Accueil > Ukraine-Russie > Poutine et le coup de poker russe…

Poutine et le coup de poker russe…

Le Président russe a créé la surprise et pris de court les partisans de la guerre au Proche Orient, avec sa proposition. Au-delà du grand pas vers l’apaisement, il redonne à l’ONU une légitimité… face à des frappes militaires sans son aval…

source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202995353449-syrie-obama-salue-la-proposition-russe-603286.php

 

 

 

 

 

 

 

 Syrie : la proposition russe rebat les cartes

 

10/09 | 06:40 | mis à jour à 09:46 | 4commentaires

 

Le Sénat américain a décidé de reporter son vote prévu mercredi. La perspective d’une opération militaire imminente s’éloigne. Pékin approuve, et Paris soutient sous conditions l’initiative russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle.

Pour Barack Obama, placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international «pourrait constituer une percée importante» – DR

Moscou vient en quelques heures de rebattre les cartes dans le conflit syrien. Les perspectives d’une opération militaire imminente des Etats-Unis et de ses alliés – la France, principalement – s’éloignent en tous les cas. Barack Obama a ainsi salué lundi soir la proposition russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international , éloignant la perspective de frappes contre le régime de Damas accusé d’une attaque chimique qui a fait des centaines de morts. « Cela pourrait constituer une percée importante », a lancé le président américain sur la chaîne NBC, à l’issue d’une journée riche en coups de théâtre qui suscitait des interrogations sur la ligne directrice de l’administration américaine sur ce dossier.

Dans la nuit de lundi, la France a jugé « recevable » la proposition russe mais à « au moins trois conditions », dont l’engagement de Damas à détruire l’ensemble de cet arsenal, sur la base d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, avec des « conséquences fermes » si Assad ne respecte pas ses engagements. Mardi matin, l’Iran apportait à son tour sa caution à l’initiative de Moscou. « La République islamique d’Iran soutient l’initiative avancée à ce stade par Moscou pour mettre fin à la crise syrienne. Nous estimons qu’elle entre dans le cadre visant à mettre fin à la militarisation de la région », a déclaré la porte-parole du ministère, Marzieh Afkham, lors d’une conférence de presse. Quant au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dit pour sa part lundi qu’il pourrait demander au Conseil de sécurité de l’Onu de surmonter sa paralysie et d’ordonner à Damas de transférer ses stocks d’armes chimiques vers des sites où ils peuvent être conservés en sécurité et être détruits. Et, mardi matin, Pékin a aussi approuvé la proposition russe de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international, a déclaré mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Hong Lei a par ailleurs indiqué qu’une délégation de l’opposition syrienne était actuellement à Pékin.Confronté à une opinion publique hostile à une intervention militaire en Syrie – six Américains sur dix y sont opposés, selon un sondage publié lundi -, Barack Obama joue donc à la fois la crédibilité des Etats-Unis et de sa propre présidence sur ce dossier épineux. Après une rafale d’interviews avec les grandes chaînes de télévisions américaines, il devrait s’adresser mardi soir à la nation depuis le cadre solennel de la Maison Blanche. Reconnaissant qu’il était dans une situation difficile face au Congrès à qui il a demandé un feu vert pour une opération militaire, Barack Obama a estimé que les dernières avancées étaient le résultat direct des menaces de frappes américaines.Considéré comme l’un des plus importants du monde, l’arsenal chimique syrien est estimé à « plus de 1.000 tonnes » par les services de renseignement français. Sa neutralisation, si elle était actée, pourrait s’avérer extrêmement délicate sur le terrain, en plein milieu d’une guerre civile qui a déjà fait plus de 100.000 morts.

Maintenir la pression

Interrogé par ABC sur la possibilité d’une « pause » dans le cheminement vers des frappes, au cas où les armes chimiques seraient sécurisées, M. Obama a répondu « tout à fait, si cela se produit ». S’exprimant depuis la Maison Blanche, l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a aussi salué un développement positif mais a appelé, comme M. Obama, à ne pas relâcher la pression sur le régime de Damas, mettant en garde contre « une nouvelle excuse pour un délai ou une obstruction ». La France a estimé que la proposition russe méritait « un examen précis », le chef de la diplomatie Laurent Fabius, réclamant « des engagements précis, rapides et vérifiables » de la part de Damas. La chancelière allemande Angela Merkel a, pour sa part, jugé la proposition « intéressante ».Assurant que Damas était toujours prêt à des négociations de paix, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait créé la surprise un peu plus tôt en annonçant avoir proposé aux Syriens de placer leur stock d’armes chimiques sous contrôle international et de le détruire. La Syrie a immédiatement « accueilli favorablement » cette proposition, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, tout en se gardant d’être plus explicite sur le fond.Dans la foulée, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé à la création de zones supervisées par les Nations unies en Syrie où les armes chimiques du pays pourraient être détruites. « J’étudie la possibilité de demander de manière urgente au Conseil de sécurité d’exiger le transfert immédiat des stocks d’armes et de précurseurs chimiques dans des zones en Syrie où ils pourraient être entreposés en sûreté et détruits », a-t-il précisé, jugeant indispensable de surmonter « l’embarrassante paralysie » du Conseil sur le dossier syrien.

Report du vote du Sénat américain

Au Sénat, un premier vote de procédure, initialement prévu mercredi, a été reporté en raison des discussions en cours sur la proposition russe et devant la réticence croissante des élus. Aucun nouveau calendrier n’a été fixé à ce stade. « Je ne dirais pas que je suis confiant » sur l’issue du vote, a concédé lundi le président américain. Mardi, le pétrole poursuivait son repli en Asie après la proposition russe. Le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en octobre, qui avait grimpé vendredi à son plus haut en deux ans, plongeait de 90 cents, à 108,62 dollars.La Syrie ne produit que quelques dizaines de milliers de barils de brut par jour mais les marchés craignent qu’une intervention militaire ne déstabilise l’ensemble du Moyen-Orient, qui représente 35% des exportations pétrolières mondiales.

Publicités
Catégories :Ukraine-Russie
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :