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du Mali au Kosovo…

La situation militaire au Mali tourne à l’avantage des forces françaises après leur intervention depuis le 11-01-2013, les rapides succès de militaires français ont fait reculer les forces jihadistes de façon significative, au grand bonheur de la population malienne. La contre-offensive ne s’est pas faite attendre, en effet, à défaut de pouvoir affronter l’armée française dans un combat conventionnel, les jihadistes portent leur action sur le terrain de la prise d’otages comme le 16-01-2013 sur le site gazier d’In Amenas.

Cette action pour le moins spectaculaire (environ 40 otages) fait suite aux menaces proférées par Moktar BelMoktar visant les intérêts français en Afrique et en France même où le plan vigipirate est passé au stade « rouge ».

C’est donc une nouvelle forme de combat qui se met en place. On s’éloigne du modèle conventionnel d’une armée face à une autre. La supériorité technique de l’armée française sur les jihadistes lui a offert de francs et rapides succès. Dans le même temps, cette supériorité a contraint les adversaire à s’adapter pour combler leur retard technologique. Ils utilisent désormais des moyens simples mais efficaces pour continuer la lutte armée. C’est désormais un nouveau défi que d’anticiper ce genre d’actions pour ne pas se laisser déborder, pour maintenir et conforter cette avance et conserver la supériorité militaires non seulement pour réduire la menace islamiste au Mali, mais aussi dans d’autres régions d’Afrique elles aussi menacées par la constitution d’une zone contrôlée par les fondamentalistes, permettant de projeter des actions militaires et terroristes aussi bien en Afrique qu’en Europe, en Asie ou aux Etats-Unis.

Cette zone doit être réduite et disparaître le plus rapidement possible, non seulement pour éliminer la menace terroriste, mais aussi pour servir d’exemple à tous les mouvements similaires, qu’ils soient religieux, politiques ou autre. C’est aussi l’occasion de renouer et renforcer les liens diplomatiques avec les pays de l’Afrique subsaharienne. Une telle démarche aura des conséquences diplomatiques, économiques, politiques et militaires d’une grande importance. C’est aussi l’occasion de créer une véritable dynamique européenne au moment où l’unité de l’UE fait particulièrement défaut, et renforce d’autant le sentiment europhobe, après la crise grecque, espagnole, portugaise….

En parallèle de la crise malienne, une autre « occasion » se présente pour trouver des solutions « conjointes et efficaces » : la récente crise du Kosovo.

En effet, les tensions ethniques redoublent depuis ces dernières années. Les Serbes du Kosovo sont particulièrement visée par des violences de toutes sortes. Ainsi, les fêtes de Noël 2012ont été le théâtre de vandalisme dans plusieurs cimetières orthodoxes, tandis que la population serbe se trouve de plus en plus isolée et menacée, même l’aide humanitaire a du mal à leur être acheminée, la contraignant à appeler Belgrade à l’aide. Malgré de multiples protestations, la communauté internationale demeure muette. De fait, il ne reste que deux alternatives : soit quitter le Kosovo dans une démarche d’épuration ethnique, soit résister en réclamant l’indépendance du territoire et son rattachement à la Serbie. Il est à souhaiter que cette option se réalise dans le respect du droit international, sans heurts et que cette démarche trouve une issue favorable et pacifique, avec le soutien de la communauté internationale.

Dans le cas contraire, faute de soutien politique, c’est le soutien militaire qui s’imposera avec désormais une Serbie apaisée depuis les années 1990, et de puissants alliés comme la Russie qui a sur se reconstruire politiquement, économiquement et militairement depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. La Chine quant à elle, ne manquera pas une occasion de s’imposer sur la scène internationale, et s’affirmer comme une grande puissance. L’Europe quant à elle, c’est à craindre et à déplorer, ne pourra sans doute pas afficher une réelle unité politique pour gérer ce conflit, comme ce fut le cas lors de l’éclatement de la Yougoslavie il y a 20 ans, ou aujourd’hui encore dans la crise malienne.

Est-ce que les Etats-Unis mèneront la même politique anti-serbe ?

A cette question, nous pouvons apporter une lueur d’espoir avec la présidence Obama, différente de la gestion Bush. On est en droit d’espérer une plus grande ouverture d’esprit, une meilleure prise en compte de la situation sur le terrain, ne serait-ce que pour améliorer une image profondément ternie dans tout le monde orthodoxe, bien au-delà des Balkans. Néanmoins, la situation reste particulièrement tendue, ouvrant largement la voie à un règlement militaire des contentieux communautaires de manière ponctuelle ou globale. Les motifs de contentieux ne manquent pas en effet, qu’il s’agisse de revendication territoriales ou de scandales récents comme l’affaire des tombes vandalisées ou des trafics d’organes…

Les revendication territoriales sont le fruit le 400 ans d’occupation ottomane dans les Balkans, depuis la chute de Constantinople en 1453. Cet événement décisif a fait débuter une période de résistance et d’unité du monde orthodoxe face à l’ennemi désigné : l’islam en Europe. Depuis, toute présence musulmane est vue comme une anomalie, quand elle n’est pas considérée comme une provocation. A l’inverse, les projets de Grande Albanie ou d’extension de la Bosnie, du Kosovo, s’accompagnent d’une épuration ethnique comme c’est le cas actuellement au Kosovo à l’encontre des Serbes. L’idée de reconstruire une présence musulmane forte comme au temps de l’Empire ottoman, reste ancré dans les mémoires et les actions.

La conséquence directe est l’idée de Grande Serbie, d’une Grande Croatie, ou d’une Grande Grèce avec son corollaire : la stabilisation et l’homogénéité ethnique…

On le voit, tous les ingrédients sont réunis pour relancer une guerre territoriale, religieuse, ethnique et politique. Comme je l’ai déjà précisé plus longuement, les circonstances actuelles sont très différentes de celles des années 90, en fait elle sont radicalement différentes, très favorables aux Serbes. L’issue d’un nouveau conflit armé ne laisse guère de doutes quant à l’issue…

Comme pour renforcer le climat déjà électrique, les exactions envers les population civiles sont nombreuses et quotidiennes. On peut rappeler ici les actes de vandalisme dont certains cimetières orthodoxes ont fait les frais durant Noël 2012. Les vivants ou les morts ne suffisent plus à canaliser les antagonismes. En effet, lorsque les uns condamnent le retrait d’un monument à la gloire des « martyrs » de la guerilla albanaise à Presevo, les autres condamnent la destruction à Vitilina d’un mémorial serbe à la gloire des combattants antifascistes de la 2e guerre mondiale. C’est à coup de symboles que les affrontements entre Serbes et albanophones s’expriment. A cela, une soixantaine de tombes ont été détruites entre le 20 et le 21 janvier 2013 dans le cimetière des villes de Lolkot, Obilic et Prizren. Des églises ont également été incendiées dans plusieurs localités rendant la vie difficile et menaçante pour les résidents serbes. Le Premier Ministre serbe, Ivica Dacic, a fermement condamné ces actes, rappelant aux autorités internationales au Kosovo, leur obligation de « protéger l’héritage culturel serbe ».

La Présidente du Kosovo, Atifete Jahjaga, l’EULEX et l’OSCE ont condamné ces actes qui attisent des tensions déjà palpables. Faute d’une action de la part des autorités, les populations auront le sentiment d’être abandonnées, et seront tentées de régler leur problèmes eux-mêmes. Ici encore la voie des armes sera sans doute privilégiée, du moins pour ceux qui ne souhaitent pas quitter cette région au nom d’un nouvelle épuration ethnique qui ne dit pas son nom. En retour, il est fort probable, que les Serbes les plus engagés, souhaitent à leur tour organiser une épuration ethnique à l’encontre des albanophones s’ils en ont les moyens. Non seulement à titre de représailles, mais aussi plus simplement pour se prémunir de nouvelles exactions, de nouveaux actes de violence à leur encontre.

Sans une solution rapide et efficace de la part des autorités et de la communauté internationales, cette situation explosive risque for t de trouve une issue par la voir des armes, faute de pouvoir en trouve une par la voie du droit international…

Cette solution existe et perdure durant près de 400 ans dans les Balkans à travers la résistance armée face à l’ennemi commun : l’islam en Europe incarné par l’Empire Ottoman. Une fois celui-ci vaincu et chassé des Balkans, les belligérants se sont affrontés les uns les autres pour se partager sa dépouille. Deux guerres mondiales sont ensuite venues compliquer et radicaliser des rapports déjà très tendus. Au final, une dictature de 80 ans a parachevé l’histoire de cette partie du monde, avec l’unité yougoslave imposée par Tito. Il ne faut donc pas s’étonner si depuis la chute du régime communiste, et à présent, la force reste le moyen d’expression privilégié. Cette solution est d’autant plus justifiée aux yeux de tous, lorsque le droit international ne parvient pas à régler des contentieux qui relèvent pourtant de ses attributions comme la sordide affaire de trafic d’organes dont le règlement se fait attendre depuis de nombreuses années, laissant court à toutes les interprétations, les conclusions hâtives et les coupables désignés (en laissant les autres à l’abri de poursuites).  Ce manque de résultat des instances internationales accroît d’autant le sentiment d’inutilité, d’échec d’un règlement pacifique, par le droit, voire une complicité réelle ou tacite.

Là encore, un règlement des contentieux par les armes apparaît comme plus rapide, plus efficace, plus légitime même comme c’est le cas pour les revendications territoriales ponctuées d’épurations ethniques. Le travail est encore long avant d’instaurer un véritable Etat de droit, une zone où les conflits trouvent une issue juridique, si tant qu’une telle solution est encore envisageable aujourd’hui…

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Catégories :Kosovo-Balkans
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