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Archive for mai 2013

Des Serbes veulent se séparer du Kosovo

Source : lefigaro.fr

Les Serbes du Kosovo vont créer une « Assemblée provinciale, en accord avec la Constitution serbe » pour empêcher leur intégration au sein du Kosovo indépendant prévue par l’accord sur la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade conclu à Bruxelles, a déclaré aujourd’hui un responsable local.

« La création de cette Assemblée, dans le respect de la Constitution de la Serbie, est de nous défendre de l’accord de Bruxelles qui est anti-constitutionnel et qui prévoit le rattachement de la communauté serbe à la Constitution et aux lois du Kosovo » indépendant, a déclaré Marko Jaksic.

Le Kosovo a proclamé en 2008 son indépendance de la Serbie, toujours rejetée par Belgrade.

La réunion constitutive de cette Assemblée devrait avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine, a indiqué le responsable.
Belgrade n’a pas encore réagi à cette initiative.

« Je suis au courant de cette idée, mais je ne peux rien dire officiellement. Je vais en parler avec les représentants des Serbes du Kosovo et je pourrai ensuite prendre une position », a dit à la presse, le responsable du gouvernement serbe chargé du Kosovo, Aleksandar Vulin.

L’accord de Bruxelles, paraphé le 19 avril sous l’égide de l’Union européenne, porte sur le degré d’autonomie accordé aux 40.000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, une région adossée à la Serbie qui échappe pratiquement au contrôle de Pristina.

En vertu de l’accord, dont une version non officielle a été publiée par la presse, les Serbes vont nommer le chef de la police régionale et auront la gestion des tribunaux, là où ils sont majoritaires, tout en « fonctionnant au sein des institutions légales du Kosovo ».

L’accord, bien qu’approuvé par le Parlement serbe, se heurte à l’opposition d’une partie des Serbes du nord du Kosovo, qui rejettent toute possibilité d’être exclus du système constitutionnel et légal de la Serbie.

Belgrade, où le gouvernement et le Parlement ont avalisé la mise en oeuvre de l’accord de Bruxelles, a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de convaincre les Serbes du nord du Kosovo d’accepter cet accord.

La mise en oeuvre de l’accord de Bruxelles est cruciale pour que la Serbie puisse espérer l’octroi d’une date d’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE.

 

Catégories :Kosovo-Balkans

De la consommation… et des conséquences

De la consommation… (18-05-2013)

 

Nous vivons une période riche en événements, de la crise de 2008 au printemps arabe, le monde change, il change vite, sans doute trop vite pour nos. Pourtant nous sommes habitués à une vie trépidante où le temps est la valeur primordiale, tantôt on le fuit, tantôt on le pourchasse, mais dans tous les cas, il nous manque…

On le dit relatif, en réalité c’est peut être nous qui sommes relatifs, paradoxaux, étranges…

Nos habitudes nous poussent à un comportement qui déconcerterait n’importe quel visiteur étranger, cependant, nous commençons à nous interroger sur nous-mêmes, sur nos habitudes, sur ce qui nous semble si naturel, si « normal » que l’on n’y prête plus attention. Grâce à la crise profonde et multiforme que l’on vit actuellement, on ouvre les yeux pour la première fois depuis fort longtemps. Bien sûr ce réveil n’est pas sans douleur, sas lenteur. Parfois (et de plus en plus souvent), on le vit comme une seconde naissance, on se voit brutalement arraché à nos certitudes, à nos valeurs, à nos repères. Nous n’en avons pas encore trouvé d’autres et sommes encore en quête de ce dont nous avons besoin, de ce qui nous manque sans le réaliser véritablement. Nous sommes actuellement perdus entre nos certitudes que l’on sait insatisfaisantes et un effort pénible mais nécessaire, que nous sommes encore incapables de fournir…

 Il ne faut pas voir cette situation pénible comme entièrement négative, en effet c’est une première démarche un premier pas vers une progression lente. Un long voyage commence par un premier pas dit-on. C’est donc un progrès , une situation plutôt positive en somme, en u nmot, une promesse. Nos interrogations semblent une étape nécessaire, utile pour d’abord réaliser ce que nous faisons au quotidien, ce que l’on pense aussi, notre mode de pensée. C’est un questionnemeent général qui nous contraint à mettre le doigt sur ce qu’il y a de plus difficile à modifier : notre mode de vie et plus particulièrement notre mode de consommation. C’est là en effet le coeur du problème, de nos problèmes. Depuis plusieurs millénaires de l’histoire humaine, nous vivons et évoluons au milieu d’un univers basé sur l’échange d’un bien ou service contre un autre bien ou service de valeur équivalente. Des chasseurs échangent de la viande contre le poisson des pêcheurs ou les fruits des cueilleurs, contre les peaux des tanneurs ou encore les outils des forgerons.

 Assez rapidement, nous avons cherché à simplifier les transaction en élaborant un produit universel ayant la même valeur aux yeux de tous : ce fut le sel qui permet de conserver les aliments. Puis le métal a fait son apparition sous forme de lingots (cuivre, étain, fer, argent, or) pour enfin prendre la forme de pièces de monnaie dont une face permettait d’asseoir et diffuser la puissance d’une cité ou d’un empire. Ces monnaies étaient d’abord basées sur leur valeur matérielle : le métal dont elles étaient faites (teneur ne métal précieux, poids, taille) avant d’acquérir une toute autre valeur : celle qu’on lui attribue selon leur origine. Une pièce de monnaie frappée par une empire prestigieux et puissant avait cours sur tout son territoire et même au-delà, tandis qu’uen autre monnaie frappée dans un autre empire ou royaume moins prestigieux avait une valeur plus faible. Quoi qu’il en soit, cet objet d’échange à valeur universelle a été rapidemnt recherché pur lui-même et non plus pour ce qu’il représentait (permettre des échanges de biens et services). Cette tendance à l’accaparement, cette volonté d’amasser des richesses a pu se développer au fur et à mesure que cet objet à valeur universelle était facilement transportable (des pièces de monnaies sont plus pratiques d’un bloc de sel). L’invention du billet de banque a définitivement rompu le lien entre la monnaie et son support de métal précieux, sa valeur est devenue purement spéculative, basée sur tout autre chose que la valeur matérielle du support physique (or, argent, cuivre, etc). Dès lors, le billet a pu rapidement être remplacé par d’autres supports comme les chèques ou les titres au porteur, des reconnaissances et cessions de dette, des titres, c’est une première dématériealisation.

 Une seconde matérialisation a eu lieu à notre époque par le développement de l’outil informatique. Le support papier n’existe plus, toutes les transactions s’effectuent sur un support informatique. Il existe une troisième dématerialisation, plus récente, celle-ci est très particulière, il ne s’agit plus de prendre en compte la valeur d’un titre ou d’une action à la hausse, mais ine spéculation à la baisse : il ne s’agit plus d’attendre qu’un titre prenne de la valeur, mais qu’il en perdre…

A cela il faut ajouter l’économie virtuelle, qui n’a plus aucun support avec la valeur correspondante d’un titre, d’une action. Cette spéculation pure n’a pu se prolonger dans le temps, la crise de 2008 était prévisible, elle est la suite logique d’une situation illogique. Depuis, une crise profonde s’est installée et a durablement déstabilisé la sphère économique de la planète toute entière, nous obligeant à remettre en cause nos certitudes, la base même de notre modèle de société, de la société de consommation dans laquelle on évolue de façon presque automatique, sans s’interroger au quotidien, comme porté par un système que l’on croit stable, immuable, fiable comme le serait une loi naturelle.

 Pour beaucoup cet événement a été vécu comme un traumatisme, la conséquence est plus positive, en effet, cette remise en cause du système économique a des répercussions sociales, culturelles, politiques. Nous semblons aller vers une remise à plat complète de notre modèle de société, il ne s’agit plus de créer des clubs de réflexions et se perdre dans des projets brumeux, de refaire le monde dans des discussions interminables et stériles. La crise de 2008 a paradoxalement apporté de nombreuses solutions concrètes, d’innombrables initiatives sont apparues, tantôt modestes et locales, tantôt à plus grande échelle comme le microcrédit mis en place par Muhammad Yunus. Une prise de conscience globale mondiale, a émergé tant pour les particuliers, que pour les gouvernants. Au final, c’est peut-être un grand espoir pour un avenir réellement meilleur, loin des discours, porté par des solutions concrètes et plus en adéquation avec les réalités du terrain.

 Cette remise en question portera aussi et surtout sur nos dirigeants, contraints de s’adapter ou disparaître de la scène politique. Des comptes leurs seront demandés, car ils centraliseront toutes les attentes (y compris des comptes à rendre par la sphère financière qu’ils seront censés gérer pour développer l’activité économique internationale, ou empêcher des licenciements et autres délocalisations). Leur responsabilité sera accrue aux yeux des citoyens, pour cela, il sera sans doute nécessaire de renforcer leurs pouvoirs afin de correspondre à cette nouvelle réalité. Il n’est pas certain que l’accroissement de ces pouvoirs soit une bonne nouvelle pour eux, ce sera surtout de nouvelles responoabilités et de nouveaux compte à rendre. Ne pouvant exiger des compte aux décideurs économiques, ce sont les décideurs politiques qui seront ainsi visés par les attentes des citoyens, et le manque de moyens ou de leviers de commande ne sera pas une réponse tolérable par les électeurs…

 Cette nouvelle situation ne sera pas sans créer un déséquilibre dans la société, en effet, le rôle accru des élus en fera le coeur du dispositif institutionnel, ils devront être présents sur tous les fronts, et seront censés être en mesure de régler tous les problèmes. En cas de défaillance, les électeurs auront tôt fait de rejeter l’ensemble de la classe politique après avoir cependant « essayé  » partis, d’autres courants politiques. Ce rejet pourra se traduire par une intervention directe des citoyens pour régler les problèmes quotidiens. Ainsi, la chose publique (Res Publica) pourra être gérée directement par les principaux intéressés, avec toutes les dérives qui pourront en découler. Ce ‘est pas tout, en effet, si les pouvoirs publics s’avèrent incapables de gérer les problèmes quotidiens, et si les citoyens parviennent à les résoudre, le moment viendra rapidement où ces derniers refuseront de payer les taxes, impôts et autres prélèvements pour financer des institutions, de rémunérer des élus,,,

 Le risque, outre le rejet de l’Etat et de ses institutions, est la constitution de pouvoirs locaux, certes proches des citoyens, mais à tendance autocrate, indépendante. Pourtant, ces pouvoirs locaux ne pourront se financer longtemps sans une aide financière nationale ou supranationale. Y verra-ton un progrès ou un retour en arrière ?

Seul l’avenir nous le dira…

Catégories :causeries du moment

le vieux fantôme… la suite…

Source : http://balkans.courriers.info/article22449.html

« Nous restons en Serbie » : les Serbes du Kosovo manifestent à Belgrade

De notre correspondante à Belgrade
Mise en ligne : samedi 11 mai 2013
Plus de 3.000 personnes ont manifesté vendredi à Belgrade, à l’appel des communes serbes du nord du Kosovo, pour dénoncer l’accord signé entre Belgrade et Pristina et la « trahison » qu’aurait commise le gouvernement serbe. Le métropolite Amfilohje a célébré une « liturgie » pour la chute du gouvernement.

Par Marie Dhumieres

La manifestation, convoquée sous le mot d’ordre « Nous restons en Serbie » a officiellement commencé à 12h44, en référence à la résolution des Nations Unies 1244. Les représentants du nord de Kosovo ont rencontré à plusieurs reprises le Premier ministre Ivica Dačić et le vice-Premier ministre Aleksandar Vučić, mais sans parvenir à un accord. Les slogans et les pancartes brandies ce vendredi par les manifestants n’étaient pas tendres avec les deux hommes, accusés d’avoir « trahi le Kosovo ». Le Président Tomislav Nikolić n’a pas non plus été épargné, et plusieurs manifestants étaient munis de pancartes représentant les trois hommes portant des coiffes albanaises traditionnelles. Des drapeaux du Parti démocratique de Serbie (DSS), des mouvements Dveri et Naši flottaient aussi sur la foule.« Nous somme simplement des vôtres, des Serbes ordinaires qui ont été forcés par les puissances internationales, et récemment pas nos propres dirigeants, à nous battre pour défendre les vies de nos enfants, nos maisons, nos lieux saints », a déclaré à la foule Slaviša Ristić, le maire de Zubin Potok, l’un des organisateurs de la manifestation.

 

L’Église orthodoxe de Serbie, qui ne cache pas sa ferme opposition à l’accord passé avec Pristina, était présente lors de la manifestation. Le métropolite Amfilohije du Monténégro a même célébré une « liturgie pour le repos (upokojenje) du gouvernement », un geste qui a beaucoup « choqué » le spécialiste des religions Živica Tucić, interrogé par B92. « Certains pourraient interpréter cette prière comme un appel à mettre fin au pouvoir, voire à la vie » des membres du gouvernement, a t-il affirmé.

L’évêque retraité Atanasije, qui s’est aussi exprimé devant la foule vendredi, a pour sa part accusé les « trois au pouvoir » d’être des « traites qui font confiance aux garanties de l’OTAN », ajoutant que les autorités serbes ne croyaient pas en Dieu, mais en la « mythologie dévastatrice de l’UE ».

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Source : http://balkans.courriers.info/article22428.html

Le Courrier des Balkans

Trafic d’organes au Kosovo : deux proches d’Hashim Thaçi poursuivis par Eulex

Mise en ligne : mercredi 8 mai 2013
Shaip Muja, ancien conseiller d’Hashim Thaçi pour la santé aujourd’hui député du PDK, et Alush Gashi, ancien ministre de la Santé, vont être inculpés par Eulex dans une nouvelle enquête sur le trafic d’organes à la clinique Medicus. Ancien trésorier de l’UÇK, Shaip Muja est présenté par Dick Marty comme le cerveau du présumé trafic d’organes mené par la guérilla kosovare.JPEG - 17.2 ko
Shaip Muja sur les bancs du Parlement kosovar

Selon Koha Ditore, deux proches du Premier ministre Hashim Thaçi sont visés par la nouvelle enquête ouverte par Eulex sur le trafic d’organes. Le quotidien kosovar s’appuie sur le témoignage d’une source, anonyme, proche du bureau du procureur d’Eulex.


Alush Gashi, ancien ministre de la Santé, et Shaip Muja, ancien conseiller du Premier ministre pour la santé aujourd’hui député du PDK, figurent parmi une liste de huit suspects, qui « font l’objet d’une nouvelle enquête pour crime organisé, trafic d’organes, coups et blessures, abus de fonction, fraude et trafic d’influence », selon le communiqué de la mission européenne, qui ne précise aucun des noms.« Ces personnes [les huit suspects] devraient être inculpées très prochainement », a ajouté cette source citée par le journal. Un porte-parole d’Eulex, interrogé par l’AFP, n’a pu ni confirmer, ni démentir l’information de Koha Ditore.Alush Gashi et Shaip Muja, sont soupçonnés d’avoir usé de leur influence pour fournir une couverture légale aux transplantations illégales d’organes pratiquées dans la clinique Medicus en 2008. Ils faisaient partie du gouvernement du Premier ministre Hashim Thaçi issu des élections législatives de 2007.Ancien trésorier de l’UÇK, Shaip Muja est présenté par Dick Marty comme le principal organisateur du présumé trafic d’organes mené par la guérilla kosovare Deux autres responsables, dont les identités ne sont pas mentionnées par le journal, l’un qui travaillait au gouvernement kosovar et l’autre employé d’un tribunal font partie des huit suspects, ajoute Koha Ditore.Fin avril, la justice d’Eulex a condamné cinq médecins kosovars, dont le propriétaire de la clinique Medicus Lutfi Dervishi et son fils Arban, à des peines allant jusqu’à huit ans de prison pour trafic d’organes dans cette clinique, fermée en 2008.

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Kosovo : deux ex-responsables font l’objet de la nouvelle enquête pour trafic d’organes

Deux anciens responsables kosovars, un ex-ministre de la Santé et un conseiller du Premier ministre pour la Santé, font partie des huit personnes sur lesquelles la justice européenne au Kosovo a ouvert, mardi dernier, une nouvelle enquête pour trafic d’organes, a rapporté mardi le quotidien Koha Ditore.

Au lendemain de la condamnation à des peines de prison de cinq médecins kosovars accusés d’avoir effectué des transplantations illégales dans la clinique Medicus de Pristina, la mission européenne de justice au Kosovo (Eulex) avait annoncé que huit personnes font l’objet d’une nouvelle enquête pour crime organisé, trafic d’organes, coups et blessures, abus de fonction, fraude et trafic d’influence, sans dévoiler l’identité des suspects. Alush Gashi, l’ancien ministre de la Santé et Shaip Muja, l’ancien conseiller du Premier ministre pour la Santé, figurent parmi les huit suspects qui font désormais l’objet d’une enquête dans le cadre de ce dossier précise le quotidien citant une source anonyme proche du bureau du procureur. Ces personnes (les huit suspects) devraient être inculpées très prochainement, a ajouté cette source citée par le journal. Un porte-parole d’Eulex, interrogé par l’AFP, n’a pu ni confirmer, ni démentir les écrits de Koha Ditore. L’enquête est en cours, elle en est à ses débuts. Eulex ne veut ni confirmer, ni démentir (l’authenticité) des noms des suspects publiés par le quotidien, a déclaré M. Blerim Krasniqi. Les suspects sont soupçonnés d’avoir usé de leur influence pour fournir une couverture légale aux transplantations illégales d’organes pratiquées dans la clinique Medicus en 2008. MM. Gashi et Muja faisaient partie du gouvernement du Premier ministre Hashim Thaçi issu des élections législatives de 2007. Deux autres responsables, dont les identités ne sont pas mentionnées par le journal, l’un qui travaillait au gouvernement kosovar et l’autre employé d’un tribunal font partie des huit suspects, selon Koha Ditore. M. Muja, réagissant à l’article du quotidien kosovar, s’est déclaré serein.

« J’ai dit dès le début qu’il s’agissait d’un dossier très important. Je ne me cache pas, mais je suis serein, car je sais qui je suis », a-t-il déclaré à la presse.

Fin avril, un tribunal européen a condamné cinq médecins kosovars, dont le propriétaire de la clinique Medicus Lutfi Dervishi et son fils Arban, à des peines allant jusqu’à huit ans de prison pour trafic d’organes dans cette clinique, fermée en 2008 lorsque l’affaire a été dévoilée. Les ramifications de cette affaire s’étendaient à travers l’Europe, l’Amérique du nord, l’Asie et jusqu’au Proche-Orient. Les donneurs, recrutés dans des pays pauvres d’Europe et d’Asie centrale, se voyaient promettre une somme de 15 000 euros pour leurs organes, tandis que les receveurs payaient jusqu’à 100 000 euros pour les greffes. Vehbi Kajtazi, un journaliste spécialisé dans les procès particulièrement sensibles, note que l’enquête s’est approchée de l’entourage immédiat du Premier ministre Hashim Thaçi.

« Je ne pense pas que les plus hauts responsables soient impliqués dans l’affaire. Si c’était le cas les suspects n’auraient pas été inquiétés par la justice, ils auraient été protégés », a-t-il déclaré.

M. Kajtazi a ajouté que « faire la lumière sur le dossier Medicus ne pourrait qu’améliorer l’image du Kosovo ».

« Le Kosovo ne peut que gagner s’il envoit des criminels en prison au lieu de les protéger », a-t-il conclu.

L’Eulex, mission entamée par l’UE après la proclamation de l’indépendance du Kosovo en 2008, a pour mandat de se charger des dossiers jugés trop sensibles pour la justice locale.

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Mafias balkaniques : le boss Naser Kelmendi sera-t-il extradé du Kosovo vers la Bosnie ?

Traduit par Eléonore Loué-Feichter
Mise en ligne : jeudi 9 mai 2013
Le parrain de la drogue Naser Kelmendi, considéré par les États-Unis comme « l’un des criminels les plus dangereux du monde », arrêté dimanche par la police du Kosovo (KPS), puis remis à Eulex, sera-t-il extradé vers la Bosnie-Herzégovine ? Pas si simple, car ce dernier pays ne reconnaît pas le Kosovo, tandis que Naser Kelmendi dispose de la double citoyenneté bosnienne et kosovare…
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Kosovo : l’enquête sur le trafic d’organes s’élargit

La clinique Medicus au Kosovo où l'on transplantait illégalement les organes humains.

La clinique Medicus au Kosovo où l’on transplantait illégalement les organes humains.

AFP PHOTO / ARMEND NIMANI
Par Jean-Arnault Dérens

L’affaire du trafic d’organes au Kosovo pourrait connaître un rebondissement majeur. Mardi, les noms de deux nouveaux inculpés dans l’un des volets de cette affaire – celui qui concerne la clinique Medicus de Pristina – ont été dévoilés. Il s’agit de responsables politiques de premier plan, proches du Premier ministre Hashim Thaçi.

De notre correspondant à Pristina,

Lundi 29 avril, le tribunal spécial de la mission européenne Eulex, dirigé par le procureur américain Jonathan Ratel, condamnait cinq médecins du Kosovo pour le trafic d’organes pratiqué dans la clinique Medicus, un établissement privé de la banlieue de Pristina. Les accusés ont été reconnus coupables de « crime organisé, trafic d’organes, coups et blessures, abus de fonction, fraude et trafic d’influence ». Le docteur Lutfi Dervishi, propriétaire de la clinique, écopait d’une peine de huit années de prison. Dans cette clinique, qui a fermé ses portes en 2008, des donneurs « volontaires », venus de Russie, d’Ukraine, de Moldavie, de Turquie, d’Inde ou du Pakistan vendaient l’un de leurs reins – pour un prix de l’ordre de 15 000 euros – tandis que de riches receveurs, originaires notamment d’Allemagne ou du Canada, payaient 100 000 euros pour une transplantation. Le tribunal a confirmé « au moins » 30 transplantations opérées dans ces conditions. Après avoir rendu son verdict, le tribunal annonçait qu’il allait inculper huit nouvelles personnes. Mardi dernier, le quotidien de Pristina Koha Ditore a révélé le nom de deux de ces inculpés : l’ancien ministre de la Santé du Kosovo, Alush Gashi, et le docteur Shaip Muja, un conseiller et très proche collaborateur du Premier ministre Hashim Thaçi. Ces accusations concernent spécifiquement le trafic illégal d’organes qui se déroulait dans le cadre de la clinique Medicus, mais ces mêmes noms reviennent dans l’autre affaire de trafic d’organes, celui qui aurait été pratiqué durant la guerre du Kosovo par la guérilla de l’UÇK sur des prisonniers serbes. Selon le rapport présenté devant le Conseil de l’Europe en décembre 2010 par le député Dick Marty, ces civils, kidnappés par la guérilla au printemps et à l’été 1999, auraient été transférés dans des centres de détention secrets en Albanie. Les prisonniers étaient abattus puis leurs deux reins étaient immédiatement prélevés. Ces crimes auraient eu lieu dans une clinique « provisoire » installée dans la petite ville de Fushe Kruja, non loin de l’aéroport de Tirana, par lequel les organes étaient exportés. Plusieurs dizaines de personnes auraient été assassinées dans ces conditions. Au total, près de 500 Serbes, officiellement portés disparus, auraient été déportés en Albanie – et, à ce jour, aucun n’a été revu vivant. Au début des années 2000, la clinique Medicus aurait « pris le relais » du trafic mené sur les prisonniers serbes, et les noms des mêmes personnages sont cités dans les deux affaires. Ainsi, selon le rapport de Dick Marty, le docteur Shaip Muja, qui était le chef du service médical de la guérilla, aurait lui-même procédé aux ablations d’organes sur les prisonniers assassinés. Les mêmes réseaux internationaux sont également impliqués : un nom revient dans les deux affaires, celui d’un médecin turc, Jusuf Sönmez, surnommé « docteur Vautour », qui a été jugé par contumace à Pristina. Après avoir été brièvement interrogé par la justice turque en 2011, sur la base du mandat d’arrêt transmis par Eulex, il a été remis en liberté, la Turquie n’extradant pas ses ressortissants. Le « docteur Vautour » aurait désormais ouvert une nouvelle clinique en Afrique du Sud, toujours spécialisée dans la transplantation d’organes… Il en va de même pour Moshe Harel, un ressortissant israélien qui aurait joué le rôle de « rabatteur de clients » pour la clinique Medicus, et qui a également été jugé in absentia à Pristina. Toutes les personnes citées – et condamnées par la justice – sont des proches d’Hashim Thaçi, qu’il s’agisse de Lutfi Dervshi, le propriétaire de la clinique Medicus, ou du docteur Shaip Muja. Jusqu’à présent, le Premier ministre du Kosovo a toujours démenti en bloc toutes les accusations, niant la réalité du moindre trafic d’organes ayant impliqué des cadres de l’UÇK, mais sa ligne de défense est de plus en plus difficile à tenir. Il est en effet prouvé par la justice qu’un trafic international a bien eu lieu au Kosovo, et que celui-ci a impliqué des cadres importants de l’ancienne guérilla. Toute la question est donc désormais de savoir si la clinique Medicus a bel et bien « pris le relais » d’un trafic entamé dès l’époque de la guerre…

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Catégories :causeries du moment