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Archive for juillet 2011

du pouvoir du citoyen…

Du pouvoir du citoyen

C’est un sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène, dès que le pouvoir en place ou les circonstances, menacent les intérêts des citoyens ou d’une partie d’entre eux : le rapport entre l’individu et le pouvoir.

La société est partagée entre la nécessité de gérer la Polis (au sens de ville, région, Etat ou groupe d’Etats), assurer le bon fonctionnement de la Res Publica, et le respect du citoyen.

Une question revient régulièrement  : la Polis est-elle au service du citoyen ou celui-ci est-il au service de la Polis ?

L’idéal est de trouver un juste milieu qui offre à chacun les moyens de vivre, d’exister, de se développer, de le perpétuer.

L’un ne doit pas écraser l’autre, certes, mais dans quelle proportion, comment définir cette frontière et comment en assurer l’étanchéité ?

Le but est de trouver une sorte de symbiose qui permette l’expression de chacun dans la limite du raisonnable et de l’utile.

Si l’on choisit le modèle de la fourmilière où chaque individu est au service de la collectivité, la Polis jouit d’une large palette de compétences qui assure sa continuité, son fonctionnement, le but de chacun sera d’apporter sa contribution (si modeste soit-elle) à la collectivité.

Cela suppose une acceptation de tous pour placer sa liberté, ses intérêts particuliers après les intérêts de tous. Ce modèle souvent critiqué peut toutefois perdurer, fonctionner comme une mécanique subtile, entretenue, faite pour durer.

Le second exemple, lui aussi souvent décrié, place l’individu au centre de la Polis qui est tout entière à son service : l’intérêt particulier prime sur l’intérêt collectif. Dans ce modèle de société, la Polis est entièrement dédiée à l’individu, les institutions sont conçues, perçues et fonctionnent dans le seul but de se rapprocher le plus possible du citoyen.

Dans les cas extrêmes, la voix d’un seul peut faire plier la volonté de tous. Il s’agit d’un fonctionnement individuel au sein duquel la base de toute préoccupation est la personne. Celle-ci n’est plus un élément constitutif d’un tout, d’un groupe, d’une collectivité, le citoyen est la source de tout pouvoir qu’il soit politique, économique ou social.

A présent il est possible de développer ces deux types de modèles :

le premier cas est le plus répandu, dans les faits du moins, seul le collectif compte, l’individu n’est perçu que comme un élément constitutif d’un tout. On ne le considère pas pour ce qu’il est mais pour ce qu’il apporte, à l’ensemble de la collectivité. La personne en tant que telle n’a d’intérêt que pour sa fonction au sein de la société, de son utilité pour le bien de tous.

A l’image d’une ruche ou d’une fourmilière les tâches sont réparties en groupes, castes, secteurs d’activités complémentaires allant du besoin à la réponse donnée à ce besoin. La hiérarchie est souvent l’outil le plus efficace pour coordonner les différentes tâches propres à chaque groupe.

Le meilleur exemple transposé à la société humaine est l’armée.

En effet, plusieurs niveaux apparaissent, gravitant autour de deux activités principales : commander et exécuter. La société civile a déjà connu de telles dispositions, c’est le modèle de société indo-européenne qui s’articule autour de la tripartition des fonctions si largement détaillées par de célèbres auteurs comme G. Dumézil1.

1. Georges DUMEZIL, (1898-1986) auteur très prolifique et  spécialisé dans la tripartition indo-européenne, c’est-à-dire la répartition des tâches essentielles de la société à travers trois castes distinctes.

En effet, les groupements humains des temps les plus anciens aux plus récents, se sont répartis en trois ordres :

– la classe des dirigeants, politiques ou religieux, ils disposent du pouvoir de commandement et structurent la Polis en donnant des directives, en assurant la gestion des questions publiques, de la chose publique (Res Publica). D’origine divine ou élective, elle dispose du pouvoir de légiférer sur les lois (civiles ou religieuses), d’exécuter les lois (ou du moins de les faire exécuter par leur prestance propre, par des agents spécialement chargés de cette tâche, si nécessaire par le recours à la force). Elle dispose enfin du dernier pouvoir, celui de juger (judiciaire). Ces trois pouvoirs sont de nos jours clairement identifiés et répartis en 3 institutions indépendantes les unes des autres : législatif, exécutif, judiciaire.

– le législatif crée la loi, il les propose, les discute et les adopte au sein d’assemblée monocéphale ou bicéphale (chambre haute et chambre basse, actuellement Assemblée + Sénat).

– l’exécutif fait appliquer la loi, il dispose pour cela du pouvoir coercitif pour imposer la loi à l’ensemble des citoyens, il peut amender une loi pour la faire appliquer (aujourd’hui, il s’agit de décret d’application, sans lequel la loi reste lettre morte).

– le judiciaire quant à lui gère la bonne application de la loi et sanctionne les contrevenants via un procès.

– la classe militaire dispose de la force et du recours aux armes. Son rôle est d’assurer l’ordre à l’intérieur et la sécurité à l’extérieur. Elle assure parfois l’application des lois par la contrainte si nécessaire, en cas de situation particulière comme une insurrection contre le pouvoir en place. Relais du pouvoir (politique ou religieux) la classe militaire a pour rôle de protéger la Polis contre les menaces extérieures et intérieures. On distingue l’armée qui agit à l’extérieur de la Polis et la police qui agit à l’intérieur de la Polis. Actuellement cette force armée se décline en force intérieure (police, gendarmerie, sécurité du territoire), et en force extérieure (armée de l’air, de terre, marine, espionnage).

Parfois, cette force armée est utilisée pour porter atteinte à une Polis concurrente à titre préventif, ou plus simplement pour accroître le pouvoir de la cité, du pays ou groupe de pays.

– la classe des producteurs, c’est la catégorie qui regroupe le plus grand nombre d’individus, et assure la subsistance de toute la Polis au niveau alimentaire par la production de denrées brutes ou transformées (monde paysan et industriel), au niveau technique par la production de bâtiments (gros et second œuvre, outillage, ameublement, textile, conditionnement, auto, etc.). au niveau culturel par la production d’œuvres (livre, sculpture, peinture, audio, vidéo, etc).

On le voit, les sociétés antiques ont transposé leur modèle de fonctionnement jusqu’à nos jours. Il est intéressant d’observer que même les interconnections demeurent, on peut retenir les principales :

– lien entre dirigeants et militaires : le cas le plus courant est souvent issu d’un coup d’Etat, l’armée s’empare du pouvoir et un pays ou groupe de pays se trouvent dirigés par des militaires sous couvert de loi martiale le plus souvent, comme début 2009 en Guinée au lendemain de l’assassinat du Président Lansana Condé et la prise du pouvoir par le Capitaine Camara. En Europe les cas de prise de pouvoir par des militaires peuvent s’effectuer par des violence limitées aux dirigeants comme sous Napoléon envers l’Assemblée ou par voie d’élection comme dans l’Allemagne des années trente (dans un climat de tension cependant).

A l’inverse, des dirigeants politiques ou religieux peuvent prendre le pas sur l’armée, la diriger au sein d’un pays où le chef d’Etat est de par sa fonction chef des armées, ou encore dans un groupe d’Etats où les dirigeants politiques disposent de moyens militaires pour faire appliquer leurs décisions concertées souvent à l’extérieur de la Polis (OTAN, ONU de nos jours, « soldats de Dieu » et croisés du moyen-âge). L’Etat major peut lui aussi être constitué par un pouvoir politique ou religieux. A l’inverse, certains dignitaires de l’armée peuvent intégrer le monde politique (plus rarement le monde religieux comme le Grand Pontife de la Rome Impériale).

– lien entre dirigeants et producteurs : bien souvent de grands producteurs intègrent le monde politique (plus rarement le monde religieux) par le biais d’élections locales (municipales, législatives, etc.) tandis que d’autres sont appelés (ministère, ambassades, etc.).

L’idée que la citée doit être dirigée par les optimates (les « meilleurs ») est une idée ancienne, reste à préciser les critères qui définissent les meilleurs (critère moral, familial, économique, etc.).

D’une façon générale, on accepte que les « meilleurs » se voient confier les rennes  du pouvoir  pour des raisons très différentes prestige personnel ou collectif). Il est intéressant de voir actuellement des producteurs de toute sorte  intégrer (ou tente d’intégrer) l’ordre de dirigeants, qu’li s’agisse de grand industriels affiliés ou pas au MEDEF, de petits producteurs (comme José Bové pour la production alimentaire, Olivier Besancenot pour la production de services). A l’inverse, on voit peur de politiques ou de religieux intégrer l’ordre des producteurs (sauf contrainte particulière pour les religieux afin d’assurer la survie économique d’une abbaye, d’un couvent, etc.).

– liens entre les producteurs et les militaires : les producteurs produisent , cette évidence cache des conséquences insoupçonnées, une armée a besoin d’une grande partie logistique pour fonctionner correctement, une logistique tellement important qu’elle constitue un service dédié au sein de chaque corps d’armée (terre, mer, air). L’approvisionnement conditionne le bon fonctionnement de l’ordre militaire que ce soit pour les soins médicaux, les vêtements, les véhicules, la recherche. Ces besoins imposent une spécialisation accrue dans des domaines de plus en plus pointus. Un temps, l’arc fut à la pointe de la technologie, avec différents types d’arcs spécialisés pour l’usage, des pointes de flèche également, des empennages particuliers.

Aujourd’hui le nec plus ultra de la technologie militaire couvre le domaine de la communication (transmission de données tactiques, information, désinformation). Là encore, différents domaines apparaissent à travers des secteurs particuliers (information, encodage, etc.), la spécialisation est telle qu’elle conditionne la production. Parfois même, la classe militaire organise une production en son sein. Cette hyperspécificité gomme la classe d’appartenance et rompt en quelque sorte avec le modèle de tripartition indo-européenne.

le second cas, où l’individu prime sur le collectif, est un modèle de société particulier. Les respect de l’individu va jusqu’à mettre ne danger le bon fonctionnement de la collectivité. Il s’agit pour l’essentiel d’une idéologie propre aux sociétés occidentales qui placent le particulier au centre des préoccupations politiques. Le respect de la personne devient une base de référence qui conditionne les institutions : la volonté d’un seul s’oppose à tous.

C’est le cas de la Monarchie (gouvernement d’un seul), mais aussi du gouvernement par des assemblées (polyarchie ou gouvernement de plusieurs). Le principe de la majorité absolue est alors de mise dans le cadre de la représentativité absolue. Un effort particulier est apporté à ce que chaque tendance, chaque minorité soit présente.

Un tel fonctionnement est en vigueur de nos jours où la représentativité est le mot d’ordre principal. De là résulte des conflits et l’éternelle question de l’équilibre entre une prise de décision rapide dans une assemblée et le respect de la volonté de tous sur la base de la majorité absolue, même au risque de créer un blocage des institutions. Le problème est ancien, il se perpétue de nos jours où l’on doit trouver un compromis satisfaisant entre la réalité idéologique et la réalité de terrain. Ce difficile équilibre est possible ne temps normal, il devient impossible à maintenir en temps de crise.

On peut cependant étudier les liens entre les 3 ordres sur le respect du respect de tous :

classe dirigeante, il s’agira la plupart du temps d’une assemblée représentative qui soit à l’image de la société qu’elle représente:

– Politique, elle devra faire apparaître différents partis avec un plus ou moins grand nombre d’élus par parti (selon le résultat d’élections).

– Economique, elle laissera une place pour chaque type ou groupe d’acteurs économiques, disposant d’une force de décision proportionnellement à son poids économique.

– Culturel, chaque membre aura  sa place et sera écouté, pris en compte (comme une Académie)

– Militaire, chaque membre sera représenté et disposera d’un pouvoir de décision proportionnellement à sa force armée ou à des critères historiques (à l’image de l’OTAN ou de l’ONU).

Le principal problème de fonctionnement de ces différents types d’assemblée, sera la volonté de chacun de s’imposer, de faire entendre sa voix, ou bien de participer à un ensemble, à une œuvre collective et donc, de sacrifier une partie de ses prétentions. L’expérience montre que la première solution est souvent le cas le plus répandu dans la pratique. C’est un trait caractéristique que de rechercher ses propres intérêts avant celui de la collectivité.

L’individu réagit selon son environnement, dans le premier cas, il est sollicité pour se mettre au service du groupe, tout l’y contraint, les institutions, son entourage, par mimétisme, ou instinct grégaire, il adopte l’attitude des personnes qui l’entourent.

C’est ainsi qu’il se conforme à une direction unique, l’intérêt collectif devient pour lui le maître mot. L’exemple le plus significatif est le milieu militaire où chaque individu n’agit que selon son grade, ses responsabilités, pour obéir aux ordres et exécuter la mission qu’on lui a confiée.

Dans le second cas, l’individu se trouve dans un environnement où sa seule stimulation est la défense de ses propres intérêts. Dans une assemblée par exemple, il agir pour défendre les intérêts du groupe auquel il appartient, mais au sein duquel il vise à défendre ses propres intérêts.

Il semble que l’individualisme se développe à mesure que le pouvoir central est faible, une telle situation laisse le champs libre à l’initiative individuelle, car chacun ne peut compter que sur lui-même. Que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’anarchie, car des pouvoirs existent toujours, ils sont simplement éloigné de chaque citoyen.

La société actuelle peine à trouver un juste équilibre entre ces deux modèles antagonistes.

Idéologiquement, le respect de la personne demeure, le plus grand soin est pris pour respecter l’avis de chacun. Dans les faits, c’est plutôt l’efficacité qui est recherchée. Pour cela, une majorité doit se dégager pour parvenir à un conclusion, une solution rapide et contestation aucune, une décision qui s’applique à tous, justifiée par son « crédit démocratique ». Quand le peuple a parlé, plus aucune contestation n’est admise.

On le voit, tous nos efforts tendent vers un équilibre de ces deux modèles au premier abord inconciliables, Il ne manque qu’un modèle, une référence qui permette de jeter les bases d’une réelle conciliation de ces deux systèmes. Pour l’envisager, deux conditions sont indispensables :

– une référence légale et politique. Il s’agit plus que d’une volonté, plutôt une structure capable d’accueillir un véritable projet de société, un système de fonctionnement qui permette la création d’institutions cohérentes et utiles.

– une volonté de chacun de contribuer à un projet commun. Ceci ne sera réalisable qu’à la condition d’inciter les citoyens de nous sommes à participer à une œuvre commune avec, d’une part la garantie de conserver ses droits, de trouver un avantage à cette œuvre, d’autre part, accepter de sacrifier une partie de ses intérêts particuliers au bénéfice des intérêts collectifs.

Sans ces deux éléments il ne sera pas possible d’envisager un modèle de société qui sache fédérer l’adhésion de tous. Il s’agit d’un problème ancien, qui ressurgit actuellement, je pense que la solution est en nous-mêmes, il ne tient qu’à nous de la faire émerger.

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Comment mieux consommer ?

Comment mieux consommer ? (11-05-2011)

Cette question importante a suscité bon nombre d’interrogations, et presque autant d’idées plus ou moins farfelues. Cependant, malgré une volonté presque unanime de changement, aucune réelle solution fiable et durable n’a été trouvée, mise en place et appliquée de sorte à offrir une réelle alternative à la situation actuelle. Pourtant des initiatives audacieuses ont vu le jour pour tenter d’apporter un début de solution.

En particulier la volonté de consommer mieux, car elle est la principale préoccupation de nos jours. Nous la déclinons sous plusieurs formes : économique, politique, culturelle, sociale, etc. L’individu tend à adopter un même comportement qu’il s’agisse de se nourrir, se loger, se déplacer, se vêtir, se soigner, s’instruire, se distraire. Une autre caractéristique est la course à la consommation, comme une boulimie, une frénésie. Actuellement, l’homme n’est plus considéré pour ce qu’il est mais pour ce qu’il possède, il ne se contente pas de couvrir ses besoins, il s’en crée de nouveaux et amasse plus qu’il ne peut réellement utiliser.

Qui n’a pas chez soi des objets en double dont il ne se sert pas ?

Cette situation s’applique également aux services : qui n’a pas un doublon de couverture assurance ou mutuelle pour un même risque ?

Là intervient un autre élément fort : l’offre.

En effet, si l’homme consomme, il développe et stimule une demande, celle-ci est comblée par une offre adéquate. Plusieurs possibilités nous sont offertes quant à une consommation raisonnée. Un de ces solutions est la filière courte. En effet, qui n’a jamais croisé au bord des routes départementales des vendeurs locaux ?

Ce type de vente peut être organisé en un réseau de grande échelle pour répondre à nos besoins alimentaires. Qu’il s’agisse de matière brute (fruit, légume, viande, poisson) ou transformée (produits finis), la filière courte cumules plusieurs avantages :

une économie de carburant dans l’acheminement des marchandises, celles-ci sont produites, conditionnées et vendues sur place. Un telle démarche réduit considérablement les coûts de transport, voire les annule lorsque le consommateur ramasse lui-même les fruits et légumes sur pied, en culture classique ou hors sol. De telles dispositions peuvent se développer en milieu urbain, et ne manqueraient pas de rencontrer un franc succès. Déjà les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) séduisent de plus en plus de personnes, mais ces structures sont encore trop restreintes pour répondre à une demande en forte croissance. C’est pourtant une alternative intéressante pour quitter la production agricole à grande échelle, et revenir à des exploitations plus modestes et plus nombreuses, à proximité immédiate des grande agglomérations. Ainsi, le transport des marchandises serait considérablement réduit en rapprochant les sites de production des sites de vente.

une meilleure traçabilité des produit vendus car le producteur peut à tout instant prouver l’origine de ses produits, leur traitement jusqu’à maturité, et les conditions de vente. Les fruits et légumes sont ramassés mûrs et non verts pour mûrir en soute ou en entrepôt, la viande est produite à terme sans adjuvant ou accélérateur de croissance, le poisson est issu de la pêche du jour. Les produits transformés n’échappent à pas la règle et peuvent être tracés à chaque étape de transformation. Cela permettrait également la création de nouvelles entreprises de transformation, ou la relance de structures économiquement instables, une telle reprise s’accompagnerait d’outils de traçabilité actuels ou nouveaux qui amélioreraient la qualité et le suivi des produits. La qualité et la sécurité à destination des consommateurs serait donc renforcée, à moindre coût.

une meilleure rémunération des producteurs, qui leur permet de vivre davantage du fruit de leur travail que de subventions et autres primes. Les coûts réels de production sont déjà réduits par la filière courte, et peuvent être affichés en regard du prix de vente (et sans surcoût des intermédiaires !). Les opérations de vente directe du producteur au consommateur sont encore trop sporadiques pour permettre d’écouler les stocks à des prix abordables et cohérents. A mesure que les revenus augmentent, la nécessité de primes et de subventions pourrait être réorientées vers des projets différents. Le retour à des fruits et légumes plus traditionnels pourraient être favorisés, et offriraient un plus grand choix au consommateur tout en étant très rentable. Au niveau de la recherche, la redécouverte de variétés ignorées ou oubliées, pourraient ouvrir la voie à l’étude de propriétés particulières, tant au niveau de la qualité nutritive, gustative, que des résistances naturelles aux maladies. Peut-être sera-t-il possible également de limiter les traitements chimiques coûteux et dangereux pour l’alimentation humaine et animale.

un prix de vente plus bas, les intermédiaires ne peuvent marger sur les prix à la vente car ils sont souvent éliminés par la filière courte. C’est un avantage pour le producteur qui peut écouler plus facilement ses stocks, et pour le consommateur qui peut accéder à des produits de qualité à un prix plus abordable, plus raisonné. La multiplication des petits et moyens producteurs augmentera l’offre et donc la concurrence des prix, le consommateur sera alors en position de choisir les meilleurs produits à un meilleur prix. En outre, l’augmentation de la production locale, permettra mécaniquement de limiter les importations (outre les produits exotiques), permettant ainsi de briser les monopoles sur les gros volumes, et donc les prix « bloqués » par les grands distributeurs en situation de monopole.

une spécificité locale conservée qui permet de remettre au goût du jour des produits écartés par la grande distribution car jugés non rentables, c’est une occasion unique de redécouvrir des produits disparus, disposant pourtant de qualités énergétiques ou gustatives importante. Comme je le précise plus haut, cela développerait l’offre de produits de qualité, propres à chaque région, en fonction du climat, des habitudes. Une telle démarche entraînerait dans son sillage tous les corollaires (restauration, matériels spécifiques, etc) qui seraient créés ou recréés pour utiliser les produits régionaux. Ceci peut être générateur d’emploi ou d’activités complémentaires intéressants à plein temps ou plus marginales.

une pluralité et une complémentarité de l’offre, par la mise en commun des producteurs, un même site peut rassembler plusieurs types de produits, en conservant une échelle locale. Ces produits couvrent toute une gamme d’outillage et matériels agricole et professionnel pour chaque étape : la préparation de semis, le plantage, la croissance, la récolte, le conditionnement, la transformation,la vente. Une telle démarche permettrait une complémentarité d’intervenants sur toute la chaîne de production, la multiplicité des intervenant stimulerait la concurrence et agirait donc sur les prix à la baisse et la qualité à la hausse.

un soutien efficace aux producteurs qui peuvent ainsi offrir au consommateur une variété et une qualité de produits, pour un prix abordable. Tout ceci permet de maintenir, voire développer, une activité jusqu’alors menacée, repenser la production et la transformation des produits agricoles, permettra de maîtriser les coûts en amont et en aval. Les débouchés directs vers les consommateurs avec une traçabilité, une plus grande variété des produits, une qualité à la hausse et des prix à la baisse, offriront de bien meilleures conditions de vente, et assureront des revenus corrects aux producteurs. Il est envisageable qu’une progression du pouvoir d’achat stimulera de nouveaux investissements, une telle demande entraînera une augmentation de l’offre. Ce cercle vertueux développera les possibilités et les créations emploi.

le maintien et la création d’emploi directs et indirects existants. La création de nouveaux métiers et débouchés spécifiques à la filière courte. Tous les éléments précédents sont susceptibles de stimuler, voire créer, des emplois directs car intervenants sur la chaîne de production et de distribution, ou indirects via des fournisseurs, ou des prestataires spécialisés pour accompagner la production et la distribution.

Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une offre qui reste commerciale, mais qui présente une nouveau modèle de consommation, loin de la rentabilité à tout prix. C’est déjà une première alternative intéressante qui peut amener à d’autres démarches. D’autres solutions encore plus locales, mais aussi plus limitées, concernent les jardins et potagers collectifs. Cette initiative essentiellement urbaine, rompt avec une démarche commerciale : la finalité n’est plus la vente d’un produit, mais la production elle-même du produit. Les moyens mis en œuvre pour élever, faire pousser, entretenir, deviennent une fin en soi, qu’il s’agisse d’une idéologie du « retour à la terre » ou d’un simple goût pour les choses simples, de la convivialité et de l’échange de conseils et semences, de vouloir échapper aux circuits traditionnels commerçants.

Une telle activité change les habitudes, elle change aussi et surtout les états d’esprit, c’est peut-être le plus important d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, ces nouvelles façons de consommer induisent de nouveaux besoins, qui à leur tour, susciteront de nouvelles offres. Nous continuons à évoluer au sein d’une logique de consommation, mais nous sortons de l’échange marchand. C’est sans doute un préalable, un premier pas indispensable vers « autre chose », une nouvelle étape qui, elle, pourra peut-être offrir la possibilité de sortir de la logique, du système de consommation actuel.

L’exemple du monde agricole peut sans doute s’étendre à d’autres domaines comme l’alimentaire, le textile, la mécanique, le service à la personne ou l’informatique. Déjà des structures d’échange de service comme le SEL (Système d’Echanges Locaux) sont présents en milieu urbain et rural. Cette solution peu onéreuse représente une alternative intéressante au tout commercial. En outre, elle rapproche les individus et crée des liens de proximité entre eux.

Un autre domaine permet une démarche similaire avec un outil jugé individualisant et néfaste : internet. En effet, le web a permis l’explosion des réseaux sociaux et paradoxalement a rapproché les individus les uns des autres. Bien entendu, il existe plusieurs type de réseaux sociaux, dont les plus efficaces restent ceux dont le but, la finalité n’est pas de rester figé devant un écran mais d’établir des contacts physiques à l’occasions de sorties de toute sorte.

De tels sites comme peuplade, OVS, dailyfriends, et autres, jouent un rôle important de sociabilisation ou même de resociabilisation des individus, autour de thématiques, de points communs qui créent du lien. Cependant il existe de nombreuses dérives, dont la principale est le repli communautaire. C’est-à-dire la constitution de groupes de personnes ayant un intérêt commun, une cohésion peut apparaître rapidement et se renforcer, mais au prix de l’exclusion des personnes extérieures au groupe.

La seconde dérive est d’ordre commercial. En effet, un réseau social peut drainer un grand nombre de personnes dans un même espace, chacun étant joignable très facilement, il est tentant de profiter de cet outil à d’autres fins que le simple contact. En cas de surenchère, la lassitude peut gagner les adhérents et voir le réseau tout entier se disloquer, susciter davantage de départs que de nouvelles adhésions. Cependant, un réseau social correctement encadré, peut attirer une foule considérable, et provoquer une attitude plus relative par rapport à une consommation « basique » de sorties et autres rendez-vous. C’est l’objectif d’une telle structure : créer du lien, rapprocher les individus dans le monde rée vie au lieu de les confiner derrière un écran.

Une telle démarche peut avoir des ramification inattendues. Facebook l’a démontré avec l’élection de Barak Obama, le poids du net n’a jamais été si important dans une élection. La présidentielle française n’échappe pas à la règle : en attendant fébrilement 2012, les candidats potentiels sont déjà nombreux à posséder et animer un blog, beaucoup sont convaincus par les nouvelles technologies de la communication et usent largement du web via un blog, twitter, facebook, ou des sms…

C’est une nouvelle évolution qui tient lieu de révolution, les élites adoptent un mode de communication déjà très répandu au sein dela population. Cecia pour effet de stimuler davantage ces nouvelles technologies de l’information (ou de la désinformation, le cas échéant). Cette révolution a changé les mentalités, paradoxalement, elle a rétréci la planète et rapproché les individus. Désormais, n’importe quelle connexion internet (téléphone, tablette, ordinateur) ouvre une porte sur le monde. L’information circule mieux, plus vite, rayonne davantage. Elle suscite l’intérêt de tous, même les personnes non connectées, que l’on pourrait imaginer exclues, sont reliées d’une façon ou d’une autre à un événement.

Les relais sont nombreux et permettent à tous de participer, de partager. C’est en ce sens que l’intégration  à un groupe peut être facilitée, se développer rapidement. Les échanges entre individus se multiplient et revêtent différentes formes, et pas nécessairement sur le simple aspect commercial. Les liens créés peuvent être ponctuels ou durables, mais ils ne laissent personne indifférent. Toute une hiérarchie se met en place : ceux qui possèdent une information de première main, la diffusent, la relayent, la commentent, la contestent, ou simplement la reçoivent en bout de chaîne. Quoi qu’il en soit, le partage de l’information lui-même crée et renforce les liens entre les individus, au-delà des inégalités d’accès à l’information. Ces liens suscitent de nouveaux liens qui à leur tour en créent d’autres, etc…

Ce maillage communique sur des plans différents et des domaines parfois inattendus. Prenons l’affaire DSK qui défraye les chroniques vers la mi-mai2011. L’affaire elle-même a provoqué des réactions sur le plan politique en pleine campagne présidentielle. Elle s’est étendue aussi, sur le rôle des femmes dans nos sociétés occidentales, a relancé les questions de parité, de violences, puis a touché la différence des système judiciaires US-France, et a relancé au passage l’affaire Polanski…

On parle également du rôle des médias, de l’information et dela désinformation. Toutecette masse d’éléments, de débats, d’opinions, de craintes, entraîne la population à prendre position, à se regrouper par affinité sur tel ou tel sujet. Cette vague d’avis contradictoires crée donc du lien, au-delà de la sphère économique, commerciale. Bien entendu, la presse vend, les magazines rivalisent d’articles à sensation et de photos choc. Cependant, internet joue un rôle important dans la communication gratuite, de première et de seconde main. Ici, plus question d’un intérêt économique, d’un débouché commercial puisque l’information se répand gratuitement, en dehors de tout système clairement établi.

A partir de cette situation, il est difficile, voire impossible, de vouloir contraindre les utilisateurs à payer pour obtenir ce qu’ils obtiennent déjà sans frais. Ceci peut sans doute sembler anodin, pourtant c’est un pas important vers dans une évolution qui tend à sortir de la sphère économique et commerciale dans laquelle nous évoluons.  L’accès au « free », au gratuit se banalise, se répand auprès de consommateurs de plus en plus nombreux qui, dès lors, refusent catégoriquement de passer du mode gratuit au mode payant…

L’affaire DSK met en lumière un mouvement plus profond, plus important. De nouvelles « affaires » vont sans doute susciter des réactions identiques, voire même les amplifier, les généraliser à d’autres domaines. C’est le cas du téléchargement audio et vidéo qui semble inquiéter l’industrie du disque. Quand beaucoup crient au scandale, à la crise de toute une industrie, d’autres profitent de la « vague free » pour vendre toute sortes de supports de téléchargement : CD et DVD vierges, boîtiers, jaquettes à imprimer, logiciels dédiés (pour la gravure et l’impression), unités de stockage…

C’est oublier un peu vite que tout ceci relève d’un fait économique basique : l’offre etla demande. Ici, l’offre est insuffisante, les consommateurs se tournent donc vers des offres alternatives (accessibles et peu coûteuses). Là encore des liens se créent pour échanger des données,  ces liens prennent parfois des formes insolites. Les forums de discussion sont d’ailleurs un vecteur intéressant, ils permettent d’échanger des conseils, des informations de toute sorte, des liens, des services. Paradoxalement, ce monde virtuel n’est pas aussi néfaste à l’individu qu’on le prétend. En effet, si certains côtés perverses maintiennent les plus fragiles scotchés devant leur écran, il existe des finalités assez nombreuses qui rapprochent les individus dans la « vraie vie ».

En ce sens, le web reste un simple outil de communication, ce n’est pas une fin mais un moyen qui permet de faire circuler l’information. Ce rôle secondaire au premier regard peut être d’une grande importance. Nous avons pu en avoir un exemple lors dela « Révolutionde Jasmin » dans le monde arabe en janvier 2011. Dans bien d’autres circonstances, facebook, twitter, et bien d’autres sites relayent l’information pour des actions de grande envergure, des mouvements de foule à caractère social, économique, politique, culturel.

On a coutume de dire que la planète rétrécit à mesure que les moyens de communication et de circulation se perfectionnent. C’est vrai, cependant, à travers ce monde virtuel tant décrié, les individus renouent les uns avec les autres, à travers de contacts de toute sorte, pacifiques, isolées ou pour revendiquer des actions collectives. Le lien social se tisse, se développe et rayonne à travers une multitude d’initiatives locales particulièrement prisées par le grand public. La fête des voisins d’un côté, la fête de cela d’un autre, les réseaux sociaux un peu plus loin, le tissu associatif…

Toutes ces actions se regroupent sur internet. Ainsi, le virtuel rejoint le réel dans un fourmillement d’initiative et de projets. Autre aspect insolite :la mobilité. Désormais, le web est présent sur toute une gamme d’appareils nomades (téléphones, tablettes tactiles, etc…). Pour peu qu’il se trouve dans une zone couverte, n’importe quel individu peut rester en contact avec le reste de la planète : il peut joindre le monde entier et être joint par le monde entier !

Cette capacité de communication est hors du commun. Jamais notre monde n’a été si accessible, jamais un événement local n’a pu avoir des conséquences si importantes dans la vie quotidienne, quelles que soient les distances ou les circonstances. L’échange a pris une dimension réellement planétaire. Cependant, un chose demeure : on consomme toujours de l’information. Mais l’attitude du consommateur a changé, on n’attend plus de recevoir une offre, on la suscite, et lorsqu’elle ne convient plus, on change de produit, car désormais on a le choix. Celui-ci est immense, la seule difficulté de nos jours est d’en avoir conscience, de comprendre que désormais nous ne sommes plus des consommateurs passifs, mais actifs.

Les conséquences d’une telle prise de conscience sont colossales, de nature à réellement changer la face du monde. Bien souvent, on adopte une attitude passive, on reçoit un produit (culturel, technique, alimentaire ou autre) que l’on achète faute de mieux. Il faut désormais prendre conscience que nous pouvons faire des choix et les imposer. Il s’agit d’inverser la tendance actuelle à une consommation de masse de produits standardisés, produits en grande quantité, normalisés pour correspondre à tous types de marchés : le même produit à faible coût de production pour tous les pays, tous les continents, toutes les cultures, tous les consommateurs.

Cette uniformisation, que d’aucun qualifient de mondialisation, tend à s’imposer dans tous les domaines : textile, alimentaire, informatique, culture, cinéma…

Il ne tient qu’à nous, consommateurs, de refuser des tels produits lorsque c’est possible. Réorienter la consommation pourra contraindre les industriels à produire différemment. En un mot, il suffit de redéfinir la demande pour influer profondément sur l’offre, qui devra suivre cette nouvelle tendance et s’adapter pour atteindre ce qui a toujours été son seul objectif : vendre.

Là aussi, nous pouvons agir, non seulement en développant des circuits alternatifs, mais aussi en créant de nouveaux circuits, plus adaptés à ce que nous attendons. Cette démarche peut prendre du temps, mais elle permettra de disposer de moyens nouveaux, et sortir peut-être du système purement mercantile qui ne nous convient pas toujours. Actuellement on parle volontiers de « démondialisation », cette initiative est sans doute indispensable pour repartir sur de nouvelles bases économiques. Reste à savoir comment concrétiser cette belle idée, cette ambition, et c’est peut-être cela le plus important. De réels efforts sont à consentir de la part de nos dirigeants, mais encore plus de notre part. Nous devons être capables de changer nos habitudes pour nous permettre, à terme, de mettre en place de nouvelles règles d’échanges.

Il s’agit là de redéfinir les rapports entre acteurs économiques, cela peut prendre du temps. Ce système de consommation de type capitaliste dans lequel nous évoluons, a mis plusieurs décennies à se constituer. Il est passé par des phases se crise et d’embellies, s’est développé au point de se généraliser à l’ensemble dela planète. C’estprobablement le même type de démarche que l’on devra entreprendre pour bâtir un nouveau système économique. Ce n’est pas une mince affaire, car un tel projet n’aboutit qu’à long terme. Il est d’ailleurs fort probable que nous ne le verrons pas achevé de notre vivant : nous le construirons pour les générations à venir, ce sera en quelque sorte notre héritage…

Avant toute chose, il faut clairement identifier les bases, nous en connaissons une qui est absolue, et qui n’est pas près de disparaître, quel que soit le système que l’on adoptera : le principe de l’offre et dela demande. Cerapport très simple entre deux données économiques explique à lui seul toute la complexité du système dans lequel nous évoluons et que nous perpétuons. Ces deux axes définissent, selon leur propre point de vue, un élément fondamental : le besoin.

C’est la pierre angulaire de notre société de consommation, son moteur même. Le besoin doit d’abord être défini, et si possible quantifié. Ce n’est qu’après cette étape indispensable que l’offre et la demande entrent en jeu. La demande exprime un besoin, il peut s’agir d’une nécessité absolue comme se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner. Il peut s’agir également d’une nécessité relative comme se déplacer, communiquer. On peut ajouter une autre nécessité, plus secondaire, celle qui touche aux loisirs.

La première nécessité est indispensable pour vivre, elle répond aux besoins physiologiques, indispensables en nous préservant des agressions extérieures, et nous permet de nous régénérer. Elle correspond à l’attitude de toute espèce vivante sur cette planète quelle que soit son origine (végétale, animale, humaine) :

– se nourrir pour se régénérer et utiliser les calories emmagasinées nécessaires pour l’effort physique.

– se loger pour se mettre à l’abri des intempéries et des prédateurs.

– se vêtir pour s’isoler du froid et de l’humidité. Une particularité toute humaine touche la pudeur (quelles que soient les civilisation, on cache cette nudité).

– se soigner participe à l’instinct de survie des espèces, à la préservation de l’individu.

La nécessité relative est liée au mode de vie : le besoin de se déplacer concerne les animaux et la humains, plus rarement les végétaux. Il s’agit de défendre un territoire contre des espèces et des individus concurrents, et s’assurer ainsi un bon approvisionnement en ressources naturelles. La communication quant à elle est propre aux espèces grégaires dont l’humain fait partie. Se déplacer et communiquer est un besoin qui a généré de nombreuses réponses ces dernières décennies (une offre face à une demande !).

– le transport, dont l’évolution s’est particulièrement accélérée ces dernières décennies. Longtemps le cheval et la voiture attelée ont constitué les seuls moyens de locomotion disponibles. Depuis la vapeur et le moteur à explosion, l’humain a couvert de grandes distances sur terre et sous terre (motos, voitures, camions, trains, métro), en mer et sous la mer (bateaux et sous-marins), et enfin dans les airs (avions, hélicoptères) pour ensuite quitter la planète et regarder au-delà (programme spatial de la plupart des pays industrialisés…

– la communication quant à elle a littéralement explosé ces 50 dernière années, l’informatique y a été pour beaucoup. La miniaturisation et le perfectionnement a passé le cap du filaire pour le sans fil au quotidien et pour tout public (wi-fi, 3G, 4G, etc.). La communication s’est à ce point développée qu’elle a elle-même généré des besoins spécifiques auxquels elle a apporté des solutions (toujours le rapport entre l’offre et la demande !).

La nécessité secondaire enfin, est propre à l’humain qui a pu se détacher des impératifs vitaux pour se consacrer à… autre chose. Libéré de ses exigences vitales, il a pu utiliser son temps libre pour d’autres occupations. Cette dernière évolution a connu un très fort développement au lendemain de la 2e guerre mondiale, au point de constituer ce que l’on a nommé la « civilisation du loisir ». Il faut être juste, seule une partie de l’humanité a accès aux loisirs, l’autre partie étant toujours occupé à répondre à ses besoins premiers…

Quoi que l’on puisse en dire, il y a une réelle inégalité dans l’accès aux loisirs, elle est le fait  de différents facteurs. Tout d’abord l’abondance des ressources disponibles. En effet, certaines zones sont plus ou moins bien pourvues en ressources naturelles pour répondre aux besoins de première nécessité. Face à cette inégalité naturelle, on ne peut pas grand chose si ce n’est réagir. C’est là que l’on observe la seconde inégalité qui, elle, tient à notre comportement face à ce problème de ressources.

Chaque individu agit sur son environnement s’il le peut, à défaut, il s’adapte. La plupart des végétaux s’adaptent au milieu dans lequel ils se trouvent. Les animaux adoptent les deux attitudes : tantôt ils s’adaptent comme les végétaux (c’est l’évolution des espèces comme l’a si bien démontré Darwin), tantôt ils modifient leur milieu de vie selon leurs besoins (à l’image des castors qui aménagent leur lieu de vie). Les humains quant à eux adoptent la première attitude : ils soumettent leur environnement  à leur volonté, ils anthropisent leur milieu naturel, un tel comportement se décline en plusieurs degrés. En effet, on peut subir une grande partie ce qui nous entoure et en modifier une petite partie, à l’inverse, on peut profondément modifier son espace vital pour le faire correspondre à ses besoins, à ses attentes.

Les individus les plus entreprenants font figure de pionniers, de conquérants, de bâtisseurs. Leur énergie les pousse à plier à leur volonté tout ce qui les gène, qu’il s’agisse d’un biotope ou d’autres individus…

Ils ne modifient pas leur demande, mais influent directement et profondément sur l’offre. L’avantage d’une telle attitude est qu’elle permet la survie d’une espèce, d’un peuple ou d’une civilisation, même dans les endroits les plus hostiles dela planète. L’inconvénientest qu’à trop vouloir modifier un  biotope donné, on risque de le détruire et donc d’amenuiser l’offre, cela revient à terme, à devoir aussi modifier sa demande. Paradoxalement, on en revient à la première attitude qui consiste à subir son milieu sans pouvoir y faire grand-chose !

C’est là une question essentielle qui revient de nos jours : comment mieux consommer ? C’est-à-dire, être plus cohérent entre nos besoins et les moyens de les satisfaire, sans risquer une pénurie, voire une aliénation totale. Une des solutions apportée à cette problématique est ce que l’on nomme la « démondialisation » (dont j’ai parlé plus haut). un projet aussi ambitieux peut se réaliser à travers plusieurs initiatives, comme les filières courtes dont j’ai parlé plus haut. A plus long terme, on peut songer à une relocalisation des industries, afin de mettre un terme aux délocalisations. Celles-ci ont pour triste résultat une augmentation des sans-emplois, une baisse du pouvoir d’achat et donc de la consommation, et une baisse de la qualité des produits manufacturés.

Cependant, cette relocalisation ne sera possible qu’avec le concours actif de l’Etat, pour favoriser ce mouvement par des mesures fiscales importantes et incitatives. La situation actuelle des entreprises ne permet pas de produire plus cher que nos concurrents étrangers sans risquer une baisse de la rentabilité, difficilement supportable par les entreprises (et encore plus par les actionnaires !). Pour permettre une telle chose, il faut repenser profondément les modes de production de manière à maîtriser les coûts en amont, pour permettre de ramener les prix de vente à égalité avec les concurrents étrangers (chez qui les taxes et la main d’œuvre sont beaucoup moins chères), puis à un niveau inférieure par la suite.

Pour cela, l’Etat doit intervenir pour baisser considérablement la pression fiscale qui pèse sur les entreprises. D’un autre côté, les industries et services doivent également consentir à des efforts pour concevoir différemment, éviter les surcoûts, rationaliser l’outil de production. Il n’est pas question de réaliser ces économies sur les salaires, faute de quoi, on risque de susciter une forte baisse du pouvoir d’achat et donc de la consommation (comme c’est déjà le cas actuellement).

Le but recherché est de produire d’une manière radicalement différente. Il s’agit de repenser tout l’appareil industriel, ne commençant par les matières premières, afin d’éviter la dépendances des marchés boursiers. Une entreprise qui s’assure des fournitures en matière première et produits finis ou semi-finis, devient indépendante des fluctuations des marchés : elle assure ses propres approvisionnements à des prix constants. L’Etat peut jouer ce rôle de régulateur à travers des structures spécifiques qui exploitent directement les matières premières. Comme pour le domaine alimentaire, la forte limitation, voire la disparition des intermédiaires, permet de garder un contrôle des coûts en amont.

La production elle-même doit être revue et corrigée, il n’est pas impossible d’imaginer des rapprochements d’industrie et prestataires de service afin de pouvoir mutualiser les outils de production et de service. Il serait peut-être intéressant de ne plus segmenter, mais plutôt de miser sur la complémentarité des outils de production. Le principal résultat d’une telle réflexion sera de rationaliserla fabrication. Iln’est pas nécessaire de coller aux besoins en mettant en commun les secteurs les plus coûteux comme la recherche et le développement. Ce secteur essentiel serait du coup plus important, ave des coûts mieux répartis.

Ensuite, par ce biais, la main d’œuvre, autre secteur important de dépense, pourrait être mieux utilisée. De nouveaux services et postes pourraient être créés et budgétés, ce pourrait être une solution intéressante dans la création d’emplois nouveaux, actuellement impossibles à mettre en œuvre du fait de la structure économique individualiste que nous connaissons. Le but d’une telle manœuvre serait de se détacher autant que possible de la sphère d’influence boursière, et échapper ainsi aux vagues de spéculation qui ont eu pour conséquence la crise de 2008. Une économie assainie nous offrira donc une meilleure assise et nous permettra de nouvelles opportunités.

Tout ceci  ne sera possible qu’avec le concours de tous (Etat, entreprises et nous-mêmes !). Cette nouvelle façon de produire, participera fortement à une nouvelle façon de consommer. Que l’on ne s’y trompe pas, nous continuerons d’évoluer au sein d’un système  économique de type capitaliste, mais plus souple, plus adapté aux individus. A partir de là, il deviendra beaucoup plus compétitif et concurrencera d’autres systèmes plus conventionnels.

Ce n’es pas incompatible avec une qualité de vie au travail. Des incitations peuvent être mises en place en ce sens. L’un d’elles remporte un franc succès lorsqu’elle est instaurée : l’actionnariat salarié. Ce dispositif offre plusieurs avantages. Pour commencer, il permet à une entreprise de trouver des capitaux sans faire appel à des banques qui appliquent des taux d’intérêt sur les sommes prêtées. La trésorerie se verra allégée de cette charge, en outre, il ne sera plus nécessaire de monter un dossier de financement à défendre auprès d’investisseurs : les fonds seront immédiatement disponibles.

Ensuite, ce type de placement permet de constituer une réserves de capitaux en « cas de besoin », placés sur un compte, cette réserve génère des intérêts. L’actionnariat salarié agit aussi pour valoriser l’ensemble des employés, ceux-ci ne travaillent plus uniquement à l’enrichissement de quelques uns, mais profitent eux aussi du développement de leur outil de travail. Ainsi, les efforts nécessaires seront mieux acceptés car ils participeront à améliorer les capacités de l’entreprise à réaliser des bénéfices. Ce système ne pourra fonctionner que si les employés profitent directement de ces bénéfices à travers une redistribution sous différentes formes (primes, actions, etc).

Un dernier point est intéressant à soulever, il concerne les SCOP (Société Coopérative de Production). En effet, leur mode de gestion particulier permet une plus grande écoute des salariés à travers une participation active. Elle permet une plus grande responsabilisation aussi, face à une augmentation des bénéfices, quelle attitude adopter ?

Si l’on redistribue la totalité aux salariés, les revenus augmentent pas la capacité de production, ni la modernisation de l’outil de travail, au risque de ne plus être capable de répondre àla concurrence. Sil’on utilise cette manne financière uniquement pour l’investissement, on pourra améliorer et moderniser l’outil de travail, créer de nouveaux postes, mais on s’engage à ne pas augmenter les revenus des employés qui ne pourront bénéficier du fruit de leurs efforts.

La sagesse consiste à se positionner entre ces deux attitudes, c’est-à-dire entre le tout salaire te le tout investissement. Une telle attitude impose une réflexion, une analyse de la situation économique et industrielle pour être capable de profiter des fruits du travail de chacun quand c’est possible, et rendre l’outil de travail plus performant lorsque c’est nécessaire. En un mot, savoir mieux produire…

Ainsi, sachant mieux produire et mieux consommer, il sera possible d’envisager, d’appréhender le monde qui nous entoure avec un regard différent. C’est ce nouveau regard qui nous donnera la possibilité, la capacité à sortir du système économique basé sur l’économie de marché de type capitaliste que nous connaissons aujourd’hui.

Que l’on ne s’y trompe pas, tout ceci ne sera qu’un préalable, une simple ébauche de ce qui devra nous conduire à nous détacher complètement de l’actuel système économique. Des bases claires et développées à grande échelle doivent considérablement compliquer la concurrence économique, tout en sachant répondre aux besoins de première nécessité, de nécessité relative et secondaire.

Cette nouvelle situation préservera notre pouvoir d’achat, et nos emplois. Certains pourraient y voir un protectionnisme rétrograde, et c’est peut-être le cas. Cependant, cette mesure est indispensable pour limiter, à défaut d’éradiquer totalement, la spéculation à la hausse ou à la baisse, et ses effets dévastateurs dont nous avons mesuré les conséquences avec la crise de2008. C’est donc un effort de tous qui sera nécessaire pour arriver, à terme, à une nouvelle économie, et par extension, à une nouveau modèle de société.

Recentrer notre société et jeter les bases d’un nouvel ordre économique semblent être les deux étapes indispensables pour quitter le système financier que nous connaissons. Cela signifie rompre avec le modèle de type capitaliste qui développe l’économie de marché via le libéralisme. Les effets d’une telle décision doivent être bien posé, bien compris, il ne s’agit pas de porter atteinte à la liberté d’entreprendre du moins à grande échelle, pour permettre le développement de petites et moyennes structures. Une telle démarche aura pour conséquence directe une forte réduction des investissements boursiers au profit d’investissements plus modestes mais beaucoup plus nombreux.

C’est donc le retour des banques d’affaire locales qui sera fortement privilégié. Le secteur bancaire sera contraint de s’adapter rapidement s’il ne veut pas être concurrencé par de nouveaux prestataires spécialisés qui proposeront des taux plus avantageux pour les emprunteurs (allant du micro crédit au prêts plus conventionnels). En outre, l’Etat trouvera ici l’occasion d’intervenir directement dans cette nouvelle économie à travers des mesures particulières de prêts à taux réduit (voire nul) comme cela a été le cas pour l’immobilier.

De telles mesures offrent deux avantages : d’une part, l’Etat peut percevoir de nouvelles recettes via les taux d’intérêts, d’autre part, il pourra développer de façon massive le tissu économique du pays et réduire une part importante du chômage, le statut d’auto entrepreneur semble aller dans ce sens. Il s’agira ici d’aller beaucoup plus loin en permettant le développement de structures commerciales à long terme et à temps plein, et permettre la libre création d’entreprises, et par la suite susciter l’emploi. Paradoxalement, on se rapprochera du système économique américain, à une différence près : le contrôle. C’est le dernier point essentiel de l’interventionnisme. En effet, en injectant des fonds pour favoriser la création de PMI-PME, l’Etat pourra exercer un contrôle direct de l’économie. Sur ce point, il s’éloignera du modèle américain pour s’orienter vers des bases plus « collectivistes ».

Sans aller vers le dirigisme pur, il faut bien reconnaître que l’on pourra à volonté favoriser tel ou tel secteur jugé opportun. Certains domaines d’activité pourront être « favorisés » pour permettre un développement souhaité. C’est le cas des nanotechnologies à Grenoble à traves le projet Minatec. la création de celui-ci a permis des partenariats multiples avec d’autres structures, et a ouvert la voie à des programmes ambitieux, comme le développement universitaire sur place et sur la presqu’île scientifique à proximité de l’ancien synchrotron.

Un projet se développe et permet d’envisager d’autres projets complémentaires, le tout crée une synergie qui peut faire d’une région parfois défavorisée, un secteur de pointe. Cet effet domino doit s’accompagner par de décisions politiques de grande envergure , des projets à moyen et long terme de la part de structures locales, nationales (souvent même les deux), ou encore internationales pour que le développement d’une activité puisse s’exprimer pleinement, attirer à elle plusieurs types d’investisseurs, de partenaires, de sous-traitants, etc.

La présence des uns stimulera la présence des autres, dans un mouvement de complémentarité. Il faut bien rester conscient du fait que cet agglomérat de compétence n’a aucun caractère philanthropique : on ne cherche pas à aider son prochain, mais à profiter de ses compétences, on puise chez lui ce qui nous est utile. Si symbiose il y a, c’est parce que chacun y trouve son intérêt, rien de plus. Cela signifie que même une parfaite coordination peut s’effondrer brutalement lorsque l’infrastructure se fragilise. Le départ d’un ou plusieurs acteurs essentiels peut rapidement accélérer l’effondrement économique ou technique d’une région jusqu’alors prospère. Le seul intervenant qui pourra agir sans arrière pensée, c’est la structure qui finance (département, région, Etat, Europe…), lui seul aura pour objectif de stimuler une synergie dans le but clairement annoncé de développer une zone géographique donnée.

Les populations locales bénéficient plus ou moins directement de ce développement économique et technique, à condition bien sûr de répondre aux besoins suscités, c’est-à-dire l’apport de compétences particulières, de profils intéressants. Là encore, pas de philanthropie : si les profils ou les compétences locale sont insuffisantes, le personnel nécessaire viendra d’ailleurs. La population locale doit donc accompagner le développement de leur région, elle doit s’adapter ou disparaître, c’est une réalité qu’il faut avoir à l’esprit, une seule règle prévaut, celle de l’offre et de la demande…

Cette règle éternelle se retrouve ici et trouve sa pleine expression à travers le domaine de l’emploi. Tous les exemples précédents ont montré les différentes facettes d’une seule et même réalité, on retrouve les mêmes principes de base d’une demande (de main d’œuvre qualifiée) et d’une l’offre (de matière grise, de techniques de pointe).

L’exemple de Grenoble illustre parfaitement ce type de rapport. Disposant d’un centre universitaire et de recherche conséquent, l’agglomération a pu développer des industries spécialisées dans la haute technicité et les procédés innovants. La présence de la matière première (universités, centres de recherche, techniciens supérieurs) relève d’une volonté de développer la région dans un domaine particulier. L’Etat et les collectivités locales ont favorisé le développement de cette base innovante. Par la suite, comme par un effet domino, des entreprises spécialisées ont fait le choix de s’installer dans le bassin grenoblois et profiter de cette opportunité de trouver sur place des employés qualifiés. Cette décision a incité d’autres entreprises à s’implanter à leur tour, renforçant du coup l’attractivité et la complémentarité de la synergie grenobloise.

Du coup, l’offre s’est élargie et renforcée, par un effet mécanique, la demande s’est elle aussi renforcée pour passer un cap supérieur. Pour accompagner ce mouvement et les perspectives d’évolution, la recherche des nanotechnologies a été largement aidée par la création de Minatec qui relève d’une décision à la fois politique (pour l’aura scientifique de la région grenobloise en Europe et dans le monde), technique (pour se doter d’un nouvel outil de recherche performant), économique (pour susciter l’implantation de nouvelles entreprises et industrie innovantes), sociales (pour générer la création d’emplois directs et indirects), pratique (par une augmentation des salaires et des contribuables…).

Ces développements croisés se sont mutuellement stimulés pour répondre à une demande croissante, mais aussi développer encore l’offre des industries de pointe. Cette nouvelle offre entraîne déjà de nouvelles demandes, et ainsi de suite…

Nous voyons ici un nouvel effet de balancier entre l’offre et la demande, il n’est plus question de contrainte, d’obligation de répondre à l’un ou l’autre. Bien au contraire, il y a une réelle complémentarité. Une volonté politique et non commerciale en est à l’origine : l’Etat et les collectivités locales. Une décision a été prise pour développer une région propice à un tel projet. Les fonds nécessaires ont été affectés pour concrétiser cette ambition, le reste s’est mis en place de lui-même, les infrastructures de communication et de circulation ont permis l’implantation d’entreprises et d’industries hautement spécialisées. Cet exemple reprend les mêmes mécanismes que les Jeux Olympiques de 1968 : une volonté politique a eu pour effet de dynamiser une région au niveau mondial.

Ces deux exemples montrent de façon claire une autre façon de consommer, plutôt que de courir après une expansion économique souvent aléatoire, ici on la suscite d’une manière assez simple mais certaine. Il serait sans doute intéressant de réfléchir à une échelle plus réduite, plus quotidienne. La question du mieux consommer se pose là encore, à ce jour, elle n’a trouvé aucune réponse satisfaisante.

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de l’évolution de l’enseignement…

De l’évolution de l’enseignement (02-06-2011)

L’éducation nationale pose plusieurs problèmes jusqu’alors « traités » mais non encore résolus, les polémiques se sont succédées sans apporter de solutions durables. L’une des dernières questions de taille concerne le recrutement et le nombre de postes d’enseignants. La réduction du nombre de ces postes est sujet à débat : d’un côté on parle de rationalisation, d’un autre côté de réduction. Quoi qu’il en soit, le constat habituel met l’accent sur les classes surchargées, en effet, on est loin des classes plafonnées à 20 élèves, on avoisine désormais les 30, voire davantage…

Les programmes sont également mis en cause, parfois même dénoncés violemment. On a coutume de dire que le niveau général baisse malgré les réformes qui se succèdent depuis plusieurs décennies. Le sujet de préoccupation actuel concerne le recrutement des nouveaux enseignants. De façon classique, les IUFM forment les futurs enseignants en leur assurant des formations complètes mêlant les programmes scolaires, la bases de la psychologie cognitive, la gestion des conflits, l’apprentissage de plusieurs matières, en un mot, une polyvalence de manière à être en mesure d’assurer le suivi d’une classe.

Dans la réalité, les choses sont plus nuancées, les recrutements sont ne partie gérés par les pôles emploi. En effet, un décret 1 permet d’enseigner en tant que vacataire, justement pour palier aux manques d’effectifs. Cette décision a un double effet, elle suscite tout d’abord une réaction de la part des enseignants frustrés par une concurrence qu’ils jugent déloyale. La plupart met en avant qu’ils sont titulaires du CAPES, un diplôme difficile à obtenir, tandis que les vacataires sont censés effectuer les mêmes tâches sans qualification, si ce n’est un entretien d’embauche, comme on le ferait pour une entreprise privée. Au final on leur confie des classes, un programme annuel à suivre, en un mot, les mêmes prestations qu’un enseignant qualifié et diplômé, la précarité en plus…

Ce déséquilibre des statuts pour un même poste, soulève une polémique qui s’ajoute aux précédentes. Il y a fort à parier qu’une telle décision n’est que le prélude à d’autres prises de position qui, c’est à craindre, risquent de conduire à une refonte totale du monde enseignant où l’on privilégie la quantité à la qualité. Déjà, en juillet 2011, une proposition visait à supprimer le CAPES 2 (rapidement supprimée), cela renforce la concurrence dangereuse entre titulaire et vacataire. Créer et entretenir une telle situation échauffe les esprits mais ne résout rien, bien au contraire. Les partisans du pour ou du contre sont trop occupés à se disputer sur une question de statut, pour s’inquiéter de la baisse de qualité de l’enseignement dispensé, même avec toute la meilleure volonté du monde, il est très difficile aujourd’hui d’inverser la tendance.

De moins en moins, on fait passer les épreuves du Brevet tel qu’il existait il y a 20 ou 30 ans, fait anodin, il a fait lui aussi l’objet d’une proposition visant à le supprimer 3 au profit d’un contrôle continu. Est-ce une tendance générale, ou une volonté de masquer la chute du niveau général ?

La question reste entière, quoi qu’il en soit, il semble plus facile de diminuer que de relever le niveau scolaire. Il se pourrait que dans un avenir proche, des structures privées se multiplient pour répondre à une demande croissante de la part des élèves, et encore davantage de la part des parents !

1- Décret n°87-889 du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi de vacataires pour l’enseignement supérieur

NOR : RESP8700744D | Version consolidée au 05 septembre 2008, et Interview de Luc CHATEL – le Figaro du 04-04-2011

2- une mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants, a fait l’objet d’un rapport, l’article n°20 proposait de supprimer le CAPES. Source : Libération du 7 juillet 2011.

3- Source : le Figaro du 01-04-2010 et RTL.FR du 01-04-2010.

Le clivage risque de glisser du statut des enseignants au statut des établissements, c’est-à-dire des titulaires/vacataires au public/privé. C’est une évolution  délicate car sans un sévère encadrement, de nombreux établissements pourraient voir le jour, dont le seul objectif ne serait pas éducatif mais commercial. De simples prestataires de service qui facturent de l’éducation comme d’autres facturent de l’assurance vie, du renseignement, du transport…

Cette nouvelle situation pourrait créer un fou juridique et économique qui finirait par nuire considérablement au secteur privé de l’enseignement en créant une sorte de jungle où l’on côtoie l’excellence comme la « machine à bénéfice ». Un tel discrédit rejaillirait également sur le secteur public. On en viendrait en effet à généraliser un peu facilement en considérant le secteur public comme dépourvu de moyens techniques et financiers, tandis que le secteur privé plus riche attirerait à lui les meilleurs éléments (enseignants et élèves), ce qui serait bine loin de la réalité sur le terrain.

Au final, parents et élèves risquent de payer le prix fort d’une situation trouble techniquement et économiquement. Le problème ne se limite pas à une question liée à l’éducation, il est beaucoup plus large car il s’agit bien de la formation des futurs employés, techniciens, concepteurs (cols blancs et cols bleus) qui devront assurer la relève du pays tout entier lorsque les personnes actuellement en activité prendront leur retraite. Cette grave question hypothèque donc l’avenir de façon inquiétante. Nous pouvons même aller plus loin : se trouvera-il de futurs élèves aptes à prendre la relève des nos actuelles élites politiques, ceux-là mêmes qui auront contribué à faire chuter le niveau scolaire ?

C’est donc une nécessité que de réviser profondément l’ensemble du système éducatif, et ce, sur différents plans.

Comme nous l’avons vu plus haut, il est nécessaire de procéder à une refonte des programmes afin d’élever le niveau général des élèves. Ce que l’on nomme pudiquement le socle de connaissances, masque le fait que l’on doive déterminer une base, un plancher de compétences scolaire en-deçà de laquelle on ne peut ni ne doit descendre. Cela signifie aussi que tout le reste  du programme annuel est fortement hypothéqué. A ce stade, on se contente d’avoir la politique de ses moyens, alors que l’on devrait se doter des moyens de notre politique, de nos ambitions…

Ce fameux socle des compétences doit se généraliser à l’ensemble du programme pour qu’au final, les diplômes (Brevet des Collèges, Baccalauréat), retrouvent leur valeur d’il y a quelques années, voire quelques décennies. A cette époque un peu lointaine il est vrai, ils suffisaient à justifier un niveau satisfaisant pour trouver un premier emploi.

Du coup, les diplômes universitaires seront valorisés, leur « aura » pourra rayonner en France et à travers le monde entier. La réputation ainsi faite des diplômes français permettra « d’importer » de nombreux étudiants étrangers, mais aussi « d’exporter » des étudiants français à l’étranger, titulaires de ces diplômes qualifiants afin de trouver un emploi. A travers ce principe de vases communiquants, c’est l’image de la France dans le monde qui sera fortement valorisée. Cette image ne manquera pas de contribuer à la bonne réputation des entreprises françaises qui bénéficieront ainsi d’une main d’œuvre qualifiée. Du même coup, la relève sera assurée en France comme ailleurs dans le monde.

La refonte des programmes sera incomplète sans un réaménagement des conditions d’enseignement. Les classes surchargées à 30 élèves ou plus ne sont pas favorables à un enseignement de qualité. Des classes aux effectifs plus légers sont indispensables, peut-être plafonnées à 20. La prise en charge des élèves les plus faibles est nécessaire, des moyens doivent être apportés à ces élèves sensibles, cependant un effort  doit leur être demandé en retour.  En effet, la remise à niveau ne peut être à sens unique, c’est un effort concerté et consenti de chacun dont il est question. Qu’en est-il des plus… instables ?

Le problème reste entier, quoi qu’il en soit, ils ne doivent pas demeurer dans les classes traditionnelles de sorte à perturber le bon déroulement d’un cour. L’exclusion est inévitable, reste à savoir ce que l’on pourra faire d’eux. Un placement en structure spécialisée est indispensable, elle devra leur fournir une formation qualifiante. Là se pose un autre problème : celui de savoir détecter les domaines où ils pourront se réaliser, se développer. Cette voie trouvée leur permettra de sortir du cycle de l’échec scolaire. Il n’est dons pas question de les envoyer dans une voie de garage, les orienter sans prendre en compte leurs aptitudes, leurs compétences quand ils en ont.

D’une façon générale, la discipline doit être présente, même à minima pour assurer le bon déroulement d’un cour. Cependant, la participation de tous les élèves est indispensable. Elle se concrétise par différents moyens. L’oral est l’un de ces des moyens car il permet la participation de toute une classe. Ce peut être un très bon moyen de canaliser l’énergie parfois débordante de certains élèves, cela permet aussi de les valoriser par un système de notation avantageux. En outre, cela permet de sortir du cycle de l’échec scolaire. Ainsi préparés, habitués aux épreuves écrites et orales, les élèves seront familiarisés avec les épreuves ultérieures (Baccalauréat classique ou professionnel, BTS, LMD, entretiens d’embauche, et.). Mieux armés, ils pourront disposer de moyens supérieurs pour commencer leur vie professionnelle.

Reste enfin la formation des futurs enseignants. Une vive polémique a éclaté courant juin 2011 sur le recrutement des enseignants vacataires sans formation, tout juste encadrés par un entretien d’embauche, comme pour n’importe quel autre emploi. Justement, l’enseignement n’est pas n’importe quel emploi, il s’agit de recruter des profils particuliers, qualifiés pour un poste à fort investissement personnel, très spécifique et très technique. Le volume horaire est très important, il nécessite des heures de travail en établissement et à domicile. Une formation ne gestion d’enfants et d’adolescents est indispensable (du management pour public spécifique en quelque sorte), car il ne n’agit pas uniquement de transmettre des connaissances (un simple manuel scolaire suffit pour cela), ce qui importe, c’est la manière de transmettre ces connaissances, et s’assurer qu’elles sont correctement assimilées.

C’est ce travail pédagogique qui réclame des compétences particulières. C’est aussi une question de respect des enseignants pour al reconnaissance de leur travail  en classe, de leurs efforts en vue de réussir le CAPS. Ce point s’applique plus particulièrement aux actuels étudiants qui préparent ce diplôme, ainsi qu’aux IUFM. Le respect s’adresse aussi aux élèves pour leur assurer un enseignement de qualité tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Enfin, et de manière symbolique, il s’agit de respecter l’institution qu’est l’éducation nationale en lui octroyant les moyens de fonctionner correctement. Ce triple respect est indispensable et garantit un bon fonctionnement de cette précieuse institution.

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de la consommation…

De la consommation

Nous vivons au sein d’un système économique qui repose sur la consommation de masse, dans le cadre d’une structure capitaliste basée sur l’échange de biens marchands (qu’il s’agisse de produits manufacturés ou de services). Ces biens s’échangent selon une valeur financière qui leur est attribuée, un prix fixé. En rapport de ce prix, fluctuant selon les besoins et la demande du bien en question, il se positionne sur une échelle de valeurs. Le produit de consommation est alors échangé contre son équivalent monétaire, mais jamais contre un autre produit de valeur équivalente.

Toute une structure économique accompagne la transaction en amont et en aval : Une première production de biens manufacturés ou de services apparaît, contre une rémunération régulière basée sur la valeur du produit fini, pondéré par les coûts nécessaires à sa production, et des bénéfices, c’est ce que l’on nomme le salaire.

Ce salaire est stocké sur un compte de dépôt au sein d’un établissement financier spécialisé dans le dépôt de valeurs. Lorsque l’on stocke des produits monétaires, ils deviennent rapidement des produits financiers après traitement. Le salaire est utilisé comme base commune d’échange pour acquérir des biens de consommation (produits manufacturés ou services), ceux-ci sont destinés à répondre à nos besoins primaires à savoir : se loger, se nourrir, se vêtir, et secondaires à savoir : se déplacer et tout ce qui concerne le confort, le loisir et le luxe.

Le logement est constitué d’une occupation parfois temporaire contre une rémunération mensuelle, il n’appartient pas à celui qui l’occupe, mais loué (une autre forme de salaire). Parfois, le logement appartient à celui qui l’occupe après transaction commerciale, c’est l’achat comme pour n’importe quel autre marchandise. Plus rarement, il est transmis d’une personne à une autre par voie de don ou d’héritage, sans transaction commerciale.

La nourriture et le vêtement font l’objet d’une transaction commerciale, leur valeur est fixée par une indice nommé prix. Ce prix fluctue selon un rapport offre-demande : la valeur augmente lorsque l’article devient moins disponible, elle baisse lorsque l’article devient plus courant. Plusieurs critères font varier le prix : la disponibilité, la rareté, la qualité, le service après-vente, la notoriété, etc… Parfois, le vêtement est disponible hors échange commercial, en don ou échange auprès d’une population qui consomme peu ou pas, plus rarement pour échapper au circuit classique de consommation à titre commercial. La nourriture peut également être fournie sur le même mode, pour nourrir une population qui ne consomme pas ou peu sous forme commerciale, c’est la distribution alimentaire (non gérée par l’Etat). Parfois encore, il existe des structures d’échange et de partage, il s’agit là de nourriture en devenir (des semences), plus rarement des produits finis artisanaux distribués à l’entourage. Quoi qu’il en soit, les produits primaires et secondaires s’inscrivent dans une logique de consommation à travers un échange commercial basé sur une valeur monétaire.

Tout ce système fonctionne car chaque étape alimente une autre étape, et ainsi de suite, ce système s’autoalimente. Les problèmes surviennent lorsque les individus ne disposent pas d’un emploi, c’est-à-dire d’une activité productrice qui génère un salaire permettant de consommer. Pour cela, des dispositifs existent pour assurer à chacun un degré de consommation acceptable de produits primaires et secondaires. Il s’agit d’une forme particulière de salaire car il n’y a pas production de biens ou de services en retour.

L’attention est portée sur la nécessité de répondre aux besoins primaires et secondaires des individus. Un tel système implique, nécessite, de prélever une partie des salaires pour financer ce que l’on nomme des indemnités, des aides à la consommation. Le problème se pose quant au financement de ces indemnités par prélèvement : minoritaires, ils permettent d’assurer un pouvoir d’achat, une capacité à consommer et alimenter ainsi notre système.

Plus importants, ils freinent le pouvoir d’achat des individus disposant d’un salaire, et créent un clivage de plus en plus important, un ressentiment entre ceux qui produisent et ceux qui ne produisent pas, sur la consommation :

– les producteurs refusant les prélèvement qui réduisent leur pouvoir d’achat (comme c’est le cas aux USA avec le projet de réforme sociale du Président Obama, et en France à une moindre mesure mais depuis plusieurs décennies).

– les non-producteurs souhaitant augmenter leur pouvoir d’achat et retrouver un emploi stable pour faire évoluer leur statut précaire. Les antagonismes entre ces deux catégories se multiplient et prennent des proportions importantes, des clivages profonds qui, souvent, empêchent toute conciliation.

Un troisième problème se pose lorsque les salaires sont insuffisants pour assurer un pouvoir d’achat satisfaisant aux producteurs, lorsque le seuil de consommation n’est plus en mesure de maintenir la cohésion du système. C’est ce que l’on nomme la crise.

Nous en avons déjà connu deux, la première en 1929, la seconde en 2008, il y a de forte chances que la 3e survienne dans les années à venir. Notre système de consommation de type capitaliste a besoin de maintenir un niveau constant d’achat de la part des individus. En effet, l’achat permet de susciter une demande qui stimule une offre, une production, des salaires, des flux financiers dont une partie sert à produire de nouveaux flux financiers, une autre partie à produire de nouveaux biens de consommation, écouler des stocks pour en reconstituer d’autres, etc..

Ces mécanismes ne peuvent perdurer qu’à la condition indispensable de maintenir un niveau de consommation satisfaisant : quand le niveau baisse, la mécanique s’enraye. C’est ce qui se passe actuellement, 10 après le changement monétaire et la hausse des prix, entre la crise de 2008 et la prochaine. L’offre doit s’adapter à une nouvelle demande plus raisonné, plus réduite aussi. Le discount est à la mode comme le bio, car les individus n’ont plus les moyens ni l’envie de consommer comme auparavant.

La part des non-productifs augmente également, ce qui impose d’augmenter les prélèvements sur des salaires déjà insuffisant, tout ceci contribue à réduire le niveau de consommation. L’issue est incertaine, les solutions existent mais ne peuvent satisfaire tout le monde.

La diversité des intérêts des consommateurs est si grande qu’en l’état actuel des choses, la satisfaction des uns, entraînera le dépit des autres. Les raisons sont multiples, la plus importante reste sans doute la course à la consommation dans laquelle nous évoluons depuis plusieurs décennies déjà malgré des crises retentissantes.

Celles-ci sont de nature différentes, la première (celle de 1929) est due à plusieurs facteurs conjoints : mauvaise circulation des richesses, spéculation, inflation, consommation insuffisante.. Quoi qu’il en soit, même si le monde financier était important, le monde industriel l’était tout autant, les logiques se basaient sur la production de biens de consommation manufacturés ou service).

La crise de 2008 reprend en partie les mêmes causes, mais se base davantage sur la spéculation et plus particulièrement sur ce que l’on a nommé « l’argent virtuel ». Il existait (et existe encore plus aujourd’hui) un profond décalage entre les richesses réelles, et les richesses virtuelles, qui font l’objet de placements financiers, qui constituent le socle de l’économie moderne.

C’est un peu le système de Law début 18e qui a introduit le billet face à la monnaie métallique : tout fonctionne lorsque l’on a confiance dans le système, au point de produire plus de billets (échangeables en monnaie métallique) que l’on peut ne rembourser en monnaie métallique. Quand la confiance n’était plus de mise et lorsque la population souhaitait convertir en masse les billets en monnaie, le système a failli car la richesse réelle était en total décalage avec la richesse virtuelle… début 18e…

Actuellement, l’importance du monde de la finance dépasse largement celui de la production (biens manufacturés et services). Les plus touchés par cette crise ont été les USA incapables d’honorer leurs créances, les particuliers ont été ruinés, certaines banques prestigieuses également, et l’Etat mis en difficulté. L’Europe a subi une version un peu atténuée de la crise, mais les mesure de sécurité sont encore loin d’être suffisantes.

Plusieurs idées, marginales, commencent à se développer et suscitent de l’intérêt. C’est le cas du retour à la monnaie nationale. Sortir de l’euro semblait il y a peu inconcevable, actuellement, cette idée fait son chemin, sur le volet politique et militaire la France a déjà quitté l’OTAN…

Au vu des crises que rencontrent certains pays européens comme la Grèce, l’Espagne, et le Portugal, sans oublier les nouveaux adhérents à l’Union contraints aux critères de convergence, la sortie de l’Euro interroge à défaut de convaincre… Le volet économique suscite beaucoup d’inquiétudes et encore plus de scepticisme dans la population envers ses dirigeants. Une telle situation ne sera pas sans conséquence sur le volet politique à l’approche des échéances électorales…

Quoi qu’il en soit, une nouvelle crise économique se prépare, elle sera peut-être la conséquence des leçons non retenues de celle de 2008…

Récemment, les Etats-Unis sont ne passe de perdre leur précieuse note AAA, à l’image de Chypre ou de la Grèce…

La dette américaine explose et la seule issue rapide est de relever le plafond légal de l’nedettement du pays, c’est la volonté du Président Obama, tandis que l’opposition préfère réduire les dépenses… au pays de la consommation…

Cette situation intenable accélère les craintes, et crée un mouvement de panique dans les milieux financier. Le Présidnet Sarkozy quant à lui a choisi de réduitre la voilure par une lettre aux députés pour tenter de réduire les dépenses. A-t-il retenu les leçons de la crise grecque, prépare-il les prochaines élections de 2012 ?

Quoi qu’il en soit, il choisi la prudence, ce qui semble très sage par les temps qui courent. Cependant, la question que l’oçn est en droit de se poser aujourd’hui est la suivante :

Sommes nous prêtes à affronter la prochaine crise qui s’annonce plus forte, plus durable que celle de 2008 ?

A ce jour, nous n’avons pas encore la réponse…

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