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Archive for août 2011

La transistion d’un empire…

La transition d’un empire (26-08-2011)

Comme je l’ai détaillé précédemment, trois grands courants politiques ont porté le 20e siècle, l’un n’a pas survécu à la 2e guerre mondiale, l’autre a pu se maintenir près de 70 ans avant de s’effondrer, le dernier connaît de graves difficultés et semble s’acheminer vers sa fin, n’étant plus capable de s’adapter. En parallèle, les révolutions arabes de début 2011 ont prouvé plusieurs choses :

– un dirigeant, quel qu’il soit, ne peut se maintenir longtemps au pouvoir à notre époque, il doit rendre des compte à la communauté internationale qui, de son côté, ne peut plus couvrir des agissements jugés contraires aux droits de l’homme, malgré tous les avantages politiques, économiques, militaires ou autres du dirigeant et ce, quel que soi le régime politique qu’il dirige.

– seul un isolationnisme strict peut permettre la continuité du pouvoir d’un régime autoritaire. Nos démocraties occidentales ne peuvent fermer les yeux sur de tels régimes, malgré nos besoins ne énergie et matière première. Ceci conduit bien souvent à des exercices de diplomatie digne des plus grand gymnastes…

– lorsque la rue est soutenue par les classes aisées pour renverser un dirigeant, et une aide militaire directe, un régime peut s’effondrer en quelques mois, voire en quelques semaines.

– ce qui est vrai pour les pays arabes, l’est aussi pour les pays occidentaux, même si l’on se croit à l’abri d’un événement digne de mai 1968 ou de la chute du mur de Berlin (après une manifestation à Leipzig).

Ce troisième grand courant politique semble donc vivre ses derniers instants, il est devenu omniprésent sur l’ensemble dela planète. Cependant, c’est un colosse aux pieds d’argile : l’économie mondiale a besoin d’un consommation croissante pour perdurer, dès que le pouvoir d’achat diminue, il entraîne presque aussitôt une baisse de la consommation et la multiplication d’offres alternatives.

Ainsi, la crise de 2008 (et la prochaine) a déjà mis sérieusement en cause des bases que l’on s’imaginait solides, universelles et éternelles. De grands empire financiers se sont écroulés, et il y a fort à parier que ce sera bientôt le tour de plusieurs gouvernements. Un pays à structure fédérale est davantage exposé à ce type de bouleversement, car l’attachement à une identité locale dépasse largement les références fédérales souvent jugées intrusives, et généralement rendues responsables de la situation économique délicate vécue au quotidien. Le réflexe des dirigeants est alors de mener une politique d’austérité pour tenter de réduire les dépenses d’un côté, et d’injecter de l’argent frais pour maintenir la consommation à défaut de pouvoir la relancer.

Le système capitaliste est en panne, c’est un fait que beaucoup constatent mais que peu acceptent, car il est toujours difficile de changer brutalement de mode de vie, surtout après plusieurs décennies. Les grandes difficultés financières que rencontre le Président Obama sur la dette américaine doivent en inquiéter plus d’un. Les Etats-Unis jusqu’alors montrés en exemple, en tant que modèle économique, est aussi un des pays les plus endettés de la planète…

Le plafond légal de l’endettement est déjà atteint, la sacrosainte note AAA a été revue àla baisse. Certainsimaginent une chute brutale de cet empire, comme les dirigeants arabes, ou plus anciennement encore, le régime soviétique. C’est sans doute mal connaître un pays aux ressources multiples. Il ne faut pas oublier les innombrables projets et autres solutions alternatives nées bien avant les événements de mai 1968. La contestation du système capitaliste basé sur l’économie de marché et la consommation de masse

Les initiatives locales sont importantes dans bien des domaines, comme l’économie, l’environnement, la production,la consommation. Iln’est pas impossible que les crises successives (celle de 2008 et la prochaine) permettent le développement de ces solutions différentes. Il y a fort à parier qu’elles pourraient même être reprises par de grands groupes financiers pour les développer, leur donner un caractère plus acceptable, plus réaliste. Ce sera sans doute une autre façon de consommer, car nous continuerons de consommer quoi qu’il arrive. L’économie se maintiendra, mais elle se transformera, elle s’adaptera à un nouvel environnement pour intégrer les nouvelles données qui auront eu raison de l’ancien système (mondialisation, énergie, alimentation, armement, etc).

Les Etats-Unis semblent être le pays le mieux placé pour réaliser cette transition, il lui faudra pourtant subir la fin de l’ancien système pour passer à un autre. C’est cette transition qui risque d’être particulièrement difficile à gérer. Cependant, l’Europe de l’Est a prouvé que c’est possible : les pays sous domination soviétique ont connu une période particulièrement difficile au lendemain de la chute du Mur de Berlin, mais ils ont su s’adapter à cette nouvelle situation.

La Russie qui a été très touché par la chute du communisme, a su se redresser, et demeure une grande puissance économique, politique, militaire et culturelle. Une telle évolution est très probable aux Etats-Unis pour évacuer l’ancien système qui a fait son temps et se tourner vers autre chose, pour perdurer, pour s’adapter comme elle l’a fait déjà à plusieurs reprises à travers son histoire.

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Bonnes adresses de restaurant en montagne

Voici trois restaurants que je recommande :

– Autrans, l’Hôtel de la Poste, le nom n’est pas terrible mais la carte est excellente, très bon rapport qualité prix.

– Lans en Vercors, Brasserie du Marais, juste à côté du rond Point, très bon rapport qualité prix, cuisine très fine, cadre particulièrement agréable sur un jardin avec plan d’eau…

– Lans en Vercors, La Providence, excellent restaurant en terrasse, donne sur la place centrale, très bon rapport qualité prix.

Catégories :grenoble

le déclin de l’empire…

Le déclin d’un empire (10-08-2011)

Ce que beaucoup redoutaient s’est produit le 5 août 2011, la note quasi automatique AAA de l’économie américaine ne l’est plus. La sacrosainte note a été baissée, désormais, les agences de notation font la pluie et le beau temps de l’économie mondiale.

Sont-ils des juges incontestés ? loin de là, déjà la crise grecque a eu pour effet de mettre en cause les officines de la bonne fortune mondiale, cependant, il semblerait qu’elles affichent tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Bien sûr, le fait de révéler au grand jour ce que beaucoup constatent au quotidien n’est pas anodin. La responsabilité est énorme, on leur reproche maintenant cette nouvelle note comme on reproche un temps maussade au présentateur météo…

Quoi qu’il en soit, l’économie américaine est bel et bien en crise, elle n’a pas su tirer les leçons de 2008 et se prépare à une nouvelle crise plus profonde et plus durable que la précédente, de là plusieurs conséquences :

– une baisse de la consommation et une explosion de la paupérisation des classes moyennes. De quoi saper les fondements du système capitaliste tout entier, basé sur l’économie de marché et la consommation de masse. D’où une crise politique et économique sans précédent, à la veille de l’élection présidentielle dans un monde en profonde mutation…

– une révision totale de la politique extérieure, faute de pouvoir financer les ambitions de maintien et de développement des intérêts américains. A terme, on rejoindra très vite le premier point évoqué ci-dessus. Le recul dela présence UStant économique que militaire ne sera pas sans stimuler ses adversaires les plus acharnés, ils sont aussi nombreux que variés, et ne concernent pas uniquement les fondamentalistes musulmans…

– les principaux adversaires et créanciers des US profiteront de cette situation de faiblesse pour prendre un avantage considérable sur leur concurrent. A ce titre, la Chine pose déjà ses conditions au lendemain du 5 août. Ce nouvel empire économique et politique a des prétentions sur l’ensemble de la planète, (plus particulièrement en Afrique et en Europe de l’Est). Cependant, c’est un colosse aux pieds d’argile, la révolte gronde et les émeutes de la faim se multiple, il faut désormais un recours à l’armée pour un retour au calme. On croirait revivre les prémices de la chute du Mur de Berlin…

Quoi qu’il en soit, la Chine (et d’autres puissances) ont tout intérêt à profiter de la situation avant que les choses n’empirent pour recouvrir leurs créances, avant un éventuel défaut de paiement.

– une autre élément de taille est à prendre en compte : jusqu’alors, les USA investissaient à l’étranger, il se pourrait bien que le mouvement s’inverse, que ce soit maintenant l’étranger qui investisse aux USA. Déjà, l’économie américaine est largement ouverte sur le monde, dans les années à venir, ont peut s’attendre à des investissement massifs originaires des pays en voie de

développement ou au développement récent. Les prises de position dela Maison Blanchea été parfois, et même souvent, mal ressentie par ces pays. Il y a fort à parier qu’ils profiteront de l’occasion pour régler quelques comptes en suspens…

Que ce soit la Chine, l’Inde, le Venezuela, les pays du Golfe Persique, leurs investissements pourraient bien être accompagnés de conditions particulières, assez défavorables pour les intérêts américains.

Ce sera un choc d’une grande importance, la clôture véritable du 20e siècle. Après la chute du communisme à la fin du siècle dernier, nous assisterons peut-être à la chute du système capitaliste tel que nous le connaissons, au début du nouveau siècle.Ces deux régimes morts et enterrés permettront peut-être l’émergence d’une nouvelle superpuissance qui pourra se développer sans entraves sur un nouveau terrain vierge. La seule question qui reste en suspens est de savoir quelle sera-t-elle : européenne, asiatique, arable ou sud-américaine ?

Il est envisageable que ce sera un jeu à plusieurs, non plus bipolaire mais multipolaire. Au sein d’un tel monde, la place économique, culturelle et politique dela Maison Blanchene sera plus aussi importante qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’unité du pays se ne sera peut-être plus assuré face à une crise économique qui entraînera de fait une crise politique, et encouragera les velléités sécessionnistes. Le terme est fortement connoté, cependant, les Etats les plus riches ne voudront sans doute pas prendre en charge les Etats les plus pauvres comme cela a été le cas En Italie entre le Nord et le Sud ou en Allemagne entre l’Ouest et l’Est.

L’unité d’un pays vaut quand chaque citoyen conçoit ce pays comme une unité indivisible. En cas de crise grave, il souhaitera d’abord le changement de ses dirigeants, mais n’aura pas d’attache locale, il orientera ses souhaits vers un changement des élus qui, de toute façon changeront à échéance de leur mandant, tandis que le pays leur survivra. A l’inverse, attaché à une identité locale, c’est elle qui constituera la référence première. Le pays ne sera alors perçu que comme un agglomérat d’identités locales et ne sera utile (car il s’agit bien là d’utilité) que pour régler certaines questions qui dépassent le cadre local.

Nous en avons un parfait exemple avec l’Union Européenne : chaque citoyen pense d’abord national avant de penser supra national. L’Europe, en tant qu’institution n’est compétente que pour certaines questions (même si près de 80% des lois votées à l’Assemblé Nationale, pour ne parler que d’elle, sont d’origine européenne). D’un point de vue identitaire, c’est bien Paris que l’on place au-dessus de Bruxelles, il en est de même pour Berlin, Rome, Prague, Lisbonne…

Ce type de raisonnement peut être appliqué bien entendu à un Etat fédéral, surtout si celui-ci est estimé responsable des maux quotidiens, tant politiques qu’économiques. Un Etat, une capitale ou des dirigeants lointains ne permettent pas de susciter l’adhésion des citoyens, et plus particulièrement en temps de crise, loin des yeux, loin du cœur dit-on…

Voici en quelques lignes les risques qu’encourent la Maison Blanche si elle ne parvient pas à juguler les effet de la crise de 2008 et la prochaine qui s’annonce imminente. Que l’on ne s’y trompe pas, cette réaction peut tout aussi bien se développer au sein d’autres structures supranationales qui ne parviennent pas à susciter et renforcer l’adhésion des citoyens…

Catégories :causeries du moment