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Kosovo, le dessous des cartes…

La question du Kosovo est particulièrement épineuse, et porte le germe d’un nouveau conflit qui pourrait embraser de nouveau les Balkans.

L’article du courrier des Balkans le montre très justement. L’indépendance du Kosovo ouvre de fait la voie à son rattachement à l’Albanie, que dire alors des Républiques Serbes du Kosovo et de Bosnie qui pourraient donc demander l’indépendance avant un rattachement à la Serbie.

On le voit, le projet de « Grande Albanie » s’oppose à celui de « Grande Serbie », il n’est pas certain que nos dirigeants soient les mieux inspirés pour régler cette question brûlante…

L’Union Européenne est toujours aussi incompétente en la matière, mais il n’est plus question d’écraser la Serbie sous les bombes, le gouvernement Obama a sans doute plus de sagesse que le précédent, quant à la Russie, l’occasion est trop belle pour jouer à fond le rôle du « grand frère orthodoxe » venant au secours des peuples frères….

La Chine quant à elle pourra trouver une occasion de se positionner sur la scène internationale, et du même coup renforcer les relations entre Moscou et Pékin…

Source : site web du Courrier des Balkans)

Le Courrier des Balkans

Unification de l’Albanie et du Kosovo : « une évolution européenne normale »

De notre envoyé spécial à Tirana
Sur la Toile :

Mise en ligne : lundi 26 novembre 2012
Alors que tous les Albanais des Balkans fêtent le centenaire de l’indépendance albanaise, l’heure de « l’unification nationale » va-t-elle sonner ? Pour Enis Sulstarova, sociologue à Tirana, animateur du réseau RROSH et proche de mouvements comme Vetëvendosje !, il s’agirait d’une évolution normale… Les processus nationaux ne sont pas achevés et peuvent se poursuivre même à l’intérieur de l’Union européenne. Interview.

Propos recueillis par Jean-Arnault Dérens

Le Courrier des Balkans (CdB) : L’Albanie et le Kosovo fêtent les 100 ans de l’indépendance albanaise. Que vous inspirent ces célébrations ?Enis Sulstarova (E.S.) : Des sentiments mitigés. La proclamation d’indépendance de l’Albanie, le 28 novembre 1912, est bien sûr un événement essentiel dans notre histoire, mais un siècle, la moitié seulement des aspirations de 1912 sont satisfaites…


Retrouvez notre dossier :
28 novembre 1912 : il y a cent ans, naissait l’État d’Albanie 


La moitié du peuple albanais est resté en-dehors des frontières de l’État d’Albanie tout au long de ce siècle et aujourd’hui, depuis la proclamation d’indépendance du Kosovo, nous disposons, en quelque sorte, « d’un État et demi »… Il serait pourtant beaucoup simple d’avoir un seul État.

CdB : Comment envisagez-vous l’unification nationale ? À Tirana comme à Pristina, les dirigeants politiques répètent que celle-ci se produira dans le cadre de l’Union européenne, avec l’intégration, un jour, tant du Kosovo que de l’Albanie.

E.S. : Oui, c’est la langue de bois officielle. D’un point de vue philosophique, je suis très optimiste. En effet, les dirigeants de Tirana et de Pristina expliquent que nous sommes une seule et même nation. Dire cela revient à dire que nous ne voulons plus rester séparés – les politiciens qui essaient de prétendre le contrôle commettent un contre-sens majeur au nom de leurs petits calculs quotidiens. Toutes les enquêtes d’opinion reconnaissent que la grande majorité des Albanais, à travers tous les Balkans, sont favorables à l’unification, même si je reconnais qu’’il faut rester prudent avec de tels sondages qui n’indiquent pas forcément une réelle mobilisation : tout le monde serait prêt à accepter l’unification nationale si elle nous était offerte par les États-Unis ou l’Union européenne. Or, nous n’aurons pas de tels cadeaux : si nous voulons l’unification, il faudra se battre pour l’obtenir.

CdB : Vous parlez du Kosovo comme d’un « demi-État »… Qu’est-ce que cela veut dire ?

E.S. : Je pense bien sûr à la situation dans le nord du Kosovo et à toutes les entraves prévues par le plan Ahtisaari.

CdB : Qu’apporterait cette unification de l’Albanie et du Kosovo ?

E.S. : Tout d’abord, plus de démocratie. Le principe d’autodétermination est fondateur de la démocratie. Durant cent ans, différents régimes ont essayé de remodeler l’Albanie, mais il ne peut pas y avoir de pays « normal » sans résolution de la question nationale… C’est probablement pour cela que notre histoire a abondé en figures autoritaires, comme Zog ou Enver Hoxha, qui avaient l’avantage de contribuer à maintenir le statu quo sur la question nationale. L’objectif d’unification nationale et celui de l’intégration européenne sont complémentaires. Rien ne peut empêcher deux États souverains de décider de s’unir, rien ne s’y oppose dans le droit internationale, dans la Charte des Nations Unies…

CdB : Qu’adviendrait-il de la Macédoine dans cette hypothèse ?

E.S. : Si les droits des Albanais ne sont pas pleinement respectés, s’ils restent des citoyens de seconde zone dans cet État, alors la Macédoine est condamnée… Pourtant, une véritable intégration de la communauté albanaise dans une Macédoine vraiment multi-nationale demeure la meilleure, mais il n’est pas certain que les actuels dirigeants de Skopje soient sur cette position.

CdB : Ne craignez-vous pas de rallumer la mèche des conflits régionaux ?

E.S. : Toutes les politiques suivies actuellement dans les Balkans se jouent à deux niveaux. Officiellement, les élites politiques de tous les pays de la région sont toutes favorables à l’intégration européenne et, dans le même temps, elles poursuivent toutes des projets nationaux qui, le plus souvent, ne sont pas encore achevés. Les processus nationaux se poursuivront après l’intégration européenne, nous sommes toujours bien de la fin de l’histoire ! D’ailleurs, regardez ce qui se passe déjà parmi les membres de l’UE : l’Ecosse et la Catalogne vont probablement devenir indépendante, la Belgique va éclater… On présente toujours les Balkans comme un « trou noir » de l’Europe, mais les mêmes processus sont à l’oeuvre sur tout le continent. On nous a dit durant longtemps qu’il fallait que les Balkans « s’européanisent », qu’ils s’engagent dans la « voie européenne » mais, encore une fois, alors que la Belgique va se désintégrer, l’unification de l’Albanie et du Kosovo serait un processus européen très normal…

CdB : Une nouvelle guerre vous semble-t-elle possible ?

E.S. : Oui, bien sûr, si le système de sécurité internationale s’effondre. Malgré les hypothèse des dernières décennies, nous vivons toujours à l’heure des États-nations. Mais je pense que l’unification de l’Albanie et du Kosovo peut se dérouler pacifiquement.

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Catégories :Kosovo-Balkans
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