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Du changement de siècle…

Notre société actuelle a connu de profonds bouleversements dès le début du nouveau millénaire. Tout d’abord, l’attentat du 11 septembre 2001 a fait voler en éclat le principe du sanctuaire occidental. En touchant les deux tours, une chose s’est imposée à toute la planète : il n’existe aucun endroit à l’abri de la violence.

Ce terrible attentat a démontré les défaillances de la défense américaine, ce pays se présentait comme la première puissance de la planète. Depuis, les opérations en Irak et en Afghanistan ont confirmé l’idée que face à un ennemi déterminé, les moyens manquent. Les lacunes dans le domaine de la sécurité, de la stratégie militaire et de la capacité de financement demeurent sans réponse à ce jour…

D’une façon plus générale, les anciennes puissances (grandes et moyennes) ne possèdent plus les ressources suffisantes pour mener leur politique : elles n’ont plus les moyens de leur politique et doivent se contenter de la politique de leurs moyens. La crise de 2008 a confirmé cette nouvelle donne. Les ressourcent manquent pour les uns, tandis que les autres en disposent de nouvelles, plus modestes, mais mieux exploitées. Bien sûr le grand ennemi, chef de « l’axe du mal » a été tué en Iran et en Afghanistan, cependant, la menace court toujours, les uns remplaçant les autres. On envient véritablement à un choc des civilisation, des cultures, deux mondes coexistent sans se comprendre, et peut-être même sans vouloir se comprendre.

Ici les antagonismes, sont d’ordre religieux et culturels, avec des conséquence militaires, ailleurs les antagonismes sont d’ordre économiques. La Chine s’est bel et bien réveillée, et elle ne rencontre que peu de résistance, que ce soit face à une Europe en crise de confiance et monétaire, ou encore face à une économie américaine qui se remet difficilement de la dernière crise, et qui appréhende la suivante. La porte reste grande ouverte pour une économie en pleine expansion. Et pourtant, la révolte gronde dans l’Empire du Milieu. Les émeutes de la faim, des laissés pour compte et des opposants politiques tendent à se développer.

Pour l’instant, ils restent largement minoritaires, trop faibles pour mettre ne danger les institutions en place (comme au Maghreb en 2011 et 2012), trop peu structurés pour gêner une croissance économique et un enrichissement croissant de la population. Cependant, des brèches apparaissent, l’accès a un pouvoir d’achat nettement supérieur d’une génération à l’autre développe les importations, au point de mettre en danger la balance commerciale. Les classes moyennes (et les classes aisées) veulent consommer et en ont désormais les moyens, mais ils consomment des produits d’importation. Un autre problème se pose aux autorités chinoise : la fuite des cerveaux, en effet, la matière grise formée en chine a tendance à émigrer vers des pays où ils pourront monnayer leurs compétences au meilleur prix.

C’est ce que l’on pourrait appeler le syndrome des pays développés, une importation massive, et une fuite des cerveaux vers des destinations plus lucratives. Ajouté à cela de gros problèmes énergétiques, car il faut désormais fournir de l’électricité en quantité suffisants pour des ménages équipés d’appareils toujours plus énergivores, et du carburant en quantité toujours croissante afin de suive le développement du parc automobile. Ce problème de carburant place la Chine au niveau des pays les plus développés et les plus riches de la planète : totalement dépendants des pays producteurs, et don contrainte d’adapter leur politique extérieure afin d’assurer un approvisionnement régulier et en grande quantité pour répondre à une demande croissante…

Plusieurs pistes se dégagent pour un avenir déjà connu :

– la Chine qui s’affirme de plus en plus à travers une politique économique en plein essor, sur tous les continents, en en particulier en Afrique. Une nouvelle superpuissance qui doit cependant gérer des problèmes internes qui ne pourront que se développer naturellement ou artificiellement soutenu par des concurrents.

D’autres pays d’Asie qui se développeront eux aussi, entraînés dans le sillage chinois, ou aidés par d’autres pays souhaitant profiter du développement économique de l’Asie, ou encore pour se positionner sur place, en attendant l’occasion de pouvoir contrer la puissance économique chinoise…

– l’Europe qui peine à se remettre de la crise actuelle de l’euro et de la défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs dirigeants. Si certain pays connaissent un net développement économique comme la Pologne, c’est souvent grâce aux aides européennes, comme l’Irlande dans un passé relativement proche. Actuellement, le miracle irlandais a cédé la place au miracle polonais, avant le nouveau bénéficiaire des largesses européennes (Croatie, Grèce, Roumanie ???).

– Les Etats-Unis qui se remettent lentement de la crise de 2008 qui a fait passer la population d’un optimisme au pessimisme, du crédit à l’épargne, en attendant la prochaine crise qui pourrait bien survenir début 2013 (mars ou avril).

Sans parler de la crise de 2001 qui a tragiquement démontré que le sol américain n’et plus un sanctuaire inviolable. Les guerres d’Irak et d’Afghanistan qui ont démontré que l’économie américaine n’est plus assez forte pour soutenir un effort de guerre sans la participation des alliés. En ce sens, la décision du Président Hollande de retirer les troupes françaises d’Afghanistan, a placé le Président Obama dans une situation délicate à la veille des élections présidentielles de septembre (politiquement et économiquement).

– l’Afrique qui connaît un développement très important, avec une expansion de l’Islam radical dans certains pays comme le Mali, ou un développement économique très soutenu comme en Guinée Conakry. De façon générale, les investissements massifs de Pékin en Afrique développent l’économie du continent, en chassant au passage les anciens investisseurs américains et européens. Il y a cependant une volonté croissante des population et des gouvernants d’accéder à une indépendance économique après l’indépendance politique de l’après-guerre aux années 80. Cela augure peut-être des décisions délicates créant susceptibles de créer des incidents diplomatiques, voire conflits armés et des renversements de gouvernements…

– l’Amérique latine connaît une contestation croissante, avec une mouvement anti-américain qui tend à se développer. Que se soit à travers des mouvements populaires ou des chefs d’Etat comme Hugo Chavez, il y a une volonté de s’affirmer, d’acquérir une nouvelle indépendance. Certaines ressources naturelles comme le pétrole permettent et motivent cette volonté d’indépendance économique. Contrairement à la Chine, il ne s’agit pas d’une politique expansionniste, mais d’une politique indépendantiste vis-à-vis de Washinton, ennemi tout désigné (à tort ou à raison). Cependant, si les pays d’Amérique latine parviennent à constituer un bloc économique et politique cohérent (comme l’UNASUR), leur regard pourrait bien se porter au-delà des frontières du continent pour exporter des matières premières ou des capitaux…

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