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Archive for juin 2013

le Kosovo, le chemin de l’impossible….

Source : http://balkans.courriers.info/article22814.html

Le Courrier des Balkans

Kosovo : violents heurts devant le Parlement pendant la ratification de l’accord avec la Serbie

Sur la Toile :

Mise en ligne : vendredi 28 juin 2013
La manifestation organisée par Vetëvendosje contre la ratification de l’accord signé en avril par le Kosovo et la Serbie sous l’égide de l’UE a dégénéré en violentes échauffourées. 68 manifestants ont été interpellés et 17 policiers blessés. Sans surprise, les députés ont voté le texte, comme l’avait demandé le Premier ministre Hashim Thaçi.
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La police réprime violemment une manifestation de Vetëvendosje le 22 octobre 2012

(Avec AFP) – De violentes échauffourées ont éclaté à Pristina lors d’une manifestation contre la ratification de l’accord de normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, paraphé en avril à Bruxelles sous le parrainage de l’UE. Environ 300 personnes s’étaient rassemblées devant le Parlement à l’appel de Vetëvendosje, le mouvement Autodétermination d’Albin Kurti, qui s’oppose à tout dialogue avec Belgrade. Bilan : 68 interpellations et 17 policiers blessés.Les échauffourées se sont produites devant le Parlement lorsque des manifestants ont aspergé de peinture les policiers qui ont riposté en pulvérisant du gaz lacrymogène. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « l’accord ne passera pas » ou encore « on ne peut pas édifier un État avec des voleurs ».À l’intérieur du Parlement, à la fin des débats, les élus Vetëvendosje, troisième force parlementaire, ont provoqué des incidents sans toutefois réussir à empêcher le déroulement du vote, qui a été largement favorable à la ratification. « Il n’y aura pas de vote », a lancé Albin Kurti après s’être saisi du microphone du président du Parlement tandis que plusieurs de ses députés ont déplié une banderole avec une carte du Kosovo, où les parties peuplées par les Serbes étaient peintes d’une couleur distincte, comme si le Kosovo les avait perdues en concluant l’accord de Bruxelles. La banderole portait l’inscription « Le Kosovo de Hashim » Thaçi, le Premier ministre kosovar. La manifestation d’Autodétermination intervient après que les ministres des Affaires européennes de l’UE réunis mardi à Luxembourg, ont recommandé l’ouverture de négociations avec la Serbie en vue de son adhésion. Les ministres ont également recommandé l’ouverture de négociations en vue de conclure un « accord d’association et de stabilisation » avec le Kosovo. Ces deux décisions ont récompensé les efforts de Belgrade et de Pristina dans la mise en œuvre de l’accord de normalisation de leurs relations. Avant le vote, M. Thaçi avait appelé les élus à ratifier l’accord assurant qu’il « respecte entièrement la Constitution du Kosovo », rappelant que « L’accord contient 15 points qui règlementent les relations entre le Kosovo et la Serbie (…) et ouvre la voie à une stabilisation dans le nord » du Kosovo. Cet accord porte sur le degré d’autonomie accordé aux 40.000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, une région adossée à la Serbie où ils sont majoritaires et qui échappe pratiquement au contrôle de Pristina. Le Kosovo a unilatéralement proclamé en 2008 son indépendance de la Serbie, que Belgrade rejette fermement.

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Catégories :Kosovo-Balkans

Du Kosovo à la Syrie, quel avenir ?

La situation est particulièrement confuse au Kosovo, dés éléments radicaux n’hésitent plus à rejoindre les rebelles en Syrie, mais quel avenir pour le cœur de l’Europe ?

Source : http://balkans.courriers.info/article22671.html

Koha Ditore

 

Kosovo : ces chemins du jihad qui mènent en Syrie

 

Traduit par Nerimane Kamberi

 

Mise en ligne : jeudi 13 juin 2013

 

Des dizaines de jeunes musulmans des Balkans ont pris la route de la Syrie, où ils combattent le régime de Bachar el-Assad. Parmi eux, beaucoup de Kosovars, dont certains ont déjà trouvé la mort sur le terrain de ce nouveau « jihad » mondialisé. Les autorités de l’islam du Kosovo n’ont pas de position officielle. Certains volontaires acceptent de témoigner.

 

Par Fatmir Aliu

« Je suis parti en Syrie pour des motivations religieuses, et j’ai constaté là-bas qu’avait commencé une guerre entre les sunnites et les chiites, une guerre provoquée par les chiites avec le soutien des Alévites (..) En voyant l’aide que les chiites apportaient à la secte alévite, j’ai décidé, inspiré par le Coran et le Prophète, béni soit son nom, de prendre cette voie pour aider ce pays… Allah et le Prophète ont fait obligation à chaque musulman de participer à la guerre contre les fauteurs de troubles et à la guerre contre les démons. Quand je parle d’eux, je veux parler de la situation actuelle en Syrie », raconte un Albanais du Kosovo qui a combattu pendant huit mois comme volontaire dans l’Armée libre syrienne.

Il explique qu’il s’est informé de ce qui se passait en Syrie et que les violences terribles commises contre les civils l’ont forcé à partir pour ce pays, en passant par trois États différents. « Je pense que Dieu est miséricordieux, j’ai vu cela de mes propres yeux, j’ai pris cette route et Dieu m’a aidé car je suis arrivé dans un pays dont je ne connaissais même pas la langue »…

Ce volontaire du Kosovo affirme qu’il a vu des combattants de nombreuses nations différentes lutter aux côtés des rebelles syriens. Même s’il refuse de dévoiler dans quelle zone il a combattu en Syrie, il explique qu’il a rencontré d’autres Albanais lors des combats. Cet ancien combattant raconte ainsi le moment de sa rencontre avec un autre Albanais. « C’était très touchant car il ne savait pas que j’étais Albanais. Il parlait très bien l’anglais. Et moi je l’écoutais parler de son pays, il parlait de la guerre qu’il avait faite au Kosovo ! Quelle vaillance ! Et soudain je lui ai parlé en albanais ’Hé toi, tu es Albanais ?’ – Et il a commencé à pleurer… »

« Plein de combattants étrangers… »

« Il y a beaucoup d’étrangers. Plein. Et quand je dis plein, je ne peux pas préciser seulement pour le Kosovo, je ne sais pas. Mais de différentes nationalités. Ce n’est plus une guerre fermée, il y a des combattants d’Allemagne – c’est-à-dire de nationalité allemande mais ils peuvent être d’origine albanaise -, des Pays-Bas, d’Amérique, de Grande-Bretagne, de Turquie, de Bosnie, de Macédoine, de partout, d’Arabie Saoudite, du Qatar. Ils sont nombreux », ajoute ce volontaire. La Communauté islamique du Kosovo perçoit la guerre en Syrie comme une guerre de libération qui a pris des dimensions mondiales. Ahmet Sadriu, responsable pour les médias et les publications de cette institution, explique que la guerre n’a rien à voir avec la religion. « C’est une guerre pour un changement du régime qui se mène, contre un régime totalitaire qui règne depuis 40 ans, et même plus. Tout ceci a un caractère de guerre de libération, et non pas de religion. Il n’est absolument pas question d’une guerre de religion, car la Syrie est un pays musulman. Là-bas ils n’ont pas besoin de combattre pour une question religieuse, puisqu’ils sont eux-mêmes musulmans », affirme-t-il. Ahmet Sadriu compare la guerre de Syrie avec celle du Kosovo à laquelle il a participé. « Je n’ai pas de commentaire à faire sur ceux qui partent ou veulent s’engager dans la guerre en Syrie au nom de leurs croyances religieuses. Je ne veux pas me mêler des convictions de chacun. La guerre au Kosovo est encore présente dans nos mémoires. À l’époque, des volontaires venus du monde entier venaient à notre renfort… C’est une question d’idéal de liberté… Les Syriens ont leur armée de libération, comme nous avions l’UÇK, chacun se bat pour ses idéaux ». L’imam Fatos Rexhepi a vécu en Syrie avant la guerre. Il est aujourd’hui l’un des dirigeants du mouvement islamique Bashkohu, le groupe wahhabite du Kosovo qui veut se transformer en parti politique. Il explique que le régime actuel syrien règne depuis 40 ans « d’une main de fer, en causant des souffrances inouïes ». « J’ai vu des choses terribles, j’ai été témoin de toute cette guerre, de tous ces événements à Damas. Ils tuaient même dans la capitale. Les snipers tiraient sur les civils, rien que pour créer la peur et le chaos ». Fatos Rexhepi se réjouit de l’engagement d’Albanais dans la guerre en Syrie. « Les musulmans albanais rendent leur dû à ce pays, qui est incontestablement une terre sainte de l’islam ». Enes Goga, imam à Peja/ Peć, pense différemment. Il n’apprécie pas le fait que les Albanais partent se battre en Syrie. « Je pense que ces garçons sont partis avec de bonnes intentions, mais cela me fait mal au coeur. J’ai vu qu’un jeune homme de Gostivar, en Macédoine, avait perdu la vie. Je ne le connaissais pas, mais cela me fait beaucoup de peine. C’est de toute façon leur libre choix, mais je pense qu’ils ne devraient pas partir ». Il n’existe pas de chiffres précis sur le nombre d’Albanais engagés en Syrie, du moins pas de chiffres officiels. De même, on ne sait pas combien d’entre eux ont perdu la vie. Seuls les médias informent, de temps en temps, de la mort d’un volontaire.

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Source : lefigaro.fr

Des Serbes veulent se séparer du Kosovo

    • Par lefigaro.fr avec AFP
    • Mis à jour le 28/05/2013 à 13:21
    • Publié le 28/05/2013 à 13:20

Les Serbes du Kosovo vont créer une « Assemblée provinciale, en accord avec la Constitution serbe » pour empêcher leur intégration au sein du Kosovo indépendant prévue par l’accord sur la normalisation des relations entre Pristina et Belgrade conclu à Bruxelles, a déclaré aujourd’hui un responsable local. « La création de cette Assemblée, dans le respect de la Constitution de la Serbie, est de nous défendre de l’accord de Bruxelles qui est anti-constitutionnel et qui prévoit le rattachement de la communauté serbe à la Constitution et aux lois du Kosovo » indépendant, a déclaré Marko Jaksic. Le Kosovo a proclamé en 2008 son indépendance de la Serbie, toujours rejetée par Belgrade. La réunion constitutive de cette Assemblée devrait avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine, a indiqué le responsable. Belgrade n’a pas encore réagi à cette initiative. « Je suis au courant de cette idée, mais je ne peux rien dire officiellement. Je vais en parler avec les représentants des Serbes du Kosovo et je pourrai ensuite prendre une position », a dit à la presse, le responsable du gouvernement serbe chargé du Kosovo, Aleksandar Vulin. L’accord de Bruxelles, paraphé le 19 avril sous l’égide de l’Union européenne, porte sur le degré d’autonomie accordé aux 40.000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, une région adossée à la Serbie qui échappe pratiquement au contrôle de Pristina.  En vertu de l’accord, dont une version non officielle a été publiée par la presse, les Serbes vont nommer le chef de la police régionale et auront la gestion des tribunaux, là où ils sont majoritaires, tout en « fonctionnant au sein des institutions légales du Kosovo ». L’accord, bien qu’approuvé par le Parlement serbe, se heurte à l’opposition d’une partie des Serbes du nord du Kosovo, qui rejettent toute possibilité d’être exclus du système constitutionnel et légal de la Serbie. Belgrade, où le gouvernement et le Parlement ont avalisé la mise en oeuvre de l’accord de Bruxelles, a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de convaincre les Serbes du nord du Kosovo d’accepter cet accord. La mise en oeuvre de l’accord de Bruxelles est cruciale pour que la Serbie puisse espérer l’octroi d’une date d’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE.

 

 

 

Catégories :causeries du moment

traffic d’organes, le scandale plane toujours…

Source : http://www.lesobservateurs.ch/2013/06/03/kosovo/

Guerre du Kosovo : les trafics d’organes organisés par l’Armée de libération

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Crédit photo : DR / Article publié le 03.06.2013

Leurs prisonniers serbes ont vite su, eux aussi, ce qui les attendait, s’ils étaient pris, au bout de l’horrible route où les emmenaient leurs gardiens – et ils les ont dès lors suppliés « de les tuer… de ne pas les laisser se faire dépecer… ».
Les témoins dont l’ONU réunit les témoignages se montrent, sur un point, unanimes : tous soutiennent que l’horrible trafic auquel ils ont participé a été coordonné par des responsables de haut – ou de très haut – niveau de l’UÇK, mais ils se montrent réticents à les nommer…

La première guerre de l’OTAN au Kosovo a été menée au nom des droits de l’homme : frapper fort pour “prévenir un génocide” et stopper les troupes serbes menaçant les populations civiles. Elle était pourtant illégale. Pierre Péan démontre la terrible duplicité de la communauté internationale, Etats-Unis en tête. Extrait de “Kosovo : une guerre juste pour créer un état mafieux” (2/2).

Bonnes feuilles

Publié le 1 juin 201

Le trafic d’organes prévelevait principalement des reins.  Crédit Reuters

 En 2003, la MINUK recueille auprès de journalistes d’investigation anglo-saxons les témoignages de plusieurs anciens combattants de l’UÇK, que rongent, semble-t-il, des souvenirs lourds à porter et qui ont souhaité soulager leur conscience.Manifestement terrifiés à l’idée qu’« on » puisse les identifier (et nous verrons qu’ils ont quelques raisons de l’être, dans une région où le taux de mortalité des témoins gênants est important), tous ont requis l’anonymat le plus absolu. Et tous font, peu ou prou, sans s’être concertés, et en s’accusant eux-mêmes(1) d’avoir pris part à des crimes odieux, le même épouvantable récit.

En 1999 et 2000, expliquent-ils, ils ont été chargés par l’UÇK d’emmener dans des camions et des camionnettes, jusqu’à des prisons clandestines situées dans le nord de l’Albanie, des centaines de personnes capturées au Kosovo. Principalement des Serbes, pris entre le mois de juin et le mois d’octobre 1999, soit après l’arrêt des bombardements de l’OTAN sur la République fédérale de Yougoslavie. À partir d’août 1999, on leur a demandé de transférer plusieurs dizaines de ces prisonniers – mais aussi des jeunes femmes, originaires pour la plupart d’Europe de l’Est, qui leur ont été présentées comme des « prostituées »– vers de nouveaux lieux de détention dans le centre de l’Albanie, près de Burrel. Enfin, ces captifs ont été emmenés jusqu’à des cliniques de fortune, notamment une maison peinte en jaune – appelée depuis le début de cette affaire la « Maison jaune » – dans le hameau de Kureshi, au sud de Burrel. Là, des chirurgiens albanais ont prélevé sur ces malheureux – qui ont bien sûr succombé à ce traitement abominable, et dont les dépouilles ont été soigneusement enfouies – des organes qui ont ensuite été transportés jusqu’à l’aéroport de Rinas, près de Tirana, pour être expédiés, par avion, vers de lointaines destinations. En sus de ces prisonniers, les corps d’un nombre indéterminé de civils serbes assassinés au Kosovo ont également été « évacués » vers l’Albanie pour y être enterrés dans des lieux reculés.

Ces repentis ont tous participé à ces sinistres « expéditions ». Ces « livraisons », comme ils les appellent, ont été faites notamment pour le compte d’un « gang » particulièrement dangereux, et bien connu, expliquent-ils, pour l’application qu’il mettait à « tuer des Serbes ». Ils disent leur étonnement lorsque les soldats de l’UÇK, qui leur remettaient leurs « cargaisons » humaines, leur ont ordonné de ne pas porter atteinte à l’intégrité physique des prisonniers : « C’était inhabituel. On ne nous avait jamais demandé ça : en temps normal, nous étions libres de battre les Serbes à volonté. De leur casser un bras, une jambe… »

Très vite, ces convoyeurs ont compris qu’ils étaient impliqués dans « quelque chose » de terrible. « Un jour, explique l’un d’eux, je suis entré dans la “maison jaune”. Il y avait une très forte odeur de médecine, douceâtre, écoeurante, comme dans un hôpital : ça m’a rendu malade. Je voulais sortir de cet endroit… C’est à peu près à ce moment-là que nous avons commencé à entendre parler de prélèvements d’organes – principalement des reins – et de leur acheminement jusqu’à l’aéroport de Rinas. »

Leurs prisonniers serbes ont vite su, eux aussi, ce qui les attendait, s’ils étaient pris, au bout de l’horrible route où les emmenaient leurs gardiens – et ils les ont dès lors suppliés « de les tuer… de ne pas les laisser se faire dépecer… ».

Les témoins dont l’ONU réunit les témoignages se montrent, sur un point, unanimes : tous soutiennent que l’horrible trafic auquel ils ont participé a été coordonné par des responsables de haut – ou de très haut – niveau de l’UÇK, mais ils se montrent réticents à les nommer. Plusieurs d’entre eux, cependant, expliquent que rien ne pouvait être fait, dans la région du Kosovo où ils opéraient, sans l’aval des clans mafieux de Pejë et Prizren.

A lire, l’interview de l’auteur : Pierre Péan : “Dans la guerre du Kosovo, il n’y a pas de bons, ni de méchants”

(1). Quoiqu’en veillant, certaines fois, à minimiser leur propre implication.

Extrait de “Kosovo : une guerre juste pour créer un état mafieux” (Fayard), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Source: site Atlantico

 

Catégories :Kosovo-Balkans