 mai 2016. MARCOS CORREA / AP
L’ambassadeur grec, Kyriakos Amiridis, durant une cérémonie officielle à Brasilia (Brésil), le 25 mai 2016. MARCOS CORREA / AP

Dès le lancement de l’avis de recherche, la police brésilienne avait précisé qu’elle écartait l’hypothèse d’un enlèvement, en l’absence de prise de contact avec la famille.

C’est à Nova Iguaçu que la voiture de l’ambassadeur a été retrouvée jeudi, entièrement brûlée. Un corps inerte gisait à l’intérieur. Les autorités brésiliennes ont alors effectué des tests ADN afin d’identifier la personne, une manipulation difficile car le corps était «totalement carbonisé».

Tué à son domicile, le corps a été incendié dans leur voiture sous un pont

Interrogée une première fois par la police, Françoise de Souza Oliveira a été convoquée à nouveau vendredi pour s’expliquer sur ses déclarations parfois contradictoires. L’épouse a rapidement vu les soupçons se concentrer sur elle et son amant, le policier militaire, «une personne de confiance» en charge des questions logistiques et de sécurité auprès de la famille.

Durant ce nouvel interrogatoire, Françoise de Souza Oliveira a «fondu en larmes et a fini par dire que le policier militaire était l’auteur du meurtre», a détaillé le commissaire Evaristo Ponte.

L’amant a pour sa part affirmé aux policiers s’être d’abord battu avec l’ambassadeur puis l’avoir étranglé dans un geste de légitime défense. Une version mise en doute par les policiers qui ont retrouvé un canapé taché de sang dans la résidence. Selon la police brésilienne, l’épouse et l’amant ont planifié ce «crime passionnel» et demandé l’aide du cousin de l’amant en promettant de lui verser 80.000 reales (environ 24.000 dollars) pour son assistance.

La voiture calcinée de l'ambassadeur grec. RICARDO MORAES / Reuters
La voiture calcinée de l’ambassadeur grec. RICARDO MORAES / Reuters Crédits photo : RICARDO MORAES/REUTERS

L’ambassadeur aurait été tué par l’amant dans la soirée de lundi, à l’intérieur du domicile, puis celui-ci aurait ensuite transporté le corps dans le véhicule avant de l’incendier sous un pont.

Kyriakos Amiridis était devenu cette année ambassadeur de Grèce au Brésil. Il y avait déjà été en poste entre 2001 et 2004, comme consul général à Rio de Janeiro. Entre-temps, il a notamment été ambassadeur de Grèce en Libye, de 2012 à 2016.

Dans une lettre adressée au premier ministre grec Alexis Tsipras, le président brésilien Michel Temer a fait part de sa profonde tristesse et a adressé ses condoléances à la famille de l’ambassadeur ainsi qu’au peuple grec.

L’ambassade de Grèce à Brasilia n’a fait aucune déclaration.

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Une escalade de la violence ?

Après l’assassinant du Consul russe à Ankara,  le Consul russe à Athènes à été retrouvé mort, va-t-on vers une nouvelle escalade de la violence ?

http://www.leparisien.fr/international/le-consul-de-russie-retrouve-mort-dans-son-appartement-a-athenes-09-01-2017-6546003.php

Grèce : le consul de Russie à Athènes retrouvé mort dans son appartement

>International|09 janvier 2017, 23h15 | MAJ : 10 janvier 2017, 6h23|0
Un corbillard quitte l’appartement du consul de Russie retrouvé mort à Athènes.

REUTERS

InternationalRussieGrèceAndreï MalanineAthènes

Le diplomate vivait seul dans un immeuble appartenant à l’ambassade de Russie, situé dans une rue très surveillée.

«Les premières constatations attestent d’une mort causée par une pathologie, indique un policier. Mais nous ouvrons cependant une enquête». Le chef des services consulaires russes en Grèce a été retrouvé mort dans son appartement à Athènes, selon une annonce de la police grecque, lundi. Andreï Malanine, 55 ans, a été retrouvé au sol, allongé sur le dos, dans sa chambre à coucher, selon une source policière, précisant qu’il n’y avait pas de signes d’effraction.

 

Une rue très surveillée

 

Le diplomate vivait seul dans un immeuble appartenant à l’ambassade de Russie, situé dans une rue très surveillée où se trouvent également la résidence officielle du Premier ministre grec et celle du président, selon la même source. Les autorités russes ont confirmé la mort du diplomate, selon l’agence RIA Novosti.

 

Selon des médias grecs, les employés du consulats s’était inquiétés après avoir remarqué l’absence de Andreï Malanine au travail lundi matin.

  Leparisien.fr avec AFP

 

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Le Kosovo, un nouveau problème au cœur de l’Europe…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607201026834134-kosovo-djihadistes-syrie-irak/

Des dizaines de Kosovars dans les rangs des djihadistes en Syrie et en Irak – © AP Photo/ Darko Vojinovic – International – 12:42 20.07.2016(mis à jour 13:00 20.07.2016) URL courte

Plus de 300 citoyens de la république autoproclamée ont rejoint les rangs des groupes djihadistes opérant sur le territoire syrien et irakien.

Soixante-dix ressortissants du Kosovo prennent part actuellement aux combats en Irak et en Syrie aux côtés des islamistes radicaux, a annoncé le ministre kosovar de l’Intérieur Skender Hyseni.

« Nous devons tirer les leçons du récent attentat à Nice en France (…). 314 citoyens de notre Etat ont participé aux combats en Irak comme en Syrie. Pour le moment, 70 d’entre eux sont toujours actifs, et 57 autres ont trouvé la mort », a fait savoir le ministre cité par le site Kossev.

Les musulmans du Kosovo suivent l’école hanafite de l’islam, version libérale qui accepte d’autres religions. Cependant, les médias occidentaux indiquent que les prêcheurs radicaux ont gagné du terrain au Kosovo ces dernières années en faisant la propagande de la suprématie de la charia et des idées du djihad violent.


Source : https://fr.sputniknews.com/international/201512101020187129-kosovo-djihadisme-ei/

 

Au Kosovo, une petite ville tranquille devenue « capitale du djihadisme » –  International – 16:29 10.12.2015(mis à jour 17:31 10.12.2015) URL courte – Dossier: Indépendance du Kosovo (195)  –

La petite municipalité kosovare de Kacanik à la frontière macédonienne est l’un des leaders européens pour le nombre de personnes parties combattre dans les rangs de Daech.

22 habitants de la municipalité de Kacanik, au Kosovo, combattent en Syrie et en Irak, raconte la chaîne de télévision croate HRT. A titre de comparaison, la population de cette localité s’élève à 34.000 personnes (99% sont des Albanais).

L’un d’eux, Lavdrim Muhadzeri, surnommé le Jihadi John (nom d’un bourreau de l’État islamique) des Balkans, est un combattant de Daech qui se trouve, d’après certaines informations, dans le nord de la Macédoine. Il est connu pour des massacres atroces de militaires syriens. Par exemple, une vidéo publiée en mai dernier montre Muhadzeri abattant un soldat syrien attaché à un pilier en lui tirant dessus à l’aide d’un bazooka.

Les autorités locales démentent les informations qualifiant Kacanik de « capitale du djihadisme » et accusent les médias de la diaboliser.
Selon Florim Neziraj, président de la communauté musulmane locale qui habite à Kacanik depuis trois ans, affirme qu’aucun conflit religieux n’y a été enregistré. Et peu importe le nombre de personnes parties faire la guerre à l’étranger.

Besim Iljazi, maire de la ville, prétend que rien ne dénote la présence d’éléments radicaux même si l’on se promène dans la rue pendant un mois.

Comme pour démentir ses propos, les gens ressemblant à des wahhabites se cachent de la caméra dans la rue principale de la ville et les habitants se refusent à tout commentaire.

Le chômage, la précarité et l’absence de perspectives sont les principales raisons qui poussent les jeunes gens à fuir Kacanik pour se rendre en Irak et en Syrie, où l’on leur promet 30.000 euros par an, estime HRT. Mais nombre d’entre eux se rendent vite compte qu’on les a trompés et cherchent à rentrer au plus vite.

Les psychologues qui s’occupent de ce problème peinent à dire qui est le plus dangereux: ceux qui, euphoriques, partent en Syrie et en Irak et y restent ou ceux qui en reviennent déçus.

L’Etat autoproclamé du Kosovo occupe la première place en Europe pour le nombre de combattants partis pour faire la guerre du côté de Daech.

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Le Kosovo revient sur la scène, une erreur que l’on aurait pu éviter…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607201026849443-kosovo-citadelle-europe-daech/

Le Kosovo, une citadelle européenne de Daech – © AFP 2016 Jean-Marc Mojon

International

18:49 20.07.2016(mis à jour 21:47 20.07.2016) URL courte
 
Environ 70 citoyens du Kosovo sont impliqués dans les combats en Irak et en Syrie, contre 300 auparavant, a déclaré le ministre kosovar de l’Intérieur Skender Hyseni. Selon lui, en Irak et en Syrie, il y a également 38 femmes et 27 enfants provenant du Kosovo.

Le Kosovo est depuis longtemps considéré comme le « bastion européen » de l’Etat islamique (EI, Daech). Le représentant russe au Conseil de sécurité de l’Onu a notamment qualifié le Kosovo de « centre de formation » de Daech, rappelant que cette région avait donné aux groupes islamistes radicaux plus de membres en proportion du nombre total d’habitants que d’autres pays.

Cependant, les autorités kosovares sont impuissantes face à ce problème, parce que, tout d’abord, beaucoup de ceux qui sont partis en Syrie et en Irak étaient des combattants de l’Armée de libération du Kosovo, une organisation terroriste dont les soldats sont toujours considérés comme des héros de la guerre de libération du Kosovo de « l’occupation serbe ».Les frontières du Kosovo avec l’Albanie et la Macédoine n’existent que sur le papier et les camps de formation des radicaux sont bien cachés. Ainsi, il est presque impossible de contrôler les cellules des islamistes.

« Des dizaines de combattants du Kosovo ont lutté aux côtés de l’Etat islamique, et ils sont tous soigneusement surveillés par les autorités compétentes. Mais il est impossible de tout prévoir, et il y a beaucoup cas de ce genre », a indiqué à Sputnik Fadil Lepaja, chef du Centre des recherches balkaniques.

Beaucoup de jeunes, non seulement du Kosovo, mais aussi de la Bosnie-Herzégovine et des régions musulmanes de la Serbie, sont recrutés alors qu’ils suivent un programme éducatif gratuit dans des Etats du monde arabe qui soutiennent les terroristes islamistes. Plus tard, on les retrouve dans des cellules islamistes en Europe, où, le cas échéant, ils sont prêts à prendre part à des actes terroristes.Selon des experts, il est difficile pour les services secrets des pays européens d’identifier les membres de groupes terroristes, car la plupart d’entre eux sont des jeunes bien instruits et dont la biographie ne laisse rien transparaître.

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la puissance… n’est pas immuable…

Source :

http://www.diploweb.com/La-puissance-n-est-plus-ce-qu-elle.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=DOSSIER_1__LA_PUISSANCE&utm_medium=email

La puissance n’est plus ce qu’elle était

Par Francis GUTMANN , le 23 mai 2012  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Ambassadeur de France. F. Gutmann a été Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, directeur de Péchiney, de la Croix Rouge, PDG de PC Ugine Kuhlmann, de Gaz de France et de l’Institut Français du Pétrole

RDN. C’est en balayant avec l’Ambassadeur de France Francis Gutmann l’ensemble des modes d’exercice de la puissance que l’on prend conscience de la relativité de chacun d’eux et de l’incapacité de leur combinaison à établir un pouvoir incontestable et à garantir une sécurité imparable. L’ère de la puissance relative a commencé.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le Diploweb.com est heureux de vous présenter cet article publié en mai 2012 dans le n°750 de la Revue Défense nationale, pp. 11-14.

POUR Le Larousse et Le Robert, la puissance est le pouvoir de commander, de dominer, d’imposer son autorité. Ainsi définie, elle est tout ce qui permet d’instaurer avec autrui un rapport de forces déséquilibré, en faveur de ses intérêts, ses valeurs, ses opinions. Mais il existe aussi une acception négative de la puissance, selon laquelle elle est tout ce qui empêche un rapport de forces à son détriment. Au total, comme le disait Raymond Aron, elle est le pouvoir de dissuader quiconque de vous faire disparaître ou celui de donner une certaine capacité de faire prévaloir votre volonté.

Or la puissance, à présent, ne se confond plus, comme elle le fit longtemps, avec la seule force. Ses éléments se diversifient, en même temps ses effets deviennent plus incertains. Au reste, les plus forts ne sont plus toujours les plus puissants. La violence des faibles peut les rendre plus forts que les plus puissants.

Puissance militaire

Longtemps, la puissance s’est entendue essentiellement du point de vue militaire. Mais les menaces se situent désormais dans un espace géographique de plus en plus étendu et leur temporalité devient imprévisible. L’adversaire de surcroît peut être sans visage clairement identifiable.

Le militaire doit continûment s’adapter. En même temps, il tend à n’être plus qu’un élément, certes encore fort important, mais un élément seulement de la puissance. C’est dans le paroxysme des crises qu’il reste le plus déterminant. Il ne suffit plus à restaurer la paix. La situation est en général trop complexe pour qu’il puisse seul permettre de la dénouer.

D’une part, il ne saurait prendre en compte tous les éléments, de plus en plus nombreux et divers, dont dépend la réalité d’un conflit. D’autre part, il n’y a plus guère de cas que l’on puisse, comme en 1945 avec l’Allemagne et le Japon, escompter régler par la défaite, voire la destruction de l’adversaire. Après l’intervention militaire, il reste le plus souvent à rétablir la paix par la restructuration d’un espace politique stable. Il faut beaucoup de temps pour que soient réunies les conditions d’une paix durable et cela ne dépend pas que du militaire. Au demeurant, il n’est pas d’autre solution qui vaille que celle qui provient finalement des protagonistes eux-mêmes.

Ainsi la puissance militaire apparaît comme ne pouvant plus désormais seule permettre d’imposer une volonté. Elle ne procure pas non plus une assurance entière contre des menaces de plus en plus diverses.

La coexistence entre les bouleversements politiques et les évolutions technologiques majeures font que de plus en plus d’États, y compris parmi les moins développés, sont devenus en mesure de s’attaquer à de plus puissants qu’eux. Qu’il soit le fait d’États ou d’organisations non étatiques, le terrorisme d’autre part permet de gravement atteindre ceux-ci à défaut de les détruire.

Plus un pays est avancé, plus en effet il devient vulnérable, à la fois par les réactions d’une opinion de plus en plus sollicitée, et parce qu’il est possible de désorganiser avec peu de moyens les systèmes complexes qui caractérisent une société évoluée.

Ces moyens sont notamment informatiques. Mais la puissance cybernétique – qui n’est d’ailleurs pas l’apanage du militaire – peut désorganiser l’adversaire, elle ne suffira pas à l’annihiler, et elle est elle-même limitée par le risque de réciprocité.

Ainsi, il n’y a plus de forts absolus, ni de faibles totalement désarmés. La puissance militaire, pour importante qu’elle demeure, est devenue relative.

Puissance économique

Il existe d’autres formes de puissance, en particulier la puissance économique. Elle s’exerce entre des entreprises, l’une d’entre elles pouvant contraindre une autre à l’acceptation de ses conditions, voire la mener à sa satellisation ou même à sa disparition. C’est ici peut-être que la puissance demeure la plus déterminante. Mais les réglementations, nationales ou internationales, tendent à en restreindre la portée.

Entre des États, la puissance économique peut créer des situations de dépendance ou bien être à la base d’une politique de sanctions. Mais ces dernières sont rarement efficaces, en ce qu’elles atteignent davantage les populations que leurs dirigeants.

Avec la mondialisation et les interdépendances qu’elle engendre, tous les pays voient leur puissance limitée et leur vulnérabilité accrue par le fait d’autrui. Aussi la croissance renaissante aux États-Unis peut-elle être compromise par la persistance de la crise en Europe, tandis que la Chine n’échappe pas entièrement à la situation dans le reste du monde.

La puissance économique est elle-même devenue également relative.

Puissance culturelle

Avec la puissance culturelle, on touche à des éléments incorporels de la puissance. D’aucuns en déduiront qu’il s’agit davantage d’influence que de puissance véritable. La culture, selon eux, peut contribuer à créer un contexte favorable à l’exercice de sa volonté mais pas à l’imposer. D’autre part, elle ne permet pas de se protéger d’un monde de plus en plus sans ordre et, d’une manière générale, de la montée des périls.

Mais l’influence, par la culture, est ici entendue comme un simple pouvoir moral. Il est sans doute possible, en termes de puissances, d’entendre la culture comme faisant partie d’un ensemble plus vaste et diversifié.

Une combinaison de puissances

Aucune forme de puissance ne paraît à elle seule susceptible d’imposer une volonté ou de garantir la sécurité. Cela tient à la complexité accrue des affaires dans la multiplication des acteurs et des facteurs, à la pluralité des places et des rôles de chacun dans un nouveau décor international en gestation, au foisonnement des interdépendances.

Mais on peut se demander dans quelle mesure une combinaison de toutes les formes possibles de puissance ne pourrait pas pallier l’insuffisance de chacune d’entre elles. L’idée s’est même faite jour de renforcer une telle combinaison en l’étendant à un ensemble d’autres éléments que ceux de la puissance traditionnelle, afin de mieux correspondre à un monde complexe et multiforme. Cet ensemble constitué de ce qu’on a appelé le soft power, pouvoir sans la force, pouvoir d’attraction, pouvoir sur les esprits, comprend notamment, outre la culture, des valeurs, l’image, l’information, la formation, ainsi que la façon de vivre, les performances scientifiques, techniques et économiques, les méthodes d’organisation, de fonctionnement et de gestion, les institutions, etc.

Semblable combinaison, ainsi élargie, est sans doute plus efficace que chacune de ses composantes considérées séparément. Mais son efficacité ne saurait être totale pour autant. Rien ne permet d’y voir une panacée, soit pour imposer sa volonté, soit pour garantir sa sécurité.

Puissance relative

Elle ne pourrait l’être en effet que dans un monde stable, aux acteurs et facteurs, aux modes de fonctionnement bien définis. Or il est changeant, incertain et indéterminé.

La mondialisation n’est pas un ordre stable. Elle favorise l’échange mais elle est à la source de déséquilibres de plus en plus difficiles à réguler. À l’universalisme, ambitionné longtemps par l’Occident, succède un monde pluriel, divers et fragmenté. On assiste à l’affaissement des États, de ce qu’on appelle parfois la puissance publique et de son pouvoir, dans l’exacerbation de l’individualisme et une crise quasi générale des sociétés. Tout se transforme et de plus en plus vite. Les rapports de forces ne peuvent qu’être instables, la puissance sous toutes ses formes ne peut plus être que d’une portée relative.

La notion de domination a pris elle-même – et pas seulement en économie – une signification d’entraînement plus que de commandement. L’autorité – au reste souvent contestée – n’est plus ce qu’elle était. Toutes les sociétés humaines s’en trouvent profondément affectées. L’ensemble du monde également.

Il n’y a plus, il n’y aura plus sans doute à l’avenir de pays, de puissances véritablement dominants. On peut moralement s’en réjouir. Il est permis de se demander si la paix ne viendra pas à en pâtir. Mais il est vrai qu’au temps du régime des blocs, le monde, partagé entre seulement deux grandes puissances, n’était certes pas lui-même sans danger.

La question des effets de la puissance en général appelle donc une réponse relative. Pour qu’elle soit vraiment efficace, il faut ajouter, davantage qu’auparavant, d’autres éléments devenus sans doute aussi importants, comme notamment une intelligence accrue des situations, la connaissance et la compréhension de l’adversaire, de ses motivations et de ses modes de fonctionnement, une capacité d’anticipation.

La puissance n’est plus ce qu’elle était, car aujourd’hui, dès à présent, est un autre monde.

Copyright Mai 2012-Gutmann/Revue Défense Nationale


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La puissance n'est plus ce qu'elle était

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