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Archive for septembre 2013

visite de Lisbonne

22 septembre 2013 2 commentaires

Conseils de voyage à Lisbonne

Portugalia, c’est une chaîne de restaurants, la carte est excellente, deux options se présentent : manger en salle où le choix est plus important et les prix aussi, ou manger au bar où la carte est plus réduite, les tarifs également. On profite d’un cadre typiquement portugais, les murs couverts d’azulejos, et du grand aquarium en salle. Les serveurs vous réservent un accueil chaleureux et sympathique, en salle ou au bar. C’est une très bonne adresse pour découvrir la gastronomie portugaise à moindre coût.

Praça Luis de Comoes. Je conseille le Musée du Chiado, entre la faculté des arts et la place Luis de Camoes, les boutiques de luxe et les galeries se succèdent, d’un côté la Fnac insérée dans un petit centre commercial où l’on peut manger sans se ruiner. Juste devant, j’ai rencontré une artiste de rue qui joue de l’accordéon, de nombreux passant ne la remarquent pas, et pourtant, son interprétation est digne d’un fado, elle y met toute son âme, toute son cœur et offre un rare moment d’une intense émotion. De l’autre côté de la rue, on passe les deux églises (celle des Italiens et de Notre Dame de l’Incarnation) pour arriver place de Camoes, je recommande le petit kiosque sur la place, juste derrière la statue, il propose un choix raisonnable pour une petite échoppe au charme désuet digne de Montparnasse. Les pâtés au poulet sont un délice et se marient très bien avec un thé vert. Les pastels se marient très bien aussi avec un café allongé. C’est un îlot de calme au milieu du tumulte des voitures et de la ligne de tramway n°28, les tatouages des serveuses sont déjà une invitation à l’art, une insolite introduction au Musée du Chiado à deux pas de là…

Petit conseil : pour les jambes lourdes et les dos endoloris, la pharmacie juste à côté propose des crèmes musculaires très efficaces, sur les bons conseils des vendeuses qui, visiblement, ont l’habitude de ce genre de demande…

Pour le déjeuner, je recommande Signal verde, un petit restaurant familial rue Calçado de Combo, la carte est très bonne et l’on y goûte une cuisine familiale et copieuse, dans un cadre agréable les murs couverts d’azulejos sur fond vert (d’où le nom du restaurant). L’accueil est chaleureux, on se sent réellement accueilli dans une famille portugaise, pour une escale culinaire particulièrement appréciable.

On peut continuer la visite par le musée archéologique à 500 m de là, avant de se reposer place Dom Perdo IV, ou place Figueira. Après un repos bien mérité, on peut arpenter les rues à angle droit du Chiado qui regroupent les boutiques de souvenir et les terrasses, avant de descendre la rue Augusta et passer sous l’arc de triomphe, magistrale porte d’entrée de la place du Commerce. Les pieds endoloris peuvent alors se délasser dans le Tage, assis sur les rochers couverts d’algues. La suite de la visite impose un choix, soit le château St Georges tout près, soit les musées de l’art antique et des arts orientaux un peu plus loin. Les plus courageux iront jusqu’à la tour de Belem après avoir visité les musées de l’électricité, des carrosses, d’archéologie, de la marine et le palais national. Attention, une fois sur place, la station de métro la plus proche est à 4-5 km.

Les plus courageux peuvent entreprendre un parcours encore plus sportif (attention, peu sportifs s’abstenir !). De la station Areeiro, prendre l’avenue Joao XXI jusqu’à Praça de Touros, puis l’avenue de la République jusqu’à la Praça Saldanha puis la praça Pombal. Là on peut visiter le parc Edouard VII et prendre de très belles photos avec le drapeau portugais qui se découpe sur le paysage. Juste en contrebas, il y a un Corte Ingles (ouvert le dimanche) où l’on peut faire un brin de shopping et faire une pause pour boire un café et déguster une pastel. Après ce petit repos, il reprends la rue da Fronteira qui passe devant le pénitencier jusqu’à l’Avenue de Sousa qui descend jusqu’au centre commercial Amoreiras (ouvert le dimanche comme tous les centres commerciaux). Puis on reprend l’avenue Joachim de Aguio jusqu’à la place Pombal, sur la droite, on descend l’avenue Libertad jusqu’à la praça Restauradores avant de descendre la rue Aurea jusqu’à l’arc de Triomphe qui s’ouvre sur la praça de Comercio. Ce total d’environ 6 km permettra de découvrir Lisbonne, le petit plus est la brocante sur l’avenue Libertad le dimanche. On peut aussi faire un détour par la fondation Gulbenkian dont le parc invite à une profonde zénitude. Il y a deux musées, celui des arts contemporains et celui de la fondation qui présente la célèbre et très riche collection Gulbenkian (riche collectionneur d’origine arménienne), celle-ci couvre des collections égyptiennes, grecques, assyriennes, et une grande quantité d’œuvres d’art islamique et préislamique (céramiques, tapis), des œuvres de maîtres en particulier français, et une salle dédiée à la collection Lalique très complète et de toute beauté.

Autre parcours, prendre la ligne de métro Azul direction Amadora Este jusuq’à la station Colegio militar/Luz, en sortant on est déjà dans le centre commercial Colombo avec près de 400 boutiques, on peut y faire un brin de shopping et y manger, il y a une bonne dizaine de restaurants à l’étage. Ensuite, on reprend la ligne de tram en sens inverse jusqu’au jardin zoologique. Une très agréable visite très arborée permet de découvrir des espèces aussi diverses que girafes, fauves, rhinocéros blanc, singes, oiseaux, etc… Le billet permet un accès aux cabines suspendues qui fait le tour du parc, et offre de très belles vues sur Lisbonne pour de belles photos. Le clou de la visite est le spectacle d’une petite heure est le show aquatique avec des dauphins et des otaries. On peut ensuite reprendre le métro jusqu’à Pombal devant le parc Edouard VII ou bien Restauradores, Baixa-Chiado pour continuer la visite et manger dans les très bons restaurants de ces quartiers touristiques.

Autre parcours, station métro Moniz, dans le quartier populaire de la place Martin Moniz, on remonte la rua dos cavaleiros, St André, St Tomé pour arriver à la place qui offre une vue panoramique sur Lisbonne. Après quelques belles photos, je recommande vivement le musée des arts décoratifs, cette magnifique collection du banquier Ricardo do Espirito Santo Silva. Les salles qui se succèdent sont toute plus belles et riches les unes que les autres, après une enfilade de salles, on arrive à un petit escalier en bois peint, (imitation marbre, on s’y tromperait) pour arriver à l’étage qui présente une collection de miniatures d’une grande qualité. De retour à l’entrée, on tombe sur une pinata géante, une sculpture originale et monumentale en bois d’ébène et de cheveux !

Puis un escalier mène à la salle des sièges, cette nouvelle collection reste très surprenante, déjà, le mobilier présenté (en particulier les lits) et les vêtements rappellent les proportions de l’époque. La taille a bien changé depuis le 16e-17e, nous serions passés pour des géants, dominant de 2-3 têtes les hommes et femmes de l’époque !

Petit détail, lorsque l’on redescend l’escalier de la salle des fauteuils, le tapis central glisse, attention aux chutes…

Je recommande ensuite de prendre un café et un excellent gâteau au chocolat à la cafeteria du musée, sur la terrasse très calme, au milieu du tumulte lisboète. Les murs vermillon de cette cour intérieure tranchent avec les magnifiques azulejos. Le calme reposant de cette terrasse est tout jute interrompu par les cloches de l’église Ste Lucie toute proche.

Un peu plus haut, on remonte la rue Luz Soriano pour arriver à la traversa de inglesinhos, là je recommande le restaurant Cinderela qui propose un menu à 6 euros à midi, et une très agréable terrasse. L’accueil est des plus chaleureux, sur un fond musical très reposant. On est loin du centre et pourtant, le tumulte reprend à quelques rues de là. Il est d’ailleurs recommandé de se perdre dans ce dédale de petites rues très agréables et surtout très fraîches et à l’ombre en été quant la température dépasse largement les 30°…

Les tarifs sont très raisonnables, les plus bas depuis les quelques rues qui séparent le Barrio Alto (le soir, 1l de bière + 1 soupe + 1 plat + 1 salade de poulpe + deux bières + café + deux pâtisseries pour 21 euros). Les tarifs sont très raisonnables, les plus bas depuis les quelques rues qui nous séparent du Barrio Alto à la place de Camoes. Un quartier certes touristique, mais qui se fond parfaitement avec le paysage. Un charme discret où on se laisse porter par cette indolence propre aux villes du sud. C’est un bonheur que de profiter de ce moment de répit entre tant de lieux à visiter, tant de choses à voir, à ressentir et apprécier. Il y a 1000 petits plaisirs que l’on découvre d’une rue à l’autre, je retiens l’exemple d’une joueuse d’accordéon (juste au pied de la FNAC), il y a de nombreux artistes de rue, mais celle-ci fait passer toute son âme dans son instrument, quelques notes suffisent pour vous obliger à écouter quelques instants. Véritablement, on redécouvre cet instrument dans le mains de cette artiste, digne du plus poignant des fado.

D’autres sites intéressants sont à découvrir comme le Musée de l’électricité, des Carosses, le Musée National d’archéologie, celui de la Marine, le planetarium Gulbenkian, la Tour de Belem, le Musée Ethnologique et le Palais National. Voilà de quoi remplir une journée pour les plus courageux, seul point négatif, la station de métro la plus proche est celle de Cais do Sodre à près de 5-6 km de là au sud ou bien reprendre l’avenue Calca Tapada, en direction du Palacio Real das Necessidades, la Basilique de Estrella puis l’avenue Alvares Cabral jusqu’à la station Rato (là il faut être assez sportif !).

Un autre parcours plus tranquille est la visite du Musée de l’Orient, puis le Musée des Arts Antiques, suivre la rue Janelas Verde, puis la rue Do Marques de Abrante, la rue da Boavista, pour arriver rua Flores jusqu’à la place de Camoes, et là se perdre dans le Chiado ou bien s’arrêter en terrasse pour se reposer avant de reprendre le métro pour rentrer à l’hôtel, fourbu mais heureux…

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Kosovo… passé sous silence…

12 septembre 2013 Laisser un commentaire

Une des pires atrocités de la guerre du Kosovo revient sur le devant de la scène, dans le plus grand silence…

Voici ce que mentionne ce média russe, en attendant une réponse…

Source : http://www.prorussia.tv/Trafic-d-organes-au-Kosovo-les-amis-de-Bernard-Kouchner-arretes-les-uns-apres-les-autres_v286.html

Trafic d’organes au Kosovo : les amis de Bernard Kouchner arrêtés les uns après les autres

L’enquête concernant le trafic d’organes au Kosovo progresse enfin, et l’étau se resserre progressivement autour des principaux responsables. Fin avril, la justice européenne a condamné cinq médecins kosovars, à des peines allant jusqu’à huit ans de prison, pour leur implication dans un réseau de trafic d’organes humains dont la plaque tournante était une clinique de la banlieue de Pristina (capitale de cette province). Deux mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de deux autres suspects, un chirurgien turc, et le cerveau présumé du réseau, l’Israélien Moshe Harel. La plupart des commandes provenant d’Israël. Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, en visite officielle au Kosovo le 1er Mars 2010, avait été interrogé par un journaliste sur ces trafics d’organes, alors qu’il était de 1999 à 2001 le chef de la Minuk, la mission de l’Onu au Kosovo. Tout comme il l’avait précédemment fait, il a simplement nié l’existence des « maisons jaunes », ces « cliniques » clandestines, ainsi que l’existence du trafic d’organes lui-même. Il avait également rejeté, dans une déclaration à la BBC, toutes les accusations qui pourraient peser sur lui, démentant qu’il aurait « fermé les yeux sur l’affaire du trafic d’organes au Kosovo au nom de la stabilité politique ». Chacun se souvient de son rire indécent, lorsque des journalistes serbes l’avaient questionné à ce sujet du temps de son mandat. Le French docteur, loin d’émettre même le plus petit doute, sur la culpabilité présumée de son ami Hachim Thaci (actuel Président du Kosovo et ancien dirigeant de l’UCK) a donc préféré balayer la question d’un simple et commode revers de main. Traitant les journalistes de « salauds » et de « fous qui croient n’importe quelle connerie ».

Interview de Bernard Kouchner du 1er mars 2010
 
Révélé par Carla Del Ponte au printemps 2008, ancien procureur au Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie, ce trafic d’organes, prélevés sur des prisonniers serbes vivants, n’a longtemps été qu’une rumeur. Pourtant, selon Dick Marty, enquêteur pour le Conseil de l’Europe « Au Kosovo tout le monde est au courant de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore, mais les gens n’en parlent pas, sinon en privé » fin de citation. Son rapport confirme que la pègre kosovare serait dirigée et coordonnée, par plusieurs personnes occupant des postes clés dans l’actuel appareil d’État du Kosovo. Ces personnes très fortement soupçonnées d’exactions et de crimes contre l’humanité, de trafic de drogue et d’armes, mais aussi d’êtres humains, s’appuieraient sur des réseaux lourdement corrompus au sein de la police, du système judiciaire et même de l’Eulex, l’organisme de Justice européen. On se souvient que de nombreux témoins du procès de l’ancien Premier Ministre Ramush Haradinaj avaient été tués et que les autres s’étaient rétractés. De plus, comme le soutient Dick Marty, des enquêteurs du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie, avaient déjà rassemblé de nombreuses preuves en 2005, mais ces preuves auraient été détruites. En effet, selon un document de l’Onu, dès 2003, la Minuk avait en main des informations relatives à des meurtres commis au Kosovo dans le but de se livrer au trafic d’organes. Les dirigeants de l’UCK auraient touché jusqu’à 45.000 dollars pour les organes d’un seul individu capturé.
 
Toute tentative d’enquêter sur les dirigeants Albanais est dénoncée par Pristina comme étant dirigée par la Russie ou la Serbie. Et il ne faut pas trop compter sur les Etats-Unis pour poursuivre leurs amis et alliés Kosovars. Pour rappel, le Kosovo est cette province historique arrachée à la Serbie par une invasion de l’OTAN en 1999, sous le prétexte de protéger les communautés. Une imposante majorité exogène d’origine albanaise, revendiquait l’autonomie de la région et était à l’origine de heurts ethniques. Des combats meurtriers avaient vus le jour après qu’un groupe armé ait commis des attentats contre les populations et les autorités de Belgrade. Depuis l’intervention américaine, le territoire est sous la coupe réglée des anciens de l’UCK, l’armée dite de libération fondée par des mafias locales, dont les anciens dirigeants sont devenus les principaux personnages politiques du pays.
Pour Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants , « Le Kosovo est devenu aujourd’hui une enclave où les trafiquants de drogue se sentent absolument libres. Chaque année, jusqu’à 60 tonnes d’héroïne transitent par son territoire, ce qui rapporte environ 3 milliards d’euros aux criminels » fin de citation. Ce trafic ne peut échapper aux autorités américaines qui disposent de l’immense base militaire de Bondsteel et qui dirigent en réalité la province.
 
Alors, Bernard Kouchner est-il vraiment le seul à ne pas être au courant de cet abominable trafic, ou a-t-il fermé les yeux sur les agissements de ses « amis », quitte à escamoter la vérité ? Depuis, le bon docteur a semble-t-il abandonné l’humanitaire et la médecine, pour se reconvertir dans le conseil onéreux auprès de chefs d’états africains. Certains « salauds » l’ayant traité naguère d’affairiste estimant qu’il aurait pu y avoir des conflits d’intérêts du temps de sa nomination en tant que Ministre des Affaires Etrangères. Remarques vite balayées par l’intéressé d’un énième revers de la main. Le silence protecteur des médias français sur ces affaires, comme son éventuelle responsabilité dans le trafic d’organes est étonnant. Bernard Kouchner et son épouse, la journaliste Christine Ockrent, seraient aujourd’hui à la tête d’un très confortable patrimoine immobilier. Comme quoi, l’humanitaire mène à tout, à condition cependant d’en sortir.

Catégories :Kosovo-Balkans

Poutine et le coup de poker russe…

10 septembre 2013 Laisser un commentaire

Le Président russe a créé la surprise et pris de court les partisans de la guerre au Proche Orient, avec sa proposition. Au-delà du grand pas vers l’apaisement, il redonne à l’ONU une légitimité… face à des frappes militaires sans son aval…

source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202995353449-syrie-obama-salue-la-proposition-russe-603286.php

 

 

 

 

 

 

 

 Syrie : la proposition russe rebat les cartes

 

10/09 | 06:40 | mis à jour à 09:46 | 4commentaires

 

Le Sénat américain a décidé de reporter son vote prévu mercredi. La perspective d’une opération militaire imminente s’éloigne. Pékin approuve, et Paris soutient sous conditions l’initiative russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle.

Pour Barack Obama, placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international «pourrait constituer une percée importante» – DR

Moscou vient en quelques heures de rebattre les cartes dans le conflit syrien. Les perspectives d’une opération militaire imminente des Etats-Unis et de ses alliés – la France, principalement – s’éloignent en tous les cas. Barack Obama a ainsi salué lundi soir la proposition russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international , éloignant la perspective de frappes contre le régime de Damas accusé d’une attaque chimique qui a fait des centaines de morts. « Cela pourrait constituer une percée importante », a lancé le président américain sur la chaîne NBC, à l’issue d’une journée riche en coups de théâtre qui suscitait des interrogations sur la ligne directrice de l’administration américaine sur ce dossier.

Dans la nuit de lundi, la France a jugé « recevable » la proposition russe mais à « au moins trois conditions », dont l’engagement de Damas à détruire l’ensemble de cet arsenal, sur la base d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, avec des « conséquences fermes » si Assad ne respecte pas ses engagements. Mardi matin, l’Iran apportait à son tour sa caution à l’initiative de Moscou. « La République islamique d’Iran soutient l’initiative avancée à ce stade par Moscou pour mettre fin à la crise syrienne. Nous estimons qu’elle entre dans le cadre visant à mettre fin à la militarisation de la région », a déclaré la porte-parole du ministère, Marzieh Afkham, lors d’une conférence de presse. Quant au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dit pour sa part lundi qu’il pourrait demander au Conseil de sécurité de l’Onu de surmonter sa paralysie et d’ordonner à Damas de transférer ses stocks d’armes chimiques vers des sites où ils peuvent être conservés en sécurité et être détruits. Et, mardi matin, Pékin a aussi approuvé la proposition russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international, a déclaré mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Hong Lei a par ailleurs indiqué qu’une délégation de l’opposition syrienne était actuellement à Pékin.Confronté à une opinion publique hostile à une intervention militaire en Syrie – six Américains sur dix y sont opposés, selon un sondage publié lundi -, Barack Obama joue donc à la fois la crédibilité des Etats-Unis et de sa propre présidence sur ce dossier épineux. Après une rafale d’interviews avec les grandes chaînes de télévisions américaines, il devrait s’adresser mardi soir à la nation depuis le cadre solennel de la Maison Blanche. Reconnaissant qu’il était dans une situation difficile face au Congrès à qui il a demandé un feu vert pour une opération militaire, Barack Obama a estimé que les dernières avancées étaient le résultat direct des menaces de frappes américaines.Considéré comme l’un des plus importants du monde, l’arsenal chimique syrien est estimé à « plus de 1.000 tonnes » par les services de renseignement français. Sa neutralisation, si elle était actée, pourrait s’avérer extrêmement délicate sur le terrain, en plein milieu d’une guerre civile qui a déjà fait plus de 100.000 morts.

Maintenir la pression

Interrogé par ABC sur la possibilité d’une « pause » dans le cheminement vers des frappes, au cas où les armes chimiques seraient sécurisées, M. Obama a répondu « tout à fait, si cela se produit ». S’exprimant depuis la Maison Blanche, l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a aussi salué un développement positif mais a appelé, comme M. Obama, à ne pas relâcher la pression sur le régime de Damas, mettant en garde contre « une nouvelle excuse pour un délai ou une obstruction ». La France a estimé que la proposition russe méritait « un examen précis », le chef de la diplomatie Laurent Fabius, réclamant « des engagements précis, rapides et vérifiables » de la part de Damas. La chancelière allemande Angela Merkel a, pour sa part, jugé la proposition « intéressante ».Assurant que Damas était toujours prêt à des négociations de paix, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait créé la surprise un peu plus tôt en annonçant avoir proposé aux Syriens de placer leur stock d’armes chimiques sous contrôle international et de le détruire. La Syrie a immédiatement « accueilli favorablement » cette proposition, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, tout en se gardant d’être plus explicite sur le fond.Dans la foulée, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé à la création de zones supervisées par les Nations unies en Syrie où les armes chimiques du pays pourraient être détruites. « J’étudie la possibilité de demander de manière urgente au Conseil de sécurité d’exiger le transfert immédiat des stocks d’armes et de précurseurs chimiques dans des zones en Syrie où ils pourraient être entreposés en sûreté et détruits », a-t-il précisé, jugeant indispensable de surmonter « l’embarrassante paralysie » du Conseil sur le dossier syrien.

Report du vote du Sénat américain

Au Sénat, un premier vote de procédure, initialement prévu mercredi, a été reporté en raison des discussions en cours sur la proposition russe et devant la réticence croissante des élus. Aucun nouveau calendrier n’a été fixé à ce stade. « Je ne dirais pas que je suis confiant » sur l’issue du vote, a concédé lundi le président américain. Mardi, le pétrole poursuivait son repli en Asie après la proposition russe. Le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en octobre, qui avait grimpé vendredi à son plus haut en deux ans, plongeait de 90 cents, à 108,62 dollars.La Syrie ne produit que quelques dizaines de milliers de barils de brut par jour mais les marchés craignent qu’une intervention militaire ne déstabilise l’ensemble du Moyen-Orient, qui représente 35% des exportations pétrolières mondiales.

Catégories :Ukraine-Russie

Syrie, le dessous des cartes…

Source : http://www.jolpress.com/pourquoi-russie-craint-intervention-militaire-syrie-article-821454.html

Pourquoi la Russie craint une intervention militaire en Syrie

Après deux ans de conflit et alors que l’Occident se prépare à lancer une opération armée en Syrie, la Russie reste plus que jamais ferme sur sa position. Le conflit syrien doit se résoudre par le dialogue et en aucun cas une force étrangère ne doit intervenir par les armes. Mais pour les Russes, tout n’est pas qu’une question de droit international, de nombreux autres intérêts sont en jeu. La Russie aligne ses forces en Méditerranée orientale. Selon diverses sources militaires citées par l’agence de presse Interfax, jeudi 28 août, et non confirmées par le ministère de la Défense, un navire anti-sous-marins et un croiseur équipé de missiles s’apprêteraient à prendre la route du Moyen Orient. Les deux bâtiments devraient quitter leur port d’attache dans les jours à venir puisque la situation « nécessite que nous procédions à des ajustements » des forces navales, cite encore l’agence Interfax.

Les leçons irakiennes et libyennes

La Russie semble donc s’engager sur le terrain, et se préparerait à répliquer à une éventuelle intervention armée en Syrie. Un scénario que la fédération redoute pourtant et qu’elle fera tout pour éviter. Depuis le début de la crise syrienne et chaque fois qu’il a été question d’intervention armée menée par l’Occident, la Russie a tenu le même discours. Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères très impliqué dans la résolution politique du conflit syrien, l’a encore rappelé il y a quelques jours, la Russie n’entrera pas dans le bourbier d’une guerre en Syrie. Car si les Russes ont retenu une leçon, voire deux, ce sont celles de l’Irak et de la Libye. Deux cas de figure différents mais qui se ressemblent en un point : le mandat accordé par l’ONU a été outrepassé par les attaquants. En Irak, le Conseil de sécurité de l’ONU, la France, la Russie et la Chine s’étaient opposés à une intervention armée. Celle-ci a finalement été lancée. En Libye, la Russie et la Chine ont refusé une opération armée contre le régime de Mouammar Kadhafi mais n’ont pas opposé leur véto à une résolution de l’ONU visant à activer divers moyens pour protéger la population civile libyenne. Finalement, c’est le régime de Mouammar Kadhafi qui a été la cible de cette opération internationale.

Non-ingérence et dialogue politique

Désormais, Russes et Chinois, partisans du principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un pays et du règlement des conflits en interne, ne sacrifieront pas leur volonté, quitte à faire de l’excès de jusqu’au-boutisme. Depuis que la communauté internationale, Russes et Américains en chefs de file, ont tenté d’arbitrer le conflit syrien, Moscou a toujours mis l’accent sur un règlement politique de la crise par le dialogue. Avec difficultés, Sergueï Lavrov et John Kerry, secrétaire d’Etat américain, ont tout fait pour réunir à la table des négociations le régime syrien et l’opposition. La conférence internationale Genève 2, qui devait conclure ce long processus et définir les termes d’une résolution du conflit dans la paix devait initialement se dérouler au mois de juin dernier. Les événements successifs ont souvent menacé la tenue de cette conférence qui voit désormais son avenir s’assombrir. Pourtant, la Russie ne désespère pas et aujourd’hui plus que jamais, de concert avec de nombreux pays émergents du globe tels que l’Inde, l’Afrique du Sud ou le Brésil, elle appelle au dialogue raisonnable entre toutes les parties.

Qui sera l’homme fort du Moyen Orient ?

La Russie se veut maîtresse du jeu, dans le Moyen Orient en crise, car dans le conflit syrien, c’est plus qu’un partenariat économique avec la Syrie ou qu’un principe de droit international que Moscou défend. La Syrie est le théâtre où se joue un véritable concours de puissance dans la région. Et dans ce jeu à quatre mains, les Russes ont des adversaires de choix, qu’il s’agisse de la Turquie, de l’Arabie Saoudite ou du Qatar. Celui de ces quatre qui sera dans le camp gagnant sera fort d’une légitimité nouvelle au Moyen Orient. C’est ainsi que la Turquie tente depuis deux ans d’engager la communauté internationale à intervenir sur le terrain, et que l’Arabie Saoudite et le Qatar agissent, dans deux camps opposés et dans le silence le plus total, pour soutenir les rébellions armées et parfois islamistes qui sévissent en Syrie.

Après la Syrie, l’Iran ?

Derrière la Syrie, l’Iran veille. Cet axe triangulaire – Syrie, Iran, Hezbollah libanais – qui a si souvent été analysés depuis deux ans serait gravement touché par la chute du régime de Bachar al-Assad. Et si le régime syrien est condamné, c’est alors l’Iran qu’il faudra désormais défendre. « La chute du régime syrien affaiblirait fortement l’Iran et renforcerait les États-Unis », explique André Filler, maître de conférence à l’université Paris 8 , interrogé par Le Nouvel Observateur. Ces derniers jours, les président russe et iranien se sont entretenus au téléphone et ont réaffirmé la « nécessité de chercher des voies de règlement politico-diplomatique » au conflit. La Russie et l’Iran s’accordent à l’heure de la préparation de la guerre, et là encore, les intérêts ne sont pas que diplomatiques. Russes et Iraniens sont de très grands partenaires économiques. Lukoil, le plus grand producteur de pétrole russe, a d’ailleurs récemment annoncé que 25% de sa production serait bientôt transférée en Iran. De quoi animer de nouveau l’intérêt des Russes pour la paix.

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