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Archive for octobre 2012

Coup d’accélérateur au Mali…

La tension croît au Mali, activant les préparatifs d’une guerre imminente.  Comme pour le Kosovo, l’information ne passe pas, l’indifférence semble de mise, et pourtant…

Source : francetvinfo.fr – Publié le 24/10/2012 | 07:57 , mis à jour le 24/10/2012 | 07:57

Mali. Quatre signes qui montrent que la guerre approche à grands pas

Publié le 24/10/2012 | 07:57 , mis à jour le 24/10/2012 | 07:57
Des soldats maliens défilent le 22 septembre 2012 à Bamako, à l'occasion de la fête de l'indépendance du pays.

Des soldats maliens défilent le 22 septembre 2012 à Bamako, à l’occasion de la fête de l’indépendance du pays.

(HABIBOU KOUYATE / AFP)

MALI – Dans le désert du nord du Mali, on parle de centaines de jihadistes qui gagneraient les villes. D’autres évoquent des drones bruissant dans l’air chaud. Et, dans les bureaux des chancelleries, les téléphones sonnent un peu plus qu’à l’accoutumée. Même le candidat à la présidence américaine Mitt Romney s’est fendu d’un mot sur le Mali lors de son débat avec Barack Obama, lundi 22 octobre. Les signes ne trompent pas, l’atmosphère est à la guerre.

1 Poussivement, l’ONU passe la seconde

A croire qu’avant le passage du président français, François Hollande, à la tribune des Nations unies le 26 septembre, personne ne se préoccupait de la crise malienne. La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union africaine (UA) avaient pourtant mis leur grain de sel dès le coup d’Etat de mars, suivi de la prise du nord du Mali par les rebelles. Visites officielles, conférences, médiation du Burkina Faso et déclarations outrées ont émaillé plusieurs mois de négociations. Mais elles étaient restées sans effet.

Il a fallu attendre le 14 septembre et la supplique à l’ONU du président malien par intérim Dioncounda Traoré, revenu aux manettes après avoir été presque battu à mort par des manifestants. Deux jours plus tard, lors d’une réunion sur le Sahel à New York, François Hollande réclame « au plus vite une nouvelle convocation du Conseil de sécurité de l’ONU » pour répondre à la menace terroriste. Le 15 octobre, le Conseil de sécurité adopte la résolution 2071. Laquelle demande au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de présenter un rapport « sur la base duquel le Conseil de sécurité pourra autoriser dans 45 jours le déploiement d’une opération africaine au Mali », écrit le Quai d’Orsay.

2 L’Algérie concède un feu vert

La nouvelle est dans Le Monde du mardi 23 octobre : « L’Algérie ouvre la porte à une opération militaire au nord du Mali ». Le journal s’appuie sur des « sources de la défense » qui affirment avoir reçu « un premier accord tacite de l’Algérie pour soutenir une opération visant à chasser les groupes terroristes islamistes qui ont annexé le nord du Mali, accord qui va jusqu’à tolérer l’inévitable présence à terre de quelques unités étrangères, notamment françaises ».

Faut-il y voir la conséquence des signes de bonne volonté de François Hollande ? L’Algérie – qui partage 1 300 km de frontières avec le Mali – est un acteur incontournable dans cette partie de l’Afrique, et avait jusque-là tenu une position ambivalente. Alger, qui a aussi des otages au nord du Mali, a privilégié une solution politique.

Le pays a négocié avec les islamistes maliens d’Ansar Dine, mais pas avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dirigé exclusivement par des Algériens, Aqmi, ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), est une vieille connaissance des services algériens. Alors forcément, à Alger, on ne s’enthousiasme pas de ce futur coup de pied dans la fourmilière : les ennuis d’hier pourraient repasser la frontière. Mais un mouvement dissident d’Aqmi (voir cet organigramme de Jeune Afrique), le Mujao, aurait poussé le bouchon trop loin en revendiquant deux attentats contre des casernes dans le sud de l’Algérie, croit savoir Le Monde.

3 Le plan se met en route

L’ONU et l’Algérie dans la poche, l’opération peut prendre corps. Une force militaire, la Mission de la Cédéao au Mali (Micema), est actuellement en cours de création. Quelque 3 000 soldats de pays de la Cédéao doivent intervenir, avec la bénédiction de l’ONU.

La France, qui doit apporter un soutien logistique avec les Etats-Unis, met les bouchées doubles. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, veut une intervention d’ici « quelques semaines ». L’idée serait d’intevenir avant les fortes chaleurs du printemps.

En coulisse, la France s’active. A Paris, les Français et les Américains ont discuté de la « sécurité au Sahel », mardi 23 septembre, entre « responsables de haut niveau ». Au Mali, l’envoyé spécial au Sahel, Jean Félix-Paganon, a annoncé que la France avait décidé de reprendre sa coopération militaire, interrompue depuis le coup d’Etat de mars. Il a évoqué l’envoi d’instructeurs pour former l’armée malienne, sous-équipée et démoralisée, dont on imagine mal qu’elle puisse être remise sur pied en « quelques semaines ».

Et, toujours dans Le Monde, ont percé les premiers contours du plan d’intervention entériné par l’ONU. D’abord, en janvier 2013, « consolidation de la souveraineté malienne sur le sud du pays et sa capitale », puis « mise à pied d’œuvre de trois ou quatre bataillons maliens sur lesquels les armées africaines et leurs alliées européennes pourront compter » et, après la reprise de plusieurs villes, « stabilisation du nord » en mars. Des bombardements auraient lieu. Selon Jeune Afrique, le plan s’inspire du modèle testé avec succès en Somalie à partir de 2010, avec « regonflage du moral des soldats », et européanisation de la coopération.

4 Premiers mouvements sur le terrain

Sur le terrain, la France s’apprêterait à déployer des drones de surveillance, affirme l’agence AP, reprise par Le Nouvel ObsL’information fait écho à un article du Washington Post du 2 octobre présentant un réseau américain de petites bases aériennes situées en Afrique et vouées à l’espionnage de groupes terroristes. Le journal américain ajoutait que des dizaines de militaires étaient déployés à Ouagadougou, au Burkina Faso. Enfin, comme le rappelle Slate Afrique, les rumeurs de drones occidentaux survolant le Sahel se font insistantes.

En face, les jihadistes rassemblent leurs forces, selon l’AFP. Une dépêche de l’agence, qui s’appuie sur des témoignages confirmés de source sécuritaire malienne, affirme que des « centaines » de jihadistes ont rejoint plusieurs villes du nord du Mali, le week-end dernier. Selon l’AFP, ils viennent de l’étranger, principalement du Soudan et du Sahara occidental, pour se battre aux côtés des islamistes.

Des informations relativisées par RFI, qui parle de « mouvements » sans confirmer un afflux de combattants étrangers. Contactée par francetv info, Anne Giudicelli, spécialiste du terrorisme et de l’islamisme, estime que « ce n’est pas très clair », évoquant des « sources très divergentes » et une possible « intoxication »« Je ne sais pas s’il y a afflux ou appui de centaines de gens du Soudan ou de Sahraouis », abonde Dominique Thomas, chercheur associé à l’Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) de l’EHESS. Lui évoque plus volontiers le recrutement local que mènent les groupes islamistes. Et n’exclut pas que l’annonce de la convergence de combattants étrangers puisse « faire partie d’une intoxication », par exemple pour « faire prendre conscience de l’importance de l’urgence d’une intervention, au risque de voir ce sanctuaire se développer ». La guerre de la communication pourrait avoir déjà commencé.

Gaël Cogné

Catégories :causeries du moment

Un conflit oublié : le Mali….

La situation au Mali ne cesse de se détériorer, malgré de graves conséquences en Afrique de l’Ouest, et d’inévitables répercussions chez nous…

http://french.cri.cn/621/2012/10/23/301s299420.htm#.UIZH7mdW-_I

 

23-10-2012

 

Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, a déclaré lundi qu’il existait un « large consensus » au sein de la communauté internationale quant à la nécessité d’une solution politique pour mettre fin à la crise au Mali, mais qu’une solution militaire restait également une option envisageable. Au cours des réunions entre les responsables des Nations Unies, de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), un consensus s’est dégagé sur « la nécessité, à un certain stade, d’envisager sérieusement une solution militaire », a déclaré M. Ladsous au cours d’une conférence de presse tenue au siège de l’ONU à New York.  Quelle que soit la solution adoptée, elle devra impérativement passer par « le rétablissement de l’ordre constitutionnel et du processus politique normal » au Mali, mais aussi « aider le pays à rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire », a-t-il expliqué, faisant référence aux groupes islamistes qui occupent le nord du Mali depuis le coup d’Etat survenu le 22 mars dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.  Le 12 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité une résolution demandant aux dirigeants de la région de formuler dans les 45 jours un plan d’intervention militaire. Depuis, le président malien par intérim; Dioncounda Traore, a lancé un nouvel appel à intervenir de toute urgence.

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MALI. Le Nord en ordre de bataille

Nouvel Obs – créé le 22-10-2012 à 16h08 – Mis à jour à 18h22

 

La guerre se prépare désormais activement : les djihadistes étrangers affluent dans la région tandis que Paris presse pour une intervention avant le printemps.

 

« Si le nouveau mot d’ordre, c’est de mener une guerre contre le terrorisme, cela revient à lancer un carton d’invitation aux djihadistes pour qu’ils viennent en découdre sur le sol malien ». L’avertissement avait été lancé par Yvan Guichaoua, chercheur à l’université d’East Anglia, après l’appel de François Hollande, le 26 septembre à la tribune de l’Onu, à une intervention « au plus vite » contre les « terroristes » qui occupent le nord du Mali depuis près de sept mois. La prédiction serait-elle en train de se réaliser ?

Renfort de combattants

Des centaines d’islamistes armés sont venus ce week-end, notamment du Soudan et du Sahara occidental, renforcer les rangs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de ses alliés (les islamistes du Mujao et d’Ansar Dine) pour se battre à leur côté en cas d’intervention militaire, a annoncé l’AFP. Cela faisait déjà quelques temps que la France s’inquiétait d’une brèche ouverte par les islamistes dans le mur qui sépare le Sahara Occidental de l’Algérie et de la Mauritanie, comme « Le Nouvel Observateur » l’avait révélé la semaine dernière. Jusqu’ici, les renseignements français évaluaient le nombre de djihadistes au nord du Mali entre 3.000 et 4.000 hommes, avec un noyau dur d’environ 400 combattants. Les troupes sont composées de combattants algériens issus de l’ex-GSPC rebaptisé Aqmi, maliens, originaires du Nord mais aussi du Sud, d’Afrique de l’Ouest (Sénégalais, Mauritaniens, Nigériens…), du mouvement terroriste Boko Haram du Nigeria, mais aussi d’ailleurs : des Pakistanais et des Afghans auraient été aperçus.

Un calendrier poussif

A Paris, on estimait jusqu’à présent qu’on n’aurait « pas besoin d’effectifs gigantesques », qu’il suffirait d' »une petite opération militaire » pour déloger tout ce beau monde de cette immensité désertique, grande comme une fois et demi la France. Et ce, bien que les islamistes soient bien armés – au moins de lance-roquettes, voire de missiles sol-air –, qu’ils soient très mobiles et qu’ils détiennent six otages français. Pressée d’éradiquer cette menace terroriste qui la vise tout particulièrement, la France attend de la prochaine résolution de l’Onu qu’elle donne enfin, à la fin du mois de novembre, son feu vert au déploiement d’une force africaine de 3.000 soldats à laquelle Paris apportera « un soutien logistique ». Avec l’espoir d’une reconquête du nord du Mali « dans les semaines qui viennent, avant la fin de l’année ou au détour de l’année », comme l’a déclaré Laurent Fabius dimanche. « La fenêtre de tir est étroite, il faudrait lancer l’opération avant le début de la saison chaude en mars », explique un officiel français. Un programme qui laisse pourtant les diplomates plutôt sceptiques : « Il ne faut pas compter sur une intervention avant l’été 2013 », parie l’un d’eux.

Une opération « difficile »

Pour tenir ce calendrier, la France pousse à ce que les deux premières phases soient démarrées au plus vite : la sécurisation de la capitale Bamako et surtout, la remise sur pied de l’armée malienne. Celle-ci est censée être au coeur du dispositif militaire qui se lancera à la reconquête du Nord, mais elle est entièrement à reconstruire. Le Nord repris, le plus dur restera à faire. Le ministre des Affaires étrangères lui-même l’admet désormais : « Après, il y a une autre opération, qui est plus difficile, qui est d’aller affronter Aqmi et ses succursales. Et là, ça demande des troupes aguerries. » Le renfort de combattants djihadistes qui affluent actuellement ne va pas faciliter la tâche. Longtemps réticents, Algériens, Américains et Européens, qui ne s’opposent désormais plus à une intervention, sont conviés à prêter main forte. Un soutien d’autant plus nécessaire qu’il ne suffira pas de donner un coup de pied dans la fourmilière. Encore faudra-t-il s’assurer que les terroristes ne puissent s’installer ailleurs dans le Sahel, ou même revenir. Une « petite opération », vraiment ?

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Mali: la France va envoyer des drones en Afrique de l’Ouest

Nouvel Obs – créé le 22-10-2012 à 18h50 – Mis à jour à 19h40

 

PARIS (Sipa-AP) – La France va déplacer des drones de surveillance vers l’Afrique de l’Ouest et s’entretient en secret avec les Etats-Unis pour adier le gouvernement du Mali à chasser les rebelles liés à Al-Qaïda qui tiennent le nord du pays, a appris l’agence Associated Press lundi de source officielle française à la défense. Paris et Washington insistent sur le fait qu’une intervention doit être dirigée par des troupes africaines, mais la France, qui craint pour ses six otages détenus au Mali et redoute que la région ne devienne une nouvelle source de terrorisme transfrontalier, joue un rôle croissant en coulisses. Selon la source citée plus haut, les drones devraient être envoyés dans la région bientôt. D’autres responsables également trenus à l’anonymat ont ajouté que des officiers et diplomates français et américains tenaient une réunion sur le renseignement et la sécurité dans le Sahel lundi.

st/AP-v

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Mali: la France reprend sa coopération militaire

 

Le Point – – Publié le 22/10/2012 à 10:33

La France a décidé de reprendre sa coopération militaire avec le Mali, interrompue depuis un coup d’Etat en mars, alors que se prépare l’envoi d’une force étrangère pour reconquérir le nord du pays occupé par des islamistes armés. La France a décidé de reprendre sa coopération militaire avec le Mali, interrompue depuis un coup d’Etat en mars, alors que se prépare l’envoi d’une force étrangère pour reconquérir le nord du pays occupé par des islamistes armés, a annoncé à l’AFP un diplomate français. « En ce qui concerne la question militaire, le gouvernement français a marqué sa disponibilité à coopérer avec le Mali dans ce domaine », a déclaré Jean Félix-Paganon, envoyé spécial de la France au Sahel, avant son départ de Bamako dimanche soir.

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Des djihadistes affluent dans le nord du Mali

Le Figaro – Publié le 22/10/2012 à 18:42

Une colonne de salafistes lourdement armés en provenance de Libye a rejoint les territoires occupés par les islamistes.

 

Les islamistes, maîtres du nord du Mali, se préparent à la guerre. Alors qu’une intervention armée d’un contingent africain dans la région se dessine de plus en plus, les djihadistes ont reçu ces derniers jours des renforts. «Ils sont arrivés vendredi ou samedi sur des gros 4 × 4 avec des armes. Ce sont des étrangers. Il y a des Soudanais mais aussi d’autres Arabes comme des Tunisiens», affirme un habitant de Gao, l’une des villes aux mains des extrémistes, qui estime leur nombre à «100 ou 150 combattants». À Gao, Habib Ould Issouf, l’un des dirigeants du Mujao, a confirmé l’arrivée des islamistes étrangers. «Ils veulent la guerre? On va faire la guerre. C’est pour cela que nos frères viennent de partout», a-t-il expliqué à l’AFP. Un responsable de la ville assure que ces nouveaux venus se sont installés dans un camp situé à quelques kilomètres à l’est de cité. «Comme tous les autres islamistes, ils ne résident pas au centre mais en brousse. À Gao, ils n’y a que nos jeunes qu’ils ont recrutés.»

Convoi de 4 × 4

Les armes lourdes ont, elles aussi, été retirées de Gao pour être cachées dans les environs. Un autre groupe de mercenaires étrangers aurait rejoint Tombouctou, la cité des Saints contrôlée par les Touaregs d’Ansar Dine et par al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Selon plusieurs sources, cet afflux de salafistes est la conséquence de l’arrivée d’un fort convoi en provenance de Libye. Cette colonne, forte de 50 à 60 véhicules, aurait atteint le Mali en fin de semaine après avoir traversé le nord du Niger. L’enlèvement de plusieurs employés d’une ONG, le 14 octobre, à Dakoro dans le sud du Niger, est désormais regardé avec plus d’attention. Effectuée par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le groupe malien qui occupe Gao, cette opération pourrait être une manœuvre de diversion réussie. L’Objectif de ce convoi, plus que l’apport de troupes aguerries, serait l’approvisionnement en armes des islamistes. Ces dernières semaines, les médias locaux avaient noté la hausse du prix des munitions dans le nord du Mali, signe d’une certaine pénurie. Pour les militaires occidentaux et particulièrement français, qui se sont engagés à apporter un soutien logistique et aérien aux soldats africains, cette colonne repose la question des moyens dont disposent les islamistes. Leur arsenal provient des dépôts saisis à l’armée malienne lors de sa débâcle de mars mais surtout de Libye, des stocks de l’ancienne armée de Kadhafi. Or le Guide possédait des armes performantes, notamment des SA-18, des missiles sol-air russes, aujourd’hui introuvables. Pour les islamistes d’Aqmi, ces renforts ont aussi valeur de symbole. L’intérêt porté au Sahel par des djihadistes soudanais ou égyptiens est une forme de reconnaissance. Cette filiale d’al-Qaida n’a jamais caché son intention de faire du Sahel un nouveau foyer de la guerre contre les «mécréants».

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Comment la France planifie l’intervention au nord du Mali

Le Figaro – Mis à jour le 19/10/2012 à 19:11 | publié le 19/10/2012 à 18:44

INFOGRAPHIE – La première phase du dispositif doit être lancée dès novembre. Paris n’enverra pas de troupes au sol.

 

L’opération militaire destinée à reconquérir le nord du Mali occupé par des groupes islamistes liés à al-Qaida n’est plus, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, «qu’une question de semaines». Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné 45 jours aux pays d’Afrique de l’Ouest pour proposer un plan concret d’intervention. Poussée par la France, l’Union européenne proposera dans les mêmes délais un projet de gestion de crise. Après, la voie sera libre. «Si on rate la fenêtre météo, nous serons obligés d’attendre un an», prévient une source proche du dossier. Tout doit être largement engagé avant la fin du mois de mars, date du début de la saison des pluies. Concrètement, dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian, on planche sur un programme en trois phases: un, stabiliser le sud du Mali et protéger Bamako dès la fin du mois de novembre ; deux, mettre en place la formation des armées africaines en janvier ; trois, amorcer la reconquête du nord début mars au plus tard. Officiellement, ce sont les armées africaines qui mèneront l’opération. Bien qu’étant désigné comme l’ennemi principal par Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique), Paris, qui prétend rompre avec les habitudes passées de la «Françafrique» et ne veut pas se voir reprocher une nouvelle fois son passé colonial, refuse d’être en première ligne. La France se cache derrière l’Europe, elle se pose en soutien des pays africains qui seront assistés dans la planification et la logistique et promet qu’il n’y aura «pas de troupes au sol».

Trois mille hommes

Les autorités françaises communiquent plus discrètement sur les forces spéciales à pied d’œuvre dans la région, dont la mission est indépendante du calendrier officiel. Elles se préparent à intervenir en amont pour fournir du renseignement et guider les forces africaines sur place. Elles pourraient agir plus rapidement encore si les intérêts de la France ou la vie des otages venaient à être menacés. Comme en Libye et en Côte d’Ivoire en 2011, des moyens clandestins sont mis en place pour épauler les forces locales, notamment l’armée malienne, sous-équipée et démoralisée après sa défaite contre les islamistes. Dans l’ombre, Paris a aussi pris en charge l’élaboration du programme d’intervention qui doit être proposé par les pays de l’Ouest africain. Restés jusque-là en retrait sur le dossier du Sahel, les États-Unis ont changé de posture après l’attaque commise contre leur représentation diplomatique à Benghazi, le 11 septembre dernier, qui s’est soldée par la mort, dans des «conditions atroces», de leur ambassadeur Chris Stevens. «Le Sahel est devenu un enjeu pour eux. Ils veulent désormais être associés de manière plus étroite à l’intervention», confirme un proche du ministre français de la Défense, lequel s’est longuement entretenu du sujet avec son homologue américain, Leon Panetta. Les Américains, qui ont des drones armés dans la région, n’excluent plus d’intervenir directement au nord du Mali, en menant par exemple des frappes aériennes ciblées.

Tous les détails de l’opération militaire ne sont pas encore réglés. Si les pays africains doivent normalement fournir 3000 hommes, la liste des États qui participeront à l’intervention contre les combattants islamistes, qui sont armés de lance-missiles et de lance-roquettes, n’est pas encore finalisée. Pas plus que le règlement politique. Or tous les pays candidats en sont conscients: sans solution diplomatique durable, l’intervention militaire ne sera pas suffisante pour régler le problème d’Aqmi au Sahel.
Cliquez sur l’aperçu pour agrandir l’infographie.


La reconquête militaire en discussion à Bamako

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a souligné vendredi «l’urgence»  d’une intervention armée étrangère pour libérer le nord de son pays  à l’ouverture d’une réunion internationale dans la capitale malienne ayant pour but  d’accélérer cette intervention. «Nous ne devons plus perdre  la moindre seconde.  Il y a un caractère d’urgence,  nous sommes engagés dans  une course contre la montre»,  a déclaré Dioncounda Traoré devant de hauts responsables internationaux réunis pour harmoniser leurs positions avant l’envoi  dans le nord du Mali d’une force ouest-africaine soutenue par l’ONU. L’ONU et l’Union africaine (UA)  ont annoncé, de leur côté, l’ouverture  de bureaux permanents à Bamako  afin de coordonner leurs actions respectives face à la crise. Mais  des divergences demeurent entre responsables d’Afrique de l’Ouest  et représentants des organisations internationales sur les conditions  de déploiement de la force africaine susceptible de participer  à une initiative militaire dans la partie du Mali contrôlée par al-Qaida  et ses alliés. Cette réunion du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali ne devrait  ainsi déboucher sur aucune avancée spectaculaire tant la situation paraît bloquée à la fois par la confusion  sur le partage du pouvoir  à Bamako après le putsch en mars  et par les désaccords internationaux sur le bien-fondé d’un éventuel dialogue avec les rebelles avant l’emploi de la force.

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De nouvelles tensions au Kosovo…

De nouvelles échauffourées ont éclaté au Kosovo, illustrant une fois de plus le risque constant d’un affrontement armé entre les communautés Serbes et Kosovares, malgré le geste de conciliation de Belgrade.

L’article de Romandie.com du 22 octobre, source AFP) le montre très clairement :

Kosovo: échauffourées, arrestations, lors d’une manifestation contre la Serbie

PRISTINA – Vingt-deux personnes, dont 18 policiers, ont été blessées et 26 manifestants arrêtés lors d’échauffourées lundi à Pristina entre policiers et plusieurs centaines de Kosovars albanais qui manifestaient contre la reprise du dialogue entre le Kosovo et la Serbie, a indiqué la police kosovare.

Réunis à l’appel du mouvement Autodétermination, troisième force parlementaire au Kosovo, les manifestants massés devant le bâtiment du gouvernement protestaient contre la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade, sous la houlette de l’Union européenne (UE), a rapporté un journaliste de l’AFP.

Un important dispositif policier en tenue antiémeute était présent.

Les manifestants jetaient des pierres et les forces de l’ordre ripostaient par des gaz irritants pour les repousser.

La police a indiqué dans un communiqué qu’elle avait arrêté 26 protestataires membres du mouvement Autodétermination, dont plusieurs députés qui ont été immédiatement libérés après identification.

Dix-huit policiers et quatre membres d’Autodétermination ont été blessés dans les échauffourées, a-t-on précisé de même source.

La rencontre vendredi à Bruxelles entre les Premiers ministres serbe, Ivica Dacic, et kosovar, Hashim Thaçi, sous l’égide de l’UE, première étape d’un dialogue qui doit se poursuivre prochainement après des mois d’interruption, a provoqué une vive colère des sympathisants du mouvement Autodétermination.

Nous protestons contre la rencontre entre Thaçi et Dacic, contre le dialogue politique (avec la Serbie) (…). La Serbie est un Etat anormal avec lequel nous ne voulons pas normaliser nos relations, a déclaré à l’AFP Albin Kurti, le leader d’Autodétermination.

M. Thaçi amnistie et réhabilite la Serbie et lui permet ainsi de poursuivre sa voie vers l’adhésion à l’Europe. Ce lundi ne peut pas être une journée de travail normal pour le gouvernement après ce qui s’est passé vendredi, à Bruxelles, a-t-il ajouté.

La réunion Thaçi-Dacic à Bruxelles était la première à ce niveau depuis l’ouverture en mars 2011 de ce dialogue, au point mort depuis le printemps dernier.

Le Kosovo a unilatéralement proclamé en 2008 son indépendance. Belgrade la rejette et souhaite négocier le futur statut du territoire.

La reprise du dialogue et l’obtention de résultats concrets dans la normalisation des relations sont les conditions imposées par l’UE à la fois à Belgrade et à Pristina pour poursuivre leur rapprochement avec l’Union européenne.

(©AFP / 22 octobre 2012 13h06)

Catégories :Kosovo-Balkans

l’Europe attire encore ? (suite)

Sur le même thème, un article de « 20 minutes Online » du 16 octobre : 

Serbie

16 octobre 2012 12:51; Act: 16.10.2012 13:01 Print

Reconnaître le Kosovo? Plutôt renoncer à l’UE

La Serbie pourrait renoncer à rejoindre l’Union européenne (UE) si Bruxelles venait à lui demander officiellement de reconnaître le Kosovo, estime le président serbe.

Le statut du Kosovo constitue une pierre d’achoppement dans les relations entre Belgrade et Bruxelles. «Actuellement, l’UE nous tient à distance uniquement à cause du Kosovo. Elle peut nous tenir à l’écart cent ans encore, mais nous ne changerons pas notre position sur notre province méridionale», a déclaré Tomislav Nikolic dans une interview publiée mardi par le quotidien «Vecernje Novosti».

Le président serbe a estimé que dresser de nouvelles conditions «qui n’étaient pas en vigueur pour d’autres pays» candidats à l’UE aurait pour effet d’éloigner la Serbie de l’Europe. «Dans ce cas, il serait préférable qu’ils nous disent: ‘nous ne voulons pas de vous’», a-t-il dit.

En visite à Belgrade jeudi, le commissaire européen à l’Elargissement Stefan Füle avait déclaré que les négociations d’adhésion avec la Serbie seraient ouvertes «dès que des progrès tangibles auront été atteints, à savoir une amélioration viable et visible des relations avec le Kosovo».

Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance en février 2008, une indépendance fermement rejetée par Belgrade, mais reconnue par de nombreux pays, dont la Suisse. Belgrade et Pristina ont entamé un dialogue sous les auspices de l’UE en mars 2011. Il s’est traduit par plusieurs accords visant à améliorer la vie quotidienne de la population du Kosovo.

 

(ats)

 

 

Catégories :Kosovo-Balkans

L’Europe attire encore ?

Un nouvel article sur les tensions dans les Balkans, en dit long sur le climat sur place et sur l’image de l’Europe, plus aussi attrayante qu’on voudrait le penser…..

La Serbie préfère renoncer à l’UE plutôt qu’au Kosovo

(Source : site de Libération) – 16 octobre 2012 à 11:17
Le président serbe Tomislav Nikolic, le 28 juin 2012 à Belgrade.

Le président serbe Tomislav Nikolic, le 28 juin 2012 à Belgrade. (Photo Andrej Isakovic. AFP)

Le président serbe, Tomislav Nikolic, rejette toute condition d’entrée dans l’Union liée au Kosovo.

 

Le président serbe Tomislav Nikolic a déclaré que la Serbie renoncerait à rejoindre l’Union européenne si Bruxelles venait à lui demander officiellement de reconnaître le Kosovo, dans une interview publiée mardi par le quotidien Vecernje Novosti. «Si l’on nous pose officiellement la condition de choisir entre l’UE et le Kosovo, nous renoncerons à la voie européenne», a déclaré Tomislav Nikolic.

«Actuellement, l’UE nous tient à distance uniquement à cause du Kosovo. Elle peut nous tenir à l’écart cent ans encore mais nous ne changerons pas notre position sur notre province méridionale», a-t-il insisté. Le président serbe a estimé que dresser de nouvelles conditions «qui n’étaient pas en vigueur pour d’autres pays» candidats à l’UE aurait pour effet d’éloigner la Serbie de l’Europe. «Dans ce cas, il serait préférable qu’ils nous disent : « nous ne voulons pas de vous »», a-t-il dit.

En visite à Belgrade jeudi, le commissaire européen à l’Elargissement Stefan Füle avait déclaré que les négociations d’adhésion avec la Serbie seraient ouvertes «dès que des progrès tangibles auront été atteint, à savoir une amélioration viable et visible des relations avec le Kosovo».

Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance en février 2008, fermement rejetée par Belgrade.

Samedi, le président serbe a demandé à l’UE de changer la formulation «intégrité territoriale du Kosovo» qui figure dans la stratégie d’élargissement, qu’il a jugée inacceptable, en estimant que Bruxelles reconnaissait ainsi l’indépendance du Kosovo. Stefan Füle avait toutefois expliqué que cette formulation n’était pas liée au statut du Kosovo, mais signifiait qu’une partition de ce territoire, évoquée à plusieurs reprises par des responsables serbes, «n’était pas à l’ordre du jour».

Belgrade et Pristina ont entamé un dialogue sous les auspices de l’UE en mars 2011 qui s’est traduit par plusieurs accords visant à améliorer la vie quotidienne de la population du Kosovo.

(AFP)

 

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de l’huile sur le feu… pour l’audimat…

La récente arrestation des membres d’une cellule terroriste le 8 octobre, s’est accompagnée de commentaires dans la presse et au 20h00. C’est une occasion unique de faire de l’audimat, et pour cela, tout semble bon, y compris donner à l’antenne la recette d’une bombe…

En quelques minutes, l’envoyé spécial sur place a donné les ingrédients et la façon de les utiliser pour confectionner une bombe. Il aura suffit à n’importe quel individu à la dérive, pour ressentir subitement l’envie de confectionner une bombe chez lui. Au mieux, il se fera exploser avec, au pire, il réussira et la posera n’importe où…

A côté des otages du Nord Mali, il y a un autre risque sur notre sol, par la faute d’un envoyé spécial (très spécial), qui cherche à faire de la sensation, de l’audimat ou autre chose… à l’heure où l’on rend hommage aux reporters de guerre, ceux qui prennent des risques, parfois au prix de leur vie, pour relayer l’information.

Deux poids, deux mesures….

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