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Des bouddhas de Bamyane aux Mosquées de Tombouctou… aveu de faiblesse

En mars 2001, la communauté internationale s’est indignée de la destruction des bouddhas de Bamyane par les Talibans. Ainsi, le secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, critique timidement la destruction des buddhas, tandis que le directeur général de l’UNESCO Koïchiro Matsura qualifie cette décision de « crime contre la culture ». CNN relaye des images de cette catastrophe. Le président Chirac qualifie « d’acte barbare et injustifiable », toute la presse mondiale condamne cette décision, qui préfigure déjà le régime des talibans.

Déjà, on a pu estimer l’engagement est l’intransigeance des dirigeants talibans, déjà, on a pu se rendre compte concrètement des première actions de ce régime pour imposer leur point de vue, et faire table rase du passé. Pourtant, malgré des plaintes, des condamnations à hauts cris, rien de concret n’a été entrepris pour contraindre véritablement ce régime, quitte à engager une escalade diplomatique qui aurait pu conduire, à terme, à une menace armée de nature à contraindre le régime à céder. Il aura fallu attendre l’attentat des tours jumelles pour décider une intervention armée, avec les tristes conséquences que l’on connaît.

Actuellement, le nombre de soldats de la coalition tombés au champs d’honneur ne cesse d’augmenter, avec une retrait des troupes déjà engagé côté français. Rien ne garantit que les talibans ne profiteront pas de l’occasion pour reprendre le terrain perdu…

Actuellement, le même scénario se présente à la communauté internationale avec la destruction des mosquées de Tombouctou, joyau historique de l’humanité. Les manuscrits vieux de plusieurs siècles sont menacés de destruction, les lieux saints profanés, les protestations fusent sans qu’une option militaire ne soit concrètement envisagée pour stopper l’avancée des islamistes radicaux. Les alentours de la ville de Gao sont déjà minés, le gouvernement malien souhaite intervenir, mais il a besoin de moyens pour agir…

Certes, les Etats-Unis et la Russie condamnent ces destructions et appellent à un règlement de la situation, tandis que l’Organisation de coopération islamique condamnent la destruction du patrimoine islamique du Mali. M.Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, , demande lui aussi l’arrêt des destructions des mosquées. Mme Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a qualifié de crime de guerre la destruction des mausolées de Tombouctou, un acte passible de poursuites, cette décision a semble-t-il mit un terme aux destructions. Toute la communauté internationale s’émeut de la destruction de l’un des plus anciens patrimoines historiques de la planète, cependant aucune décision contraignante n’a été prise ce jour. La situation actuelle nous ramène une dizaine d’années auparavant, lorsqu’il était temps de faire une démonstration de force pour contraindre le régime taliban qui donne tant de fil à retordre aujourd’hui, qui coûte si cher humainement et économiquement parlant.

Face à l’Iran, l’option militaire est largement envisagée, récemment, la marine américaine a renforcé sa présence dans le golfe d’Ormuz, au large de l’Iran, deux porte-avions croisent (l’USS Carl-Vinson a rejoint l’USS Abraham-Lincoln) au large des côtes iraniennes. L’armée américaine est déjà présente sur place avec ses bases de Koweït (7 bases), de Danama (QG de la 5e flotte), de Doa (QG du commandement américain pour le Moyen-Orient et l’Asie Centrale), d’Abu Dhabi (avec une base française sur site) pour le Golfe persique, de Dubaï, de Fujaïra (avec une base britannique sur site) et de Mascate (3 bases) pour le Golfe d’Oman. La tension est palpable, elle vise à mettre la pression sur le gouvernement iranien, dont les manœuvres militaires font suite à l’attentat du 11 janvier 2012 contre Mostafa Ahmadi Roshan, le spécialiste du nucléaire iranien.

Bien sûr les enjeux iraniens sont importants, tout d’abord la menace de verrouillage du golfe d’Ormuz (une des principales routes pétrolières de la région), l’élection de Mohamed Morsi en Egypte qui pourrait très probablement menacer Israël sur la frontière commune aux deux pays, le programme nucléaire iranien qui pourrait orienter l’option civile vers l’option militaire. Cependant, la percée islamiste radicale pourrait bien ouvrir un nouveau front en Afrique, ce pays ayant des frontières avec:

– l’Algérie, qui a déjà connu de graves problèmes avec la mouvance islamique se réclamant d’Al-Khaïda.

– la Mauritanie, les autorités françaises recommandent vivement aux ressortissant français sur place de quitter l’est du pays, au 03 juillet 2012

– le Sénégal, en proie à une percée des partis religieux pour les prochaines élections législatives (source : pressafrik.com du 03 juillet 2012).

– la Guinée, les récentes déclarations du Président Alpha Condé sur la lutte contre la corruption, sa volonté d’imposer l’ordre dans l’administration, peuvent être un préalable à une volonté d’empêcher toute tentative d’affaiblissement de l’Etat guinéen. Un avertissement aux influences extérieures, d’autant que l’ambassade américaine en Guinée est l’une des plus importantes d’Afrique, avec une forte présence militaire, conformément à la volonté de permettre une présence forte en Afrique de l’Ouest avec le siège de l’Africom et assurer les ressource sen matière première. (source : http://afrique-ouest.jeuneafrique.com).

– la Côte d’Ivoire, est déjà inquiétée par les attaques de touaregs au nord, malgré les propos rassurants de  Paul Koffi Koffi. Le ministre de la Défense Ivoirien. (source abidjian.net du 16-04-2012)

– le Burkina Faso, déjà inquiété par les attentats de la secte islamiste Boko Haram au Nigéria, les problèmes alimentaires pourraient bine être une occasion de percée des islamistes radicaux, la base américaine de Ouagadougou est un lieu stratégique pour rechercher les militants d’Aqmi (source : slateafrique.com du 14-06-2012 et Washington Post du 14-06-2012).

– le Niger, le putsch du 22 mars au Mali représente une véritable menace, président nigérien Mahamadou Issoufou a confirmé ses inquiétudes lors d’une interview (Source : Céline Lussato pour le site web du Nouvel Observateur, article du 19-06-2012 à 16h23).

Toute cette zone risque d’être déstabilisée si une action militaire n’est pas envisagée très rapidement, de sorte à permettre au Mali de repousser la menace islamiste avant qu’un scénario afghan ne se répète…

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