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Archive for juillet 2013

De nouvelles tensions au Kosovo…

Devant le silence assourdissant de ce qui se passe à nos portes, voici un article de réflexion sur la situation au Kosovo…

Source : http://balkans.courriers.info/article22937.html

Le Courrier du Kosovo

 

Kosovo : Vetëvendosje, Hashim Thaçi et les « préférences » occidentales

 

De notre correspondant à Pristina

 

 

Sur la Toile :
Mise en ligne : dimanche 28 juillet 2013

 

Au Kosovo, les diplomates occidentaux ont une « bête noire », le mouvement Vetëvendosje d’Albin Kurti, et un « chouchou », le Premier ministre Hashim Thaçi, que certains n’hésitent pas à comparer à Gerry Adams ou à Georges Washington, même si son nom est toujours cité dans plusieurs dossiers criminels…

 

Par Hysni Bajraktari

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Catherine Ashton et Hashim Thaçi

Les manifestations organisées par Vetëvendosje contre la ratification de l’accord signé en avril dernier par le Kosovo et la Serbie sous l’égide de l’UE indisposent les diplomates occidentaux, très hostiles à toutes critiques sur ce processus de négociations.


Retrouvez notre dossier :
Dialogue entre Belgrade et Pristina : l’accord de Bruxelles entre en application 


En visite au Kosovo, le Sous-Secrétaire adjoint du département d’Etat américain, Philip Reeker, a qualifié les militants de Vetëvendosje de « clowns » au cours d’une conférence de presse, réagissant à la blessure légère reçue par l’ambassadrice américaine au Kosovo, Tracey Ann Jacobson, lorsqu’elle avait essayé d’entrer dans le Parlement dont les portes étaient bloquées par les sympathisants de Vetëvendosje, le 28 juin dernier. « L’ambassadrice Jacobson est la représentante personnelle du Président des Etats-Unis auprès de la République du Kosovo. Les clowns qui veulent s’amuser ou qui veulent être violents doivent penser à deux fois à ce qu’ils font… Tous les citoyens du Kosovo doivent y penser, car ce comportement est inacceptable au XXIe siècle en Europe et dans la région », a déclaré Philip Reeker.

Albin Kurti, le dirigeant de Vetëvendosje, a riposté en qualifiant les propos du Sous-Secrétaire d’État « d’indignes et de non-démocratiques ». « Nous voulons collaborer avec les Etats-Unis, mais je n’entends pas me soumettre à un quelconque représentant américain », a-t-il déclaré. Les relations entre Vetëvendosje et les diplomates américains ont souvent été tendues. Vetëvendosje avait demandé le départ de l’ancienne ambassadrice américaine, Tina Kaidanow, accusée d’être « le cerveau » d’un complot visant à reconfigurer l’identité albanaise et à priver l’indépendance du Kosovo de toute référence nationale.

En parallèle, les Etats-Unis et l’Union européenne ne cessent de chanter les louanges de Hashim Thaçi, dont le nom est pourtant cité dans plusieurs rapports internationaux sur le crime organisé. Alors que le vice-président américain Joe Biden a qualifié Thaçi de « Georges Whashington kosovar », certains diplomates occidentaux le présentent comme le « Gerry Adams des Balkans »… Le New York Times écrivait dernièrement que le nom d’Hashim Thaçi est même cité comme candidat potentiel pour le Prix Nobel de la Paix. Même au sein des institutions européennes, le nom d’Hashim Thaçi, n’est plus évoqué à propos des accusations de trafic d’organes, mais comme celui d’un « vrai Homme d’Etat », du moins s’il faut se référer aux propos de Catherine Ashton lors de sa dernière rencontre avec Hashim Thaçi à Prishtina. À cette occasion, les seuls « exclus » de la discussion avec la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité furent les représentants de Vetëvendosje…

Catégories :Kosovo-Balkans

La fin d’un mythe, la fin d’un monde…

 

 

La crise de 2008 semble quelque peu effacée ce nos mémoires, on parle davantage en effet de la crise actuelle qui ne cesse de se décliner en événements marquants comme la faillite de Détroit. La cité radieuse de l’automobile connaît un profond déclin, enjeu politique et économique, la population en subit les soubresauts de plein fouet. Entre l’échec des promesses démocrates de ne pas abandonner la ville (promesse du Président Obama et renfort de quelques millions de dollars pour renflouer l’industrie automobile), et la volonté des républicains de réaliser des économies drastiques, quitte à sacrifier les employés municipaux (Mitt Romney lors de la dernière campagne présidentielle avait souhaité ouvertement abandonner ce bastion démocrate à son sort), la population n’a guère d’autre choix que de subir ou trouver une alternative politique à cette situation sans issue.

 

 

Des cas similaires se multiplient, des pans entiers d’une économie, d’un système économique, s’effondrent et alimentent la polémique, redressement de l’Allemagne de l’Est, retraites en France, crise de l’euro en Grèce et Chypre, la liste est longue et ne cesse de s’allonger. Le coeur de tout ceci est est peut-être la faillite du système capitaliste lui-même. Le problème est si immense, si impensable, qu’il fait presque oublier la chute du régime soviétique et du modèle communiste après 80 ans de progression et de développement à travers le monde. On a oublié que le système capitaliste dans lequel nous vivons n’est qu’un système parmi tant d’autres…

 

Certes, il se base sur l’échange et la création de richesses, activités auxquelles se consacre l’Homme depuis près de 50 000 ans, quelque soient les civilisations, les régions, les empires, les périodes de guerre ou de calme, les idéologies en place ou les religions. C’est peut-être de cela dont on n’a plus conscience. L’échange et la création de richesses a pris une autre forme, une forme très particulière qui s’exprime à travers le modèle capitaliste. Aujourd’hui, c’est ce modèle qui est en crise, en panne. Il semble arriver au terme de évolution. Il reste cependant très fort car, contrairement au système communiste, l’ensemble de la population le soutient, le défend, du simple prestataire de l’aide sociale au richissime investisseur. On ne conçoit pas à l’heure actuelle la chute du système, pas plus que l’on envisage un après-système…

 

 

Notre univers se se limite à ce que l’on vit au quotidien et ce que l’on maintient en place, volontairement ou non, consciemment ou non. En outre, les contestataires restent peu nombreux, pour la plupart constitués d’idéalistes et rêveurs sans projet réels, sans solution fiable à grande échelle. A la limite, nous voyons des solutions locales à petite échelle, très innovantes et dignes d’intérêt, mais encore trop limitées, trop cantonnées à une échelle locale, et non à l’échelle d’un pays, d’un groupe de pays ou encore de la planète. C’est cela qui pose problème : l’échelle. La mondialisation issue du développement du système capitaliste s’est imposée dans tous les domaines, la planète a réellement rétréci, un événement local a des répercussions à l’autre bout de la planète, que ce soit dans le domaine politique, culturel, religieux, scientifique ou autre, c’est ce qui caractérise notre monde, il est devenu global, les crises également. Après la chute du communisme, le réveil de l’islam radical, le printemps arabe et les indiginés qui apparaîssent et se développent au Canada (« printemps érable » de février à septembre 2012), en Amérique latine, en Europe et ailleurs. L’impact est immédiat et est massif, il touche toutes les parties du monde connu, désormais l’effet domino prend des proportions encore jamais atteintes, la bruissement d’aile d’un papillon…

 

 

Les crises n’échappent pas à la règle, elles se répandent rapidement et touchent des secteurs, des lieux jusque-là épargnés. La faillite d’un système a des échos lointains et profonds. La question n’est plus de savoir si le système actuel chutera comme les autres ou pas. Il s’effondrera dans 10 ans, 50 ans ou plus, mais il finira par arriver au bout de son développement : après être né, s’être développé, il amorcera son déclin et sera très probablement remplacé par un autre système…

 

La question est de savoir comment réagir lorsque ce déclin surviendra. C’est une grave question à laquelle nous n’avons pas encore de réponse, notre capacité à nous adapter à une nouvelle situation, à un bouleversement de notre environnement nous permettra de suivre cette évolution, ou de la subir.

 

 

L’important est de savoir comment les choses peuvent évoluer. En effet, l’échange de biens et de richesses demeurera encore longtemps, l’humanité vit sur ce modèle depuis trop longtemps pour subitement abandonner ce schéma sur le long terme. Cependant, des innovations importantes sont possibles et même prévisibles. On le remarquera sans doute dans les pays marqués par une tradition collectiviste. L’Etat devra développer des structures renforcées pour répondre aux besoins de la population, en France plus particulièrement où l’aide sociale est importante, où « l’Etat Providence » est une réalité, une tradition. Il ne sera pas surprenant de voir un développement de ce modèle pour nourrir la population, la loger, la soigner (le système est déjà partiellement en place). Pour cela, il sera nécessaire de réformer le système économique sur la base d’une volonté politique ou d’une crise, celle de l’euro peut constituer une bon préalable. Une succession de crises financières et monétaire peut également constituer une situation favorable à un changement des mentalités. C’est une étape indispensable pour permettre un changement d’une telle envergure.

 

 

Que l’on ne s’y trompe pas, une telle décision (probablement politique) ne sera pas le monopole d’un parti ou groupe de partis situés « à gauche ». Un rejet du système capitaliste peut très bien venir de formation considérées « à droite », par ailleurs, ces connotations semblent de moins en moins pertinentes, tant la modification des repères traditionnels est forte.

 

 

Le déplacement du curseur de façon linéaire sur un axe gauche-droite st de moins en moins réaliste, il est nécessaire d’y ajouter d’autres paramètres bien plus nombreux. Au final, le positionnement politique ferait évoluer le curseur au milieu de plusieurs axes qui s’entrecroisent au point de créer une sorte de « réseau 3D » qui s’apparenterait davantage à une sphère qu’à un axe purement linéaire. Ces critères sont multiples et évoluent avec le temps, de tels changements sont difficiles à aborder, à prévoir, ils changent au gré des événements, des situations, des menaces réelles ou imaginaires, et surtout de l’image qu’on en a, de leur représentations. C’est pourquoi les schémas classiques ne peuvent être pris en compte aujourd’hui pour traduire une instabilité politique. L’électeur est devenu très volatile, il n’adhère plus à des idées politiques comme un consommateur qui choisit tel ou tel parti comme il choisirait un paquet de lessive.

 

 

Désormais, il s’oriente vers un candidat parfois par défaut. Il change et les discours changent aussi, ils doivent s’adapter rapidement. Les conclusions de Gustave Le Bon n’ont jamais été si vraies, une personne acclamée par la foule un jour, peut être rejeté et haïe le lendemain…

 

C’est un peu le peuple qui reprend un peu de pouvoir sur ses représentants, mais cela crée aussi une profonde instabilité qui rend l’exercice du pouvoir très délicat. Certes, la démagogie peut être une solution mais uniquement sur le court terme, la chute de la roche Tarpéienne n’est pas loin du Triomphe. Et pourtant les défis à venir sont importants et il faudra les relever avec plus de courage et d’initiative que jamais. Les événements se précipitent avec une rapidité et une intensité jamais atteinte. C’est cela aussi qu’il faut prendre en compte, la faillite d’établissements comme Goldman Sachs a exigé des décisions rapides, d’une portée particulièrement grave… comme la décision de la frappe nucléaire…

 

 

En retour, le peuple juge les actes, les conséquences, et il n’est pas enclin à une grande mansuétude à l’égard de ses élus. Intransigeant, il ne pardonne pas, il peut oublier (pour peu qu’on l’aide un peu !), mais il n’accepte pas l’échec de ses dirigeants. L’effondrement du système capitaliste basé sur la société de consommation et la spéculation arrivera à son terme, quel que soit le temps nécessaire. On parle volontiers de la reprise, des signes semblent nous en convaincre, un grand nombre d’économistes se préparent d’ailleurs à un après-crise, mais la réalité est là : une société du low-cost, du discount s’est installée durablement, elle s’exprime par des soldes moroses, des séjours estivaux courts, des touristes qui regardent à la dépense, et le très fort développement de la vente en ligne. Tout cela traduit une crise de la société de consommation, la chute des ventes de véhicules en France suit la crise de l’immobilier. C’est un des points faibles du système : quand on ne consomme plus, le système s’enraye, il doit rapidement évoluer pour s’adapter, faute de quoi il est menacé de disparaître. Les choses changent, les lois naturelles de l’évolution demeurent…

 

Catégories :causeries du moment

les droits de l’homme ? pas partout…

Les droits de l’homme, la dénonciation de l’esclavage et tant d’autres thèmes ont donné lieu à de grandes campagnes publicitaires, médiatiques….

C’est oublier assez rapidement la situation dramatique dans certaines parties du globe. Comme on a « oublié » le Darfour avant que de courageuses personnes ne relayent l’information dans la presse, une partie de la population en République Démocratique du Congo subit des exactions d’une extrême brutalité, dans le silence le plus absolu…

Sources : BBC Afrique

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/07/130711_katanga_forgotten_crisis.shtml

RDC : la crise oubliée du Katanga

Dernière mise à jour: 12 juillet, 2013 – 13:49 GMT

Lucien, son épouse et leurs cinq enfants ont fui leur village du fait de la terreur des groupes rebelles

Depuis plus d’un an, des groupes armés sèment la terreur au Katanga, dans le sud-est de la RDC, mais le gouvernement se garde de reconnaître la présence d’une rébellion dans la riche province minière.

Près de 60 mille personnes ont afflué dans la petite ville poussièreuse de Pweto, non loin de la frontière avec la Zambie. Ce sont des milliers de familles, qui ont rassemblé à la hâte un peu d’argent, des couvertures et qui ont pris la route.

Ces familles habitaient de petits villages vulnérables, loin des positions des casques bleus onusiens et de l’armée congolaise.

Antoinette, poussée à la fuite par la peur, vit maintenant dans une maison en terre à Pweto; un logement que lui a prêté une habitante de la ville, absente pour quelques mois.

Sur le mur marron, une inscription à la craie ; « bienvenue ».

« Ils ont attaché ma mère à un arbre, dit Antoinette, et lui ont enfoncé une flèche dans les côtes; la flèche est ressortie de l’autre côté. Ils lui ont coupé les seins. Tout ça devant moi. Puis chacun des deux hommes m’a violé. Mes voisins ont été brûlé vifs.« 

Antoinette, villageoise déplacée par la violence

« Une dame m’a aidée quand elle a entendu mon histoire. Elle me laisse vivre ici avec ma fille sans payer, » explique la jeune femme de 18 ans.

Antoinette a dû fuir son village de Montofita quand les Mai Mai Kata Katanga l’ont attaqué. Ils ont brûlé les maisons et ont embarqué Antoinette, ainsi que sa mère.

« Ils ont attaché ma mère à un arbre, dit Antoinette, et lui ont enfoncé une flèche dans les côtes; la flèche est ressortie de l’autre côté.

« Ils lui ont coupé les seins. Tout ça devant moi. Puis chacun des deux hommes m’a violé. Mes voisins ont été brûlé vifs. »

Le HCR estime que plus de 1700 femmes parmi les déplacés du Katanga ont été violées, comme Antoinette. Un chiffre forcément en deça de la réalité.

Dans le camp de déplacés de Mwashi, les derniers arrivés ont fui un village surnommé Kosovo, allusion à la fréquence des attaques qu’il a subi au fil des années.

Ils ont fuit leurs maisons il y a un peu moins d’un mois, et se plaignent de n’avoir pas encore reçu d’aide alimentaire.

Taux de malnutrition aigue

En réalité, moins de la moitié des déplacés bénéficient d’une aide alimentaire.

« Les fonds attribués par les bailleurs pour le Katanga sont trop limités, et le PAM a du mal à continuer à fournir une aide de base aux déplacés, » déplore Anne Nardini, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

« La province du Katanga est encore perçue comme étant riche, mais le taux de malnutrition aigue y est de 15 pour cent, » ajoute-t-elle.

Mwashi n’est pas un camp de déplacés structuré, mais plutôt ce que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Onu appelle un site spontané : pas d’infrastructures sanitaires, pas de médecins. Une épidémie de choléra s’est déclarée l’an dernier, faisant au moins 46 morts dans le camp.

Lucien habite avec son épouse et ses cinq enfants dans une case en paille de taille restreinte. Il était professeur des écoles à Kabisa.

« On m’a ciblé, dit Lucien, parce que je suis un intellectuel et je décourageais les jeunes de rejoindre les groupes armés. Je savais que les Maï-Maï allaient venir me chercher, donc je me suis enfui. »

Dans le village de Lucien, une dizaine d’hommes a rejoint le groupe Mai Mai Bakata katanga.

« Exploiter nos propres ressources »

Le mouvement Maï-Maï Kata Katanga est récent. Il a été formé après l’évasion de prison de Gédéon Kyungu Mutanga, en septembre 2011.

A la fois chef de guerre et féticheur, Gédéon Kyungu Mutanga a dirigé une milice Maï-Maï dans les années 1990 et jusqu’en 2006, date de son emprisonnement.

Sa milice a été armée pendant un temps par le gouvernement, elle faisait partie des groupes d’autodéfense populaires qui luttaient aux côtés des forces congolaises contre les milices pro-Rwanda.

Après la guerre, bien que son groupe se soit retourné contre le gouvernement, il aurait continué à recevoir des armes, discrètement fournies par le commandant de l’armée de l’air d’alors, John Numbi.

Un rapport d’ONG locales établit des liens plus récents entre les Maï-Maï Kata Katanga et John Numbi. Le grand chef du groupe serait un dénommé Ferdinand Tanda Imena Kazadi Mutembo qui vivrait à l’étranger.

« Gédéon est venu nous voir en août 2012. Nous ne l’avons pas vu de nos yeux, il s’est caché dans une case pour nous parler, » raconte un homme qui vient de fuir une base de combattants Maï Maï avec ses deux épouses et ses huit enfants.

« Ils nous a dit qu’en rejoignant son mouvement, les Bakata Katanga, nous aurions une vie meilleure. Il nous a dit qu’il fallait que le Katanga soit indépendant, que cela mettrait fin aux tracasseries des militaires, et que nous pourrions exploiter nos propres ressources. Le Katanga est très riche, mais nous ne bénéficions de rien. C’est la misère. Il nous a dit que cela changerait. »

Mouvements sécessionistes

Peu étonnant que le discours ait séduit, au delà du groupe éthnique de Gédeon. Au Katanga, le sentiment d’injustice sur la répartition des gains générés par les ressources du sous-sol est répandu.

La province abrite des mouvements sécessionistes depuis des décennies. Elle a même brièvement été indépendante entre 1960 et 1963.

Mais les méthodes utilisées par les Maï-Maï ne sont pas celles d’un mouvement libérateur, ce qui l’empêche de jouir du soutien de la majorité de la population.

« Nous ne savons pas quoi penser de l’indépendance du Katanga en tant que telle, » affirme priscille, une habitante de Pweto. « Peut-être que la population aurait pu les soutenir, dit-elle, mais ils brûlent les villages et tuent les gens. »

« L’indépendance pourrait être une bonne chose pour le Katanga, » estime un habitant de Lubumbashi, « mais cela dépend avant tout de comment. Si c’est pour le peuple, oui; mais pour servir les interêts d’un groupuscule, non merci, »

Selon les autorités territoriales de Pweto, plusieurs centaines de combattants Mai-Mai se sont rendus depuis le début de l’année. Ils sont appauvris, épuisés, démoralisés.

« Nous sommes encore plus pauvres qu’avant, beaucoup d’entre nous sont morts, le mouvement s’épuise, » estime l’ex-combattant.

Les Kata Katanga ont peu de moyens, selon plusieurs témoignages. Ils disposent de quelques AK47, mais se battent surtout à l’arme blanche. Les combattants sont peu formés et le mouvement n’a pas de hiérarchie structurée.

Lubumbashi

Pourtant, à la surprise générale, Les Kata Katanga sont parvenus, le 23 mars dernier, à rentrer dans la capitale Lubumbashi.

Faiblement armés, couverts de gris-gris et brandissant des drapeaux du Katanga indépendant, 242 combattants sont arrivés jusqu’au centre ville, ont dressé un drapeau sur la place centrale avant de déposer les armes à la Monusco.

L’incident a fait au moins 23 morts, et a semé la panique. A la fin du mois dernier, des tracts ont circulé dans la ville. Un groupe qui se présente comme les Kata Katanga menaçait de prendre Lubumbashi entre le 30 juin et le 11 juillet.

Une attaque contre une prison dans la ville, le 23 juin dernier, pour tenter de libérer un des leurs a accru la tension.

« Nous avons peur qu’ils rentrent encore dans la ville, » s’inquiète un habitant de la capitale provinciale. « La dernière fois, des dizaines d’innocents ont été tués par des balles perdues. Ils sont comme une rebellion. »

Les Maï Maï Kata Katanga ne sont pas le seul group actif dans la province. Les Maï-Maï Gédéon ne réclament pas l’indépendance, mais sont dirigés par la même personne.

La Corak Kata Katanga, la coordination pour un référendum sur l’autodétermination du Katanga, est dirigée par des anciens tigres Katangais, un groupe indépendantiste qui s’était illustré dans les années 1960.

Des membres de la Corak affirment s’être infiltrés dans la capitale provinciale et révendiquent une attaque contre l’aéroport de la ville en Février 2011. Ces groupes ont des affinités, mais semblent peu coordonnés.

Le Haut commissariat aux Réfugiés des Nations Unies appelle la Monusco à augmenter sa présence dans la région.

La mission onusienne a envoyé des forces spéciales égyptiennes dans la capitale Lubumbashi à la fin du mois dernier et elles sont venues s’ajouter aux 450 casques bleus dans l’ensemble de la province, mais cela reste un effectif dérisoire pour un territoire de la taille de la France.

Il n’y a « pas de rébellion »

L’ONU juge la situation au Katanga « très inquiétante » mais le Nord Kivu, où quelques 6000 casques bleus sont stationnés, reste la priorité de la mission.

Le Premier ministre Matata Ponyo a affirmé à la BBC qu’on ne peut pas parler de rébellion au Katanga.

« Pour moi, a-t-il déclaré, il n’y a pas de rébellion; ce sont des groupes d’individus qui ont besoin de faire entendre leur voix. C’est la démocratie. Il y a des mesures qui sont prises par le gouvernement pour essayer d’arrêter ce type de mouvement ou tout au moins les contrôler. »

L’armée Congolaise ne dispose pas de données à ce jour sur le nombre de troupes déployées dans le Katanga, et ne compte pas en déployer davantage.

Selon le HCR, les soldats gouvernementaux sont responsables d’une grande partie des cas de violences sexuelles enregistrés parmi les déplacés.

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Nouvelles tensions au Kosovo

Après la célébration du 14 juillet, on semble depuis quelques temps oublier la situation très instable au Kosovo, un nouvel incident nous rappelle cette zone difficile au cœur de l’Europe…

Source : courrier des balkans

Serbie : fusillade à la frontière avec le Kosovo entre gendarmes serbes et trafiquants de bois albanais

 

Traduit par Philippe Bertinchamps –24 réactions

 

 

 

Mise en ligne : lundi 8 juillet 2013

 

Une fusillade a éclaté dimanche soir entre gendarmes serbes et trafiquants de bois albanais dans le village de Borovac, près de Kuršumlija, à quelques kilomètres de la frontière avec le Kosovo. Six personnes ont été blessées. Ce serait le troisième incident de ce genre en dix jours.

 

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Près du village de Borovac (archives Tanjug)

« Un groupe d’Albanais a attaqué avec des armes automatiques une patrouille de la gendarmerie sur le territoire de la Serbie, dans le village de Borovac, dans la région de Kuršumlija. Les membres de la gendarmerie sont indemnes mais, selon la police du Kosovo, six personnes de nationalité albanaise ont été blessées », a déclaré le commandant de la gendarmerie Bratislav Dikić.

L’officier a précisé à Tanjug que les gendarmes ont été attaqués ce dimanche vers 19 heures par « plusieurs personnes ». Ils ont répondu « de façon appropriée » et n’ont pas été blessés, a-t-il ajouté.

Un tracteur chargé de troncs d’arbres a été trouvé sur les lieux, ainsi que deux tronçonneuses et des vêtements de travail, a expliqué Bratislav Dinkić. Les officiers de liaison d’EULEX et de la KFOR ont été informés de l’incident. Ils n’ont toutefois pas fait de commentaires. La police du Kosovo (KPS) a confirmé l’incident, sans fournir plus de détails. Selon le quotidien Express à Pristina, quatre personnes ont été hospitalisées.

D’après des sources non officielles, un groupe armé d’Albanais a traversé clandestinement la frontière et tenté de couper illégalement du bois. Ils auraient été surpris par une patrouille de gendarmes. Selon Časlav Milošević, fonctionnaire à Merdare, la fusillade a duré une demi-heure. Il s’agirait du troisième incident de ce genre dans le village en dix jours.

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renforcement de la présence russe en Grèce ? ou bien…..

Source : le monde.fr

Athènes réconfortée par le choix du gazoduc Trans Adriadic Pipeline

LE MONDE | 01.07.2013 à 12h04 | Par Alain Salles

Athènes, correspondance

Athènes a célébré comme une grande victoire le choix, vendredi 28 juin, du gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP) – il passe par la Grèce –, par le consortium Shah Deniz, chargé de l’exploitation du gaz découvert dans la mer Caspienne. Une annonce faite à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan. « C’est à notre pays depuis les dix dernières années. Et c’est un moyen pour sortir le plus tôt possible de la crise », s’est félicité le premier ministre grec, Antonis Samaras.

Shah Deniz, qui rassemble le groupe britannique BP, le norvégien Statoil, l’azerbaïdjanais Socar et le français Total, a préféré la voie méditerranéenne, passant par la Turquie, la Grèce, l’Albanie et l’Italie, plutôt que le gazoduc Nabucco, qui traversait l’Europe centrale. Cette infrastructure traversera le nord de la Grèce, de la frontière turque à la frontière albanaise, sur 500 kilomètres. Les travaux devraient commencer au printemps 2014. Le projet représente un investissement de 1,5 milliard d’euros en Grèce et créera plus de 2 000 emplois, une aubaine pour un pays où le taux ce chômage atteint 27 % de la population active. Le think tank grec IOBE estime pour sa part que sa réalisation générera 320 millions d’euros de revenus annuels pour l’Etat et créera 2 700 emplois, auxquels s’ajouteront 2 400 emplois indirects créés par les fournisseurs locaux. Le gazoduc aura des retombées positives pour les régions de Macédoine et de Thrace, qui sont parmi les plus touchées par la crise économique. L’accord signé entre le gouvernement grec et le consortium qui gère TAP (Statoil, le suisse EGL et l’allemand E.ON) prévoit que la Grèce pourra prendre une participation de 5 % à partir de 2019. Pour M. Samaras, cette bonne nouvelle intervient après plusieurs semaines de flottement politique – sa décision de fermer brutalement des antennes de la télévision publique avait notamment provoqué le départ d’un membre de la coalition gouvernementale.

ASSURER LA SÉCURITÉ ENERGÉTIQUE DE L’UNION EUROPÉENNE

Le premier ministre s’est d’ailleurs fortement impliqué dans l’opération, en se rendant en visite officielle en Azerbaïdjan, à la fin du mois de mai, pour soutenir la candidature de TAP, mais aussi évoquer le dossier de la privatisation de la société publique grecque de distribution de gaz, Defsa. La société azerbaïdjanaise Socar, qui est membre du consortium Shah Deniz, est en effet la seule candidate à la privatisation de Defsa. Elle serait prête à en acquérir 66 %, pour 400 millions d’euros. L’annonce, attendue dans la semaine, du bouclage de cette opération apporterait du baume au coeur de M. Samaras, alors que son programme de privatisations connaît de sérieux ratés. Ainsi, la société Emma Delta, qui a acquis 33 % de la compagnie de jeux OPAP, pour 700 millions d’euros, est engagée dans un bras de fer – avec les autres actionnaires et avec les dirigeants – qui menace de mettre en cause la privatisation. Début juin, c’était le groupe russe Gazprom qui avait refusé de participer à la privatisation de la société grecque de gaz DEPA. M. Samaras avait reçu à plusieurs reprises le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, mais Moscou a renoncé. Cette candidature avait soulevé de fortes inquiétudes aux Etats-Unis comme en Europe. Bruxelles a démenti être à l’origine de l’échec de ce dossier, mais la perspective de voir Gazprom s’emparer du réseau grec n’était pas considéré comme idéal, alors que l’Union européenne (UE) cherche à diversifier ses ressources pour être moins dépendante du gaz russe.

NABUCCO, LE GRAND PERDANT

C’est précisément l’enjeu du gazoduc TAP, qui a été salué par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, comme « une étape importante dans le renforcement de la sécurité énergétique de l’UE ». Le gaz pourra être acheminé en Grèce et en Italie à partir de 2019, à hauteur de 10 milliards de mètres cubes par an. Le projet de Gazprom d’un gazoduc à travers l’Europe centrale vers l’Europe de l’Ouest – South Stream – prévoit une capacité de… 63 milliards de mètres cubes par an. Dans un communiqué, BP a toutefois annoncé une deuxième étape, avec Shah Deniz 2, un projet de développement de 40 milliards de dollars (30 milliards d’euros) qui permettrait de mettre sur le marché 16 milliards de mètres cubes. Le grand perdant est le projet Nabucco, qui venait de recevoir le soutien de GDF Suez. Son trajet, plus long (1 300 kilomètres, contre 800 pour TAP), a été jugé plus coûteux, même si les marchés que représentaient la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche semblaient plus prometteurs que ceux de la Grèce, de l’Albanie et de l’Italie. TAP oriente vers le sud la géopolitique du gaz européen. C’est à partir de 2019 que la distribution du gaz découvert dans les eaux chypriotes devrait commencer.

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