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De la consommation

Nous vivons au sein d’un système économique qui repose sur la consommation de masse, dans le cadre d’une structure capitaliste basée sur l’échange de biens marchands (qu’il s’agisse de produits manufacturés ou de services). Ces biens s’échangent selon une valeur financière qui leur est attribuée, un prix fixé. En rapport de ce prix, fluctuant selon les besoins et la demande du bien en question, il se positionne sur une échelle de valeurs. Le produit de consommation est alors échangé contre son équivalent monétaire, mais jamais contre un autre produit de valeur équivalente.

Toute une structure économique accompagne la transaction en amont et en aval : Une première production de biens manufacturés ou de services apparaît, contre une rémunération régulière basée sur la valeur du produit fini, pondéré par les coûts nécessaires à sa production, et des bénéfices, c’est ce que l’on nomme le salaire.

Ce salaire est stocké sur un compte de dépôt au sein d’un établissement financier spécialisé dans le dépôt de valeurs. Lorsque l’on stocke des produits monétaires, ils deviennent rapidement des produits financiers après traitement. Le salaire est utilisé comme base commune d’échange pour acquérir des biens de consommation (produits manufacturés ou services), ceux-ci sont destinés à répondre à nos besoins primaires à savoir : se loger, se nourrir, se vêtir, et secondaires à savoir : se déplacer et tout ce qui concerne le confort, le loisir et le luxe.

Le logement est constitué d’une occupation parfois temporaire contre une rémunération mensuelle, il n’appartient pas à celui qui l’occupe, mais loué (une autre forme de salaire). Parfois, le logement appartient à celui qui l’occupe après transaction commerciale, c’est l’achat comme pour n’importe quel autre marchandise. Plus rarement, il est transmis d’une personne à une autre par voie de don ou d’héritage, sans transaction commerciale.

La nourriture et le vêtement font l’objet d’une transaction commerciale, leur valeur est fixée par une indice nommé prix. Ce prix fluctue selon un rapport offre-demande : la valeur augmente lorsque l’article devient moins disponible, elle baisse lorsque l’article devient plus courant. Plusieurs critères font varier le prix : la disponibilité, la rareté, la qualité, le service après-vente, la notoriété, etc… Parfois, le vêtement est disponible hors échange commercial, en don ou échange auprès d’une population qui consomme peu ou pas, plus rarement pour échapper au circuit classique de consommation à titre commercial. La nourriture peut également être fournie sur le même mode, pour nourrir une population qui ne consomme pas ou peu sous forme commerciale, c’est la distribution alimentaire (non gérée par l’Etat). Parfois encore, il existe des structures d’échange et de partage, il s’agit là de nourriture en devenir (des semences), plus rarement des produits finis artisanaux distribués à l’entourage. Quoi qu’il en soit, les produits primaires et secondaires s’inscrivent dans une logique de consommation à travers un échange commercial basé sur une valeur monétaire.

Tout ce système fonctionne car chaque étape alimente une autre étape, et ainsi de suite, ce système s’autoalimente. Les problèmes surviennent lorsque les individus ne disposent pas d’un emploi, c’est-à-dire d’une activité productrice qui génère un salaire permettant de consommer. Pour cela, des dispositifs existent pour assurer à chacun un degré de consommation acceptable de produits primaires et secondaires. Il s’agit d’une forme particulière de salaire car il n’y a pas production de biens ou de services en retour.

L’attention est portée sur la nécessité de répondre aux besoins primaires et secondaires des individus. Un tel système implique, nécessite, de prélever une partie des salaires pour financer ce que l’on nomme des indemnités, des aides à la consommation. Le problème se pose quant au financement de ces indemnités par prélèvement : minoritaires, ils permettent d’assurer un pouvoir d’achat, une capacité à consommer et alimenter ainsi notre système.

Plus importants, ils freinent le pouvoir d’achat des individus disposant d’un salaire, et créent un clivage de plus en plus important, un ressentiment entre ceux qui produisent et ceux qui ne produisent pas, sur la consommation :

– les producteurs refusant les prélèvement qui réduisent leur pouvoir d’achat (comme c’est le cas aux USA avec le projet de réforme sociale du Président Obama, et en France à une moindre mesure mais depuis plusieurs décennies).

– les non-producteurs souhaitant augmenter leur pouvoir d’achat et retrouver un emploi stable pour faire évoluer leur statut précaire. Les antagonismes entre ces deux catégories se multiplient et prennent des proportions importantes, des clivages profonds qui, souvent, empêchent toute conciliation.

Un troisième problème se pose lorsque les salaires sont insuffisants pour assurer un pouvoir d’achat satisfaisant aux producteurs, lorsque le seuil de consommation n’est plus en mesure de maintenir la cohésion du système. C’est ce que l’on nomme la crise.

Nous en avons déjà connu deux, la première en 1929, la seconde en 2008, il y a de forte chances que la 3e survienne dans les années à venir. Notre système de consommation de type capitaliste a besoin de maintenir un niveau constant d’achat de la part des individus. En effet, l’achat permet de susciter une demande qui stimule une offre, une production, des salaires, des flux financiers dont une partie sert à produire de nouveaux flux financiers, une autre partie à produire de nouveaux biens de consommation, écouler des stocks pour en reconstituer d’autres, etc..

Ces mécanismes ne peuvent perdurer qu’à la condition indispensable de maintenir un niveau de consommation satisfaisant : quand le niveau baisse, la mécanique s’enraye. C’est ce qui se passe actuellement, 10 après le changement monétaire et la hausse des prix, entre la crise de 2008 et la prochaine. L’offre doit s’adapter à une nouvelle demande plus raisonné, plus réduite aussi. Le discount est à la mode comme le bio, car les individus n’ont plus les moyens ni l’envie de consommer comme auparavant.

La part des non-productifs augmente également, ce qui impose d’augmenter les prélèvements sur des salaires déjà insuffisant, tout ceci contribue à réduire le niveau de consommation. L’issue est incertaine, les solutions existent mais ne peuvent satisfaire tout le monde.

La diversité des intérêts des consommateurs est si grande qu’en l’état actuel des choses, la satisfaction des uns, entraînera le dépit des autres. Les raisons sont multiples, la plus importante reste sans doute la course à la consommation dans laquelle nous évoluons depuis plusieurs décennies déjà malgré des crises retentissantes.

Celles-ci sont de nature différentes, la première (celle de 1929) est due à plusieurs facteurs conjoints : mauvaise circulation des richesses, spéculation, inflation, consommation insuffisante.. Quoi qu’il en soit, même si le monde financier était important, le monde industriel l’était tout autant, les logiques se basaient sur la production de biens de consommation manufacturés ou service).

La crise de 2008 reprend en partie les mêmes causes, mais se base davantage sur la spéculation et plus particulièrement sur ce que l’on a nommé « l’argent virtuel ». Il existait (et existe encore plus aujourd’hui) un profond décalage entre les richesses réelles, et les richesses virtuelles, qui font l’objet de placements financiers, qui constituent le socle de l’économie moderne.

C’est un peu le système de Law début 18e qui a introduit le billet face à la monnaie métallique : tout fonctionne lorsque l’on a confiance dans le système, au point de produire plus de billets (échangeables en monnaie métallique) que l’on peut ne rembourser en monnaie métallique. Quand la confiance n’était plus de mise et lorsque la population souhaitait convertir en masse les billets en monnaie, le système a failli car la richesse réelle était en total décalage avec la richesse virtuelle… début 18e…

Actuellement, l’importance du monde de la finance dépasse largement celui de la production (biens manufacturés et services). Les plus touchés par cette crise ont été les USA incapables d’honorer leurs créances, les particuliers ont été ruinés, certaines banques prestigieuses également, et l’Etat mis en difficulté. L’Europe a subi une version un peu atténuée de la crise, mais les mesure de sécurité sont encore loin d’être suffisantes.

Plusieurs idées, marginales, commencent à se développer et suscitent de l’intérêt. C’est le cas du retour à la monnaie nationale. Sortir de l’euro semblait il y a peu inconcevable, actuellement, cette idée fait son chemin, sur le volet politique et militaire la France a déjà quitté l’OTAN…

Au vu des crises que rencontrent certains pays européens comme la Grèce, l’Espagne, et le Portugal, sans oublier les nouveaux adhérents à l’Union contraints aux critères de convergence, la sortie de l’Euro interroge à défaut de convaincre… Le volet économique suscite beaucoup d’inquiétudes et encore plus de scepticisme dans la population envers ses dirigeants. Une telle situation ne sera pas sans conséquence sur le volet politique à l’approche des échéances électorales…

Quoi qu’il en soit, une nouvelle crise économique se prépare, elle sera peut-être la conséquence des leçons non retenues de celle de 2008…

Récemment, les Etats-Unis sont ne passe de perdre leur précieuse note AAA, à l’image de Chypre ou de la Grèce…

La dette américaine explose et la seule issue rapide est de relever le plafond légal de l’nedettement du pays, c’est la volonté du Président Obama, tandis que l’opposition préfère réduire les dépenses… au pays de la consommation…

Cette situation intenable accélère les craintes, et crée un mouvement de panique dans les milieux financier. Le Présidnet Sarkozy quant à lui a choisi de réduitre la voilure par une lettre aux députés pour tenter de réduire les dépenses. A-t-il retenu les leçons de la crise grecque, prépare-il les prochaines élections de 2012 ?

Quoi qu’il en soit, il choisi la prudence, ce qui semble très sage par les temps qui courent. Cependant, la question que l’oçn est en droit de se poser aujourd’hui est la suivante :

Sommes nous prêtes à affronter la prochaine crise qui s’annonce plus forte, plus durable que celle de 2008 ?

A ce jour, nous n’avons pas encore la réponse…

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