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Archive for août 2012

Du Portugal, Porto….

C’est une ville singulière à la fois proche de ses tradition mais aussi tournée vers l’avenir. Dotée d’infrastructures récentes et très développées, elle permet des transports rapides et de qualité par métro, complété par un bon maillage de bus, dignes de l’Europe de l’Est (les connaisseurs mesureront toute l’importance et la qualité d’un tel réseau). Entre autres sites remarquables, la plage de Mathosinhos est particulièrement accueillante, propre et très soignée, les terrasses des restaurants prospèrent sans pour autant devenir une industrie galopante, une surenchère de commerces, comme autant de pièges à touristes.

C’est d’ailleurs un trait singulier pour une ville largement tournée vers le tourisme : contrairement à d’autres villes, le touriste est considéré pour lui-même et non pour ce qu’il rapporte. L’accueil même des Portuans est très appréciable, une considération, une politesse, une attitude envers autrui qui surprend, on est loin du stress ou d’une relative exaspération que l’on rencontre si souvent ailleurs. Pourtant la crise est là, bien présente, elle se révèle à travers les appartements, les commerces, et les maisons à vendre, la multiplication de magasins discount dont certains même peuvent être en difficulté. On compte près de 5 000 boutiques chinoises au Portugal, et certains commerçants sont contraints de trouver de nouveaux créneaux, de nouvelles niches économiques pour résister à la crise…

On mesure d’ailleurs le train de vie des Portuans à Nova Gaia, dans les petits commerces de quartier, le salaire moyen n’est pas à 1 000 euros comme en France. Cependant, on ressent une sérénité parmi la population, un respect pour la personne aussi. On est surpris par une voiture qui cède le passage à un piéton, même les bus font de même, cela déconcerte celui qui est habitué à bien regarder avant de traverser une rue, lorsqu’il ne risque tout simplement pas sa vie au milieu du trafic automobile !

Il y a aussi le service dans l’hôtellerie, le personnel d’un simple hôtel de quartier sera attentif aux besoins de la clientèle et s’exprimera dans sa langue. De l’agent de nettoyage mobilisera toutes ses connaissances en langues étrangères pour renseigner, que dire alors de l’agent  d’accueil qui indiquera les (très) nombreux sites à visiter, les curiosités, les bons plans, les commerces de quartiers aux abords de l’hôtel qui rendent bien service…

Cela change vraiment lorsque l’on est confronté à l’attitude plus « cash, carry, and go out » que l’on rencontre ailleurs, dans d’autres villes à très forte fréquentation touristique, à moins de payer en conséquence une prestation nettement supérieure !

Bien sûr, on se fait un peu abuser par des snacks au bord du Douro, mais les restaurants suivants relèvent le niveau, en particulier au pied du pont Dom Luis, en offrant un bon rapport qualité prix, voire très bon.

On apprécie tout particulièrement de manger en terrasse le soir, lorsque les quais s’illuminent, après avoir visité Porto. C’est une ville très sportive, construite en pente, les rue sont parfois très raides, et il faut de bonnes jambes pour les aborder, mais au bout, on est toujours récompensé par une terrasse ou un monument à visiter. Du palais de Cristal avec son vaste parc peuplé de paons en liberté à la place des Carmélites, de l’Institut des vins de Porto (où l’on parle français) aux centre commerciaux, de l’église de Lapa à la Maison de la Musique, de la place Mouzinho de Albuquerque à celle de la Mairie, il y a beaucoup à voir et à apprécier…

Porto est une ville qui ne se livre pas immédiatement, il faut la mériter en la parcourant, mais quelle récompense !

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De la sous-traitance…

La crise n’épargne personne, ses effets sont parfois les plus inattendus, ainsi, le Correio de Manha publie un article (18-08-2012) sur cette crise qui touche également les magasins chinois. Jusqu’alors favoris dans une société de consommation où l’on recherche les prix les plus bas, à cause d’un pouvoir d’achat toujours en baisse. Les magasins chinois (estimés à environ 5 000 au Portugal) connaissent désormais les effets de la crise de la consommation.

Cette situation fort singulière révèle la profondeur d’un état de fait marqué par une récession telle qu’on n’en a rarement connu. Il ne s’agit plus d’une crise au sens classique du terme, car une crise est parfaitement identifiée : elle a un début, une évolution et une fin. Ces trois étapes peuvent durer un certain temps, plus ou moins long, ici, il dure depuis 2008 et ne semble pas faire apparaître la moindre possibilité de fin. Ce qui semble particulièrement grave est que désormais les commerces discount sont à leur tour contraint d’évoluer pour trouver de nouveaux débouchés commerciaux, la vente de fruits et légumes par exemple, la restauration ou autre. Un article précédent du Monde (07-08-2012) mettait en avant une baisse conséquente de la consommation d’acier par la Chine. Du coup, le géant chinois n’était plus en mesure de jouer son rôle de locomotive de l’économie mondiale, rôle qu’on lui a attribué sans doute un peu vite, faute de pouvoir l’assumer nous-mêmes. Mauvais rôle confirmé par la baisse de son excédent commercial (le Monde, 1-08-2012, p11).

Cette déception économique dans une reprise qui se fait toujours attendre, traduit cependant la profondeur de cette crise. Elle sous-entend aussi notre désarroi, on attend une mission, un rôle providentiel d’une pays tiers dans la reprise, si persuadés qu’on ne peut jouer ce rôle nous-mêmes, pays industrialisés, riches, qui avons colonisé le reste du monde, réalisé tout ce qu’une civilisation digne de ce nom a réalisé : révolution industrielle, informatique, mais aussi commerciale, en permettant à d’autres pays de se développer à leur tour, ne serait-ce que pour sous-traiter notre production, nos biens de consommation grâce à une main d’œuvre compétente et  bon marché, docile aussi…

Les nouveaux pays producteurs devaient donc en toute logique relance l’économie mondiale, nous service une nouvelle fois en somme, sous-traiter le redémarrage mondiale d’une économie que l’on sait en crise…

Voilà peut-être le vrai problème, voilà peut-être ce qui nous empêche de nous affirmer réellement comme une puissance mondiale. Cette question est d’une grande importance, en effet, on peut se demander si l’on n’aurait pas sous-traité aussi notre rang de grande puissance, notre rôle de leader dans les affaires de la planète ?

La crise syrienne révèle justement cette faiblesse, l’ONU, organisation que l’on considère comme seul gendarme légitime des affaires du monde, cet organisme international a été paralysé par deux voix prépondérantes, mais il n’est pas le seul exemple, la crise malienne ne permet pas elle non plus à d’aboutir à une solution viable, à une décision pourtant simple et réclamée par tous, afin de résoudre ce conflit.

De l’économie à la politique, il n’y a qu’un pas dit-on, il semblerait que ce pas ait été franchi. On pourrait presque se demander si quelque part, on ne souhaiterait pas aussi sous-traiter la gestion des conflits par d’autres organismes, comme l’Organisation de Coopération Islamique (OCI) dans la gestion du croissant chiite qui fait tant débat et dont la constitution pourrait être stoppée net avec la chute du régime de Bachar El Hassad.

Verrait-on alors, comme le suggèrent déjà les autorité iraniennes au sujet des Rolingyas de Birmanie (le Monde du 11-08-2012, p4), une gestion des affaires occidentales et une gestion des affaires orientales, chacune ayant sa structure propre, son idéologie propre, sa logique propre. En viendrait-on à un monde à la Huntington ?

La question reste entière.

Cette sous-traitance généralisée suit une logique ancienne déjà ancrée. On en viendrait presque à la situation d’un riche propriétaire terrien ayant perdu son personnel et se refusant à agir par lui-même, tant il est habitué à se faire servir…

Il serait peut-être temps de profiter de cette crise (et des suivantes) pour repenser notre vision du monde et assumer notre démarche de production industrielle, de politique, pour arriver, peut-être, à une sorte d’autosuffisance ou en tout cas, une capacité d’action qui nous fait tant défaut depuis plusieurs décennies déjà. Chaque expérience est bonne quand on sait en tirer les leçons. La question est de savoir si l’on est capable, si nous somme encore une grande puissance ou si nous devons passer la mai à d’autres, plus compétents dans ce cas, il nous sera plus difficile de donner des leçons, et sans doute plus encore d’en recevoir…

Peut-être a-ton consommé notre domination sur les autres pays de la planète, peut-être que les pays dits émergeants ne le sont plus depuis longtemps, ils ont peut-être atteint un niveau de développement similaire au nôtre, et peuvent désormais s’imposer au reste du monde et donc à nous-mêmes. Les pays occidentaux, industrialisés du Vieux Continent ou du Nouveau Monde ont peut-être atteint leur limites, il leu fait désormais faire face à des mutations profondes, qu’elles soient internes ou externes.

C’est une loi de la nature que l’adaptation. Comme toute espèce vivante, lorsque l’environnement change, les êtres capables de s’adapter à ces nouvelles conditions peuvent survivre, les autres subissent ces changement de façon plus ou moins violente, de la simple gêne à la disparition. Les animaux ou les plantes ont suivi cette évolution de leu espèce depuis l’apparition de la vie sur cette planète. Il en va également des sociétés, les plus aptes au changement survivent, les autres disparaissent. Nous avons fait déjà preuve de grandes qualités pour nous unifier, constituer des nations, des groupes de nations et nous imposer aux autres nations du monde. A présent, nous connaissons de nouvelles crises, économiques, politiques et religieuses d’une ampleur sans précédent, la question est de savoir si nous sommes capables de l’affronter, de relever un nouveau défi comme nous en avons relevé d’autres dans le passé.

Est-ce que l’on dispose encore des ressources suffisantes pour gérer les graves problèmes intérieurs et extérieurs auxquels nous sommes confrontés. Là est la vraie question. Peut-être nous faut-il tomber encore plus bas, sombrer davantage pour avoir ce déclic et rebondir, réagir comme nous l’avons fait pour traverser des épidémies, des guerres, des révolutions. Beaucoup doutent de notre capacité actuelle à pouvoir rebondir, d’autres le souhaitent, attendant leur tour.

En effet, si nous ne réagissons pas, il se pourrait bien que d’autres puissances émergeantes prendront notre place pour s’imposer à leur tour au reste du monde, la nature ayant horreur du vide, celui que nous laisseront ne manquera pas d’être comblé. Ainsi passe la gloire du monde… jusqu’à ce qu’un autre le remplace…

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De l’art de vivre…

La France est connue pour la mode, sa qualité de vie à la Française, le service au client, une certaine distinction qui en fait toute la classe. Pourtant cette classe s’estompe quand elle ne disparaît pas. On peut en mesurer toute la gravité lorsque l’on se rend à l’étranger, à Porto par exemple, le service au client, la qualité de l’accueil est une réalité, il nous ramène plusieurs années en arrière, en France où le client était l’objet d’une attention toute particulière, d’un accueil à la Française.

Que ce soit dans un hôtel (Palanca à Porto), ou dans un centre commercial (El Corte Inglès à Nova Gaia), on y retrouve cette attitude de respect sans être obséquieuse, un peu désuète, qui a (presque) totalement disparu en France. Porto est une ville accueillante, elle prend soin de ses touristes, très nombreux en période estivale, sans lassitude, sans esprit purement mercantile.

Bine sûr, quelques snack bars au bord du Douro profitent de la situation, mais la qualité des restaurants à proximité, au pied du pont Dom Luis, ne manquent pas de nous rappeler cette certitude : le portuan mérite sa réputation d’accueil et de savoir-vivre. D’ailleurs les Français très nombreux en août, s’en rendent bien comte. Ils peuvent mesurer toute l’étendu de la perte de cette accueil dans l’hexagone, où le client est si souvent considéré comme une source de revenus, une vache à traire, rien de plus…

Cette pénible réalité ne nous est révélée qu’en quittant la France, pour retrouver ailleurs ce que nous avons perdu peu à peu, sans le réaliser sur l’instant. Un sorte d’évolution sourde qui nous habitue peu à peu à changer de statut, passant du client à la vache à lait, passant du service au tiroir caisse. Ce changement est si profond, si radical, qi ancré, que retrouver un accueil de ce nom peut générer une sorte de malaise, du moins une surprise face à une situation inattendue…

L’art de vivre à la Française, la qualité d’accueil, cet esprit un peu vieille France, a bel et bien vécu au pays de Molière, désormais il est nécessaire de s’expatrier pour le retrouver.

 

Sic transit gloria mundi……..

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De la dérive de l’Euro…

L’Euro s’est imposé comme une monnaie commune aux pays européens, avec pour but avoué de concurrencer le dollar. Du même coup, cette monnaie devait permettre une union économique de la zone euro, une cohérence des économies des Etats membres. Force est de constater que ce ambitieux objectif a été atteint. Cependant les habitants de la zone euro y ont considérablement perdu en pouvoir d’achat et en qualité de vie. Les économiques des pays les plus fragiles s’y ont pas résisté comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie…

D’autres, plus solides, subissent les effets conjoints de la crise (celle de 2008 et la prochaine probablement vers avril-mai 2013), de la fragilité des plus faibles, et des effets indésirables de l’Euro. L’un de ces effets est une cohésion des économies, des prix à la hausse. Avant 1999, il existait de réelles différences prix d’un pays à l’autre, désormais, les prix sont sensiblement identiques. Un même article aura la même étiquette à Porto, Prague ou Barcelone. Cependant, les salaires, eux, connaissent un réelle disparité, le pouvoir d’achat qui va avec également…

La France qui compte parmi les pays riches de la zone euro, l’un des moteurs de l’Europe, connaît une économie de crise avec un fort développement des magasins discount, des remisses, des rabais en tout genre, tout au long de l’année. En somme, une économie de crise qui s’adapte à une baisse importante du pouvoir d’achat. Cette nouvelle offre se complète par une réelle explosion du commerce en ligne. Au point que celui-ci en vient à concurrencer fortement le commerce classique. Les artisans et petits commerçant ne s’y trompent pas et sont de plus en plus nombreux à compléter leur offre par un site web, quand ils ne décident pas d’abandonner leur commerce (ses charges et ses taxes) pour se consacrer uniquement sur leur site de vente en ligne avec frais d’envoi négociés ou offerts au-delà d’une certaine somme.

L’euro est clairement responsable de la crise que nous connaissons actuellement, (et des prochaines) qu’il soit attaqué par de devises concurrentes ne fait plus de doute (mais il fallait bien s’y attendre un jour ou l’autre), le plus important est qu’il n’a pas su anticiper cette situation, qu’il n’a pas su se prémunir contre ces attaques plus que prévisibles. En outre, il s’est imposé par la force aux citoyens et aux consommateurs. Ceux-ci ont pris désormais l’habitude du commerce dématérialisé ils vont même plus loin quant au textile : on essaye en magasin et faute de prix abordable, on commande en ligne (maintenant que tout le textile est standardisé !), au grand dam des commerçants.

Peut-être qu’un jour un petit malin proposera un magasin d’essayage, avec des rangées de cabines, faisant face à des rangées de bornes de connexions pour passer sa commande en ligne et réduire ainsi les frais de stockage. Un telle solution permettrait de jouer sur deux plans : maintenir l’accueil de la clientèle qui reste attachée au service, cette prestation, et la vente ne ligne avec son cortège de prix bas, de réductions, de points fidélité, de publicité en ligne et dans le magasin (publicité étant une source de revenus non négligeable).

Une telle solution serait particulièrement séduisante pour les pays à faible pouvoir d’achat, et n’exclue en rien les autres, c’est-à-dire les pays disposant d’un pouvoir d’achat plus fort, la pression économique, la crise et la volonté d’aller toujours vers des offres meilleurs marché  étant partout, quelque soit l’économie du pays dans lequel on se trouve…

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Quand la Chine éveillera l’économie…

L’Empire du Milieu s’impose depuis de longues années comme une grande puissance économique, en fait, la première. Sa progression est sans fulgurante, du paysan compagnon de route de Mao à l’homme d’affaire moderne, le marche a été longue et la révolution économique sans précédent…

Moteur de l’économie mondiale, la locomotive chinoise est présentée comme la solution de la crise mondiale, tarde à redémarrer, du coup elle gêne. On n’a de cesse de dénoncer la « Chinafrique » comme si on venait de la découvrir, on met ne avant la mort du directeur d’une mine de charbon en Zambie, comme conséquence inéluctable de l’attitude chinoise envers la population africaine, les tirs à balle réelle sur les manifestants, histoire de reparler des droits de l’homme en Chine, à défaut du Tibet, il faut bien noircir la locomotive maintenant qu’elle ne démarre plus, qu’elle n’a plus l’utilité qu’on attendait d’elle, comme on l’a fait pour des dirigeants au Proche Orient (pendant plusieurs décennies on s’en accommodait bien, maintenant…), et qu’importe si l’Indonésie ou l’Inde devient les nouveaux grand importateurs de minerai de fer.

Il est vrai que les occasions ne manquent pas pour critiquer la politique de Pékin, de la répression au Tibet aux menaces militaire à peine voilée envers Taiwan, sans parler de la Préfecture de Sansha en Mer du Sud…

C’est décidément un mauvais élève bien pratique, concurrent économique majeur, peu respectueux des droits de l’homme, imposant ses vues au reste de la planète sans discussion préalable, agissant de son propre chef sans l’assentiment des grandes puissance, on croirait presque une sorte de politique impérialiste (irait-on jusque-là ?).

Les impérialismes semblent à la mode de nos jours, qu’ils soient économiques, politiques, ou militaires. Depuis Athènes au Ve siècle av JC face à Sparte, aux Perses, l’affaire du trésor de Délos vaut bien le rapatriement des capitaux d’Afrique vers Pékin !

La bulle spéculative quant à elle… non elle crée de la richesse, fausse, mais de la richesse tout de même, et on en a bine besoin en temps de crise !

Oserait-on imaginer alors un impérialisme de type mondialiste ? Certains n’hésitent pas à franchir le pas, on oublierait peut-être leur propre attitude, comme pris d’une soudaine et irrépressible crise de mémoire sélective.

Revenons à la Chine, il est bien facile, et bien pratique de la critiquer, de la condamner, mais si l’on veut se montrer parfaitement honnête, que ferions nous si l’on se trouvait à sa place, si nous disposions de ses moyens, des ses ressources, de ses ambitions ?

Adopterions-nous une parfaite ligne de conduite nous permettant de donner des leçons au reste de la planète ?

Rien n’est moins certain, d’autant que ce qu’on lui reproche aujourd’hui ne nous a pas vraiment gêné durant plusieurs années de signatures de contrats…

 

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De la situation en Syrie…

Les combats de Syrie entre le pouvoir et les opposants, pose de nombreuses questions, en effet, il apparaît au grand jour que les dirigeants aujourd’hui onnis, ont toujours représenté un rempart face à l’intégrisme religieux. Cette situation est d’autant plus flagrante que la question de l’armement des rebelles ne peut être total. Il est limité à un armement léger (RPG, mitrailleuse, etc….) et ne permet pas des armements lourds comme des missiles, par crainte de tomber entre les mains du Hezbollah. Dans ce cas, un tout autre usage pourrait en être fait.

Israël est une cible toute désignée, à la fois pour les armes fournies aux rebelles mais aussi pour les stocks de l’armée syrienne (chimique, bactériologique). Le risque est si grand que des mesures d’exception ont été prises par les autorités Françaises, américaines, et britanniques, pour une intervention armée si une partie de ces stocks venaient à tomber entre des mains indélicates…

Suivant cette ligne de conduite, les autorités américaines s’engagent officiellement à fournir du matériel non létal aux insurgés. De même, William Hague (chef du foreign office, le Monde 6-08-2012, p3), indique que le Royaume Uni allait « aider davantage mais toujours avec des moyens non létaux ». Ce souci de gérer les moyens militaires des opposants au régime de Bachir El Hassad n’est pas sans rappeler la position prise lors de la crise Lybienne. En effet, la crainte d’équiper des mouvement salafistes à des fins de terrorisme a fortement pesé sur les conditions d’aide apportées aux rebelles.

Cette situation révèle tout le poids ce des groupes intégristes, présents à chaque conflit, profitant de la moindre occasion pour se constituer un arsenal en vue de frappes, d’attentats. Israël étant une cible privilégiée, les pays occidentaux, des cibles… secondaires…

En ce sens, on peut s’interroger sur les inquiétudes des autorités américaines à qui on reproche peut-être u peu vite leur obsession du terrorisme. La menace est donc bine réelle,  on pourrait aller plus loin en se demandant si des acteurs, des éléments actifs ne seraient pas déjà en place, attendant un ordre. Ainsi, il pourrait s’agir de membres affiliés à un groupe identifié (Al Khaïda par exemple) ou bine de jeunes désœuvrés, trouvant dans l’intégrisme un sens à donner à leur quotidien, un exutoire, une solution à leurs problèmes…

Un autre point d’importance apparaît dans le conflit Syrien celui d’un embrasement du conflit, opposant les grandes puissances : Chine-Russie en soutien au régime contre pays pro-ONU en soutien aux rebelles. En effet, les intérêt financiers et militaires sont importants, la Syrie possédant des ressources naturelles et sa position géographique lui donne une place de choix par un accès à Israël, au Proche-Orient, à la Méditerranée, au Maghreb et plus loin aux Balkans par la Grèce…

La présence militaire russe dans la région compte beaucoup, la proximité immédiate avec le Proche Orient permettrait de conclure des contrats pour Pékin, déjà très implanté en Afrique et au Maghreb…

Pour les USA, une présence renforcée (accompagnant l’Africom en Afrique de l’Ouest) assurerait une meilleure défense d’Israël, menacé ce toute part par le Hezbollah, le Hamas, et d’autres mouvements religieux armés. La Lybie a déjà servi de leçon comme l’Egypte : l’essentiel n’est pas tant de chasser les dirigeants comme Khadafi, Hosni Moubarak ou Bachar El Hassad, que de gérer l’après-régime. En effet, les élections libres « pour permettre au peuple d’accéder à la démocratie » voient la présence tout à fait légales de partis religieux intégristes et très populaires.

Dans un pays en transition où la préoccupation de tous est la corruption au quotidien, un parti assurant des ressources alimentaires, une morale dans les affaires publiques, un soutien financier aux plus démunis, un tel parti a de grandes chances de devenir le favori d’une élection, la première depuis des décennies.

Ceci, quelque soit son programme, allant d’une rigueur morale à l’application la plus stricte de la charia. En un mot, exactement ce que l’on veut éviter, exactement la situation qu’une dictature rend impossible. C’est le paradoxe de la transition démocratique qui permet la pluralité politique, la liberté d’expression, de culte, de pensée, conforme à notre conception des droits de l’homme du 4 ou du 14 juillet…

DE là à s’interroger sur la réalité et l’utilité même d’exporter notre modèle de démocratie à l’occidentale aux quatre coins de la planète, il n’y a qu’un pas vite franchi. Ne voit-on pas une résurgence de notre « mission civilisatrice » visant à éduquer les sauvages dépourvus de nos valeurs « naturellement supérieures ». Cela fut la ligne officielle d’une autre époque où la mission colonisatrice devait civiliser les sauvages, comme quelques siècles auparavant, on se donnait pour mission de les évangéliser…

Ainsi donc, on considère deux régimes : la dictature (dont on s’est accommodé pendant plusieurs décennies), et notre modèle de démocratie à l’occidentale. On exclue dont tout autre régime, tribal, traditionnel ou autre. Ainsi, quelle est la préoccupation de nos pays occidentaux ?

S’agit-il de défendre nos intérêts financiers et militaires, ou bien de venir en aide au peuple syrien ?

Cette délicate question est d’autant pus importante en période ce crise actuelle depuis celle de 2008 en attendant la prochaine (avril-mai 2013 ?), où les débouchés économiques et énergétiques deviennent de plus en plus pressants. Que dire alors du mouvement de fond originaire des pays arabes qui tend à s’amplifier à l’encontre d’Israël et bien au-delà, des intérêts juifs à travers le monde, d’un choc des cultures et des civilisations tel que le présentait Samuel Huntington…

Il est fort probable que ce choc des cultures, des civilisations, des religions, des intérêts, nous touche directement, par pays interposé. Les populations réfugiées d’un régime sont les plus réactives, les plus attentives aux décisions politiques de leur pays d’accueil. Bien souvent, elles coordonnent les résistances au régime en place et se font l’écho des opposants réduits au silence dans leur pays d’origine. Cette résistance peut parfaitement se compléter par des actions contre un autre ennemi désigné quand la religion ou la politique s’en mêle. Celles-ci peuvent exprimer toutes les frustrations, c’est en ce sens que l’Etat Hebreu (et ce qu’on veut bien y associer) risque fort d’être la cible de toute une population car il cristallise toutes les frustrations d’une population la dérive, au titre des exactions contre les Palestiniens, ou tout simplement pour des motifs religieux largement relayés par des prédicateurs intégristes.

Les actions peuvent être multiformes, d’un graffiti à une profanation de cimetière, d’une agression physique à l’incendie d’une synagogue, tout est possible. Dans un tel contexte, la condamnation d’un acte antisémite par les autorités risquent fort d’en faire la promotion et inciter d’autres actes similaires dans une logique de surenchère…

On le voit, la situation en Syrie est loin d’être isolée, elle rejaillit dans des domaines variés, des conséquences inattendues, la question est de savoir si nous sommes prêt à y faire face…

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De Tottenham à…

L’article du Monde du 02 août 2012 (P2) résume très justement un événement loin d’être isolé au sein de nos sociétés modernes. En effet, les pillages de magasins à Los Angeles en 1992, ou à Tottenham en 2011, procèdent des mêmes effets, des mêmes  causes, des mêmes résultats.

« Une façon d’obtenir ce qu’on n’avait pas » est une justification certes un peu faciles, un peu rapide pour une population issue d’une « culture impatiente » qui ne mesure pas les la situation aux efforts à fournir pour s’en sortir, mais répond plutôt à une éducation plus réductrice, plus immédiate : « j’ai envie, je prends ». Cet esprit ultra consumériste est un trait caractéristique de notre société actuelle, du « tout, tout de suite », les justifications idéologiques ne manquent pas, on apprend assez vite qu’il s’agit de réclamer pour obtenir, que « la société nous doit quelque chose avant qu’on ne lui doive »…

Cette situation quelque peu dangereuse est une pente glissante que l’on savonne sans cesse, presque sans s’en rendre compte. Et pourtant la situation de crise économique actuelle  ne nous permet plus cette attitude si légère, cette insoutenable légèreté de l’être à l’heure ou l’on parle tant de rigueur, de restriction, d’effort de chacun pour sortir de l’ornière…

Il y a don un décalage profond entre la réalité assez sombre et contraignante, et l’idée que l’on s’ne fait, un monde fantaisiste à « l’individualité prononcée » où le sens de l’effort est absent, n’a jamais été abordé, inculqué, appris.

La réalité est bine entendu très différente, la crise économique davantage…

Les ingrédients de la « fête » sont encore réunis selon l’article et pas seulement à Tottenham, on l’a vu à Amiens en 2009 et en août 2012, c’est une situation que l’on doit prendre en compte, dont on doit d’abord prendre conscience (et c’est peut-être le plus difficile car c’est, avouons-le, un aveu d’échec !), pour ensuite l’intégrer, le traiter et trouver une solution adaptée qui passera nécessairement par le goût de l’effort. Il n’est pas tant question de revenir à ces « valeurs traditionnelles » relativement conservatrices, mais plutôt de prendre conscience des réalités, des nécessités, des impératifs pour réponde à la crise actuelle qui n’est pas seulement économique, mais aussi, pour ouvrir les yeux des jeunes, premières victimes de cette crise qui exige des efforts, le meilleur de chacun…

Il faut bien l’avouer, c’est un peu la loi de la jungle, le plus fort, le plus adapté peut survivre, les autres…

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