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La fin d’un mythe, la fin d’un monde…

 

 

La crise de 2008 semble quelque peu effacée ce nos mémoires, on parle davantage en effet de la crise actuelle qui ne cesse de se décliner en événements marquants comme la faillite de Détroit. La cité radieuse de l’automobile connaît un profond déclin, enjeu politique et économique, la population en subit les soubresauts de plein fouet. Entre l’échec des promesses démocrates de ne pas abandonner la ville (promesse du Président Obama et renfort de quelques millions de dollars pour renflouer l’industrie automobile), et la volonté des républicains de réaliser des économies drastiques, quitte à sacrifier les employés municipaux (Mitt Romney lors de la dernière campagne présidentielle avait souhaité ouvertement abandonner ce bastion démocrate à son sort), la population n’a guère d’autre choix que de subir ou trouver une alternative politique à cette situation sans issue.

 

 

Des cas similaires se multiplient, des pans entiers d’une économie, d’un système économique, s’effondrent et alimentent la polémique, redressement de l’Allemagne de l’Est, retraites en France, crise de l’euro en Grèce et Chypre, la liste est longue et ne cesse de s’allonger. Le coeur de tout ceci est est peut-être la faillite du système capitaliste lui-même. Le problème est si immense, si impensable, qu’il fait presque oublier la chute du régime soviétique et du modèle communiste après 80 ans de progression et de développement à travers le monde. On a oublié que le système capitaliste dans lequel nous vivons n’est qu’un système parmi tant d’autres…

 

Certes, il se base sur l’échange et la création de richesses, activités auxquelles se consacre l’Homme depuis près de 50 000 ans, quelque soient les civilisations, les régions, les empires, les périodes de guerre ou de calme, les idéologies en place ou les religions. C’est peut-être de cela dont on n’a plus conscience. L’échange et la création de richesses a pris une autre forme, une forme très particulière qui s’exprime à travers le modèle capitaliste. Aujourd’hui, c’est ce modèle qui est en crise, en panne. Il semble arriver au terme de évolution. Il reste cependant très fort car, contrairement au système communiste, l’ensemble de la population le soutient, le défend, du simple prestataire de l’aide sociale au richissime investisseur. On ne conçoit pas à l’heure actuelle la chute du système, pas plus que l’on envisage un après-système…

 

 

Notre univers se se limite à ce que l’on vit au quotidien et ce que l’on maintient en place, volontairement ou non, consciemment ou non. En outre, les contestataires restent peu nombreux, pour la plupart constitués d’idéalistes et rêveurs sans projet réels, sans solution fiable à grande échelle. A la limite, nous voyons des solutions locales à petite échelle, très innovantes et dignes d’intérêt, mais encore trop limitées, trop cantonnées à une échelle locale, et non à l’échelle d’un pays, d’un groupe de pays ou encore de la planète. C’est cela qui pose problème : l’échelle. La mondialisation issue du développement du système capitaliste s’est imposée dans tous les domaines, la planète a réellement rétréci, un événement local a des répercussions à l’autre bout de la planète, que ce soit dans le domaine politique, culturel, religieux, scientifique ou autre, c’est ce qui caractérise notre monde, il est devenu global, les crises également. Après la chute du communisme, le réveil de l’islam radical, le printemps arabe et les indiginés qui apparaîssent et se développent au Canada (« printemps érable » de février à septembre 2012), en Amérique latine, en Europe et ailleurs. L’impact est immédiat et est massif, il touche toutes les parties du monde connu, désormais l’effet domino prend des proportions encore jamais atteintes, la bruissement d’aile d’un papillon…

 

 

Les crises n’échappent pas à la règle, elles se répandent rapidement et touchent des secteurs, des lieux jusque-là épargnés. La faillite d’un système a des échos lointains et profonds. La question n’est plus de savoir si le système actuel chutera comme les autres ou pas. Il s’effondrera dans 10 ans, 50 ans ou plus, mais il finira par arriver au bout de son développement : après être né, s’être développé, il amorcera son déclin et sera très probablement remplacé par un autre système…

 

La question est de savoir comment réagir lorsque ce déclin surviendra. C’est une grave question à laquelle nous n’avons pas encore de réponse, notre capacité à nous adapter à une nouvelle situation, à un bouleversement de notre environnement nous permettra de suivre cette évolution, ou de la subir.

 

 

L’important est de savoir comment les choses peuvent évoluer. En effet, l’échange de biens et de richesses demeurera encore longtemps, l’humanité vit sur ce modèle depuis trop longtemps pour subitement abandonner ce schéma sur le long terme. Cependant, des innovations importantes sont possibles et même prévisibles. On le remarquera sans doute dans les pays marqués par une tradition collectiviste. L’Etat devra développer des structures renforcées pour répondre aux besoins de la population, en France plus particulièrement où l’aide sociale est importante, où « l’Etat Providence » est une réalité, une tradition. Il ne sera pas surprenant de voir un développement de ce modèle pour nourrir la population, la loger, la soigner (le système est déjà partiellement en place). Pour cela, il sera nécessaire de réformer le système économique sur la base d’une volonté politique ou d’une crise, celle de l’euro peut constituer une bon préalable. Une succession de crises financières et monétaire peut également constituer une situation favorable à un changement des mentalités. C’est une étape indispensable pour permettre un changement d’une telle envergure.

 

 

Que l’on ne s’y trompe pas, une telle décision (probablement politique) ne sera pas le monopole d’un parti ou groupe de partis situés « à gauche ». Un rejet du système capitaliste peut très bien venir de formation considérées « à droite », par ailleurs, ces connotations semblent de moins en moins pertinentes, tant la modification des repères traditionnels est forte.

 

 

Le déplacement du curseur de façon linéaire sur un axe gauche-droite st de moins en moins réaliste, il est nécessaire d’y ajouter d’autres paramètres bien plus nombreux. Au final, le positionnement politique ferait évoluer le curseur au milieu de plusieurs axes qui s’entrecroisent au point de créer une sorte de « réseau 3D » qui s’apparenterait davantage à une sphère qu’à un axe purement linéaire. Ces critères sont multiples et évoluent avec le temps, de tels changements sont difficiles à aborder, à prévoir, ils changent au gré des événements, des situations, des menaces réelles ou imaginaires, et surtout de l’image qu’on en a, de leur représentations. C’est pourquoi les schémas classiques ne peuvent être pris en compte aujourd’hui pour traduire une instabilité politique. L’électeur est devenu très volatile, il n’adhère plus à des idées politiques comme un consommateur qui choisit tel ou tel parti comme il choisirait un paquet de lessive.

 

 

Désormais, il s’oriente vers un candidat parfois par défaut. Il change et les discours changent aussi, ils doivent s’adapter rapidement. Les conclusions de Gustave Le Bon n’ont jamais été si vraies, une personne acclamée par la foule un jour, peut être rejeté et haïe le lendemain…

 

C’est un peu le peuple qui reprend un peu de pouvoir sur ses représentants, mais cela crée aussi une profonde instabilité qui rend l’exercice du pouvoir très délicat. Certes, la démagogie peut être une solution mais uniquement sur le court terme, la chute de la roche Tarpéienne n’est pas loin du Triomphe. Et pourtant les défis à venir sont importants et il faudra les relever avec plus de courage et d’initiative que jamais. Les événements se précipitent avec une rapidité et une intensité jamais atteinte. C’est cela aussi qu’il faut prendre en compte, la faillite d’établissements comme Goldman Sachs a exigé des décisions rapides, d’une portée particulièrement grave… comme la décision de la frappe nucléaire…

 

 

En retour, le peuple juge les actes, les conséquences, et il n’est pas enclin à une grande mansuétude à l’égard de ses élus. Intransigeant, il ne pardonne pas, il peut oublier (pour peu qu’on l’aide un peu !), mais il n’accepte pas l’échec de ses dirigeants. L’effondrement du système capitaliste basé sur la société de consommation et la spéculation arrivera à son terme, quel que soit le temps nécessaire. On parle volontiers de la reprise, des signes semblent nous en convaincre, un grand nombre d’économistes se préparent d’ailleurs à un après-crise, mais la réalité est là : une société du low-cost, du discount s’est installée durablement, elle s’exprime par des soldes moroses, des séjours estivaux courts, des touristes qui regardent à la dépense, et le très fort développement de la vente en ligne. Tout cela traduit une crise de la société de consommation, la chute des ventes de véhicules en France suit la crise de l’immobilier. C’est un des points faibles du système : quand on ne consomme plus, le système s’enraye, il doit rapidement évoluer pour s’adapter, faute de quoi il est menacé de disparaître. Les choses changent, les lois naturelles de l’évolution demeurent…

 

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