Archive

Archive for novembre 2012

Kosovo, le dessous des cartes…

La question du Kosovo est particulièrement épineuse, et porte le germe d’un nouveau conflit qui pourrait embraser de nouveau les Balkans.

L’article du courrier des Balkans le montre très justement. L’indépendance du Kosovo ouvre de fait la voie à son rattachement à l’Albanie, que dire alors des Républiques Serbes du Kosovo et de Bosnie qui pourraient donc demander l’indépendance avant un rattachement à la Serbie.

On le voit, le projet de « Grande Albanie » s’oppose à celui de « Grande Serbie », il n’est pas certain que nos dirigeants soient les mieux inspirés pour régler cette question brûlante…

L’Union Européenne est toujours aussi incompétente en la matière, mais il n’est plus question d’écraser la Serbie sous les bombes, le gouvernement Obama a sans doute plus de sagesse que le précédent, quant à la Russie, l’occasion est trop belle pour jouer à fond le rôle du « grand frère orthodoxe » venant au secours des peuples frères….

La Chine quant à elle pourra trouver une occasion de se positionner sur la scène internationale, et du même coup renforcer les relations entre Moscou et Pékin…

Source : site web du Courrier des Balkans)

Le Courrier des Balkans

Unification de l’Albanie et du Kosovo : « une évolution européenne normale »

De notre envoyé spécial à Tirana
Sur la Toile :

Mise en ligne : lundi 26 novembre 2012
Alors que tous les Albanais des Balkans fêtent le centenaire de l’indépendance albanaise, l’heure de « l’unification nationale » va-t-elle sonner ? Pour Enis Sulstarova, sociologue à Tirana, animateur du réseau RROSH et proche de mouvements comme Vetëvendosje !, il s’agirait d’une évolution normale… Les processus nationaux ne sont pas achevés et peuvent se poursuivre même à l’intérieur de l’Union européenne. Interview.

Propos recueillis par Jean-Arnault Dérens

Le Courrier des Balkans (CdB) : L’Albanie et le Kosovo fêtent les 100 ans de l’indépendance albanaise. Que vous inspirent ces célébrations ?Enis Sulstarova (E.S.) : Des sentiments mitigés. La proclamation d’indépendance de l’Albanie, le 28 novembre 1912, est bien sûr un événement essentiel dans notre histoire, mais un siècle, la moitié seulement des aspirations de 1912 sont satisfaites…


Retrouvez notre dossier :
28 novembre 1912 : il y a cent ans, naissait l’État d’Albanie 


La moitié du peuple albanais est resté en-dehors des frontières de l’État d’Albanie tout au long de ce siècle et aujourd’hui, depuis la proclamation d’indépendance du Kosovo, nous disposons, en quelque sorte, « d’un État et demi »… Il serait pourtant beaucoup simple d’avoir un seul État.

CdB : Comment envisagez-vous l’unification nationale ? À Tirana comme à Pristina, les dirigeants politiques répètent que celle-ci se produira dans le cadre de l’Union européenne, avec l’intégration, un jour, tant du Kosovo que de l’Albanie.

E.S. : Oui, c’est la langue de bois officielle. D’un point de vue philosophique, je suis très optimiste. En effet, les dirigeants de Tirana et de Pristina expliquent que nous sommes une seule et même nation. Dire cela revient à dire que nous ne voulons plus rester séparés – les politiciens qui essaient de prétendre le contrôle commettent un contre-sens majeur au nom de leurs petits calculs quotidiens. Toutes les enquêtes d’opinion reconnaissent que la grande majorité des Albanais, à travers tous les Balkans, sont favorables à l’unification, même si je reconnais qu’’il faut rester prudent avec de tels sondages qui n’indiquent pas forcément une réelle mobilisation : tout le monde serait prêt à accepter l’unification nationale si elle nous était offerte par les États-Unis ou l’Union européenne. Or, nous n’aurons pas de tels cadeaux : si nous voulons l’unification, il faudra se battre pour l’obtenir.

CdB : Vous parlez du Kosovo comme d’un « demi-État »… Qu’est-ce que cela veut dire ?

E.S. : Je pense bien sûr à la situation dans le nord du Kosovo et à toutes les entraves prévues par le plan Ahtisaari.

CdB : Qu’apporterait cette unification de l’Albanie et du Kosovo ?

E.S. : Tout d’abord, plus de démocratie. Le principe d’autodétermination est fondateur de la démocratie. Durant cent ans, différents régimes ont essayé de remodeler l’Albanie, mais il ne peut pas y avoir de pays « normal » sans résolution de la question nationale… C’est probablement pour cela que notre histoire a abondé en figures autoritaires, comme Zog ou Enver Hoxha, qui avaient l’avantage de contribuer à maintenir le statu quo sur la question nationale. L’objectif d’unification nationale et celui de l’intégration européenne sont complémentaires. Rien ne peut empêcher deux États souverains de décider de s’unir, rien ne s’y oppose dans le droit internationale, dans la Charte des Nations Unies…

CdB : Qu’adviendrait-il de la Macédoine dans cette hypothèse ?

E.S. : Si les droits des Albanais ne sont pas pleinement respectés, s’ils restent des citoyens de seconde zone dans cet État, alors la Macédoine est condamnée… Pourtant, une véritable intégration de la communauté albanaise dans une Macédoine vraiment multi-nationale demeure la meilleure, mais il n’est pas certain que les actuels dirigeants de Skopje soient sur cette position.

CdB : Ne craignez-vous pas de rallumer la mèche des conflits régionaux ?

E.S. : Toutes les politiques suivies actuellement dans les Balkans se jouent à deux niveaux. Officiellement, les élites politiques de tous les pays de la région sont toutes favorables à l’intégration européenne et, dans le même temps, elles poursuivent toutes des projets nationaux qui, le plus souvent, ne sont pas encore achevés. Les processus nationaux se poursuivront après l’intégration européenne, nous sommes toujours bien de la fin de l’histoire ! D’ailleurs, regardez ce qui se passe déjà parmi les membres de l’UE : l’Ecosse et la Catalogne vont probablement devenir indépendante, la Belgique va éclater… On présente toujours les Balkans comme un « trou noir » de l’Europe, mais les mêmes processus sont à l’oeuvre sur tout le continent. On nous a dit durant longtemps qu’il fallait que les Balkans « s’européanisent », qu’ils s’engagent dans la « voie européenne » mais, encore une fois, alors que la Belgique va se désintégrer, l’unification de l’Albanie et du Kosovo serait un processus européen très normal…

CdB : Une nouvelle guerre vous semble-t-elle possible ?

E.S. : Oui, bien sûr, si le système de sécurité internationale s’effondre. Malgré les hypothèse des dernières décennies, nous vivons toujours à l’heure des États-nations. Mais je pense que l’unification de l’Albanie et du Kosovo peut se dérouler pacifiquement.

Publicités
Catégories :Kosovo-Balkans

un énième avertissement….

Alexandre Loukachevitch, chef de la diplomatie russe révèle une information de poids, selon lui, la situation au Kosovo déborde bien au-delà des Balkans et porte un risque de déstabilisation jusqu’en Syrie. Peut-on y voir une nouvelle donne qui pourrait s’étendre au Mali ?

Source : RIAnovosti

16:25 22/11/2012 -MOSCOU, 22 novembre – RIA Novosti

Le Kosovo est un facteur de déstabilisation non seulement dans les Balkans, mais bien au-delà de cette région, a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch, commentant des informations selon lesquelles des groupes de Kosovars albanais combattent aux côtés de l’opposition syrienne.

« Nous avons pris connaissance d’informations affirmant que des groupes organisés d’Albano-kosovars ainsi que des volontaires étaient envoyés en Syrie pour participer aux combats aux côtés de l’opposition. Auparavant, il y a eu des informations annonçant que des terroristes combattant aux côtés de l’opposition syrienne étaient formés sur le territoire du Kosovo », a indiqué le diplomate russe.

« Toutes ces informations confirment  notre thèse affirmant que la république autoproclamée du Kosovo en contournant les principes et normes du droit international, constitue un facteur de déstabilisation non seulement pour la région des Balkans, mais bien au-delà de ses frontières »,  a souligné  le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

 

 

Catégories :causeries du moment

le Mali, un autre Darfour ?

Peu de gens se souviennent encore du Darfour, théâtre de massacres dans l’indifférence totale des médias courant 2003. Il a fallu la mobilisation intense de quelques personnes pour que l’on daigne s’intéresser aux tueries massives. Aujourd’hui, c’est au tour du Mali de tomber dans l’oubli médiatique, malgré des combats d’une rare violence et le risque d’embrasement de la région toute entière, avec pour conséquence, le développement des forces armées salafistes….

L’article de romandie.com (sur base AFP du 20-11-2012) nous éclaire sur la situation :

Nord-est du Mali: des dizaines de morts dans les combats islamistes-Touareg

BAMAKO – Les combats entre des islamistes et des rebelles touareg dans la région de Gao (nord-est du Mali), ont fait des dizaines de morts depuis vendredi, a appris mardi l’AFP de sources concordantes.

C’est un véritable carnage, il y a eu des dizaines de morts, a affirmé une source sécuritaire malienne, information confirmée par des témoins sur place et par les groupes armés qui se sont combattus, Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Les combats se sont concentrés dans la zone d’Ansongo puis de Ménaka, villes situées au sud-est de Gao, près de la frontière avec le Niger.

Des gens désarmés ont été froidement abattus, il faut une véritable enquête internationale pour savoir ce qui s’est passé à Ménaka, a déclaré la source sécuritaire malienne, en affirmant que des corps étaient toujours visibles dans la ville.

Bajan Ag Hamatou, député de la localité de Ménaka, a indiqué que des membres de sa tribu (Touareg) qui défendaient la ville contre le Mujao, ont été tués, dont Alwabégat Ag Salakatou, président d’un conseil d’élus et de notables de la ville et six de ses compagnons.

Selon le député, ces notables tués avaient l’étiquette MNLA, mais en réalité, ils étaient des patriotes locaux qui voulaient défendre leur ville contre les islamistes.

Une source sécuritaire nigérienne, interrogée depuis Bamako, a déclaré que quatre combattants du MNLA gravement blessés ont été évacués vers Niamey.

Dans plusieurs communiqués diffusés depuis vendredi, le MNLA a donné un bilan global de 65 morts et de plus d’une centaine de blessés dans les rangs du Mujao et d’Al-QaIda au Maghreb islamique (Aqmi), venu en renfort, et de un mort et treize blessés dans les siens.

De son côté, le porte-parole du Mujao Abu, Walid Sahraoui, a affirmé que son mouvement avait tué plus de cent éléments du MNLA et fait vingt prisonniers.

Les combats avaient débuté vendredi entre des éléments du Mujao et du MNLA. Ils s’étaient poursuivis lundi, après l’envoi de renforts d’Aqmi au Mujao.

Des sources sécuritaires régionales et des témoins interrogés par l’AFP ont affirmé que le MNLA avait subi une défaite et que ses combattants avaient été chassés de Ménaka, ce que la rébellion touareg a démenti.

Mardi, une source sécuritaire régionale a affirmé les islamistes du Mujao contrôlaient en grande partie Ménaka où la situation restait tendue.

Ménaka avait été l’une des premières villes prises par le MNLA, lorsqu’il avait lancé son offensive dans le Nord en janvier avec les groupes islamistes, auxquels il était alors allié.

Les rebelles touareg en avaient été une première fois chassés en juin par le Mujao qui, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une ville importante, l’avait par la suite abandonnée. Il y a environ trois semaines, des rebelles du MNLA étaient revenus dans la zone de Ménaka.

Le MNLA voulait en faire la base de sa contre-offensive générale pour reconquérir le nord du Mali entièrement occupé depuis fin juin par les groupes islamistes armés, Mujao, Aqmi et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec rigueur – lapidations, amputations de pieds et de mains de prétendus voleurs, coups de fouets aux buveurs d’alcool et aux fumeurs – détruisent des monuments religieux, et se rendent coupables d’atteintes aux droits de l’Homme contre les habitants.

(©AFP / 20 novembre 2012 13h52)

 

Catégories :causeries du moment

Le Mali, de surprises en surprises…

Un nouvel élément s’ajoute à la crise malienne : l’arrivée de nouveaux jihadistes français….

Source jeuneafrique.com – 20/11/2012 à 09h:45 Par Christophe Boisbouvier

Nord-Mali : sur la piste des jihadistes français

Ils seraient une vingtaine tout au plus. Certains se sont convertis à l’islam, d’autres sont issus des banlieues hexagonales et rejettent le soufisme de leurs parents… Enquête sur ces hommes qui veulent combattre au nom d’Allah, notamment au Nord-Mali, et qui inquiètent les services de renseignements.

« Ils sont entre dix et vingt », confie une source proche des services de renseignements français… Ce sont les jihadistes français qui ont rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le Nord-Mali. La plupart – les quatre cinquièmes – sont des binationaux, notamment des Franco-Maliens. Profil : des jeunes de cités françaises qui rejettent le soufisme de leurs parents et veulent combattre au nom d’Allah. Mais il y a aussi quelques Français de souche convertis à l’islam. Les services français essaient de les suivre tous à la trace. Leur hantise : une nouvelle affaire Merah, du nom de cet islamiste franco-algérien qui, de retour du Pakistan, a froidement assassiné sept personnes, dont trois enfants, dans le sud-ouest de la France en mars dernier.

Fin août, Paris a récupéré une photo permettant d’identifier deux d’entre eux – des trentenaires. Le 7 octobre, un présumé Français apparaît à l’arrière d’un pick-up sur une photo prise dans la ville de Gao. L’homme, qui tient un kalachnikov en bandoulière, a les tempes dégarnies. Selon l’auteur du cliché, « il se fait appeler Mohamedou, et il est content d’être à Gao, chez ses frères de lutte. Il se sent chez lui ». Pour l’instant, le seul Français aisément identifiable est un prêcheur qui soigne sa communication. Dans une vidéo postée le 9 octobre sur le site mauritanien saharamedias.net, un dénommé Abdel Jelil apparaît devant un fond noir portant le sigle d’Aqmi, un kalachnikov posé à son côté.

Catastrophique

En réalité, c’est un Français de souche. Dans un français sans accent, il raconte ses vingt années de marine marchande – et même de travail humanitaire en Éthiopie avec Médecins sans frontières ! Il dit être installé à Tombouctou depuis deux ans avec sa femme (d’origine maghrébine) et leurs cinq enfants. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il est d’origine bretonne et s’appelle Gilles Le Guen. Toujours de bonne source, l’ambassade de France à Bamako l’a contacté, fin mars, pour lui conseiller de quitter le Nord-Mali avant l’arrivée des islamistes. Réponse : « Non, je ne bouge pas. À Tombouctou, je suis en famille. » Aujourd’hui, il promet une « catastrophe humaine et humanitaire » en cas d’intervention militaire au Sahel.

À dire vrai, il y a quelque chose de folklorique dans la vidéo de ce quinquagénaire à la moustache teinte. « Le kalachnikov qu’il nous montre est un peu trop grand pour être vrai. Visiblement, il est en plastique ! » s’amuse un spécialiste de la lutte antiterroriste, et comme le soi-disant Abdel Jelil est fiché par toutes les polices, c’est le dernier jihadiste que ses chefs enverront en Europe. Mais au-delà de ce « paumé de l’Histoire », sa vidéo est une menace contre la France à l’heure où se prépare une opération internationale. Analyse de notre spécialiste : « Via ce converti, Aqmi dit aux Français : « Souvenez-vous de Mohamed Merah. Votre territoire n’est pas sanctuarisé. Si quelques-uns de vos compatriotes sont avec nous au Sahel, nous pouvons aussi les faire opérer sur votre sol. » »

Beaucoup moins folklorique : le profil d’Ibrahim Ouattara. Comme l’a révélé RFI, ce Franco-Malien de 24 ans a été arrêté le 4 novembre à la gare routière de Sévaré, près de Mopti, alors qu’il tentait de rejoindre Tombouctou en bus. C’était l’élément précurseur d’un groupe d’une dizaine de jihadistes algériens, tunisiens, sénégalais et français qui vivent actuellement en Europe. L’homme est soupçonné d’avoir voulu tuer le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, en 2010. Comme il était sous contrôle judiciaire en France, il est passé par le Portugal en voyageant sous une fausse identité. Visiblement, il y a des failles dans le dispositif de surveillance de la police française.

Autre candidat français au jihad : le 7 août, un Franco-Congolais de 27 ans, Cédric Labo Ngoyi Bungenda, a été arrêté à Niamey pour une pécadille : une tentative d’achat de faux permis de conduire. Mais très vite les policiers nigériens ont flairé le « gros gibier ». Sa tactique, c’était l’immersion au Niger, avant de tenter le passage au Mali. Arrivé à Niamey quelques semaines plus tôt en provenance d’Asnières, près de Paris, cet animateur scolaire avait loué une maison et acheté un véhicule 4×4. Au cours de son interrogatoire, il a avoué qu’il voulait se rendre à Tombouctou pour porter assistance aux combattants d’Aqmi. Entre-temps, son ordinateur et son téléphone portable ont « parlé ». L’homme a été rapidement expulsé vers la France, qui le réclamait avec insistance. Objectif : exploiter ses informations afin de démanteler un éventuel réseau terroriste.

Belle somme

Est-ce l’effet Mohamed Merah ? Les candidats français au jihad se multiplient. Plus inquiétant encore, ce ne sont pas des « loups solitaires ». Avant de quitter la France, Labo Ngoyi Bungenda avait sollicité discrètement sa famille et quelques amis de sa cité pour réunir une belle somme d’argent.

Comment tarir la source ? « S’il n’est pas passé par la case prison, ce type d’individu est difficile à détecter », confie une source bien informée. « D’autant qu’il appartient à une communauté sur laquelle les services français ont peu travaillé. Jusqu’à présent, ils donnaient la priorité aux Franco-Maghrébins. Ce n’est que depuis quelques mois qu’ils s’intéressent aux Franco-Africains. »

Invisibles au départ, ces candidats au jihad peuvent l’être aussi à l’arrivée. Grâce à leurs deux passeports, certains binationaux franchissent allègrement les frontières et peuvent envisager de faire des allers-retours meurtriers entre la France et le Sahel. « Pour brouiller les pistes, certains débarquent à Dakar ou à Abidjan, et rejoignent le Nord-Mali par des bus régionaux », explique une source proche d’un service de renseignements d’un pays d’Afrique de l’Ouest. « Pour l’instant, nous n’avons pas découvert de réseau qui facilite leur voyage. Mais plusieurs apprentis jihadistes partent avec une adresse en poche. C’est souvent un membre de leur famille qui est déjà au Nord-Mali et qui se porte garant de leur engagement pour le jihad. Sinon, Aqmi les soupçonne d’être les agents infiltrés d’un service occidental, et ils risquent de passer un mauvais quart d’heure. »

La mort de Mohamed Merah le 21 mars, la chute de Gao le 31 mars… A priori, ces deux événements n’ont rien à voir, mais aujourd’hui ils font sens dans la tête de quelques fous de Dieu. Y a-t-il actuellement au Sahel des « disciples » de Merah qui cherchent à commettre des attentats en France ? Un proche des services français confirme que « le potentiel est là ».

Des Français s’étaient déjà fait remarquer au Maghreb…

Les Français qui partent faire le jihad au Sahel, c’est nouveau. Mais au Maghreb, non. Le 24 août 1994, deux touristes espagnols sont assassinés dans un hôtel de Marrakech. Six mois plus tard, Stéphane Aït Idir (23 ans, Franco-Algérien) et Redouane Hammadi (24 ans, Franco-Marocain) sont condamnés à la peine capitale, et sont toujours aujourd’hui dans le couloir de la mort au Maroc. Trois de leurs camarades franco-marocains (Kamel Ben Akcha, Abdessalam Garouaz et Abderrahmane Boujdeli) purgent, eux, une peine de prison à vie. Tous venaient du même quartier de la banlieue parisienne, la cité des 4 000 à La Courneuve.

Le 16 mai 2003, quarante-cinq personnes périssent dans une série d’attentats-suicides à Casablanca. Quatre mois plus tard, Richard Robert, un Français de 31 ans, est condamné par la justice marocaine à la réclusion criminelle à perpétuité. « L’émir aux yeux bleus », fils d’un ouvrier en verrerie de la région de Saint-Étienne (est de la France), s’était converti à l’islam dès l’âge de 18 ans. En 2009, il déclarait à Jeune Afrique qu’il renouait avec « sa foi catholique et son identité française ». En mai dernier, il a obtenu son transfert dans une prison française, où il espère aujourd’hui une remise de peine. CBo.

Catégories :causeries du moment

La situation au Mali se précise…

Une nouvelle étape est franchie dans la crise du Mali, selon l’agence AFP.

Mali: sommet des chefs d’Etat ouest-africains le 11 novembre à Abuja

(AFP) – Il y a 45 minutes

DAKAR — Les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), se réuniront dimanche à Abuja pour adopter un plan d’intervention militaire dans le nord du Mali occupé par des islamistes armés, a annoncé la Cédéao dans un communiqué reçu par l’AFP à Dakar.

A Abuja, le porte-parole de la Cédéao, Sunny Ugoh, a indiqué que le sommet serait précédé vendredi par une réunion dans la capitale nigeriane des ministres de Affaires étrangères et de la Défense de l’organisation régionale.

Une fois adopté, le plan d’intervention « sera alors transmis par l’entremise de l’Union africaine, avant le 15 novembre, au Conseil de sécurité des Nations unies, qui, le 12 octobre, avait voté une résolution donnant à la Cédéao 45 jours pour préciser ses plans de reconquête du Nord-Mali », selon le communiqué.

Réunis mardi à Bamako, les chefs d’état-major de la Cédéao avaient adopté ce qu’ils appellent un « concept d’opérations harmonisé », en réalité un plan de reconquête armée du nord du Mali.

Ce « concept » précise la composition de la force qui interviendra au Mali avec l’aval de l’ONU et le soutien logistique de pays occidentaux, le niveau de participation des pays de la Cédéao qui en constitueront le noyau, le financement et les moyens militaires dont elle devra disposer.

Il avait auparavant été mis au point par des experts internationaux, occidentaux et africains, réunis pendant une semaine dans la capitale malienne.

Aucun détail n’a cependant été rendu public sur ce plan d’intervention, des sources proches des rencontres de Bamako indiquant seulement qu’il avait été proposé que la force comprenne 4.000 hommes au lieu des 3.000 initialement prévus et que des éléments « non africains » y participent.

Le communiqué indique par ailleurs que les chefs d’état-major ouest-africains ont demandé « à la Cédéao, en collaboration avec l’UA, de mettre sur pied un comité restreint de planificateurs pour peaufiner le concept harmonisé (d’intervention) et d’organiser » ensuite « une conférence de donateurs ».

Aucun chiffre n’a a ce jour été rendu public concernant le coût de cette force armée, ni sur qui la financerait.

Le « comité restreint » doit « identifier dès que possible les insuffisances et proposer les types et nombre d’unités à générer » de la force qui, précise le communiqué, s’appellera Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma).

Une fois qu’il aura pris connaissance du plan d’intervention, le Conseil de sécurité de l’ONU devra se prononcer pour, éventuellement, voter une résolution donnant le feu vert définitif au déploiement de la force.

Trois groupes islamistes armés occupent toalement le nord du Mali depuis fin juin: Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur, (lapidations de couples non mariés, amputations de présumés voleurs, coups de fouets au buveurs d’alcool et aux fumeurs) et y commettent de nombreuses exactions et destructions de monuments sacrés.

Une délégation d’Ansar Dine, qui discute depuis près d’une semaine à Ouagadougou avec les autorités burkinabé – dont le président Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne – a affirmé rejeter « toute forme de terrorisme » et être prêt « au dialogue » avec les autorité de transition à Bamako.

Mohamed Ag Aharid, porte-parole de la délégation d’Ansar Dine à Ouagadougou, a mis en garde mercredi contre toute intervention armée au Mali qui risque « d’embraser » toute la région.

Catégories :causeries du moment

Le Kosovo, de la tension à la solidarité

8 novembre 2012 3 commentaires

La solidarité s’organise pour le Kosovo à la veille des fêtes de Noël.

Solidarité Kosovo : 23ème convoi humanitaire pour le Kosovo

7 novembre 2012

07/11/2012 – 19h30
GRACANICA (NOVOpress) – Hier est arrivé à Gracanica au Kosovo, le vingt-troisième convoi de l’association humanitaire Solidarité-Kosovo. Composé de 32 palettes de produits alimentaires, l’aide de l’association française est cette fois-ci destinée aux monastères de la région.

La soupe populaire serbe, bénéficiaire des trois précédents convois, dispose d’un stock alimentaire désormais conséquent de plusieurs dizaines de tonnes. C’est pourquoi, lorsque la possibilité d’acquérir dix tonnes d’aide alimentaire supplémentaire a été confirmée, l’équipe de Solidarité-Kosovo a décidé de l’envoyer aux monastères de la région.

 

Solidarité Kosovo : 23ème convoi humanitaire pour le Kosovo

Le monastère de Visoki Dečani au Kosovo

Sur les six derniers mois, l’association Solidarité-Kosovo a fait parvenir 40 tonnes d’aide alimentaire représentant un volume dépassant les 100m3 aux populations les plus démunies des enclaves serbes cernées par les musulmans. Grâce à ce soutien, la soupe populaire serbe et les monastères du Kosovo et de la Métochie disposent d’un stock de nourriture suffisant pour faire face à l’hiver.

Ce dernier convoi vient conclure une année d’aide alimentaire qui a été rendue possible par le dévouement des bénévoles de l’association et grâce au soutien de ses donateurs. La mobilisation de grandes entreprises agroalimentaires françaises a également permis d’obtenir des quantités de nourriture extrêmement importantes.

Les bénévoles de Solidarité-Kosovo vont se concentrer désormais sur le traditionnel convoi de Noël qui aura lieu dans moins de deux mois. Si vous voulez les y aider, c’est ici (dons d’objets, ou d’argent déductibles des impôts à hauteur de 66%).

Crédit photos : Solidarité Kosovo. DR.

[cc] Novopress.info, 2012. Les dépêches de Novopress sont libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. La licence creative commons ne s’applique pas aux articles repris depuis d’autres sites [http://fr.novopress.info/]

 

 

Catégories :Kosovo-Balkans

De la civilisation du loisir…

5 novembre 2012 2 commentaires

Depuis plusieurs décennies, nous vivons au sein d’une civilisation des loisirs, c’est un fait. Cependant, ces loisirs ont pris une place de plus en plus importante, au point de nous masquer les réalités du monde qui nous entoure. Le dernier scandale en date est très actuel : il s’agit de l’annulation du marathon de New York. La tempête Sandy était prévue depuis plusieurs jours avant son arrivée, ce qui a permis aux habitants de la côte Est de se préparer, au Maire de fermer le métro, etc…

Le Président Obama a pu prendre des mesures préventives pour limiter les dégâts (et agir en période électorale). Dans ces conditions, il est bien compréhensible d’annuler un événement festif et sportif, aussi important soit-il, au vu des dégâts et des morts, des sans abri, des nécessaires reconstructions et des sommes astronomiques que devront verser les assurances et l’Etat pour reconstruire ce qui peut l’être encore.

Ce qui est le plus étonnant, et le pus choquant aussi, est la réaction de certains inscrits au marathon, qui ne pourront pas participer à cette course mythique cette année. Les critiques pleuvent sur cette décision pourtant bien compréhensible…

Comment ose-t-on priver tous ces braves gens de leur loisir, pour lequel ils ont payé leur billet d’avion ?

C’est là un trait de caractère bien particulier : j’ai payé donc j’y ai droit !

Il aurait été plus judicieux, et sans doute plus décent, de contacter les autorités en amont de l’arrivée de la tempête, pour organiser pourquoi pas un « marathon solidaire », un appel aux dons en nature (nourriture, vêtements, médicaments, logement, etc) et peut-être organiser dans la foulée un Noël solidaire pur les enfants qui passeront les fêtes dehors, dans un hangar…

Il est des circonstances où le loisir doit rester à sa place, et surtout la céder devant l’urgence, la nécessité, la solidarité. Les Etats-Unis, Haïti, et d’autres pays ont été durement touchés. Le marathon est une épreuve sportive qui met en avant les valeurs de courage, d’endurance, de dépassement de soi, des valeurs que montrent aujourd’hui les sinistrés !

Quitte à courir un marathon, autant l’organiser ailleurs, différemment peut-être, pour venir en aide à eux qui en ont besoin, à ceux qui ont tout perdu dans ce caprice du temps, pour qui un toit et un repas ont plus de valeur qu’un billet d’avion…

Catégories :causeries du moment