Accueil > Non classé > Du choix grec

Du choix grec

La Grèce connaît une période particulièrement  difficile tant au niveau économique que politique. A cela s’ajoute une crise identitaire. A ce jour, le « grand argentier  » reste l’Europe mais ce débiteur impose des conditions particulièrement difficiles, plusieurs plans de rigueur ont déjà miné une économie fragile et imposé des règles inconnues jusqu’alors. La politique d’austérité défendue par l’Allemagne a profondément modifié le paysage électoral, pire même, il a modifié les croyances, les aspirations, désormais et depuis les élections législatives du 6 mai 2012, les partis anti austérité ont bénéficié de la confiance des électeurs, contrairement aux partis traditionnels qui doivent tirer les leçon de ces élections mouvementées. En effet, faute de pouvoir constituer un gouvernement, les électeurs sont de nouveau appelé aux urnes courant juin 2012.

Il y a fort à parier que la tendance se confirmera dans le sens de la rupture, d’un changement de la classe politique, et peut-être aussi, dans l’affirmation de partis plus radicaux que les autres, à droite comme à gauche. A côté de cette crise politique, il faut prendre en compte le volet économique qui pose de graves questions.

En effet, les réserves financières du pays lui permettent de faire face aux dépenses jusqu’à l’été 2012. La rentrée risque d’être particulièrement difficile. Les retraits massifs des épargnants et la menace d’une cessation des paiements déstabilise toute l’économie européenne, déjà sanctionnée par la Bourse. Reste la question des financiers, on en distingue plusieurs, tout d’abord l’Europe qui impose des conditions rigoureuses, à l’origine de la crise grecque actuelle. Ce financeur risque fort de ne plus être en mesure d’assurer son rôle d’ici peu, éprouvant lui-même de grandes difficultés. D’autres financiers potentiels existent, d’autres prétendants au sauvetage de la Grèce… et de l’euro.

Les Etats-Unis tout d’abord, à travers un plan « Marshall bis » qui pourrait trouver ici l’occasion de prendre pied dans les Balkans, une région qui lui était interdite d’accès depuis la seconde guerre mondiale. Cette situation stratégique lui donnerait surtout accès à la Méditerranée et donc à l’Europe au nord est, au Maghreb au sud est, aux Balkans au nord ouest (avec déjà des radars installés en Pologne pour le projet de parapluie antimissile européen, projet discuté avec le Président Hollande lors du G8 de fin mai), au Proche-Orient au sud ouest et donc plus proche militairement du l’Iran ou d’Israël…

Que dire alors de la partie économique d’un tel projet qui offrirait des perspectives très prometteuses dans les Balkans, vers la Turquie (membre de l’OTAN), la Mer Noire via le Bosphore sous contrôle turc, porte de l’Ukraine. Les ressources naturelles grecques minières et pétrolières complètent un tableau déjà prometteur…

Cela permettrait non seulement de développer une économie américaine qui en a bien besoin depuis al crise de 2008 et la prochaine, mais porterait également atteinte à de puissants concurrents déjà présents sur place (Chine et Russie). En outre, la seule présence américaine permettrait de renforcer les liens avec des pays alliés ou partenaires comme la Pologne, et dissuaderait, tiendrait en respect des adversaires potentiels ou avérés (Chine depuis la crise diplomatique de mai 2012, Russie depuis la crise diplomatique avec l’Iran, Iran). Des forces militaires pourraient être facilement projetées sur zone en cas de besoin, pour venir en aide à Israël ou contre l’Iran.

La Chine est un autre prétendant  au sauvetage grec, Pékin étant déjà présent économiquement, les entreprises chinoises come Cosco sont fortement implantées dans des secteurs stratégiques comme le port du Pirée. Cette porte d’entre leur donne un accès à l’Europe, à la Turquie, au Proche Orient, au Maghreb, en un mot le contrôle de la Méditerranée. Un vieil adage dit : qui contrôle la Méditerranée, contrôle le monde. Cela peut tout à fait cadrer avec les aspirations chinoises. La politique d’expansion économique déjà très active ne Afrique, pourrait tout à fait se compléter avec une autre tête de pont visant l’hémisphère nord, le pourtour méditerranéen offrant une opportunité inespérée pour réaliser un tel projet. Le volet militaire reste quant à lui ouvert à tout partenariat, toute assistance des pays qui en feront la demande, en particulier le Proche Orient, l’Iran, la Palestine…

La Russie enfin, peut profiter de cette occasion unique de reprendre pied et se renforcer durablement dans les Balkans, pour aider le « petit frère orthodoxe », tant militairement face à la Turquie (membre de l’OTAN et menace permanente pour la Grèce), que pour aider la Serbie (après les bombardements américains des années 90), ou contraindre des pays trop proches des USA comme la Pologne, ce qui pourrait mettre fin au projet de parapluie antimissile européen piloté par la Maison Blanche. Plus au sud, une aide à certains pays du Proche Orient pourrait renforcer la position russe pour tenter de retrouver la situation d’avant 1989. Une aide à la Palestine serait particulièrement bien vue par les pays arabes, (la France l’a déjà compris).

Economiquement, un accès méditerranéen permettait un rayonnement sans précédent pour les entreprises russes, tant pour les produits manufacturés que pour le pétrole (gisements naturels grecs, oléoducs, etc). On pourrait imaginer de compléter les accords énergétiques déjà conclus entre Paris et Moscou durant la présidence Chirac. L’accès à la Mer Noire permettrait aussi d’exercer une contrainte particulièrement forte sur l’Ukraine, et donnerait un accès direct à la Turquie, la Géorgie qui possède déjà une frontière terrestre avec la Russie), au Proche Orient par le sud, à l’Europe et au Maghreb par l’ouest. Cela permettrait aussi, et surtout, de contenir l’expansion économique chinoise, et fermerait la porte à l’économie américaine pour de nombreuses années.

 

Au vu de tout ceci, le choix grec reste entier… le nôtre aussi…

Publicités
Catégories :Non classé
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :