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Archive for septembre 2011

Des tablettes tactiles…

Des tablettes tactiles (06-09-2011)

Ce que l’on pressentait il y a quelques années à peine se confirme aujourd’hui : le succès des tablettes tactiles est indéniable. Il poursuit la progression informatique où un produit nouveau chasse un autre, devenu obsolète. Cette évolution est très récente, elle tend à s’accélérer de plus en plus. Il y a quelques décennies, une machine lourde, encombrante, clavier serti dans un écran monochrome, était le nec plus ultra dela technologie. C’étaitaussi l’ère des ingénieurs qui bricolaient dans leur garage ce qui est devenu par la suite la révolution informatique.

Puis le PC s’est démocratisé, il est devenu plus abordable, plus rapide et plus pratique. Ensuite est venue l’ère de la miniaturisation qui a considérablement accru la puissance et les capacités des ordinateurs. Il est rapidement devenu un outil de masse, il s’est répandu passant de l’outil de travail à l’objet de loisir. Dès lors, les besoins ont rapidement changé, les utilisateurs sont devenus de plus en plus « accros », dépendants d’une informatique quotidienne et omniprésente.

L’apparition d’internet au début des années1990 aconsidérablement accéléré cette tendance. Cependant, un bon outil performant et multitâche ne suffisait plus, il lui fallait désormais devenir nomade. Ce nouveau besoin a été comblé par l’ère du portable. Cette nouvelle génération d’ordinateurs a détrôné nos vieux PC statiques devenus encombrants. Une nouvelle génération s’affirme depuis quelques années avec les tablettes tactiles toujours plus nomades et plus pratiques. Au-delà de l’aspect esthétique, un autre aspect est décisif : le système d’exploitation.

En effet, PC ou portable, le système d’exploitation coûte cher, trop cher, l’utilisateur est contraint de payer le prix fort pour pouvoir l’utiliser correctement. La tablette tactile supprime cet obstacle , les systèmes préinstallés comme Androïd sont non seulement gratuits, mais offrent toute une gamme de produits complémentaires eux aussi gratuits, que l’on soit sur tablette ou sur smartphone. L’interface est pratique, simple, et propose une large gamme d’application gratuites allant de l’usage professionnel au loisir le plus futile. L’utilisateur peut également personnaliser son outil informatique au gré de ses envies.

Déjà les ventes de portable s’écroulent courant septembre 2011, tandis que les ventes de tablettes explosent. Outre le support, c’est bien le système d’exploitation qui est remis en cause selon le principe simple mais implacable de l’offre et de la demande.

Un système gratuit, accessible et évolutif, c’est précisément ce que recherchent les utilisateurs. Désormais nous avons accès à un produit fiable, pratique, nomade, à l’utilisation et à la connexion gratuite, et qui se décline en une palette très large de modèles différents. Voilà de quoi concurrencer sérieusement les ordinateurs portables plus lourds, plus encombrants, plus contraignants quant à l’autonomie des batteries, malgré une timide tentative d’adaptation avec  les EEE-PC il y a quelques temps. Un tablette offre aujourd’hui un bien meilleur rapport temps-consommation.

Un autre point est à souligner : la connexion wi-fi. Ce type de connexion a connu un fort développement ces dernières années. En effet, les établissements publics se sont massivement équipés en bornes wi-fi pour leur clientèle (et les à côtés), qu’il s’agisse d’hôtels, de bars, de restaurants, de parcs et autres lieux publics. La tendance générale est à la connexion généralisée, à la couverture al plus importante possible, et ce, à titre gratuit.

On peut dire sans risque de  se tromper qu’il y a comme une surenchère de la connectivité, une sorte de concurrence entre commerces, entre villes, entre régions, pour savoir qui sera le plus développé en terme de couverture wi-fi. Les zones mortes semblent donc être devenues de véritables anomalies dans le paysage rural, et encore plus dans le paysage urbain. Désormais, l’outil informatique est devenu présent, du téléphone de plus en plus multitâches, aux tablettes de plus en plus puissantes, polyvalents et nomades, en un mot : indispensables.

L’enjeu est en effet très important, un accès à internet permet de vendre, de diffuser de l’information, Rares sont les commerces ou les collectivités territoriales dépourvues de site web, d’applications multiples, de forums de discussion. Tout ce monde virtuel a des implications directes très importantes dans le monde réel. Il faut être bien isolé pour échapper à l’outil informatique, à ce niveau de développement, ce n’est plus un simple outil, une aide dans la vie quotidienne, mais une réelle dépendance, un passage obligé, indispensable et inconditionnel.

La révolution numérique est bien en marche et ne cesse de se développer. Elle touche tous les aspects de la vie quotidienne. La santé est gérée par des fichiers informatiques via les cartes vitales, les achats également via les cartes bancaires, les déplacements également via les cartes d’abonnement. On peut en quelques clics partir en vacances en réservant un vol ou un hôtel, une prestation ou un séjour. On peut payer ses impôts en ligne, même les guerres se font par écrans interposés (les révolutions arabes l’ont largement prouvé avec l’utilisation des drones). A quand toutes ces applications seront disponibles sur tablette tactile ?

On peut penser que ce sera dans très peu de temps. Le dernier salon Hi-Tech de Berlin de l’été 2011 va en ce sens, celui de l’interactivité, de la modularité. L’usagerdoit pouvoir (presque) tout faire, n’importe où, n’importe quand. Déjà la télévision sans fil s’impose comme la grande innovation, les batteries incorporées doivent être toujours plus légère, plus pratiques, elles doivent presque disparaitre…

Cette ultime étape dans un appareil nomade économe en énergie sera peut-être pour très bientôt. C’est en effet le grand problème de notre temps, presque une obsession : comment moins consommer ?

C’est aussi un paradoxe, si nos besoins sont croissants, pour les satisfaire, nous aurons recours à des appareils toujours plus performants, mais énergivores. Il n’est pas question de réduire nos attentes, de laisser nos besoins (réels ou créés) sans réponse. Ceci pour des raisons économiques, car il faut consommer, et plus particulièrement de notre jours, entre la crise de 2008, et la prochaine qui ne saurait tarder. Si la solution ne vient pas de nous, elle doit donc venir d’ailleurs, c’est-à-dire non pas des utilisateurs, mais des producteurs, des industriels et des informaticiens.

Pour que les premiers continuent de consommer, de susciter la demande et solliciter l’offre, il faut que les seconds proposent des produits adaptés. « Nos emplettes sont nos emplois », ce vieux slogan n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui. Les tablettes tactiles semblent donc répondre fort justement aux attentes des uns et des autres. Il est rare qu’un produit manufacturé, qui ne répond pas à un besoin vital ou premier (se nourrir, se vêtir, se déplacer…) connaisse un tel succès, qu’il soit si populaire, si largement diffusé, si évolutif, si peu piraté…

C’est cet aspect qui est remarquable dans ce produit. D’ordinaire, quand un produit informatique est mis sur le marché, il est rapidement concurrencé par des versions alternatives moins coûteuses, en un mot : piratés. En l’occurrence, le hardware ne permet pas une telle possibilité. Quand au software, sa gratuité et sa maniabilité limitent eux aussi les risques de piratage. Là encore, le principe simple mais implacable du commerce, trouve toute sa place entre l’offre et la demande.

La demande est sans cesse croissante, tantôt sollicitée, tantôt spontanée, elle est en constante évolution. En face, l’offre doit s’adapter, tantôt elle oriente la demande, tantôt ellela subit. C’estun jeu de perpétuel va et vient qui se met en place pour un produit innovant, jusqu’à ce qu’il soit chassé par un autre, plus innovant encore, plus nomade, plus pratique… plus omniprésent. La question est de savoir si la demande est satisfaite par l’offre classique. Dans ce cas, un parfait équilibre s’instaure et le commerce se développe. Dans le cas contraire, la demande se tournera vers une offre alternative plus adaptée à ses besoins. Le piratage en fait partie tout naturellement.

C’est un élément qu’il faut prendre en considération, tout particulièrement dans le domaine informatique où le piratage est si accessible, adapté, diffusé. Les contraintes légales n’y feront rien, car c’est une lutte perdue d’avance, tant que l’on ne se positionne pas en amont, au niveau de l’offre pour répondre efficacement au besoin quand il se présente.

Il faut bien comprendre que les tablettes tactiles ne constituent un simple effet de mode. C’est la concrétisation d’un réel besoin comme l’ordinateur PC face aux solutions classiques (papier, archivage, stylo), comme le portable face à l’ordinateur PC, comme la tablette face au portable, et comme un nouveau produit (clavier+écran virtuel par hologramme, lunettes spéciales, implant temporaire…) pourra remplacer les tablettes actuelles…

Cet outil se pilote d’un doigt, peut-être que le prochain se pilotera d’un coup d’œil, ou d’un influx nerveux…

Quoi qu’il en soit, il répondra à une demande (suscitée ou spontanée), jusqu’à ce que cette demande évolue, le produit devra évoluer lui aussi…

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Catégories :grenoble

une histoire d’âne…

La crise des ânes…

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes.

Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés. Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?

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Impressions praguoises (08-08-2011)

2 septembre 2011 2 commentaires

Impressions praguoises (08-08-2011)

Prague la romantique, la ville éternelle est devenue en 20 ans une capitale touristique au même titre que Paris ou Barcelone. Depuis la chute du Mur de Berlin, beaucoup de choses ont changé, les mentalités aussi. Désormais, le tourisme est devenu une industrie importante, que l’on pourrait presque estimer fondamentale tant l’économie qu’elle suscite est variée, omniprésente. Les « boutiques à touristes » fleurissent et, il faut bien le reconnaître, la plupart des commerces, dits classiques, sont fréquentés par des visiteurs étrangers.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est la capacité d’adaptation, l’hôtellerie explose du centre aux quartiers les plus éloignés, les 3 lignes de métro assurent une très bonne desserte en sous-sol, tandis qu’en surface, les tramways et les bus abondent. Ainsi, le visiteur peut se loger et se déplacer facilement, il peut aussi se nourrir dans l’un des innombrables Restaurace de la capitale, il y ne a pour tous les prix et pour tous les goûts (de la cuisine traditionnelle tchèque en passant par les pizzeria, les restaurants asiatiques, végétariens ou encore les Gyros).

Logé, transporté et nourri, le touriste peut dépenser ses économies dans toute sortes de commerces, de la simple boutique au grand centre commercial (on en compte près de 6 !). On pourrait pense que cette nouvelle économie a tué l’âme de la ville, c’est en partie vrai, mais elle pousse également à entretenir le patrimoine historique, à ravaler les façades, à créer des emplois, et se former aux langues étrangères.

C’est un des éléments qui interpelle le visiteur. Traditionnellement, le russe est la langue obligatoire (dans les pays soumis au Pacte de Varsovie, comme l’anglais pour les pays soumis au Pacte de l’OTAN), et l’allemand demeure très répandu à cause de liens historiques importants, durables, et parfois tumultueux avec les pays germaniques (Empire Austro-Hongrois, Allemagne). La génération des 20-30 ans maîtrisent désormais l’anglais et certains même le français. La population évolue également, l’immigration reste marginale mais se développe, les asiatiques en particulier se concentrent dans les petits commerces, tandis que les africains exercent généralement des fonctions de rabatteurs de touristes (un des rares métiers que les clandestins peuvent exercer).

Un dernier point peut surprendre le visiteur étranger : les prix. Certes, le coût de la vie est plus abordable qu’en France, mais on sent une nette augmentation. Est-ce dû aux critères de convergence avant le passage à l’euro à l’horizon 2015 ?

La différence des prix est très nette entre les quartiers touristiques et ceux plus éloignés du centre ville, là où vit le tchèque moyen comme dans la plupart des capitales d’Europe.

Une question vient cependant à l’esprit : comment peut-il assurer le quotidien quand les prix sont aussi élevés ?

Cette question prend tout son sens lorsque l’on voit les grandes surfaces peu fréquentées…

Quoi qu’il en soit, on ne peut que se réjouir de l’accueil fait au client. C’est même l’une des choses que l’on apprécie particulièrement. En outre, à part les restaurants du centre ville (souvent des lieux à déconseiller), on trouve des établissements honnêtes, pratiquant des tarifs très abordables comme le restaurant Palanca place de la République, qui offre une terrasse panoramique au 5e étage, de quoi admirer la ville aux 100 clochers !

Prague est en pleine mutation, il lui a fallu moins de vingt ans pour passer d’un système archaïque, dominé par l’idéologie politique du Parti, à une économie de marché largement basée sur le tourisme, sans pour autant se renier. La ville change très vite et profondément. Des quartiers entiers voient le jour dans des zones jusque-là isolées, mais aujourd’hui reliées au centre ville par un réseau de transports en commun toujours plus performant, on compte près d’une heure seulement pour aller de l’aéroport au 8e arrondissement devant le nouveau centre commercial Harfa, ce qui revient tout  de même à traverser toute la ville avec seulement une ligne de bus et de métro…

Toutes les grandes villes changent avec leur quartier d’affaire « à la Manhattan » (le quartier de la Défense à Paris en est un bel exemple). En ce sens, le palais des Congrès de Vysehrad commence timidement. Il serait très intéressant de voir son évolution d’ici une dizaine d’années. Ceci est valable pour bon nombre de quartiers comme Ceskomoraska par exemple.

La zone portuaire est également en plein développement, d’ailleurs, il n’y a qu’à rejoindre le centre ville par le bus ou le tramway pour remarquer la transformation spectaculaire des quartiers que l’on traverse.

On pourrait penser à une fracture entre la génération qui a connu l’ancien régime communiste, ouvert au russe, et la nouvelle génération, celle d’après 1989, qui maîtrise l’anglais et s’ouvre au tourisme et aux richesses culturelles de l’Europe de l’Ouest. Cette réalité est plus nuancée, les Praguois ont une capacité d’adaptation plus développée qu’on pourrait le supposer au premier coup d’œil. Il y a une véritable envie de communiquer, d’accompagner le visiteur étranger sans en vouloir uniquement à son argent.  C’est une données essentielle : le Praguois est accueillant. Certains guides touristiques mettent en garde contre les voleurs à la tire et autres pickpocket. Ceci est sans doute exagéré, il y a peu de bousculades organisées dans le métro, les gens se déplacent sans surveiller leurs poches ou leur sac.

Autre trait surprenant :la discipline. Ellese manifeste par des choses simples comme céder le passage aux piétons sur un passage protégé, attendre au feu vert pour traverser (le cliquetis caractéristique des feux est un peu surprenant), se ranger systématiquement à droite dans les escalators, de façon à laisser passer les plus pressés…

L’accueil et l’ouverture aux touristes, la discipline, voilà les qualités que l’on remarque au premier coup d’œil chez les Praguois. De là à dire que l’on a des leçon à prendre, il n’y a qu’un pas vite franchi…

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