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Du nouveau conflit en gestation….

Les Balkans, poudrière de l’Europe, demeurent une question sans réponse, sans solution surtout de la part de nos dirigeants. 400 d’occupation ottomane ne se balaient pas d’un revers de main, les traces restent profondes dans les cœurs et dans les esprits. Les années 90 ont connu ce que l’on a nommé pudiquement le « conflit yougoslave », au moment où l’on se préoccupe des mouvements salafistes au Mali et de leur contagion aux pays limitrophes, à la crise syrienne ou aux élections en Egypte, on semble oublier que la tension demeure explosive à nos portes…

 depuis 2011 à l’actuelle rentrée 2012, bien des choses se sont passées dans cette région du globe et promettent un réveil difficile. Si l’on y prend garde, on pourrait se réveiller un jour avec la une du 20h00 annonçant une nouvelle guerre avec la même surprise que lors de la chute du mur de Berlin ou du Printemps arabe. Rien n’arrive par hasard, un événement soudain prend sa source dans un passé que l’on occulte souvent.

Voici un petit rappel à travers une sélection d’articles de presse (Le Monde Diplomatique, euronews, albinfo.ch, de mars 2011 au 24 août 2012)

Au Kosovo, la « sale guerre » de l’UCK

Le Monde Diplomatique – par Jean-Arnault Dérens, mars 2011

Douze ans après le conflit qui devait conduire la province serbe à majorité albanaise sur la voie de l’indépendance, enquêtes et témoignages révèlent l’ampleur des exactions commises par des membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Les victimes se comptent aussi bien parmi les civils serbes que dans les rangs des rivaux politiques de l’UCK.

Le 27 octobre 1999, plusieurs mois après l’entrée des troupes de la Force de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), la mission de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dans ce territoire placé depuis juin sous administration provisoire des Nations unies, M. Budimir Baljosevic, un enseignant de 50 ans, a tenté, en compagnie de quatre amis, de s’enfuir du « ghetto » où étaient parqués les Serbes d’Orahovac/Rahovec (1). Un Rom de la ville, M. Agron N., s’était proposé de les conduire à Rozaje, au Monténégro, contre 1 200 marks allemands (600 euros) par personne. N. avait de bons arguments pour justifier une somme aussi élevée : il travaillait auprès du Corps de protection du Kosovo (TMK), la structure supervisée par l’OTAN pour assurer la « réinsertion sociale » des anciens guérilleros de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). N. avait déjà réussi quatre exfiltrations de Serbes d’Orahovac. Ce maçon construisait la nouvelle base du TMK dans la ville voisine de Djakovica/Gjakovë, et c’est justement là que se perd la trace des cinq Serbes. « Je me suis arrêté pour chercher mon beau-frère, qui devait partir en convoi avec nous. J’avais laissé les Serbes dans la voiture. Quand je suis sorti de la maison de mon beau-frère, on m’a crié de me cacher, et des inconnus ont enlevé les Serbes, dont on n’a plus jamais eu de nouvelles », explique N., qui a lui-même préféré s’exiler durant plusieurs mois à Novi Pazar, en Serbie, « par sécurité ». Le frère de M. Baljosevic a tenté à maintes reprises d’obtenir des renseignements sur les disparus, sans succès. « Des militaires italiens de la KFOR sont venus me voir, ainsi que des policiers des Nations unies, mais je n’ai jamais eu de nouvelles. » Le sort de ces disparus est tragiquement banal. M. Negovan Mavric tient un petit café à Velika Hoca, une enclave serbe située à quelques kilomètres d’Orahovac/Rahovec, et dirige la branche locale de l’Association des familles de personnes disparues. Il présente la liste des morts et disparus de la commune : les restes des dix-neuf Serbes enlevés en 1998 et 1999 ont été retrouvés, mais soixante-quatre autres personnes sont toujours manquantes, cinquante-cinq Serbes et neuf Roms. Le premier meurtre d’un civil serbe remonte au 12 mai 1998, quand ont commencé les affrontements entre la police serbe et la guérilla de l’UCK pour le contrôle de la petite région d’Orahovac, où vivaient alors de nombreux Serbes. Le dernier enlèvement a eu lieu le 28 juillet 2000, plus d’un an après l’établissement du protectorat international (lire « Des conclusions explosives »).

Les coteaux qui entourent Velika Hoca sont recouverts de vignes. Le paysage est clos par des sommets impressionnants qui marquent les frontières du Kosovo et de l’Albanie : le massif du Shar, celui de Pashtrik, les montagnes du Has et, plus au nord, vers le Monténégro, la Prokletijë, les « Cimes maudites ». Autrefois, Albanais et Serbes cohabitaient sans heurts dans la commune d’Orahovac/Rahovec, dont dépend le village. Depuis juin 1999, la présence serbe dans la région se réduit aux sept cents habitants de Velika Hoca et à trois cents autres terrés dans le ghetto de la ville haute d’Orahovac. Ils étaient près de dix mille jusqu’en 1999. Les Serbes ont été chassés des villages mixtes de Zociste, Opterusa ou Retimlije.

La majorité des « disparus » d’Orahovac ont été enlevés dès juillet 1998, quand l’UCK a brièvement investi la ville. Un groupe important de civils serbes du village de Retimlje a été conduit dans une base de cette organisation située dans le village voisin de Semetiste. Les femmes ont été libérées quatre jours plus tard par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge, tandis que les hommes, dont un adolescent de 16 ans, n’ont jamais été revus vivants. Certains corps ont été identifiés parmi les restes, découverts en avril 2005, de vingt et une personnes jetées dans une fosse commune située dans le village de Volujak/Valljakë, près de Klina, à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Mme Olgica Bozanic, originaire d’Orahovac, réfugiée à Belgrade, milite au sein de l’Association des familles de personnes disparues. Elle a perdu ses deux frères, des oncles et des cousins, en tout près de dix parents. Elle affirme avoir eu des nouvelles de l’un d’eux par l’intermédiaire d’anciens voisins albanais, eux-mêmes détenus durant plusieurs mois par la guérilla pour collaboration supposée avec le régime serbe. Selon le témoignage de ces derniers, des Serbes de la région d’Orahovac auraient d’abord été détenus près de la principale base de l’UCK dans la région, dans le village de Drenovac/ Drenovcë. Après la fin de la guerre, ils auraient été transférés à Deva, un village des montagnes du Has jouxtant la frontière albanaise. Il semble que l’UCK y ait investi et transformé en centre de détention un ancien poste militaire après le retrait de l’armée yougoslave, en juin 1999. Les survivants d’Orahovac auraient ensuite été conduits à Kukës, en Albanie, puis à Durrës, sur la côte, où ces témoins albanais les auraient vus vivants, dans une prison de l’UCK, en 2001. Toutefois, on peut supposer que la grande majorité des Serbes enlevés avant la fin de la guerre ont été assassinés à l’intérieur des frontières du Kosovo. En revanche, la piste de ceux qui ont été enlevés après le déploiement des troupes de l’OTAN se perd, même si l’hypothèse de déportations vers l’Albanie est avancée depuis longtemps. A l’automne 1999, M. Sefko Alomerovic, président du Comité Helsinki du Sandjak de Novi Pazar — une structure régionale indépendante du Comité Helsinki de Serbie —, avait longuement enquêté à ce sujet. Son rapport est aujourd’hui introuvable, et M. Alomerovic est décédé en 2003.

Dans les entretiens qu’il avait accordés en 2000, il affirmait avoir pu visiter cinq centres de détention situés à l’intérieur du Kosovo. Il s’agissait de petites structures, souvent des garages ou des bâtiments industriels à la périphérie des villes, abritant de dix à cinquante détenus. L’ensemble de ce réseau de camps aurait été dirigé par un certain commandant Mala, de son vrai nom Alush Agushi, un proche de M. Ramush Haradinaj (2). Des familles de disparus auraient essayé de « racheter » leurs parents ; cependant, malgré des sommes d’argent importantes effectivement versées à des intermédiaires, aucune libération n’est jamais intervenue. De même, certains Serbes auraient été retenus en vue d’un échange contre des prisonniers albanais détenus en Serbie — dont le nombre était encore évalué à huit cents à la fin de l’année 2000. Là encore, il est impossible de confirmer le moindre échange. Selon certaines sources, beaucoup de détenus serbes auraient été exécutés en 2001, quand Belgrade a adopté une loi d’amnistie et libéré les Albanais suspectés d’avoir appartenu à l’UCK. Certains centres de détention situés au Kosovo auraient servi de « camps d’étape » avant un transfert des prisonniers vers l’Albanie. M. Alomerovic avait, le premier, évoqué un trafic d’organes, en supposant l’implication de réseaux criminels internationaux qui auraient acheté les organes fournis par les séides de l’UCK. Le long isolement des premiers investigateurs. Aucune enquête n’a fait suite aux révélations de M. Alomerovic, qui ont été rejetées par les organisations internationales présentes au Kosovo, notamment par la Mission des Nations unies (Minuk), alors dirigée par M. Bernard Kouchner. M. Alomerovic, militant connu de la défense des droits humains et opposant de longue date au régime de Milosevic, parlait d’un véritable « mur du silence » (3), la KFOR ayant, contre l’évidence, démenti l’existence du moindre centre de détention au Kosovo… Dans ses Mémoires, Mme Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), évoque elle aussi ce mur du silence auquel elle s’est heurtée quand elle a voulu enquêter sur les disparitions de civils serbes et sur l’hypothèse d’un trafic d’organes (4). Comme le souligne M. Dick Marty dans les nombreuses interviews qu’il a données depuis la publication du rapport dont il a été chargé par le Conseil de l’Europe (lire« Des conclusions explosives »), « tout le monde au Kosovo » était pourtant au courant des disparitions de civils serbes, mais aussi de la détention, durant la guerre, de nombreux « collaborateurs » albanais supposés du régime serbe. Un quotidien de Pristina, Bota Sot, n’a cessé, depuis 1999, de dénoncer les éliminations physiques de sympathisants de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), la formation de feu Ibrahim Rugova, durant et après la guerre. Bajrush Morina, son rédacteur en chef, résume la situation : « Depuis 1999, trois mille personnes ont été abattues au Kosovo, et seuls six cents de ces meurtres ont été élucidés. On a beaucoup parlé de vengeances familiales, mais, dans la grande majorité des cas, il s’agissait de meurtres politiques. » Le journal a lui-même payé son tribut de sang : deux de ses journalistes ont été abattus, et M. Morina a longtemps dû se déplacer sous la protection de gardes armés fournis par une compagnie privée de sécurité. Les informations publiées par le journal ont pourtant toujours été frappées de suspicion, en raison des liens que Bota Sot entretient avec la LDK.

Ce journal a aussi régulièrement évoqué l’existence de centres de détention au Kosovo et en Albanie, où étaient emprisonnés des Albanais accusés de « collaboration ». Le 28 février 2011 s’est ouvert devant le tribunal de Mitrovica le procès de deux anciens commandants de l’UCK, MM. Sabit Geci et Riza Alijaj, accusés d’avoir commis des crimes graves dans le camp de Cahan, situé dans les montagnes du nord de l’Albanie, à quelques kilomètres des frontières du Kosovo. Petit village de montagne, Cahan a servi durant la guerre de centre logistique à l’UCK et de base arrière pour les volontaires qui partaient se battre au Kosovo. M. Bedri Cahani, l’homme fort du lieu, reconnaît volontiers que les habitants de Cahan se livraient à la contrebande de cigarettes avec le Kosovo et qu’il a été recruté dès l’automne 1997 par la guérilla, notamment pour faire passer, de nuit, les combattants par la montagne. L’UCK utilisait comme base une ancienne caserne de l’armée albanaise, abandonnée en 1992, dont les bâtiments se dressent toujours à l’entrée du village. Pour rejoindre Cahan depuis la bourgade de Kruma, il faut suivre sur près de dix kilomètres une mauvaise piste de montagne. L’endroit est discret, et l’ancienne caserne a aussi abrité un centre de détention, évoqué par M. Marty. M. Z. Z. a séjourné deux mois et demi dans « l’enfer » de Cahan, et il sera l’un des principaux témoins protégés du procès de MM. Geci et Alijaj. Il évoque des mauvais traitements systématiques et des actes graves de torture. Certains détenus étaient forcés à avoir entre eux des relations sexuelles, d’autres ont subi des simulacres d’exécution. « Je suis probablement le prisonnier resté le plus longtemps à Cahan, et je n’ai rencontré que des détenus albanais », assure-t-il cependant. M. Z. Z. précise y avoir vu passer les chefs les plus importants de l’UCK, notamment M. Hashim Thaçi, l’actuel premier ministre du Kosovo. Toutes les personnes détenues à Cahan durant les mois de guerre du printemps 1999 auraient été, comme M. Z. Z., des cadres de la LDK, généralement arrêtés dans les villes de Kukës et de Kruma, où se pressaient les réfugiés chassés du Kosovo par les forces serbes. Certains étaient engagés dans les Forces armées de la République de Kosovo (FARK), le mouvement de guérilla concurrent de l’UCK créé, sans grand succès sur le terrain, par les partisans d’Ibrahim Rugova. Dans son rapport, M. Marty pointe la responsabilité particulière d’une faction interne au sein de l’UCK, qu’il nomme « groupe de la Drenica », citant les noms de MM. Hashim Thaçi, Azem Syla, Xhevat Haliti, Kadri Veseli, Fatmir Limaj, Sabit Geci ou Riza Alijaj. Ces anciens commandants de la guérilla sont effectivement originaires de la Drenica, mais ils ont un autre point commun : ils appartenaient tous au Mouvement populaire du Kosovo (LPK), un groupe clandestin d’inspiration marxiste-léniniste « envériste », c’est-à-dire favorable au régime stalinien albanais d’Enver Hodja.

Ce mouvement, né dans la diaspora albanaise de Suisse, disposait d’un assez large réseau de militants clandestins au Kosovo. C’est également le LPK qui prit l’initiative, en 1996, de créer l’UCK, fédérant les quelques groupes de francs-tireurs qui opéraient déjà dans le pays, principalement dans la région de la Drenica. Le plus célèbre de ces francs-tireurs, le « commandant légendaire » Adem Jashari, objet d’une véritable dévotion au Kosovo, a été tué par la police serbe le 6 mars 1999. Son cousin, M. Gani Geci, autre franc-tireur de la première heure, est resté en vie, échappant de peu à un attentat en 2001. Il n’a jamais rejoint le Parti démocratique du Kosovo (PDK), héritier direct du LPK. Issu de la famille des bajraktar — les « chevaliers de village » de l’Empire ottoman — du village de Llausha, au cœur de la Drenica, il a toujours milité dans les rangs de la LDK, puis d’une petite scission de ce parti, dont il fut député au Parlement du Kosovo lors de la précédente mandature. « Nous étions fidèles à Ibrahim Rugova, nous n’avions jamais entendu parler du LPK, ni d’ailleurs des FARK : pour nous, le sigle UCK fédérait tous les combattants. Quand les gens du LPK sont venus de Suisse, nous les avons accueillis. Ils avaient de l’argent, promettaient des armes, mais nous avons vite compris que seul le pouvoir les intéressait. » M. Geci réfléchit un instant, dans le somptueux oda, la pièce de réception traditionnelle de son immense demeure reconstruite après la guerre, avant de lancer : « De toute façon, ils n’ont jamais combattu les Serbes. Pour cela, ils comptaient sur l’OTAN. Ils se sont uniquement battus contre d’autres Albanais pour établir leur pouvoir absolu et, depuis la fin de la guerre, ils ont mis le Kosovo en coupe réglée. » Ces assertions sont largement confirmées par un rapport de l’OTAN datant de 2003 et récemment déclassifié, qui désigne M. Haliti comme le « parrain » du Kosovo, contrôlant l’essentiel des activités illégales, de la contrebande au trafic de drogue et à la prostitution. Cadre majeur du LPK, il était aussi notoirement connu comme un agent de la Sigurimi, les services secrets de l’Albanie stalinienne. Il est l’un des principaux chefs du « groupe de la Drenica » qui, en réalité, est identifiable aux structures dirigeantes du LPK et de l’actuel PDK. Pour parvenir à ses fins, le PDK pouvait compter sur un puissant instrument : le Shërbimi informativ i Kosovës (SHIK), un service de renseignement dirigé par MM. Veseli et Syla. A la fin de 2009, le Kosovo a été secoué par les révélations d’un ancien agent du SHIK, M. Nazim Bllaca, qui a publiquement reconnu le meurtre d’un collaborateur albanais de la police serbe. Placé en résidence surveillée dans l’attente de son procès, M. Bllaca peut à nouveau s’exprimer dans la presse. Dans une interview accordée en janvier 2011 au quotidien Koha Ditore, il affirme que le SHIK a abattu « six cents personnes dans les mois qui ont suivi l’instauration du protectorat international, un millier en une année ». Les langues commencent à se délier au Kosovo, du moins sur les violences commises par l’UCK contre des Albanais accusés de collaboration ou défendant une autre option politique que celle de la guérilla. En revanche, nul ne veut encore parler du sort des Serbes disparus. M. Z. Z. explique ainsi qu’à la fin de la guerre, il a été transféré du camp de Cahan vers la ville de Prizren, au Kosovo. « Je suis resté détenu plusieurs jours dans la cave d’une maison, en compagnie de sept Serbes âgés et d’un Rom. Nous étions deux prisonniers albanais du camp de Cahan, et nos geôliers nous forçaient à frapper les vieux Serbes. J’ai finalement été libéré par les soldats allemands de la KFOR, mais les Serbes avaient précédemment été emmenés vers une destination que j’ignore. » Nous n’avons pu trouver confirmation du fait que le camp de Cahan a aussi accueilli, après la fin de la guerre, des prisonniers serbes qui auraient été destinés à alimenter un trafic d’organes. En revanche, quand Cahan abritait un centre de torture destiné aux « dissidents » de l’UCK, au printemps 1999, cette base de la guérilla était régulièrement fréquentée par les hommes des unités spéciales de l’armée américaine (5).

Jean-Arnault Dérens

Rédacteur en chef du site Le Courrier des Balkans. Dernier ouvrage paru (avec Laurent Geslin) : Voyage au pays des Gorani (Balkans, début du XXIe siècle), Cartouche, Paris, 2010.

(1) La première forme est celle du nom serbe de la ville, la seconde, celle de son nom albanais.

(2) M. Haradinaj, ancien commandant de l’UCK dans l’ouest du Kosovo, a été premier ministre du Kosovo de décembre 2004 à mars 2005. Dirigeant toujours sa formation, l’Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK), il est actuellement détenu à la prison internationale de Scheveningen (Pays-Bas), en attente de son procès en appel devant le TPIY. En première instance, il avait été acquitté, plusieurs témoins à charge ayant été assassinés ou s’étant rétractés à l’audience.

(3) Cf. Vanja Mekterovic et Vladimir Radomirovic, «  Kosovo : l’archipel des camps de l’UCK  », 17 avril 2000.

(4) Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Héloïse d’Ormesson, Paris, 2009.

(5) Ce que confirme notamment le témoignage d’un médecin australien : Craig Jurisevic, Blood on my Hands : A Surgeon at War, Wild Dingo Press, Melbourne, 2010.

Tension toujours vive au Kosovo

30/09/11 18:33 CET Copyright © 2012 euronews

Ce vendredi, à la frontière avec la Serbie, des soldats de l’Otan ont une nouvelle fois détruit une barricade serbe. Ce barrage a aussitôt été remplacé par des Serbes déterminés à continuer leur blocus des routes reliant le Kosovo à leur pays. Depuis deux jours, la population d’origine serbe a en effet renforcé ses barrages tandis que la Kfor, la force de maintien de la paix de l’Otan, est déployée en nombre. “Cette situation ne va pas être résolue par la violence. Les gens doivent rester calmes, une protestation pacifique est parfaitement légitime”, a cependant insisté Robert Sorensen, le chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo. L’atmosphère de violence est pourtant toujours bien là, notamment dans la ville divisée de Mitrovica, au nord. Après les violentes émeutes qui ont eu lieu ces derniers jours dans la région, l’Otan a prévenu qu’elle emploierait la force pour protéger ses troupes. De son côté, la Russie accuse l’organisation de violer les résolutions de l’Onu en prenant parti pour la majorité albanaise au détriment de la minorité serbe présente dans cette zone.

La Russie n’oublie pas les Serbes du Kosovo

17/12/11 00:03 CET Copyright © 2012 euronews

Hier, 25 camions d’aide alimentaire ont passé la frontière du Kosovo, escortés par les forces de police européennes et de la KFOR. Depuis plusieurs jours, le convoi était bloqué, car l’ambassadeur russe ne voulait pas passer par le poste-frontière de Merdare sous contrôle des autorités kosovares, autorités que le Kremlin ne reconnaît pas. Un compromis a finalement été trouvé. Et l’aide est arrivée à Zvecan, ville du Nord du Kosovo, où les Serbes continuent de résister au contrôle de Pristina. L’ambassadeur russe Alexander Konuzin a alors honoré la bravoure et la tragédie des Serbes, en faisant référence à Kosovo Polje, une bataille qui est souvent évoquée par les nationalistes serbes. Il a également apporté un présent de la part de Vladimir Poutine. Il leur a remis une icône de l’Eglise orthodoxe. Le mois dernier, 20.000 serbes du Kosovo avaitent réclamé la nationalité russe au Kremlin.

Message de paix du président serbe au Kosovo mais les tensions restent vives

07/01/12 02:03 CET Copyright © 2012 euronews

Boris Tadic a profité de la Noël orthodoxe pour se rendre dans ce territoire qui a proclamé son indépendance d’avec Belgrade en 2008. Les albanais du Kosovo y sont majoritaires. Le chef de l’Etat serbe s’est rendu au monastère serbe de Visoki Decani où il a passé la nuit. Un important dispositif de sécurité avait été déployé mais des jets de pierres ont néanmoins eu lieu contre le cortège présidentiel. Ils seraient l’oeuvre de militants d’Autodetermination, un mouvement ultranationaliste kosovar. Ces militants se sont ensuite heurtés à la police locale qui les empêchés de bloquer la route vers le monastère.  Ce regain de tension intervient alors que des leaders serbes ont annoncé la tenue d’un referendum à la mi-février. Une consultation jugée inconstitutionnelle par le président Tadic qui tente de privilégier le dialogue avec Pristina.

Le coup de force des Serbes du Kosovo

14/02/2012 19:26 CET  Copyright © 2012 euronews

Les Serbes du Kosovo vont-ils faire sécession ? Lors d’un référendum organisé sur deux jours, 35.000 électeurs sont appelés à se prononcer sur la reconnaissance de l’autorité du gouvernement kosovar. L’issue du scrutin ne fait aucun doute puisqu’ils n’ont jamais accepté l’indépendance de l’ancienne province serbe à majorité albanaise. Ce référendum n’a de toute manière aucune conséquence juridique. La Serbie s’est démarquée de cette action, affirmant même qu’elle nuisait aux intérêts de l’Etat. Belgrade a en effet entamé des pourparlers avec Pristina pour renouer des liens jugés essentiels par l’Union européenne pour une future adhésion de la Serbie.  Ce scrutin pourrait attiser les tensions déjà vives dans le Nord du Kosovo comme dans la ville divisée de Mitrovica. Le résultat du référendum est attendu ce dimanche.

Les Serbes du Kosovo maintiennent leur référendum

14/02/12 08:07 CET Copyright © 2012 euronews

Les Serbes du Kosovo votent ce mardi et ce mercredi. Un référendum organisé pour dénoncer les institutions albanaises de cette République officiellement indépendante depuis quatre ans, mais reconnue seulement par une partie de la communauté internationale. Le maire de la partie serbe de Mitrovica, Krstimir Pantic, explique s’attendre “ à une forte participation. Nous attendons des citoyens qu’ils envoient un message clair aux Albanais du Kosovo ainsi qu‘à la communauté internationale qui les soutient. Il y a aussi des hommes politiques à Belgrade qui ne sont pas en faveur des institutions albanaises et ne reconnaissent pas un Kosovo soit-disant indépendant.”. Les Serbes du Kosovo dénoncent les multiples concessions de Belgrade à l‘égard des Kosovars albanophones. Des arrangements destinés selon eux à faciliter le processus d’adhésion de Belgrade à l’Union européenne. Rmdan Ferizi, économiste albanophone rappelle que “ les Serbes du Kosovo ont organisé beaucoup de référendums par le passé mais aucun n’a été en leur faveur”. Il estime que “ les Serbes peuvent seulement mentir à leur peuple et retarder l’inévitable, à savoir que cette région a toujours fait partie du Kosovo et qu’il en sera toujours ainsi.” Sur les quelque 2 millions d’habitants du Kosovo, on compte environ 120 000 Serbes. Belgrade avait multiplié les pressions sur eux ces derniers temps pour qu’ils renoncent à leur projet de référendum.

Les Serbes du nord du Kosovo défient Pristina et Belgrade

15/02/12 03:54 CET Copyright © 2012 euronews

Ils organisent depuis hier et jusqu‘à la fin d’après-midi un référendum qui doit dire s’ils reconnaissent ou non l’autorité du gouvernement du Kosovo. Une autorité qu’ils ignorent depuis que ce territoire a proclamé son indépendance vis-à-vis de Belgrade, en 2008. A 90% peuplé d’Albanophones, le Kosovo abrite une importante minorité serbe dans le Nord, qui s’oppose à la souveraineté de Pristina. “Nous voulons juste dire clairement que nous voulons rester dans la République de Serbie. Les seules institutions qui pourraient rester dans le nord du Kosovo sont les institutions de Serbie”, explique cet homme. “Qu’est-ce que les institutions du Kosovo et les Albanophones ont apporté aux Serbes ? Ils ont apporté du sang et des larmes. Ils ont apporté la mort”, affirme cet autre. Le nord du Kosovo est depuis juillet dernier le théâtre de vives tensions ethniques. Belgrade a mis en garde les Serbes du Kosovo contre ce vote en faisant valoir qu’il risquait de nuire aux pourparlers entre la Serbie et le Kosovo ainsi qu’aux négociations en vue d’une adhésion à l’Union européenne.

Kosovo : 4 ans d’indépendance, des divisions profondes

18/02/12 05:34 CET Copyright © 2012 euronews

Le Kosovo a célébré ce vendredi le quatrième anniversaire de son indépendance. Des festivités étaient organisées dans la capitale Pristina, mais aussi à Mitrovica, dans le nord du Kosovo. Cette ville est divisée en deux avec une zone à majorité albanaise et une à majorité serbe. Entre les deux communautés, séparées par la rivière Ibar, les tensions persistent. Alors, en ce jour anniversaire, le maire de la partie albanaise, Avni Kastrati, a lancé un message d’apaisement. “J’aimerai que les Serbes de la partie nord se joignent à nous et participent à notre gouvernement”, a-t-il dit. “J’invite les responsables de la partie nord à changer d’attitude, à siéger au sein de nos organisations et à oeuvrer avec nous à la reconstruction du pays”. Par sûr que cet appel soit entendu… En milieu de semaine, les Serbes du nord du Kosovo ont rejeté à 99% la reconnaissance d’un Kosovo indépendant. C‘était à l’occasion d’un référendum. Un scrutin sans valeur légale, mais qui prouve l’antagonisme entre les communautés, et ce, alors même que l’Union européenne s’active pour favoriser un rapprochement. “Quatre ans après la déclaration d’indépendance et plus de dix ans après la guerre, les plaies sont encore vives, constate Michel Santos, l’envoyé spécial d’euronews, qui estime malgré tout qu’“il y a de la place pour la réconciliation”. “Mais, dit-il, tout dépend des hommes politiques.”

La Serbie passe un accord avec le Kosovo pour se rapprocher de l’Union européenne

24/02/12 18:53 CET Copyright © 2012 euronews

La Serbie et le Kosovo font un premier pas l’un vers l’autre. Belgrade et Pristina ont trouvé un accord de coopération régionale aujourd’hui à Bruxelles. Les Serbes du nord du Kosovo avaient fait un geste dès hier avec la réouverture de deux passages frontaliers bloqués depuis juillet. Pour Bruxelles, c’est un pas très important pour la Serbie qui brigue depuis longtemps le statut de candidat à l’Union européenne. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient se prononcer sur ce point mardi prochain. “L’Union européenne prône l’idée d’une coopération régionale étandue, donc plus les gouvernements communiquent entre eux, le mieux c’est pour le bien-être et la sécurité de tout le monde”, a expliqué le conciliateur européen Robert Cooper. Les négociations ont été difficiles, a concédé le diplomate serbe Borko Stefanovic. Les deux camps en sortent gagnant estime le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi : “Tout comme les accords de Rambouillet a apporté la paix, le Plan de Marti Ahtisaari a condontit à l’indépendance, l’accord de Bruxelles donne l’opportunité d’un Kosovo européen”. Belgrade, sans pour autant reconnaître l’indépendance de son ancienne province, accepte que Pristina prenne part aux conférences concernant les Balkans. Les accords de 2011 sur la libre-circulation et la gestion intégrée des points de passage sera aussi enfin appliquée.

Manifestation d’ultranationaliste à Belgrade pour soutenir les Serbes du Kosovo

18/03/12 09:00 CET Copyright © 2012 euronews

Importante manifestation d’ultranationalistes serbes à Belgrade en soutien aux Serbes du Kosovo ce samedi. Ce rassemblement coïncidait avec le 8è anniversaire de violences qui avaient fait huit morts parmi la minorité Serbe au Kosovo, des centaines de maisons avaient été pillées et des églises incendiées…

Serbie : crise et Europe en toile de fonds des élections générales

03/05/12 17:04 CET Copyright © 2012 euronews

Il n’y a pas que la France et la Grèce qui voteront ce dimanche. Les Serbes aussi sont appelés aux urnes pour des élections générales. Au programme : présidentielle, législatives, élections locales et même une régionale en Voïvodine. Concernant la plus haute fonction de l’Etat, deux hommes sont au coude à coude. Tomislav Nikolic est le candidat de la principale force d’opposition. Ancien ultra-nationaliste, il a créé le Parti serbe du progrès avec une ligne toujours populiste, mais désormais plus favorable à l’intégration européenne. C’est la troisième fois qu’il brigue la présidence. A chaque fois, il a été battu par Boris Tadic. Le président sortant espère obtenir un troisième et dernier mandat. A la tête du Parti démocratique, il est pro-européen de longue date. Il a d’ailleurs permis à la Serbie de décrocher, en mars, le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. A noter que les questions économiques, très présentes dans la campagne, notamment la lutte contre le chômage, pourraient peser dans le choix des électeurs. Même si selon toute vraisemblance, Nikolic et Tadic s’affronteront dans un second tour. Voilà pour la présidentielle. Au niveau des législatives, les formations de ces derniers sont au coude à coude, et le rôle de faiseur de roi devrait revenir une fois encore à l’actuel ministre de l’Intérieur Ivica Dacic et au Parti socialiste qu’il a profondément réformé après avoir succédé à Slobodan Milosevic.

Présidentielles en Serbie : Tadic et Nikolic au coude-à-coude

07/05/12 05:53 CET Copyright © 2012 euronews

Les socialistes serbes fêtent ce qui ressemble à une victoire. Pourtant, ils ne sont arrivés que troisième aux législatives. Cette position de faiseur de roi pourrait assurer à leur leader, l’ancien porte-parole de Slobodan Milosevic, la place de premier ministre. Car nationalistes et libéraux sont au coude-à-coude dans ces élections générales. Le président sortant pro-européen Boris Tadic est arrivé en tête avec 26,8% des voix selon des premières estimations. Sa formation, le Parti Démocratique, est au pouvoir en Serbie depuis 2000. Il a amené le pays aux portes de l’Union Européenne. La Serbie a obtenu le statut de candidat officiel à l’adhésion en mars dernier. Mais son rival Tomislav Nikolic, du Parti Serbe du Progrès, n’est qu‘à un point derrière lui, avec 25,6% des suffrages. De plus, ce parti nationaliste est arrivé légèrement en tête lors du scrutin législatif. Le candidat d’opposition est parvenu à canaliser le mécontentement de la population frappée par la crise – le taux de chômage atteint aujourd’hui 24%. Pour la première fois en Serbie, les questions économiques ont été au centre du débat électoral. Le deuxième tour de la présidentielle aura lieu le 20 mai prochain.

Présidentielle : les Serbes choisissent Tomislav Nikolic

21/05/12 18:04 CET Copyright © 2012 euronews

La Serbie a finalement décidé de changer de président. Contre toute attente, Tomislav Nikolic a été élu avec 49,55% des voix devant le chef de l’Etat sortant Boris Tadic. Ce dernier recueille 47,3% des suffrages. A Belgrade, les commentaires sur l’arrivée de Nikolic au pouvoir vont bon train avec notamment une question, va-t-il suivre la voie européenne ?  “Tout d’abord il faut régler le problème de la corruption. Et nous devons nous tourner vers l’Europe et garder ce cap parce qu’il n’y a pas d’autre alternative”, explique cet homme “Les élections montrent que le changement est imminent. Nous voulons une vie meilleure, de meilleurs emplois, nous devons nous tourner vers l’Union européenne ainsi que vers la Russie”, assure une autre personne. Au Kosovo, on s’inquiète de l’arrivée au pouvoir de Nikolic, dont les prises de position sur l’indépendance de la province sont très claires. “Ce n’est pas très bon pour la Serbie qui est sur le déclin”, commente ce retraité kosovar. “Tomislav Nikolic est le symbole même du radicalisme et du chauvinisme serbe”. Ancien allié de Slobodan Milosevic, Tomislav Nikolic a déjoué tous les sondages en remportant cette élection. Surtout ce vote ouvre une période d’incertitude politique pour le pays. La formation d’un gouvernement risque d‘être compliquée. Nikolic devra certainement se plier à une cohabitation avec les démocrates et les socialistes. Boris Tadic a reconnu sa défaite dimanche dans la soirée. Résolument pro-européen, il était au pouvoir depuis presque 10 ans. Tadic paye le prix du ralentissement économique qui fait exploser le taux de chômage en Serbie.

Présidentielle en Serbie : le nationaliste Tomislav Nikolic crée la surprise

21/05/12 01:04 CET Copyright © 2012 euronews

Contre toute attente, c’est le camp du nationaliste Tomislav Nikolic qui fête la victoire à l’issue du deuxième tour de la présidentielle en Serbie. Tomislav Nikolic est crédité de plus de 50 % des voix selon des résultats partiels, contre environ 47 % pour le président sortant Boris Tadic, donné favori. “Le résultat de cette élection montre, et je garderai mes promesses, que la Serbie n’entend pas se détourner du chemin européen, que la Serbie veut protéger son peuple au Kosovo, et que cette élection n’est pas un référendum pour ou contre l’Union européenne, mais l’occasion de résoudre les problèmes créés par Tadic et par le Parti démocratique”, a déclaré Tomislav Nikolic. Boris Tadic a reconnu sa défaite, “j’exhorte au maintien de la stratégie menant vers l’UE”, a-t-il ajouté. Cet europhile convaincu à permis à la Serbie d’obtenir le statut d’adhérent à l’UE en mars dernier. Tomislav Nikolic est quant à lui plus fraîchement pro-européen. Cet ancien allié de l’ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic, était plutôt catalogué comme populiste. Chacun des deux candidats avait fait campagne sur le redressement économique de la Serbie, confrontée à la crise et à un taux de chômage de 24 %.

L’ambivalence du nouveau président serbe

31/05/12 19:14 CET Copyright © 2012 euronews

Pas facile d’y voir clair dans le jeu du nouveau président serbe. Tomislav Nikolic, élu aux dépens de Boris Tadic le 20 mai dernier, a déclaré qu’il souhaitait intégrer l’Union européenne, mais sans renoncer au Kosovo. Le Kosovo, pourtant, a déclaré son indépendance en 2008, indépendance reconnue par une grande partie de la communauté internationale. Et les relations de Belgrade avec Pristina sont justement un sujet de brouille entre la Serbie et l’Union européenne. En outre, c’est en Russie que Tomislav Nikolic s’est rendu pour sa première visite, bien que non-officielle, après son élection. C’est à Vladimir Poutine qu’il a redit qu’il ne souhaitait pas laisser le Kosovo suivre sa route tout seul. Il a estimé, et à juste titre, que le chemin de la Serbie vers l’Europe serait longue et difficile…

Le président serbe nie le génocide de Srebrenica

02/06/12 00:53 CET Copyright © 2012 euronews

Le nouveau président serbe a crée la polémique ce vendredi en niant l’existence d’un génocide à Srebrenica en 1995. Tomislav Nikolic, élu il y a dix jours à la tête de l’Etat serbe, était connu pour ses idées nationalistes et populistes. Mais il avait promis d’adopter un ton plus ouvert, notamment pour satisfaire aux exigences des Européens. Or là, dans une interview accordée à une chaine de télévision du Monténégro, Tomislav Nikolic met de l’huile sur le feu et risque de raviver les tensions régionales. Parlant de ce qui s’est passé à Srebrenica durant la guerre de Bosnie, le président serbe estime qu’“il ne s’agissait pas d’un acte de génocide”. “Un grand crime s’est produit à Srebrenica, ajoute-t-il. Il a été commis par quelques Serbes, quelques membres du peuple serbe. Il faut les trouver, les juger et les punir. C’est tout. Il ne faut pas que cela provoque de conflits entre la Serbie et la Croatie, entre les Serbes et les Croates, entre les Serbes et les Bosniaques. Il ne faut pas que cela influence les relations entre nos pays”. En juillet 1995, près de 8000 musulmans ont été massacrés à Srebrenica par les forces serbes de Bosnie. La justice internationale a déjà qualifié cette tuerie de “génocide”.

Bruxelles appelle le nouveau président serbe à renforcer la coopération dans les Balkans

11/06/12 23:21 CET Copyright © 2012 euronews

Tomislav Nikolic a été investi président de la Serbie lundi lors d’une cérémonie protocolaire à Belgrade. Une cérémonie boudée par la plupart des chefs d’États de la région des Balkans suite à ses propos controversés sur le massacre de Srebrenica. L’Union européenne était représentée par le Commissaire à l’élargissement Stefan Füle. Ce dernier a appelé le nouveau président à intensifier le dialogue avec le Kosovo, condition sine qua non pour que la Serbie puisse ouvrir des négociations d’adhésion.” Je ne suis pas venu ici pour analyser tel ou tel propos. Je suis venu pour encourager le nouveau président et son gouvernement à renforcer de manière concrète la coopération et la réconciliation régionale”, a notamment déclaré Stefan Füle. Après son élection, Tomislav Nikolic avait déclaré dans une interview qu’il n’y avait pas eu de génocide à Srebrenica pendant la guerre de Bosnie en 1995. Ses propos avaient aussitôt provoqué un tollé dans la région des Balkans. Ils ont également été condamnés par l’Union européenne et les États-Unis.

Le président serbe, l’Europe et le Kosovo

14/06/12 22:07 CET Copyright © 2012 euronews

Le nouveau président serbe Tomislav Nikolic était en visite ce jeudi à Bruxelles. L’occasion de faire le point sur le dossier d’adhésion à l’Union européenne. L’Europe attend de la Serbie qu’elle instaure de meilleures relations avec les autorités kosovares, mais sans exiger la reconnaissance formelle de l’indépendance du Kosovo. Le dirigeant nationaliste serbe s’en est félicité.

Le médiateur européen chargé du dialogue Kosovo-Serbie cible de jets de tomates

21/06/12 23:53 CET Copyright © 2012 euronews

Robert Cooper et son équipe n’ont pas été atteints car ils se trouvaient à l’intérieur du siège du gouvernement à Pristina pour y rencontrer le Premier ministre Hashim Thaçi. Ce dialogue porte sur des questions techniques et non sur la proclamation d’indépendance de Pristina en février 2008, une proclamation fermement rejetée par Belgrade. Une centaine de militants du mouvement kosovar radical Autodétermination ont exigé l’arrêt des négociations avec Belgrade. “Nous nous opposons à tout marchandage avec la Serbie dans le dos des citoyens de la part de politiciens corrompus estime l’un des responsables du mouvement, Glauk Konjufca. Ce parti, le troisième du parlement kosovar est opposé à tout contact avec la Serbie et il prône l’unification du Kosovo peuplé en majorité d’albanophones avec l’Albanie voisine.  Hashim Thaçi a condamé l’incident en estimant qu’il nuisait à l’image européenne du Kosovo.

Affrontements à la frontière serbo-kosovare

29/06/12 07:55 CET Copyright © 2012 euronews

Des dizaines de personnes, plus d’une cinquantaine, ont été blessées à la frontière entre la Serbie et le Kosovo. Un groupe de 70 jeunes serbes venus visiter le site religieux de Gazimestan, près de Pristina, a été refoulé par la police kosovare pour “comportement agressif”. S’en sont suivi des échauffourées. Le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008, indépendance toujours pas reconnue par la Serbie, ce qui crée régulièrement des tensions entre les deux pays.

La nouvelle coalition serbe se dit pro-européenne

10/07/12 22:03 CET Copyright © 2012 euronews

Un accord de coalition gouvernementale a été trouvé en Serbie, coalition qui s’engage notamment à accélérer le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne. L’accord a été signé par les nationalistes du Parti progressiste du président Tomislav Nicolic, le Parti socialiste de Serbie, et Régions unies, un petit parti libéral. Aleksander Vucic, président du parti progressiste : “Ce n’est pas seulement un accord pour un nouveau gouvernement, c’est un accord pour une Serbie forte et juste, et qui sera à la fois tournée vers l’Europe et vers nos intérêts nationaux”. La nouvelle équipe dirigeante s’est aussi engagée à reprendre sans délai le dialogue avec le Kosovo, qui a déclaré unilatéralement son indépendance en 2008, indépendance toujours rejetée par Belgrade.

Kosovo: Ban Ki-moon préoccupé par les tensions dans le nord, à majorité serbe

Nouvel Obs – créé le 24-07-2012 à 16h55 – Mis à jour à 16h55

Ban Ki-moon, s’est déclaré mardi « préoccupé » par les tensions dans le nord du Kosovo, où les Serbes sont majoritaires, au cours de la première visite d’un secrétaire général de l’ONU dans cette ancienne province serbe, depuis la proclamation unilatérale de son indépendance en 2008. (c) Afp

Ban Ki-moon, s’est déclaré mardi « préoccupé » par les tensions dans le nord du Kosovo, où les Serbes sont majoritaires, au cours de la première visite d’un secrétaire général de l’ONU dans cette ancienne province serbe, depuis la proclamation unilatérale de son indépendance en 2008. « Je suis préoccupé par la situation dans le nord du Kosovo et l’escalade des tensions depuis un an », a déclaré M. Ban à la presse à son arrivée à l’aéroport de Pristina. « Il est essentiel que les questions complexes liées au nord du Kosovo soient résolues par un dialogue pacifique », a-t-il ajouté. La Serbie s’oppose fermement à l’indépendance du Kosovo, territoire peuplé de deux millions d’habitants, majoritairement d’origine albanaise. Belgrade encourage les quelque 120.000 Serbes, qui y vivent toujours, à braver les autorités de Pristina. Les tensions sont particulièrement fortes dans le nord — région adossée à la Serbie quasi exclusivement peuplée de Serbes –, notamment dans la ville divisée de Kosovska Mitrovica qui a souvent été le théâtre d’incidents. M. Ban, qui arrivait à Pristina en provenance de Belgrade, a demandé aux autorités kosovares et à celles de Serbie de déployer « des efforts soutenus en faveur de la normalisation des relations ». Il s’est ensuite entretenu avec la présidente du Kosovo, Atifete Jahjaga, et le Premier ministre, Hashim Thaçi, et devait rencontrer des responsables de la Mission de l’ONU au Kosovo. En saluant la visite au Kosovo du secrétaire général de l’ONU comme un événement « historique » pour ce territoire, M. Thaçi a posé comme condition à la reprise du dialogue avec Belgrade, entamé en mars 2011 sous l’égide de l’ONU, « la mise en oeuvre de tous les accords conclus jusqu’à présent ». Interrogé sur l’éventuelle présence d’un représentant de l’ONU à la table de négociations, comme demandé par le président serbe, Tomislav Nikolic, dans son entretien avec M. Ban la veille, M. Thaçi a déclaré que le rôle de la mission de l’ONU au Kosovo (Minuk) était « périmé ». « Le rôle de la Minuk appartient au passé alors que le présent et l’avenir doivent être consacrés au renforcement des institutions de la République du Kosovo », a-t-il souligné. Le secrétaire général de l’ONU a précisé dans une interview précédant sa tournée dans la région, que sa visite au Kosovo était « en accord avec la résolution 1244 » du Conseil de sécurité de l’ONU. Adoptée en juin 1999, la résolution 1244 — qui définit les modalités de la fin du conflit au Kosovo (1998-99) entre forces de Belgrade et la guérilla indépendantiste kosovare albanaise –, autorise un déploiement militaire et civil international dans ce territoire, dans le cadre d’une opération de maintien de la paix. La résolution prévoit une « autonomie substantielle » pour le Kosovo au sein de ce qui était alors la République fédérale de Yougoslavie (RFY: Serbie et Monténégro). Elle reconnaît « la souveraineté et l’intégrité territoriale » de la RFY, et évoque l’établissement ultérieur d’un statut final du Kosovo sans mentionner l’éventualité de son indépendance.

Serbie : Ivica Dacic investi Premier ministre

28/07/12 09:28 CET Copyright © 2012 euronews

Après plusieurs heures de débat, le Parlement serbe a approuvé vendredi la nomination du socialiste Ivica Dacic au poste de Premier ministre. Cet ancien porte-parole de Slobodan Milosevic prend la tête d’un gouvernement de coalition qui comprend également des nationalistes. Dans son discours d’investiture, Ivica Dacic a assuré que l’intégration européenne de la Serbie serait une priorité.

L’explosion d’une bombe tue deux soldats serbes

02/08/12 07:06 CET Copyright © 2012 euronews

Deux soldats serbes sont morts dans l’explosion d’une bombe à sous-munitions dans le Sud du pays. Ils tentaient de retirer d’un terrain des engins explosifs datant des bombardements de l’OTAN en 1999. Il en resterait encore des centaines. L’incident s’est produit sur la montagne Kopaonik, près de la frontière avec le Kosovo.

Vives tensions au Kosovo

Le Monde Diplomatique – de notre correspondant à Mitrovica – par Jean-Arnault Dérens, vendredi 29 juillet 2011

Le Kosovo, qui a proclamé en 2008 une indépendance contestée par Belgrade, a vécu une semaine d’extrême tension. Les violents incidents qui ont éclaté sur les postes frontière reliant le secteur nord du Kosovo, majoritairement serbe, à la Serbie, ont fait à nouveau basculer le pays dans l’inconnu. Les soldats américains de la Force de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), la mission de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ont repris les postes frontière, mais les Serbes conservent des barricades dans tout le secteur.

Tout a commencé lundi soir, quand les unités spéciales de la police du Kosovo (KPS) ont voulu prendre par la force le contrôle des postes frontière de Brnjak et de Jarinje. Ces postes sont situés dans le secteur nord, majoritairement serbe, du Kosovo, et ils ont toujours échappé, de facto, à l’autorité de Pristina. Les hommes du KPS ont réussi à atteindre le poste de Brnjak, mais ils ont été bloqués, avant d’atteindre Jarinje, par les Serbes de la petite ville voisine de Leposavic qui, alertés par les mouvements de troupe, ont immédiatement érigé des barricades sur la route montant de Mitrovica vers la frontière. Un face-à-face très tendu s’en est suivi. Mardi, à la suite d’accords négociés par la KFOR, la mission de l’OTAN au Kosovo, le KPS a évacué Brnjak, mais, en se retirant, il s’est heurté à des manifestants serbes armés. Une fusillade a éclaté. Bilan : un policier tué, et trois Serbes grièvement blessés. Le lendemain soir, le poste de Jarinje a été incendié par des jeunes « extrémistes » serbes, probablement liés aux groupes de hooligans qui pullulent dans le nord du Kosovo. La KFOR a rapidement repris les deux postes frontière, proclamés « zone militaire » : les soldats de l’OTAN contrôlent les passages et peuvent ouvrir le feu sans sommation. Depuis le début de la crise, la mission de l’OTAN est sur tous les fronts, non seulement militaires, mais aussi politiques : c’est le général allemand Erhard Buhler qui a mené, durant toutes ces journées d’extrême tension, des négociations parallèles avec le gouvernement du Kosovo et les émissaires de Belgrade. Par contraste, la mission européenne Eulex brille par son absence. Elle est pourtant précisément chargée d’« assister » le Kosovo dans la construction de l’Etat de droit, et dans la mise en place d’un service des douanes et d’une police frontalière. A Bruxelles comme à Pristina, les responsables européens jurent que le gouvernement du Kosovo ne les a pas avertis de l’opération visant à reprendre les postes de Brnjak et de Jarinje, ce qui sonne comme un flagrant désaveu. Il est vrai que la présence européenne au Kosovo manque fortement de cohérence. La mission Eulex a encore du mal à faire ses preuves dans le domaine judiciaire, même si elle a ouvert plusieurs importants procès pour crimes de guerre touchant d’anciens commandants de la guérilla albanaise de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Cette mission doit aussi mener l’enquête sur les allégations de trafic d’organes frappant le premier ministre Hashim Thaçi. Plus grave, le Bureau civil international (ICO), chargé de jouer un rôle – mal précisé – de « conseil politique » des institutions du Kosovo est en pleine crise. Jusqu’à présent, le chef de ce Bureau assumait également la charge de Haut représentant de l’Union européenne au Kosovo. Depuis la fin du mandat du Néerlandais Pieter Feith, les Européens sont incapables de se mettre d’accord sur le nom de son successeur. Le diplomate italien Fernando Gentili assume, à titre intérimaire, les seules fonctions de représentant de l’Union au Kosovo, tandis que plusieurs pays, dont la France, ont fait officieusement savoir qu’ils seraient favorables à une fermeture de l’ICO, justifiant cette pantalonnade par le fait que l’Etat du Kosovo serait désormais suffisamment « mûr » pour accéder à une « pleine indépendance », sans supervision internationale. Le moment choisi pour déclencher cette opération ne manque pas, non plus, d’être particulier : au début du mois de juillet, le dialogue entre Belgrade et Pristina avait atteint de premiers résultats, avec la signature d’accords aussitôt qualifiés d’« historiques » par l’Union européenne. De manière rétrospectivement bien ironique, ces accords portaient précisément sur la liberté de circulation entre le Kosovo et la Serbie. Pour avoir signé ces accords, le gouvernement de M. Thaçi a été vivement critiqué par l’opposition, qui a parlé de « trahison ». On peut supposer que l’opération de police visait, au moins en partie, à désamorcer ces critiques et à ressouder l’opinion publique kosovare, à un moment où les inculpations pour crimes de guerre se rapprochent dangereusement de l’homme fort de Pristina.

Euphorie patriotique à Pristina

De ce point de vue, l’objectif est atteint : une atmosphère d’union sacrée, voire d’euphorie patriotique, règne à Pristina. Tous les éditorialistes sont unanimes à estimer qu’il s’agit de « l’instant de vérité » pour le Kosovo, s’il veut rendre effective sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Jeudi, le Parlement a voté à la quasi-unanimité une résolution de soutien, appelant le gouvernement à poursuivre l’opération. Le député Albin Kurti, dirigeant du mouvement radical Vetëvendosja (« Autodétermination »), estime que « le gouvernement ne peut plus faire marche arrière », et il a même appelé la présidente du Kosovo, Mme Atifete Jajhaga, à proclamer l’état d’urgence et la mobilisation générale. Le nord du Kosovo, qui échappe toujours à l’autorité de Pristina, constitue un point de fixation permanent pour la population albanaise. Ces dernières semaines, le gouvernement Thaçi avait multiplié les mises en garde, parlant des « réseaux mafieux et criminels » qui contrôlent cette zone. De fait, celle-ci constitue, depuis 1999, une véritable zone de non-droit. Selon la police serbe, beaucoup de « hooligans » condamnés pour des actes de violence en Serbie auraient trouvé refuge à Mitrovica-nord : ils seraient responsables de l’incendie, mercredi soir, du poste de Jarinje. Tous les mouvements radicaux de Serbie, comme le groupe Obraz ou le mouvement 1389, sont bien implantés dans le nord du Kosovo : « Des cadres venus de Belgrade se sont installés à Mitrovica, et ils n’ont eu aucun mal à recruter beaucoup de jeunes désœuvrés », explique le responsable d’une ONG locale, qui tient à garder l’anonymat. Le nord du Kosovo est toujours, de facto, administré par des structures « parallèles » serbes, largement dominées par des partis de l’opposition nationaliste, notamment le Parti démocratique de Serbie (DSS) de l’ancien premier ministre Vojislav Kostunica. Depuis 2008, Belgrade mène un patient travail d’influence pour reprendre le contrôle de ces structures ou, du moins, en marginaliser les éléments les plus radicaux. Le gouvernement ne manque pas d’arguments sonnants et trébuchants : les salaires, les pensions de retraite, les aides sociales versées par Belgrade représentent toujours la principale ressource des Serbes du nord du Kosovo, même si des coupes sérieuses ont été opérées ces dernières années dans les budgets publics. Pourtant, dans ce vase clos que constitue le nord du Kosovo, chacun s’observe et tout se sait : il peut se révéler très dangereux de manifester une opinion « différente ». Parmi la population serbe, un point fait de toute façon consensus : cette région n’appartient pas au Kosovo et Pristina ne peut pas couper le cordon ombilical qui la relie à la Serbie. « Pristina parle de contrebande, s’indigne un retraité, mais si je ne peux pas me rendre en Serbie pour acheter des poivrons, si je dois changer mes plaques d’immatriculation serbes pour des plaques du Kosovo qui ne me permettront pas de circuler en Serbie, je n’ai plus qu’à crever. C’est sûrement ça, la stratégie de Pristina : étouffer le nord du Kosovo, en lui coupant l’accès à la Serbie. »

Impéritie européenne

Malgré la fragile accalmie qui prévaut depuis jeudi, l’heure reste donc à la mobilisation : alors que des soldats américains de la KFOR ont pris les postes frontière dans la nuit de mercredi à jeudi, les Serbes conservent des barricades, bloquant notamment tous les accès à la zone sud du Kosovo, contrôlée par Pristina. L’évolution de la crise est difficilement prévisible. Mais quelques leçons peuvent d’ores et déjà en être tirées, notamment sur l’impéritie des missions européennes déployées au Kosovo. La nouvelle radicalisation des deux communautés laissera également des traces, longues à effacer. Le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui doit normalement reprendre en septembre, semble sérieusement compromis. Théoriquement, ce dialogue doit porter sur des questions pratiques, de nature à faciliter la vie des citoyens. Vendredi, le publiciste kosovar Veton Surroi a toutefois estimé que la question du nord devait être posée de toute urgence. C’est ouvrir la voie à un débat sur le statut du Kosovo, que Pristina refuse catégoriquement, estimant que son indépendance est irréversible et qu’il n’y a donc plus rien à discuter en la matière. D’autres options pourraient toutefois revenir à l’ordre du jour, comme celle d’un éventuel partage territorial, dont les conséquences régionales pourraient se révéler extrêmement dangereuses.

Le salafisme menace le Kosovo

Albinfo.ch – 25/08/2012 – 08:13 | M.SH.

Jane’s Intelligence Review: la présence du Salafisme dans les Balkans est une tendance de rupture de la cohabitation

 «Jane’s Intelligence Review (JIR)»: l’insertion du salafisme dans la communauté islamique dans les Balkans apparaît comme une tendance radicale menaçant la coexistence et le vivre ensemble. Les différends qui ont récemment éclaté dans la Communauté islamique au Kosovo entre les interprètes de la religion (les imams), mais aussi entre la communauté de foi islamique ont été analysés de manière intéressante par la revue  » Jane’s Intelligence Review « . L’insertion du salafisme dans la communauté islamique dans les Balkans apparaît comme une tendance radicale menaçant la coexistence du vivre ensemble. Selon le JIR, la croissance du radicalisme islamique est devenue dans le monde entier une préoccupation majeure pour la communauté internationale. Cette forme radicale de l’Islam s’est installée dans la région, et particulièrement au Kosovo, à l’issue des conflits dans les Balkans occidentaux. Jusqu’à cette époque, la population musulmane dans les Balkans était dotée d’une tradition séculaire laïque et modérée, basée sur les enseignements d’un islam libéral, rapporte le magazine. Après les années 90’, des milliers de musulmans radicaux, nés principalement à l’étranger, sont arrivés en Bosnie pour aider leurs «frères en détresse», mais aussi, pour répandre l’idéologie extrémiste dite salafiste en Europe de l’Est. L’introduction de ce courant, comme le souligne le magazine, a conduit à une série de conflits internes au sein du clergé au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine, en Albanie, Macédoine, mais aussi, entre les adeptes des doctrines libérales, comme les «Hanafi», les «soufis» et les traditions ultra-conservatrices des salafistes. « Les récents incidents violents laissent supposer que la propagation de l’islam radical dans les Balkans occidentaux pourrait constituer une menace pour la stabilité régionale», écrit JIR. Le journal JIR nous apprend que l’introduction du salafisme a été importée par certaines organisations islamiques après la fin de la guerre en 1999. Pour illustrer l’introduction de ce courant, le JIR cite l’imam du village de Marin (Skenderaj, Kosovo), Kastriot Duka, qui a d’abord été arrêté puis expulsé vers l’Albanie. L’article du JIR se réfère également à un autre cas survenu en 2011 où deux individus barbus ont profané les tombes juives à Prishtina. «Le porte-parole de la police a déclaré que les auteurs présumés sont des partisans extrémistes wahhabites», rapporte le journal. Toujours dans le même ordre d’idée, le JIR cite une des déclarations du ministre de l’Intérieur, Bajram Rexhepi, où ce dernier admet qu’il existe des groupes Salafistes extrémistes et font l’objet d’une surveillance par les forces de sécurité en cas d’actes douteux.

 En 2009, il a été signalé que neuf extrémistes salafistes avaient battu le mollah Osman Musliu, chef de la Communauté islamique de Drenas qui avait critiqué avec virulence le radicalisme religieux. Le mollah Osman Musliu est l’imam qui, le 7 mars 1998, avait prononcé les prières pour l’enterrement de la famille martyre Jashari à Drenica . A cette époque, 50 membres de la famille Jashari avaient été massacrés à Prekaz par les forces serbes. JIR mentionne aussi quelques autres cas dans lesquels des imams libéraux et traditionnels ont été battus par des salafistes. « La police a signalé d’autres attaques contre des fonctionnaires de la Communauté islamique du Kosovo, dont Sabri Bajgora – président des Imams au Kosovo. Des sources officielles ont confirmé pour le JIR que les salafistes possède assez de ressources pour attiser la haine et créer des tensions entre les Albanais musulmans, catholiques et orthodoxes. Le JIR explique que l’islam au Kosovo est présent depuis l’occupation ottomane au XVIe siècle, et a connu depuis lors une évolution stable. Les musulmans au Kosovo sont généralement héritiers de l ‘Islam ottoman, qui repose essentiellement sur les enseignements hanéfites et Bektashi. Ces deux doctrines existent depuis des siècles au Kosovo, depuis les débuts de l’influence ottomane dans les Balkans. De même, ledit journal relève que le Kosovo reste l’un des pays les plus pauvres d’Europe. « Selon les données de la Banque mondiale, on estime que le taux de chômage pour 2010 et 2011 s’élève à plus de 45%, tandis que 17% de la population vit dans l’extrême pauvreté. » Dans cet article, la menace des pays voisins du Kosovo est également évoquée. Le JIR signale que le Kosovo est mis en péril par les pays de la région comme la Macédoine et la Bosnie, d’où provient l’endoctrinement des courants islamiques radicaux. «Les adeptes du salafisme ont profité de la fragilité de la région des Balkans occidentaux, de l’instabilité politique et du niveau élevé du chômage, pour pousser les musulmans ordinaires vers des courants extrémistes et fondamentalistes», conclut l’auteur de l’analyse.

L’OTAN renforce la KFOR avec 700 soldats

24/08/2012 – 10:33 | albinfo.ch

Suite à la demande de l’OTAN, Berlin va envoyer un contingent de 700 soldats au Kosovo.

 L’OTAN va renforcer ses troupes avec 700 soldats supplémentaires. Les forces spéciales sont stationnées dans le nord du Kosovo, où la situation sécuritaire reste fragile. L’OTAN avait demandé que 700 soldats allemands et autrichiens soient déployés pour les événements prévus cet automne, rapporte le quotidien «Der Spiegel». «Ces troupes remplaceront les troupes italiennes », stipule le communiqué de presse. C’est la troisième fois en un an que les soldats allemands du contingent ORF (opération de réserve) vont devoir se rendre au Kosovo. « Le gouvernement allemand soutient les efforts de l’OTAN déployés pour stabiliser la région et améliorer la sécurité dans le nord du Kosovo », explique « Der Spiegel». Près de 5.800 soldats de la KFOR sont actuellement stationnés au Kosovo. Les troupes de l’OTAN ont été déployées après que l’armée serbe, la police et les forces paramilitaires ont été chassées du Kosovo en juin 1999. Dans un premier temps, dans le cadre de la mission de l’OTAN, près de 60’000 soldats de la KFOR avait été envoyés au Kosovo. A mesure que la situation sécuritaire s’est améliorée, le nombre de soldats a diminué aussi. En 2010, le nombre de troupes a été réduit à 10 000 soldats. Puis, dans le cadre d’une réadaptation, ces troupes ont à nouveau été réduites à 5 800. Cet automne, des pourparlers politiques entre Pristina et Belgrade sont attendus. L’un des points qui va devoir être soulevé concernera la question du nord du Kosovo. C’est pourquoi, la situation dans cette région, habitée par des Serbes, risque de se dégrader et faire monter les tensions. Fort de ce constat, l’OTAN a décidé de jouer la carte de la prévention en augmentant son contingent de sécurité avec 700 soldats supplémentaires.

Catégories :Kosovo-Balkans
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