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Archive for mars 2013

Kosovo, un fédération serbe ?

La situation du Kosovo est toujours aussi préoccupante, les échanges diplomatiques ne permettent pas toujours de répondre aux besoins du terrain.

(Source : Courrier des Balkans)

Le Courrier des Balkans

« Normalisation » des relations entre le Kosovo et la Serbie : jusqu’où peut aller Pristina ?

Mise en ligne : mercredi 27 mars 2013
Que se prépare-t-il à Bruxelles ? À quelques jours de la séance « décisive » du dialogue entre Belgrade et Pristina, prévue le 2 avril, l’inquiétude grandit au Kosovo. La formation d’une éventuelle « Association des communes serbes » n’est-elle pas une nouvelle forme d’autonomie pour le nord et le prélude à la partition du Kosovo ? Le gouvernement et le Premier ministre Hashim Thaçi distillent les informations au compte-gouttes.

Par Belgzim Kamberi

Au Kosovo, personne ne semble être informé sur le contenu du septième round de négociation entre les Premiers ministres du Kosovo et de la Serbie, Hashim Thaçi et Ivica Dačić, le 20 mars derniers. Les critiques sont unanimes pour estimer que le dialogue poursuivi à Bruxelles manque singulièrement de transparence. Même l’Alliance pour un nouveau Kosovo (AKR), le parti de Bexhet Pacolli, partenaire de la coalition gouvernementale, affirme ne rien savoir de précis sur l’évolution et le contenu du dialogue. « Jusqu’à présent, nous n’avons participé à aucune rencontre », dénoncé Mimoza Kusari-Lila, la vice-présidente de l’AKR. Tandis que les cercles gouvernementaux évoquent leur volonté de conclure un « traité de paix » et un « accord historique » avec la Serbie, certains critiques estiment que le plan Plan Ahtisaari sera « dépassé » si les Serbes du Nord obtiennent une autonomie qui pourrait aboutir à la sécession. Comme chaque fois après les négociations à Bruxelles, Hashim Thaçi se présentera jeudi devant le Parlement du Kosovo pour donner son rapport sur l’évolution des négociations. Le Premier ministre obtiendra probablement de nouveau le soutien de l’Assemblée nationale, d’autant qu’il peut compter, sur ce dossier délicat, sur l’Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK) de Ramush Haradinaj, officiellement dans l’opposition, mais qui soutient Hashim Thaçi quand il est question du dialogue. Blerim Shala, vice-président de l’AAK et toujours très proche des cercles diplomatiques américains, est officiellement le coordinateur du gouvernement du Kosovo pour le dialogue avec la Serbie, bien que Hashim Thaçi reste de fait le véritable interlocuteur. Ramush Haradinaj estimait dernièrement que ces négociations représentaient « un dernier effort afin de trouver une solution générale pour normaliser les rapports entre les eux pays. Il n’y a pas de solution en dehors du paquet Ahtisari ». Hashim Thaçi cherche à obtenir une nouvelle légitimité auprès des députés, avant la nouvelle session de négociations, prévue le 2 avril. Présentée comme « décisive », elle devrait aboutir à un accord sur la « normalisation des relations » entre la Serbie et le Kosovo. « La bataille porte désormais sur les compétences qui seront accordées à la future ’association des communes serbes du Kosovo’. La question est notamment de savoir si celle-ci pourra obtenir un tribunal de grande instance et une police autonome, qui ne serait pas sous le commandement de Pristina. C’est sur ces points que Pristina doit résister, car ces conditions pourraient être le prélude à une partition définitive du Kosovo », estime le journaliste Halil Matoshi. Hasim Thaçi a récemment pointé du doigt la volonté supposé de la Serbie de rejeter l’accord, probablement pour renforcer sa propre position de futur signataire de l’accord au sein de l’opinion public kosovare, qui craint la partition du nord du Kosovo. « La Serbie doit comprendre et respecter ces nouvelles circonstances, elle doit démontrer sa bonne volonté pour établir un bon voisinage avec le Kosovo, pour la normalisation des relations. Ce sera une pré-condition indispensable pour que le Kosovo et la Serbie, en tant qu’États souverains, intègrent l’Otan et à l’UE, ainsi que l’ONU pour le Kosovo », a déclaré Hashim Thaçi lors de la dernière séance du gouvernement.

Aller « au-delà du plan Ahtisaari » ?

L’analyste Azem Vllasi, ancien dirigeant communiste du Kosovo, affirme que Pristina n’acceptera « que le Plan Ahtisari, qui prévoit déjà que les communes serbes obtiennent plus de compétences que les autres mairies du Kosovo et de la région ». Ismet Beqiri, le chef du groupe parlementaire de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), a déclaré que les négociations sur le statut du Nord ne pouvaient pas sortir du cadre de la résolution adoptée par le Parlement du Kosovo, mais que le plus important, était le résultat final de ces négociations. « Personne n’a le droit d’aller au-delà du plan Ahtisaari, de la Résolution de l’Assemblée et de la Constitution du Kosovo », rappelle également Teuta Sahatçia, députée de la LDK. Pour l’analyste Behxhet Shala, les négociations dépassent pourtant déjà le cadre du plan Ahtisaari. « Cette nouvelle ’association des communes serbes’ sera plus tournée vers Belgrade que vers Pristina, elle n’obéira pas aux institutions de l’État du Kosovo », affirme-t-il, en ajoutant que cet accord ne règlera pas le problème du nord, mais sera au contraire « à la base de nouveaux désaccords ». Le mouvement Vetëvendosje ! d’Albin Kurti, qui s’oppose aux négociations avec Belgrade, a déclaré « que les dernières informations venant de Bruxelles montrent bien que la tendance est à créer un territoire autonome (l’Association des communes serbes), avec un budget particulier (le Fonds pour le nord) et de larges compétences dans tous les domaines régaliens (police, justice, télécommunication, énergie, infrastructures, etc) ». « Cette Association des communes serbes n’est qu’un nouveau nom pour l’autonomie d’une entité serbe au Kosovo », affirme Erzen Vraniqi, porte-parole de Vetëvendosje !

Le mouvement a justement choisi la ville divisé de Mitrovica pour organiser, samedi 30 mars, de nouvelles manifestations contre le dialogue avec Belgrade.

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une prise de conscience ?

La situation explosive du Kosovo semble avoir peut-être convaincu quelques responsables de l’ONU après un discours de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Russie à l’ONU.

(Source : Ria Novosti)

Kosovo: la création d’une armée menace la stabilité régionale (Moscou)

13:33 23/03/2013 -NEW YORK (Nations unies), 23 mars – RIA Novosti

La transformation de la Force de sécurité du Kosovo (FSK) en véritable armée risque de déstabiliser la région, a déclaré vendredi à New York le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU Vitali Tchourkine. « La FSK est presque entièrement composée d’Albanais dont la plupart ont participé à la guérilla. Nous le considérons comme une menace potentielle pour la stabilité régionale », a indiqué M.Tchourkine lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée au Kosovo. Les discussions sur le projet d’une soi-disant Grande Albanie (qui embrasse tous les territoires des Balkans où vivent des Albanais ethniques, y compris le Kosovo, certaines régions de la Macédoine, le Monténégro et plusieurs autres pays), ainsi que l’intention de Pristina d’accorder une assistance aux Albanais ethniques où qu’ils résident « mènent vers une déstabilisation au Kosovo et dans les pays voisins de la Serbie – en Macédoine, au Monténégro et en Grèce », a ajouté le diplomate russe. Les autorités albanaises du Kosovo, soutenues par les Etats-Unis et par certains pays membres de l’Union européenne, ont unilatéralement proclamé l’indépendance de cette province serbe le 17 février 2008. La Serbie conteste cette proclamation d’indépendance unilatérale et considère toujours le Kosovo comme sa province méridionale.  La Force de sécurité du Kosovo (FSK) existe depuis 2008. Elle a été mise en place au lendemain du démantèlement du Corps de protection kosovar, qui était composé majoritairement d’anciens membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), la guérilla indépendantiste qui avait combattu les troupes serbes lors du conflit de 1998-1999.

(Source : le Monde)

Echec des négociations entre la Serbie et le Kosovo

Le Monde.fr avec Reuters | 21.03.2013 à 02h31

La Serbie et le Kosovo ont achevé mercredi 20 mars sans résultat une série de négociations destinées à mettre fin à la partition ethnique dans l’ancienne province serbe qui a unilatéralement déclaré son indépendance en 2008. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’UE, a néanmoins jugé que les pourparlers à Bruxelles entre Ivica Dacic, premier ministre serbe, et Hashim Thaci, son homologue kosovar, avaient nettement avancé et devraient déboucher sur un accord à l’issue du prochain cycle, prévu le 2 avril.  Belgrade, qui souhaite rejoindre l’Union européenne (UE), est l’objet de pressions pour tenter de surmonter la partition qui existe de facto entre le Kosovo à majorité albanaise et la minorité serbe du nord du pays qui refuse de reconnaître le nouvel Etat. Hashim Thaci et le président serbe, Tomislav Nikolic, ont tous deux annoncé la semaine dernière que les deux parties étaient proches d’un accord. Belgrade semble en effet prêt à reconnaître l’autorité du gouvernement kosovar sur le Nord, en échange de l’autonomie de la région serbe, sur laquelle Pristina n’exerce qu’un pouvoir très limité.

 

 

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Après Chypre, Athènes ?

Le choix désastreux de Bruxelles pour améliorer la situation économique de Chypre a des conséquences bien prévisibles. La crise de confiance dans l’Europe se confirme par les conditions draconiennes (et aberrantes) du prêt européen visant le secteur bancaire chypriote. En effet, le parlement de cette île, membre de l’union européenne déjà victime d’une occupation militaire qui n’a jamais pu bénéficier d’une quelconque action de Bruxelles, a rejeté le plan de « sauvetage ». On apprend que les investissements russes sont déjà très importants, Nicosie pourrait être tenté de chercher des financements ailleurs, à Moscou par exemple. Après la crise grecque, on peut s’interroger si ce plan de « sauvetage » n’est pas un test pour l’appliquer ensuite à d’autres pays économiquement déstabilisés par l’Euro comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande…

C’est aussi et surtout la porte ouverte à d’autres sources de financements non européens, une manière de se détacher d’une Europe dont on veut de moins en moins. Dans le cas présent, Moscou semble le candidat idéal pur renforcer et développer ses investissement,Pékin pourrait être un autre candidat profitant de cette situation ubuesque pour pénétrer profondément le marché européen… l’avenir nous le dira…

(Source : le Monde)

Chypre : le Parlement rejette le plan de sauvetage

Le Monde.fr avec AFP | 19.03.2013 à 11h30 • Mis à jour le 19.03.2013 à 20h41

 Les milliers de manifestants qui s'étaient réunis devant le Parlement à Nicosie ont laissé exploser leur joie à l'annonce du vote.

Le Parlement chypriote a rejeté mardi le plan de sauvetage européen pour l’île après le tollé provoqué par la taxe sans précédent sur les dépôts bancaires qui y est prévue. Trente-six députés ont voté contre, 19 se sont abstenus – tous du parti Disy, du président conservateur Nicos Anastasiades. Le plan n’a obtenu aucun vote positif.

L’annonce du rejet a été accueillie par une énorme explosion de joie devant le Parlement où des milliers de manifestants s’étaient réunis pour dire « non » au texte. « Chypre appartient à son peuple », « Un peuple uni ne sera jamais vaincu », scandait la foule. Le gouvernement grec de coalition a été le premier à réagir en demandant que la zone euro « corrige » le plan de soutien à Chypre. Le plan de sauvetage, conclu à Bruxelles samedi à l’aube, prévoyait à l’origine une ponction de 6,75 % pour les dépôts jusqu’à 100 000 en contrepartie d’un prêt de 10 milliards d’euros de la zone euro et du FMI. Mais face à la colère des épargnants, l’Eurogroupe avait mis de l’eau dans son vin lundi soir en suggérant à Chypre de ne pas taxer les comptes dont le solde est inférieur à 100 000 euros. Le gouvernement de l’île, au bord de la faillite, avait finalement retenu la solution d’une taxe exceptionnelle de 6,75 % sur tous les dépôts bancaires de 20 à 100 000 euros et de 9,9 % au-dessus. Cette mesure inédite de prélèvement devait initialement rapporter 5,8 milliards d’euros.

« NON AU CHANTAGE »

« La réponse ne peut être que non au chantage  […]. Cette décision n’est rien qu’une razzia sur les fonds bancaires, avait déclaré le président du Parlement avant le début du vote. Ce plan doit être renégocié. » « C’est comme faire une chute de 10 000 mètres sans parachute, le seul but de cette décision est de détruire l’économie mais nous disons non », a indiqué pour sa part le député écologiste George Perdikes. Avant même que les parlementaires de l’île ne se prononcent, le parti au pouvoir, Disy, avait fait savoir qu’il s’abstiendrait. Selon un de ses membres, cette démarche « renforcera la position de la République de Chypre pendant les négociations ».

LES MARCHÉS EN BAISSE

Sur l’île, les banques, fermées depuis samedi, le resteront jusqu’à jeudi, les autorités redoutant une ruée sur les guichets de clients en colère. La Bourse a annoncé la suspension de ses échanges mardi et mercredi. Le plan a aussi secoué les places financières mondiales. La Bourse de Paris a reculé de 1,3 % mardi, déstabilisée par la crise chypriote qui a ravivé les tensions dans la zone euro et conduit nombre d’investisseurs à vendre leurs positions, notamment les valeurs bancaires en chute de 4 à 6 %. Quant aux taux obligataires des pays les plus fragiles, ils accusent le coup également : la prime de risque espagnole sur dix ans est repassée au-dessus des 5 %, celle de l’Italie grimpe à 4,7 %.

LA COLÈRE DE MOSCOU

Chypre a besoin de 17 milliards d’euros pour faire face à sa dette et a demandé une aide européenne en juin. Elle est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d’un programme d’aide internationale, avec un montant très inférieur aux centaines de milliards déboursés pour la Grèce et aux dizaines de milliards versés au Portugal et à l’Irlande ou pour renflouer le secteur bancaire espagnol. L’annonce du plan de sauvetage a provoqué une onde de choc à l’étranger, surtout en Russie. La taxe de 9,9 % sur les dépôts de plus de 100 000 euros risque en effet de coûter des milliards d’euros aux fortunes russes placées dans l’île. Le ministre des finances russe a regretté une décision prise sans concertation par l’UE et menacé de revenir sur sa proposition d’assouplir les conditions du crédit de 2,5 milliards d’euros accordé à Nicosie en 2011.

« CRIME AVEC PRÉMÉDITATION »

Selon le quotidien Vedomosti, la banque russe Gazprombank, détenue à 41 % par le géant public gazier Gazprom, a proposé à Chypre une aide financière en échange de licences de production de gaz naturel au large de l’île méditerranéenne. Chypre ambitionne de devenir une importante plate-forme régionale dans le domaine de l’énergie, après la découverte de colossales ressources en hydrocarbures sous la mer au large de ses côtes méridionales. Pour le député Diko Marios Garoyian, le texte est un « crime avec préméditation » et une « forme d’esclavage économique » pour forcer Chypre à rompre ses liens avec Moscou et Pékin et permettre à d’autres de mettre la main sur les réserves énergiques.

(Source : le Point)

Le Point.fr – Publié le 19/03/2013 à 19:45 – Modifié le 20/03/2013 à 00:07

Le Parlement chypriote s’est prononcé contre le projet de loi sur la taxation des comptes bancaires par 36 voix contre et 19 abstentions.

Photo d'illustration : des Chypriotes manifestent leur refus du plan européen.
Photo d’illustration : des Chypriotes manifestent leur refus du plan européen. © Patrick Baz / AFP

Le Parlement chypriote a rejeté mardi le plan de sauvetage européen pour l’île après le tollé provoqué par la taxe sans précédent sur les dépôts bancaires qui y est prévue, plongeant le pays dans une grande incertitude. L’annonce du rejet a été accueillie par une énorme explosion de joie devant le Parlement, où des milliers de manifestants s’étaient réunis pour dire non au texte. « Chypre appartient à son peuple », « Un peuple uni ne sera jamais vaincu », scandait la foule. Le projet « a été rejeté », a annoncé le président du Parlement, Yiannakis Omirou, en le qualifiant de « chantage ». Trente-six députés ont voté contre, dix-neuf se sont abstenus – tous du parti Disy du président conservateur Nicos Anastasiades. Le plan n’a obtenu aucun vote positif. « La réponse ne peut être que non au chantage (…). Cette décision n’est rien qu’une razzia sur les fonds bancaires », a-t-il dit avant le début du vote. « Ce plan doit être renégocié. » « C’est comme faire une chute de 10 000 mètres sans parachute, le seul but de cette décision est de détruire l’économie, mais nous disons non », a indiqué le député des Verts George Perdikes.

5,8 milliards d’euros

Nicos Anastasiades, élu il y a à peine un mois, devait s’entretenir dans la soirée au téléphone avec la chancelière Angela Merkel et se réunir avec les chefs de partis mercredi à 8 heures (heure de Paris). Le plan de sauvetage prévoyait, en contrepartie d’un prêt de 10 milliards d’euros de la zone euro et du FMI pour l’île au bord de la faillite, une taxe exceptionnelle de 6,75 % sur tous les dépôts bancaires de 20 à 100 000 euros et de 9,9 % au-dessus. Ce projet, conclu à Bruxelles samedi à l’aube, comprenait à l’origine une ponction de 6,75 % pour les dépôts jusqu’à 100 000 euros, mais, devant le tollé général provoqué par ces taxes, Chypre a finalement décidé d’exonérer les dépôts de moins de 20 000 euros. Cette mesure inédite de prélèvement devait rapporter 5,8 milliards d’euros. Sur l’île, les banques, fermées depuis samedi, le resteront jusqu’à jeudi, les autorités redoutant une ruée sur les guichets de clients en colère. La Bourse a annoncé la suspension de ses échanges mardi et mercredi. Le plan a aussi secoué les places financières mondiales. La Bourse de Paris a reculé de 1,30 % mardi, déstabilisée par la crise chypriote qui a ravivé les tensions dans la zone euro et conduit nombre d’investisseurs à vendre leurs positions, notamment les valeurs bancaires en chute de 4 à 6 %.

Une onde de choc

Chypre a besoin de 17 milliards d’euros pour faire face à sa dette et a demandé une aide européenne en juin. Elle est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d’un programme d’aide internationale, avec un montant très inférieur aux centaines de milliards déboursés pour la Grèce et aux dizaines de milliards versés au Portugal, à l’Irlande et pour renflouer le secteur bancaire espagnol. L’annonce du plan de sauvetage a provoqué une onde de choc à l’étranger, surtout en Russie. La taxe de 9,9 % sur les dépôts de plus de 100 000 euros risque en effet de coûter des milliards d’euros aux fortunes russes placées dans l’île. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a regretté une décision prise sans concertation par l’UE et menacé de revenir sur sa proposition d’assouplir les conditions du crédit de 2,5 milliards d’euros accordé à Nicosie en 2011. Le ministre des Finances, Michalis Sarris, devait se rendre mardi à Moscou pour négocier l’étalement du remboursement d’un crédit de 2,5 milliards d’euros. Selon le quotidien Vedomosti, la banque russe Gazprombank, détenue à 41 % par le géant public gazier Gazprom, a proposé à Chypre une aide financière en échange de licences de production de gaz naturel au large de l’île méditerranéenne.

« Une forme d’esclavage économique »

Chypre ambitionne de devenir une importante plateforme régionale dans le domaine de l’énergie, après la découverte de colossales ressources en hydrocarbures sous la mer au large de ses côtes méridionales. Pour le député du parti Diko Marios Garoyian, la texte est un « crime avec préméditation » et une « forme d’esclavage économique » pour forcer Chypre à rompre ses liens avec Moscou et Pékin, et permettre à d’autres de mettre la main sur les réserves énergiques. En raison d’une fiscalité avantageuse, Chypre a été pendant longtemps considérée comme un paradis fiscal, mais les autorités se défendent de l’image de lessiveuse d’argent sale qui continue de coller à l’île. Quant au Royaume-Uni, il a déjà envoyé un avion militaire à Chypre avec un million d’euros en liquide pour venir en aide à ses soldats stationnés sur l’île.

(Source : l’Express)

Chypre : l’Eurogroupe réitère son offre d’aide à Nicosie

Par LEXPRESS.fr, publié le 20/03/2013 à 04:53

La zone euro a « pris note » mardi soir du rejet par le Parlement chypriote du plan d’aide à Chypre comprenant une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires. Elle a toutefois « réitéré son offre » à Nicosie, tandis que le ministre allemand des Finances mettait en garde contre des solutions « irresponsables ».

La République de Chypre doit prendre le 1er juillet la présidence semestrielle de l’Union européenne mais la petite île méditerranéenne, toujours divisée entre une partie grecque et une autre turque, est en pleine tourmente économique.

afp.com/Patrick Baz

Malgré le rejet du plan d’aide européen à Chypre par le parlement chypriote, la zone euro a « réitéré son offre » à Nicosie, mardi soir.

« Je prends note de la décision du Parlement chypriote concernant la proposition du gouvernement consistant en un prélèvement exceptionnel de stabilité », a déclaré dans un bref communiqué le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. « Je confirme que l’Eurogroupe est prêt à aider Chypre dans ses efforts de réforme et réitère la proposition de l’Eurogroupe telle que je l’ai présentée lundi », qui consiste à ne plus taxer les dépôts inférieurs à 100.000 euros, a-t-il ajouté.

Le Parlement chypriote a rejeté le plan de sauvetage européen pour l’île après le tollé provoqué par la taxe prévue sur les dépôts bancaires. Le plan prévoyait, en contrepartie d’un prêt de 10 milliards d’euros de la zone euro et du FMI pour l’île au bord de la faillite, une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires de 20 à 100.000 euros, et de 9,9% au-dessus. Ce prélèvement doit rapporter 5,8 milliards d’euros.

Le ministre des Finances allemand met en garde contre « des décisions irresponsables »

Dans une interview ultérieure accordée à la chaîne de télévision néerlandaise NOS, le président de l’Eurogroupe a estimé que la balle était dans le camp de Chypre. « Nous avons laissé une certaine liberté à Chypre », a-t-il déclaré, jugeant que le plan d’aide ne pouvait dépasser 10 milliards d’euros pour ne pas rendre la dette du pays ingérable. Au-delà de 10 milliards, « ils ne peuvent plus rembourser la dette et il n’y a plus de solution », a-t-il estimé. « Je regrette profondément la décision de Chypre mais la balle est toujours dans leur camp ».  Dans un communiqué publié lundi à l’issue d’une réunion téléphonique, les ministres des Finances de la zone euro avaient indiqué que « les autorités chypriotes allaient introduire plus de progressivité en ce qui concerne la taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires (…), à condition que (…) cela ne modifie pas le montant total de l’aide financière » des Européens et du FMI, soit 10 milliards d’euros.  Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a mis en garde mardi soir contre « des décisions irrationnelles et irresponsables » pour résoudre cette crise. « C’est une situation grave, mais cela ne doit pas conduire à ce que nous prenions une décision qui n’aurait aucun sens », a-t-il déclaré à la deuxième chaîne de télévision publique ZDF ».

Avec

 

 

 

 

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l’Europe ne séduit plus…..

La situation au Kosovo le montre une foi de plus, entre une adhésion à l’union européenne et la réintégration du Kosovo, les Serbes se sont prononcés : ils préfèrent un réintégration du Kosovo dans leur grande majorité….

(Source : Courrier des Balkans)

À choisir, les Serbes préfèrent le Kosovo à l’Union européenne

Traduit par Marie Dhumieres – Publié dans la presse : 5 mars 2012 -Mise en ligne : jeudi 7 mars 2013
Selon un sondage Ipsos pour B92, la plupart des Serbes considèrent le Kosovo « de facto indépendant ». Pourtant, s’ils avaient le choix, les 2/3 d’entre eux préfèreraient reprendre contrôle de Pristina plutôt que d’intégrer l’Union européenne. Quant au Premier ministre Ivica Dačić, il séduit plus de 60% des sondés.

63% des Serbes estiment que le Kosovo est « de facto indépendant ». Voilà le résultat du dernier sondage mené par Ipsos Strategic Marketing pour B92 sur un échantillon de 1.003 personnes. Mais à choisir entre l’intégration européenne et une réintégration totale du Kosovo dans la Serbie, deux tiers (65%) des personnes interrogées ont choisi le Kosovo. À peine 28% placent l’UE comme la priorité. Les Serbes semblent par ailleurs faire confiance au Premier ministre et à ses « qualités de négociateur ». 61% des sondés jugent qu’Ivica Dačić fait du « bon travail » dans le dialogue avec Pristina, contre 21% qui pensent le contraire. Seuls 7% assurent que Boris Tadić ferait un meilleur Premier ministre, un chiffre très faible qui le place au niveau de Vojislav Koštunica. Avec 35% d’opinions en sa faveur, l’actuel vice-Premier ministre Aleksandar Vučić se place comme l’unique concurrent d’Ivica Dačić. 58% déclarent que le gouvernement actuel « négocie mieux » que celui d’avant, mené par Mirko Cvetković. Près d’un sondé sur cinq (19%) juge néanmoins que les deux gouvernements ont échoué sur cette question des négociations avec Pristina. Plus des trois quarts des Serbes (78%) considèrent que l’Union européenne, qui assure la médiation entre Belgrade et Pristina, n’est pas neutre. 86% pensent que l’UE favorise le Kosovo, 6% ses propres intérêts et à peine 3% estiment qu’elle est du côté de la Serbie.

Dialogue Belgrade-Pristina : encore un coup pour rien

De notre correspondante à Belgrade
Mise en ligne : lundi 4 mars 2013
Une fois de plus, les Premiers ministres du Kosovo et de Serbie, Hashim Thaci et Ivica Dačić, n’ont pas réussi à s’entendre ce lundi, lors de leur sixième roud de négociations à Bruxelles. Les désaccords portent sur l’avenir des institutions serbes dans le nord du Kosovo. Une nouvelle rencontre à Bruxelles est prévue pour le 20 mars prochain.

Par Marie Dhumieres

Les deux Premier ministres ont discuté pendant deux heures de la question des municipalités serbes du nord du Kosovo dans le bureau de la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères Catherine Aston, mais sans résultat. Belgrade demande à ce que les municipalités serbes du nord du Kosovo puissent s’organiser en association, et qu’elles disposent de pouvoirs exécutifs. Pristina ne s’oppose pas à l’idée d’une association des municipalités serbes, mais refuse de leur donner des compétences exécutives et législatives. « Une telle chose serait contraire à la Constitution du Kosovo », a expliqué un représentant du gouvernement de Pristina, impliqué dans le dialogue, au quotidien kosovar Express. À la sortie de sa rencontre avec son homologue serbe, Hashim Thaci a confirmé « qu’aucun accord » sur le pouvoir exécutif des municipalités serbes n’avait été trouvé. Pour sa part, Catherine Ashton semblait plutôt satisfaite, puisque qu’elle a affirmé que les deux Premiers ministres avaient fait « de bons progrès » ce lundi. Dimanche soir, les dirigeants serbes, qui s’étaient réunis à Belgrade, avaient soutenu que la Serbie était prête à faire des concessions, « même si Pristina n’en avait fait aucune depuis le début du dialogue ». Les dirigeant serbes avaient également insisté sur le fait que la Serbie « ne bougerait pas » de sa position au sujet des pouvoirs à attribuer aux municipalités serbes. Ils avaient aussi noté que Belgrade s’attendait à ce que l’Unio européenne reste « neutre », et encourage les autorités du Kosovo à faire des compromis. La semaine dernière, Ivica Dačić avait prévenu qu’ « aucun accord n’était en vue » avec Pristina, mais plutôt que « de gros problèmes » étaient à prévoir. « Il ne peut y avoir d’accord car Pristina refuse de donner à une association des municipalités serbes le moindre instrument de pouvoir, des élections, et une autorité au pouvoir exécutif », avait-il affirmé. Ivica Dačić avait rencontré Philip Reeker, le sous-secrétaire adjoint du département d’État américain, dimanche soir, à son arrivée à Bruxelles, et ce dernier l’avait assuré du « soutien total » des Etats-Unis à l’entrée de la Serbie dans l’UE, et au dialogue entre Belgrade et Pristina.

 

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La Grèce, l’Europe, Le Monde…..

Voici un texte que j’ai rédigé en mars 2012, je ne pensais pas qu’il soit aussi actuel au vu des événements que nous avons connus depuis la crise de l’Euro. Cette crise qui ne cesse de plonger les pays d’Europe dans un marasme sans nom, dans une crise multiforme, qui tien de l’économie, de la politique, du social, du militaire….

 De la crise grecque… ce qu’elle cache…

Publié par alexgrenoble le 1 mars 2012

La crise grecque de 2012 semble sonner le glas de l’euro, après une dizaine de plans de rigueur, aucun plan de relance n’a encore vu le jour. C’est pourtant la solution attendue pour mettre fin à une situation inextricable sur place et pour préserver l’euro, et au-delà, pour garantir la stabilité de l’Union Européenne. Les questions relatives à cet échec économique et institutionnel sont nombreuses :

Tout d’abord, la gestion très particulière des affaires publiques. L’Etat grec a été souvent mis en cause pour son grand laisser aller. Le contraste est en effet saisissant avec l’Allemagne, la France, ou les pays d’Europe du Nord où les institutions sont plus présentes au quotidien, où les règles administratives prévalent sur les pratiques plus… personnelles de la population quant aux règlements. On est loin de la rigueur germanique ou anglo-saxonne. En Grèce, le système D est de mise et l’on s’accommode des lois selon les circonstances : on les applique quand elles ne dérangent pas, dans le cas contraire, on y déroge volontiers.

Cette situation semble être subitement découverte en 2012, on se surprend à découvrir un gouvernement défaillant. Cependant, la situation n’est pas nouvelle, elle dure depuis plusieurs décennies dans une totale indifférence, la réaction a été brutale, disproportionnée, à l’image du démontage des paillottes illégales de 1999, leur installation s’est développée durant plusieurs décennies au vu et au su de tous, sans que l’on ne s’en préoccupe, avant de décider un jour de tout détruire au nom de l’occupation illégale du domaine public…

Il aurait été plus sage et plus judicieux de contraindre l’Etat grec à être plus rigoureux, plus présent et plus efficace avant même son adhésion à l’union Européenne. Seul l’élément économique a semblé prévaloir dans les critères de convergence pour permettre l’adhésion d’un nouveau pays membre. Il faut être clair : si l’Union Européenne a pour unique vocation des visées économiques, l’aspect institutionnel ne doit pas être pris en compte, mieux que cela, les dirigeants de l’UE se doivent d’être assez honnêtes pour présenter l’Europe comme un espace économique, une sorte de Common Wealth Européen. Dans la mesure où l’on aspire à une unité politique et institutionnelle, il faut être assez cohérent pour définir des critères de convergence clairs et précis, des objectifs à atteindre avant toute adhésion.

C’est en ce sens que l’on pourra rassembler autour d’un projet commun, des candidats disposant des mêmes structures administratives, des mêmes références, d’institutions semblables de sorte à former un tout cohérent. Une économie et une administration similaire facilitera grandement l’adhésion de nouveaux membres partageant déjà les mêmes valeurs, principes et modes de fonctionnement, qui se ressemblent s’assemblent….

C’est ainsi que l’Union Européenne pourra se révéler un outil fédérateur important, durable et stable pour faire face aux défis de la mondialisation, et de nos concurrents à travers le monde. Disposant d’une unité politique cohérente et forte, d’une monnaie saine et stable, et surtout de la confiance des citoyens, l’Europe pourra s’affirmer comme nouvelle puissance mondiale. Actuellement, nous en sommes très loin, trop occupés à écoper un navire qui prend eau de toute part, quitte à sacrifier le mauvais élève désigné. Car il s’agit bien de cela, la Grèce est aujourd’hui humiliée par des conditions de redressement draconiennes, d’une extrême rigidité, et d’une singulière inefficacité. Une économie ne se décide pas à coup de directives et de coupes sombres, elle se construit d’abord par la confiance, ensuite par la participation de tous. Lorsque ce palier est atteint, il est assez facile de gérer les dépenses et les recettes de l’Etat, dans un équilibre financier et même servir d’exemple à d’autres.

Un Etat fort, stable, accepté par l’ensemble des citoyens, voilà un exemple directement issu du passé le plus glorieux de la Grèce, un exemple qui nous a servi à de nombreuses reprises. C’est cet objectif qu’il faut maintenant atteindre pour permettre à la Grèce de remonter la pente. Des responsabilités peuvent être recherchées, elles sont multiples et partagées.

– Multiples chez les élus grecs qui se sont succédés gouvernement après gouvernement, sans oser prendre des mesures nécessaires, le résultat est tristement révélateur aujourd’hui.

– Partagées également par les autres gouvernements qui ont laissé faire des pratiques et des attitudes irresponsables, dont nous voyons les effets aujourd’hui. Comment reprocher aux Grecs de préférer le système D à un Etat défaillant, à des élus qui se sont distingués par leur notoire incompétence ?

Ensuite, la décision de punir la Grèce pour ses agissements. En effet, il y a une réelle volonté de punir la Grèce qui s’est montré particulièrement indocile et ce, à plusieurs titres :

– son opposition à la Turquie, pays membre de l’OTAN que certains souhaiteraient voir adhérer à l’Union Européenne. 400 ans d’occupation ottomane, un génocide (encore nié aujourd’hui) de très nombreuses vexations envers les populations chrétiennes, l’occupation illégale de Chypre, et une constante menace militaire, on naturellement incité le Grèce à refuser un tel projet. Cette décision contrecarre des projets économiques à court terme car la Turquie possède une main d’œuvre nombreuse et bon marché, qu’il serait facile d’employer par des délocalisation massives dans un pays membre de l’UE !

La frontière gréco-turque est devenue un lieu d’affrontements, d’escarmouches incessantes, ce qui a conduit le Premier Ministre Grec Christos Papoutsis à valider un plan de sécurisation de la zone par un mur haut de 4m courant sur les 10 km de frontière avec la Turquie, afin de lutter contre les clandestins et les contrebandiers.

La situation géographique de la Grèce lui ouvre largement la Méditerranée et le détroit du Bosphore, c’est-à-dire la porte vers la Mer Noire via la Mer de Marmara, et la Mer d’Azov. A cela, il faut ajouter les région côtières de la Bulgarie, de la Roumanie, de l’Ukraine, de la Russie, de la Géorgie, et de la Turquie…

Cette position stratégique pourrait, si elle était totalement contrôlée, autoriser ou interdire l’accès à la Méditerranée pour le transport de marchandises, de personnes, de pétrole, etc. En un mot, un pouvoir politique et économique colossal, largement de quoi aiguiser l’appétit des grandes puissances et vouloir soumettre la Grèce afin de l’exclure de toute décision sur cette région du globe…

le soutien à la Serbie durant la guerre de Yougoslavie des années 90. C’est oublier un peu vite les liens très étroits qui lient ces deux pays, orthodoxes, balkaniques, unis dans la lutte contre l’Empire Ottoman, et opposés à la présence militaire américaine. Ainsi, les Grecs ont naturellement soutenu les Serbes, d’autant plus lorsque l’armée américaine a décidé le bombardement du pays. La méfiance à l’égard des Etats-Unis s’est transformée en véritable hostilité, avec des actions souvent violentes contre l’ambassade américaine.

la clé des Balkans, la Grèce est à cheval sur la mer au sud et les terres au nord. C’est en quelque sorte la clef des Balkans, un partenaire indispensable par sa position géographique et politique. Ce pays orthodoxe le place de fait du côté de l’Europe de l’Est et donc l’éloigne de l’Europe de l’Ouest. Comment donc ne pas la voir s’éloigner de la politique menée jusqu’alors par l’Union Européenne et la Maison Blanche ?

En outre, la possible constitution d’un Bloc Balkanique n’est pas exclue, même si la situation actuelle ne s’y prête guère. La crise de l’Euro, et peut-être même celle de l’Union Européenne, risque de contraindre les nouveaux pays membres (et ceux destinés à le devenir d’ici quelques années), à se tourner vers d’autres partenaires politiques, institutionnels et économiques, comme la Russie. Cette décision va bien entendu à l’encontre des volontés, des ambitions de Bruxelles ou de Washinton. Si un tel bloc devait voir le jour, il est bien certain que la Grèce pourrait y jouer un rôle non négligeable.

le rapprochement vers Moscou, c’est un point important qui revêt des aspects multiples :

Culturellement, ce grand pays orthodoxe partage des valeurs culturelles indéniables, le “Grand frère salve” a toujours eu une influence importante dans les Balkans, sous Catherine II, sous l’Empire soviétique ou aujourd’hui, la Russie est présente, et suscite sans doute plus de sympathie aux yeux de la population que l’Allemagne ou la France depuis la gestion de la crise grecque…

Militairement, la méfiance envers la Turquie gêne considérablement la Maison Blanche qui voit d’un mauvais œil de telles tensions entre membre de l’OTAN…

L’Union Européenne peut également être gênée par une telle attitude, pourtant la Grèce n’a guère le choix. L’invasion de Chypre n’a toujours pas trouvé d’issue diplomatique satisfaisante, après plusieurs décennies, le génocide grec d’Asie Mineure non plus…

Les fréquentes tensions à la frontière gréco-turque ne semblent pas intéresser les dirigeants européens pour y mettre un terme, ou à défaut simplement se positionner sur la question. Economiquement, la Chine investit massivement au point de prendre une place prépondérante dans les Balkans, avec une large ouverture maritime, et des conséquences économiques loin d’être favorables à l’Europe, sans réelle réaction de la part des dirigeants européens qui préfèrent contraindre la Grèce à privatiser tout ce qui peut l’être pour solder la dette…

Face à toutes ces contraintes et le manque de soutien de la part de l’Union Européenne, la Grèce risque d’être contrainte de trouver d’autres partenaires plus fiables, plus proches, en qui elle pourra établir une relation de confiance pour surmonter ses difficultés…

Est-ce que nos dirigeants seront assez réactifs et conscients des enjeux pour prendre les décisions qui s’imposent ?

La question reste entière…

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