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renforcement de la présence russe en Grèce ? ou bien…..

Source : le monde.fr

Athènes réconfortée par le choix du gazoduc Trans Adriadic Pipeline

LE MONDE | 01.07.2013 à 12h04 | Par Alain Salles

Athènes, correspondance

Athènes a célébré comme une grande victoire le choix, vendredi 28 juin, du gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP) – il passe par la Grèce –, par le consortium Shah Deniz, chargé de l’exploitation du gaz découvert dans la mer Caspienne. Une annonce faite à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan. « C’est à notre pays depuis les dix dernières années. Et c’est un moyen pour sortir le plus tôt possible de la crise », s’est félicité le premier ministre grec, Antonis Samaras.

Shah Deniz, qui rassemble le groupe britannique BP, le norvégien Statoil, l’azerbaïdjanais Socar et le français Total, a préféré la voie méditerranéenne, passant par la Turquie, la Grèce, l’Albanie et l’Italie, plutôt que le gazoduc Nabucco, qui traversait l’Europe centrale. Cette infrastructure traversera le nord de la Grèce, de la frontière turque à la frontière albanaise, sur 500 kilomètres. Les travaux devraient commencer au printemps 2014. Le projet représente un investissement de 1,5 milliard d’euros en Grèce et créera plus de 2 000 emplois, une aubaine pour un pays où le taux ce chômage atteint 27 % de la population active. Le think tank grec IOBE estime pour sa part que sa réalisation générera 320 millions d’euros de revenus annuels pour l’Etat et créera 2 700 emplois, auxquels s’ajouteront 2 400 emplois indirects créés par les fournisseurs locaux. Le gazoduc aura des retombées positives pour les régions de Macédoine et de Thrace, qui sont parmi les plus touchées par la crise économique. L’accord signé entre le gouvernement grec et le consortium qui gère TAP (Statoil, le suisse EGL et l’allemand E.ON) prévoit que la Grèce pourra prendre une participation de 5 % à partir de 2019. Pour M. Samaras, cette bonne nouvelle intervient après plusieurs semaines de flottement politique – sa décision de fermer brutalement des antennes de la télévision publique avait notamment provoqué le départ d’un membre de la coalition gouvernementale.

ASSURER LA SÉCURITÉ ENERGÉTIQUE DE L’UNION EUROPÉENNE

Le premier ministre s’est d’ailleurs fortement impliqué dans l’opération, en se rendant en visite officielle en Azerbaïdjan, à la fin du mois de mai, pour soutenir la candidature de TAP, mais aussi évoquer le dossier de la privatisation de la société publique grecque de distribution de gaz, Defsa. La société azerbaïdjanaise Socar, qui est membre du consortium Shah Deniz, est en effet la seule candidate à la privatisation de Defsa. Elle serait prête à en acquérir 66 %, pour 400 millions d’euros. L’annonce, attendue dans la semaine, du bouclage de cette opération apporterait du baume au coeur de M. Samaras, alors que son programme de privatisations connaît de sérieux ratés. Ainsi, la société Emma Delta, qui a acquis 33 % de la compagnie de jeux OPAP, pour 700 millions d’euros, est engagée dans un bras de fer – avec les autres actionnaires et avec les dirigeants – qui menace de mettre en cause la privatisation. Début juin, c’était le groupe russe Gazprom qui avait refusé de participer à la privatisation de la société grecque de gaz DEPA. M. Samaras avait reçu à plusieurs reprises le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, mais Moscou a renoncé. Cette candidature avait soulevé de fortes inquiétudes aux Etats-Unis comme en Europe. Bruxelles a démenti être à l’origine de l’échec de ce dossier, mais la perspective de voir Gazprom s’emparer du réseau grec n’était pas considéré comme idéal, alors que l’Union européenne (UE) cherche à diversifier ses ressources pour être moins dépendante du gaz russe.

NABUCCO, LE GRAND PERDANT

C’est précisément l’enjeu du gazoduc TAP, qui a été salué par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, comme « une étape importante dans le renforcement de la sécurité énergétique de l’UE ». Le gaz pourra être acheminé en Grèce et en Italie à partir de 2019, à hauteur de 10 milliards de mètres cubes par an. Le projet de Gazprom d’un gazoduc à travers l’Europe centrale vers l’Europe de l’Ouest – South Stream – prévoit une capacité de… 63 milliards de mètres cubes par an. Dans un communiqué, BP a toutefois annoncé une deuxième étape, avec Shah Deniz 2, un projet de développement de 40 milliards de dollars (30 milliards d’euros) qui permettrait de mettre sur le marché 16 milliards de mètres cubes. Le grand perdant est le projet Nabucco, qui venait de recevoir le soutien de GDF Suez. Son trajet, plus long (1 300 kilomètres, contre 800 pour TAP), a été jugé plus coûteux, même si les marchés que représentaient la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche semblaient plus prometteurs que ceux de la Grèce, de l’Albanie et de l’Italie. TAP oriente vers le sud la géopolitique du gaz européen. C’est à partir de 2019 que la distribution du gaz découvert dans les eaux chypriotes devrait commencer.

Catégories :Kosovo-Balkans
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