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Comment mieux consommer ?

Cette question importante a suscité bon nombre d’interrogations, presque autant d’idées plus ou moins farfelues. Cependant, malgré une volonté presque, unanime de changement, aucune réelle solution fiable et durable n’a été trouvée, mise en place et appliquée de sorte à offrir une réelle alternative à al situation actuelle.

 Pourtant des initiatives audacieuses ont vu le jour pour tenter d’apporter un début de solution. En particulier la volonté de consommer mieux, car elle est la principale préoccupation de nos jours. Nous la déclinons sous plusieurs formes : économique, politique, culturelle, sociale, etc. L’individu tend à adopter un même comportement qu’il s’agisse de se nourrir, se loger, se déplacer, se vêtir, se soigner, s’instruire, se distraire. Une autre caractéristique est la course à la consommation, comme une boulimie, une frénésie. Actuellement, l’homme n’est plus considéré pour ce qu’il est mais pour ce qu’il possède, il ne se contente pas de couvrir ses besoins, il s’en crée de nouveaux et amasse plus qu’il ne peut réellement utiliser.

Qui n’a pas chez soi des objets en double dont il ne se sert pas ?

Cette situation s’applique également aux services : qui n’a pas un doublon de couverture assurance ou mutuelle pour un même risque ?

Là intervient un autre élément fort : l’offre.

En effet, si l’homme consomme, il développe et stimule une demande, celle-ci est comblée par une offre adéquate. Plusieurs possibilités nous sont offertes quant à une consommation raisonnée. Un de ces solutions est la filière courte. En effet, qui n’a jamais croisé au bord des routes départementales des vendeurs locaux ?

Ce type de vente peut être organisé en un réseau de grande échelle pour répondre à nos besoins alimentaires. Qu’il s’agisse de matière brute (fruit, légume, viande, poisson) ou transformée (produits finis), la filière courte cumules plusieurs avantages :

 – une économie de carburant dans l’acheminement des marchandises, celles-ci sont produites, conditionnées et vendues sur place. Un telle démarche réduit considérablement les coûts de transport.

– une meilleure traçabilité des produit vendus car le producteur peut à tout instant prouver l’origine de ses produits, leur traitement jusqu’à maturité, et les conditions de vente. Les fruits et légumes sont ramassés mûrs et non verts pour mûrir en soute ou en entrepôt, la viande est produite à terme sans adjuvant ou accélérateur de croissance, le poisson est issu de la pêche du jour.

 – une meilleure rémunération des producteurs, qui leur permet de vivre davantage du fruit de leur travail que de subventions et autres primes. Les coûts réels de production sont déjà réduits par la filière courte, et peuvent être affichés en regard du prix de vente (et sans surcoût des intermédiaires !).

 – un prix de vente plus bas, les intermédiaires ne peuvent marger sur les prix à la vente car ils sont éliminés par la filière courte. C’est un avantage pour le producteur qui peut écouler plus facilement ses stocks, et pour le consommateur qui peut accéder à des produits de qualité à un prix plus abordable, plus raisonné.

 – une spécificité locale conservée qui permet de remettre au goût du jour des produits écartés par la grande distribution car jugés non rentables. C’est une occasion unique de redécouvrir des produits disparus, disposant pourtant de qualités énergétiques ou gustatives importante.

 – une pluralité et une complémentarité de l’offre, par la mise en commun des producteurs, un même site peut rassembler plusieurs types de produits, en conservant une échelle locale.

 – un soutien efficace aux producteurs qui peuvent ainsi offrir au consommateur une variété et une qualité de produits, pour un prix abordable. Tout ceci permet de maintenir, voire développer, une activité jusqu’alors menacée.

 – le maintien et la création d’emploi directs et indirects existants. La création de nouveaux métiers et débouchés spécifiques à la filière courte.

 Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une offre qui reste commerciale, mais qui offre une nouveau modèle de consommation, loin de la rentabilité à tout prix. C’est déjà une première alternative intéressante qui peut amener à d’autres démarches. D’autres solutions encore plus locales, mais aussi plus limitées, concerne les jardins et potagers collectifs. Cette initiative essentiellement urbaine, rompt avec une démarche commerciale. la finalité n’est plus la vente d’un produit, mais la production elle-même du produit. Les moyens mis en œuvre pour élever, faire pousser, entretenir, deviennent une fin en soi, qu’il s’agisse d’une idéologie du « retour à la terre » ou d’un simple goût pour les choses simples, de la convivialité et de l’échange de conseils et semences, de vouloir échapper aux circuits traditionnels commerçants.

 Une telle activité change les habitudes, elle change aussi et surtout les états d’esprit, c’est peut-être le plus important d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, ces nouvelles façons de consommer induisent de nouveaux besoins, qui à leur tour, susciteront de nouvelles offres. Nous continuons à évoluer au sein d’une logique de consommation, mais nous sortons de l’échange marchand. C’est sans doute un préalable, un premier pas indispensable vers « autre chose », une nouvelle étape qui, elle, pourra peut-être offrir la possibilité de sortir de la logique, du système de consommation actuel.

 Un autre domaine permet une démarche similaire avec un outil jugé individualisant et néfaste : internet. En effet, le web a permis l’explosion des réseaux sociaux et paradoxalement a rapproché les individus les uns des autres. Bien entendu, il existe plusieurs type de réseaux sociaux, dont les plus efficaces restent ceux dont le but, la finalité n’est pas de rester figé devant un écran mais d’établir des contacts physiques à l’occasion de sorties de toute sorte.

 De tels sites comme peuplade, OVS, dailyfriends, et autres, jouent un rôle important de sociabilisation ou même de resociabilisation des individus, autour de thématiques, de points communs qui créent du lien. Cependant il existe de nombreuses dérives, dont la principale est le repli communautaire. C’est-à-dire la constitution de groupes de personnes ayant un intérêt commun, une cohésion peut apparaître rapidement et se renforcer, mais au prix de l’exclusion des personnes extérieures au groupe.

 La seconde dérive est d’ordre commercial. En effet, un réseau social peut drainer un grand nombre de personnes dans un même espace, chacun étant joignable très facilement, il est tentant de profiter de cet outil à d’autres fins que le simple contact. En cas de surenchère, la lassitude peut gagner les adhérents et voir le réseau tout entier se disloquer, susciter davantage de départs que de nouvelles adhésions. Cependant, un réseau social correctement encadré, peut attirer une foule considérable, et provoquer une attitude plus relative par rapport à une consommation « basique » de sorties et autres rendez-vous. C’est l’objectif d’une telle structure : créer du lien, rapprocher les individus dans la vraie vie au lieu de les confiner derrière un écran.

 Une telle démarche peut avoir des ramification inattendues. Facebook l’a démontré avec l’élection de Barak Obama, le poids du net n’a jamais été si important dans une élection. La présidentielle française n’échappe pas à la règle : en attendant fébrilement 2012, les candidats potentiels sont déjà nombreux à posséder et animer un blog, beaucoup sont convaincus par les nouvelles technologies de la communication et usent largement du web via un blog, twitter, facebook, ou des sms…

 C’est une nouvelle évolution qui tient lieu de révolution, les élites adoptent un mode de communication déjà très répandu au sein de la population. Ceci a pour effet de stimuler davantage ces nouvelles technologies de l’information (ou de la désinformation, le cas échéant). Cette révolution a changé les mentalités, paradoxalement, elle a rétréci la planète et rapproché les individus. Désormais, n’importe quelle connexion internet (téléphone, tablette, ordinateur) ouvre une porte sur le monde. L’information circule mieux, plus vite, rayonne davantage. Elle suscite l’intérêt de tous, même les personnes non connectées, que l’on pourrait imaginer exclues, sont reliées d’une façon ou d’une autre à un événement.

 Les relais sont nombreux et permettent à tous de participer, de partager. C’est en ce sens que l’intégration à un groupe peut être facilitée, se développer rapidement. Les échanges entre individus se multiplient et revêtent différentes formes, et pas nécessairement sur le simple aspect commercial. Les liens créés peuvent être ponctuels ou durables, mais ils ne laissent personne indifférent. Toute une hiérarchie se met en place : ceux qui possèdent une information de première main, la diffusent, la relayent, la commentent, la contestent, ou simplement la reçoivent en bout de chaîne. Quoi qu’il en soit, le partage de l’information lui-même crée et renforce les liens entre les individus, au-delà des inégalités d’accès à l’information. Ces liens suscitent de nouveaux liens qui à leur tour en créent d’autres, etc…

 Ce maillage communique sur des plans différents et des domaines parfois inattendus. Prenons l’affaire DSK qui défraye les chroniques vers la mi-mai 2011. L’affaire elle-même provoque des réactions sur le plan politique en pleine campagne présidentielle. Elle s’étend aussi, sur le rôle des femmes dans nos sociétés occidentales, relance les questions de parité, de violences, puis touche la différence des système judiciaires US-France, relance au passage l’affaire Polanski…

 On parle également du rôle des médias, de l’information et de la désinformation. Toute cette masse d’éléments, de débats, d’opinions, de craintes, entraîne la population à prendre position, à se regrouper par affinité sur tel ou tel sujet. Cette vague d’avis contradictoires crée donc du lien, au-delà de la sphère économique, commerciale. Bien entendu, la presse vend, les magazines rivalisent d’articles à sensation et de photos choc. Cependant, internet joue un rôle important dans la communication gratuite, de première et de seconde main. Ici, plus question d’un intérêt économique, d’un débouché commercial puisque l’information se répand gratuitement, en dehors de tout système clairement établi.

 A partir de cette situation, il est difficile, voire impossible, de vouloir contraindre les utilisateurs à payer pour obtenir ce qu’ils obtiennent déjà sans frais. Ceci peut sans doute sembler anodin, pourtant c’est un pas important vers dans une évolution qui tend à sortir de la sphère économique et commerciale dans laquelle nous évoluons. L’accès au « free », au gratuit se banalise, se répand auprès de consommateurs de plus en plus nombreux qui, dès lors, refusent catégoriquement de passer du mode gratuit au mode payant…

L’affaire DSK met en lumière un mouvement plus profond, plus important. De nouvelles « affaires » vont sans doute susciter des réactions identiques, voire même les amplifier, les généraliser à d’autres domaines. C’est le cas du téléchargement audio et vidéo qui semble inquiéter l’industrie du disque. Quand beaucoup crient au scandale, à la crise de toute une industrie, d’autres profitent de la « vague free » pour vendre toute sortes de supports de téléchargement : CD et DVD vierges, boîtiers, jaquettes à imprimer, logiciels dédiés (pour la gravure et l’impression), unités de stockage…

 C’est oublier un peu vite que tout ceci relève d’un fait économique basique : l’offre et la demande. Ici, l’offre est insuffisante, les consommateurs se tournent donc vers des offres alternatives (accessibles et peu coûteuses). Là encore des liens se créent pour échanger des données, ces liens prennent parfois des formes insolites. Les forums de discussion sont d’ailleurs un vecteur intéressant, ils permettent d’échanger des conseils, des informations de toute sorte, des liens, des services. Paradoxalement, ce monde virtuel n’est pas aussi néfaste à l’individu qu’on le prétend. En effet, si certains côtés perverses maintiennent les plus fragiles scotchés devant leur écran, il existe des finalités assez nombreuses qui rapprochent les individus dans la « vraie vie ».

 En ce sens, le web reste un outil, un simple outil de communication, ce n’est pas une fin mais un moyen qui permet de faire circuler l’information. Ce rôle secondaire au premier regard peut être d’une grande importance. Nous avons pu en avoir un exemple lors de la « Révolution de Jasmin » dans le monde arabe en janvier 2011. Dans bien d’autres circonstances, facebook, twitter, et bien d’autres sites relayent l’information pour des actions de grande envergure, des mouvements de foule à caractère social, économique, politique, culturel.

 On a coutume de dire que la planète rétrécit à mesure que les moyens de communication et de circulation se perfectionnent. C’est vrai, cependant, à travers ce monde virtuel tant décrié, les individus renouent les uns avec les autres, à travers de contacts de toute sorte, pacifiques, isolées ou pour revendiquer des actions collectives. Le lien social se tisse, se développe et rayonne à travers une multitude d’initiatives locales particulièrement prisées par le grand public. La fête des voisins d’un côté, la fête de cela d’un autre, les réseaux sociaux un peu plus loin, le tissu associatif…

 Toutes ces actions se regroupent sur internet. Ainsi, le virtuel rejoint le réel dans un fourmillement d’initiative et de projets. Autre aspect insolite : la mobilité. Désormais, le web est présent sur toute une gamme d’appareils nomades (téléphones, tablettes tactiles, etc…). Pour peu qu’il se trouve dans une zone couverte, n’importe quel individu peut rester en contact avec le reste de la planète : il peut joindre le monde entier et être joint par le monde entier !

 Cette capacité de communication est hors du commun. Jamais notre monde n’a été si accessible, jamais un événement local n’a pu avoir des conséquences si importantes dans la vie quotidienne, quelles que soient les distances ou les circonstances. L’échange a pris une dimension réellement planétaire. Cependant, un chose demeure : on consomme toujours de l’information. Mais l’attitude du consommateur a changé, on n’attend plus de recevoir une offre, on la suscite, et lorsqu’elle ne convient plus, on change de produit, car désormais on a le choix. Celui-ci est immense, la seule difficulté de nos jours est d’en avoir conscience, de comprendre que désormais nous ne sommes plus des consommateurs passifs, mais actifs.

 Les conséquences d’une telle prise de conscience sont colossales, de nature à réellement changer la face du monde. Bien souvent, on adopte une attitude passive, on reçoit un produit (culturel, technique, alimentaire ou autre) que l’on achète faute de mieux. Il faut désormais prendre conscience que nous pouvons faire des choix et les imposer. Il s’agit d’inverser la tendance actuelle à une consommation de masse de produits standardisés, produits en grande quantité, normalisés pour correspondre à tous types de marchés : le même produit à faible coût de production pour tous les pays, tous les continents, toutes les cultures, tous les consommateurs.

 Cette uniformisation, que d’aucun qualifient de mondialisation, tend à s’imposer dans tous les domaines : textile, alimentaire, informatique, culture, cinéma…

Il ne tient qu’à nous, consommateurs, de refuser des tels produits lorsque c’est possible. Réorienter la consommation pourra contraindre les industriels à produire différemment. En un mot, il suffit de redéfinir la demande pour influer profondément sur l’offre, qui devra suivre cette nouvelle tendance et s’adapter pour atteindre ce qui a toujours été son seul objectif : vendre.

 Là aussi, nous pouvons agir, non seulement en développant des circuits alternatifs, mais aussi en créant de nouveaux circuits, plus adaptés à ce que nous attendons. Cette démarche peut prendre du temps, mais elle permettra de disposer de moyens nouveaux, et sortir peut-être du système purement mercantile qui ne nous convient pas toujours. Actuellement on parle volontiers de « démondialisation », cette initiative est sans doute indispensable pour repartir sur de nouvelles bases économiques. Reste à savoir comment concrétiser cette belle idée, cette ambition, et c’est peut-être cela le plus important. De réels efforts sont à consentir de la part de nos dirigeants, mais encore plus de notre part. Nous devons être capables de changer nos habitudes pour nous permettre, à terme, de mettre en place de nouvelles règles d’échanges.

 Il s’agit là de redéfinir les rapports entre acteurs économiques, cela peut prendre du temps. Ce système de consommation de type capitaliste dans lequel nous évoluons, a mis plusieurs décennies à se constituer. Il est passé par des phases se crise et d’embellies, s’est développé au point de se généraliser à l’ensemble de la planète. C’est probablement le même type de démarche que l’on devra entreprendre pour bâtir un nouveau système économique. Ce n’est pas une mince affaire, car un tel projet n’aboutit qu’à long terme. Il est d’ailleurs fort probable que nous ne le verrons pas achevé de notre vivant : nous le construirons pour les générations à venir, ce sera en quelque sorte notre héritage…

 Avant toute chose, il faut clairement identifier les bases, nous en connaissons une qui est absolue, et qui n’est pas près de disparaître, quel que soit le système que l’on adoptera : le principe de l’offre et de la demande. Ce rapport très simple entre deux données économiques explique à lui seul toute la complexité du système dans lequel nous évoluons et que nous perpétuons. Ces deux axes définissent, selon leur propre point de vue, un élément fondamental : le besoin.

 C’est la pierre angulaire de notre société de consommation, son moteur même. Le besoin doit d’abord être défini, et si possible quantifié. Ce n’est qu’après cette étape indispensable que l’offre et la demande entrent en jeu. La demande exprime un besoin, il peut s’agir d’une nécessité absolue comme se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner. Il peut s’agir également d’une nécessité relative comme se déplacer, communiquer. On peut ajouter une autre nécessité, plus secondaire, celle qui touche aux loisirs.

 La première nécessité est indispensable pour vivre, elle répond aux besoins physiologiques, indispensables en nous préservant des agressions extérieures, et nous permet de nous régénérer. Elle correspond à l’attitude de toute espèce vivante sur cette planète quelle que soit son origine (végétale, animale, humaine) :

– se nourrir pour se régénérer et utiliser les calories emmagasinées nécessaires pour l’effort physique.

– se loger pour se mettre à l’abri des intempéries et des prédateurs.

– se vêtir pour s’isoler du froid et de l’humidité. Une particularité toute humaine touche la pudeur (quelles que soient les civilisation, on cache cette nudité).

– se soigner participe à l’instinct de survie des espèces, à la préservation de l’individu.

 La nécessité relative est liée au mode de vie : le besoin de se déplacer concerne les animaux et la humains, plus rarement les végétaux. Il s’agit de défendre un territoire contre des espèces et des individus concurrents, et s’assurer ainsi un bon approvisionnement en ressources naturelles. La communication quant à elle est propre aux espèces grégaires dont l’humain fait partie. Se déplacer et communiquer est un besoin qui a généré de nombreuses réponses ces dernières décennies (une offre face à une demande !).

– le transport, dont l’évolution s’est particulièrement accélérée ces dernières décennies. Longtemps le cheval et la voiture attelée ont constitué les seuls moyens de locomotion disponibles. Depuis la vapeur et le moteur à explosion, l’humain a couvert de grandes distances sur terre et sous terre (motos, voitures, camions, trains, métro), en mer et sous la mer (bateaux et sous-marins), et enfin dans les airs (avions, hélicoptères) pour ensuite quitter la planète et regarder au-delà (programme spatial de la plupart des pays industrialisés…

– la communication quant à elle a littéralement explosé ces 50 dernière années, l’informatique y a été pour beaucoup. La miniaturisation et le perfectionnement a passé le cap du filaire pour le sans fil au quotidien et pour tout public (wi-fi, 3G, 4G, etc.). La communication s’est à ce point développée qu’elle a elle-même généré des besoins spécifiques auxquels elle a apporté des solutions (toujours le rapport entre l’offre et la demande !).

 La nécessité secondaire enfin, est propre à l’humain qui a pu se détacher des impératifs vitaux pour se consacrer à… autre chose. Libéré de ses exigences vitales, il a pu utiliser son temps libre pour d’autres occupations. Cette dernière évolution a connu un très fort développement au lendemain de la 2e guerre mondiale, au point de constituer ce que l’on a nommé la « civilisation du loisir ». Il faut être juste, seule une partie de l’humanité a accès aux loisirs, l’autre partie étant toujours occupé à répondre à ses besoins premiers…

 Quoi que l’on puisse en dire, il y a une réelle inégalité dans l’accès aux loisirs, elle est le fait de différents facteurs. Tout d’abord l’abondance des ressources disponibles. En effet, certaines zones sont plus ou moins bien pourvues en ressources naturelles pour répondre aux besoins de première nécessité. Face à cette inégalité naturelle, on ne peut pas grand chose si ce n’est réagir. C’est là que l’on observe la seconde inégalité qui, elle, tient à notre comportement face à ce problème de ressources.

 Chaque individu agit sur son environnement s’il le peut, à défaut, il s’adapte. La plupart des végétaux s’adaptent au milieu dans lequel ils se trouvent. Les animaux adoptent les deux attitudes : tantôt ils s’adaptent comme les végétaux (c’est l’évolution des espèces comme l’a si bien démontré Darwin), tantôt ils modifient leur milieu de vie selon leurs besoins (à l’image des castors qui aménagent leur lieu de vie). Les humains quant à eux adoptent la première attitude : ils soumettent leur environnement à leur volonté, ils anthropisent leur milieu naturel, un tel comportement se décline en plusieurs degrés. En effet, on peut subir une grande partie ce qui nous entoure et en modifier une petite partie, à l’inverse, on peut profondément modifier son espace vital pour le faire correspondre à ses besoins, à ses attentes.

 Les individus les plus entreprenants font figure de pionniers, de conquérants, de bâtisseurs. Leur énergie les pousse à plier à leur volonté tout ce qui les gène, qu’il s’agisse d’un biotope ou d’autres individus…

Ils ne modifient pas leur demande, mais influent directement et profondément sur l’offre. L’avantage d’une telle attitude est qu’elle permet la survie d’une espèce, d’un peuple ou d’une civilisation, même dans les endroits les plus hostiles de la planète. L’inconvénient est qu’à trop vouloir modifier un biotope donné, on risque de le détruire et donc d’amenuiser l’offre, cela revient à terme, à devoir aussi modifier sa demande. Paradoxalement, on en revient à la première attitude qui consiste à subir son milieu sans pouvoir y faire grand-chose !

 C’est là une question essentielle qui revient de nos jours : comment mieux consommer ? C’est-à-dire, être plus cohérent entre nos besoins et les moyens de les satisfaire, sans risquer une pénurie, voire une aliénation totale. Une des solutions apportée à cette problématique est ce que l’on nomme la « démondialisation » (don j’ai parlé plus haut). un projet aussi ambitieux peut se réaliser à travers plusieurs initiatives, comme les filières courtes dont j’ai parlé plus haut. A plus long terme, on peut songer à une relocalisation des industries, afin de mettre un terme aux délocalisations. Celles-ci ont pour triste résultat une augmentation des sans-emplois, une baisse du pouvoir d’achat et donc de la consommation, et une baisse de la qualité des produits manufacturés.

 Cependant, cette relocalisation ne sera possible qu’avec le concours actif de l’Etat, pour favoriser ce mouvement par des mesures fiscales importantes et incitatives. La situation actuelle des entreprises ne permet pas de produire plus cher que nos concurrents étrangers sans risquer une baisse de la rentabilité, difficilement supportable par les entreprises (et encore plus par les actionnaires !). Pour permettre une telle chose, il faut repenser profondément les modes de production de manière à maîtriser les coûts en amont, pour permettre de ramener les prix de vente à égalité avec les concurrents étrangers (chez qui les taxes et la main d’œuvre sont beaucoup moins chères), puis à un niveau inférieure par la suite.

 Pour cela, l’Etat doit intervenir pour baisser considérablement la pression fiscale qui pèse sur les entreprises. D’un autre côté, les industries et services doivent également consentir à des efforts pour concevoir différemment, éviter les surcoûts, rationaliser l’outil de production. Il n’est pas question de réaliser ces économies sur les salaires, faute de quoi, on risque de susciter une forte baisse du pouvoir d’achat et donc de la consommation (comme c’est déjà le cas actuellement).

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