Archive

Archive for octobre 2013

Les élections municipales dans la tourmente… au Kosovo

Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/10/23/municipales-kosovares-participer-ou-pas-le-dilemme-des-serbes-du-kosovo_941795

Municipales kosovares: participer ou pas, le dilemme des Serbes du Kosovo

AFP 23 OCTOBRE 2013 À 18:03 (MIS À JOUR : 23 OCTOBRE 2013 À 18:03)

A deux semaines des élections municipales kosovares du 3 novembre, les Serbes du nord du Kosovo sont tiraillés entre une participation à ce scrutin organisé par Pristina, dont ils ont toujours rejeté l’autorité, et l’appel de Belgrade à prendre part au vote.

«Si je décide de ne pas voter, c’est par peur pour l’avenir. Et c’est cette même peur qui pourrait me pousser à voter», résume Suzana Misic, 35 ans, professeur de littérature de Kosovska Mitrovica.

La plupart des Serbes interrogés assure qu’ils décideront, au dernier moment, de leur participation pour la première fois à des élections organisées par Pristina depuis que le Kosovo a proclamé son indépendance en février 2008. La participation des quelque 40.000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, région limitrophe de la Serbie où ils sont majoritaires et où Pristina n’exerce pratiquement aucun contrôle, est en effet la clé du bon déroulement de ces municipales. Le scrutin a été convoqués en vertu de l’accord de Bruxelles visant à normaliser les relations entre la Serbie et le Kosovo, conclu en avril par Belgrade et Pristina sous les auspices de l’Union européenne. Les Serbes vivant dans les enclaves du Kosovo, environ 80.000 entourés d’une majorité écrasante d’Albanais, ont déjà pris part aux scrutins organisés par les autorités kosovares. La Serbie, qui espère ouvrir prochainement ses négociations d’adhésion à l’UE, encourage la participation des Serbes du Kosovo, notamment ceux du nord pour lesquels l’accord de Bruxelles prévoit un certain degré d’autonomie. Début septembre, Belgrade a dissous les Conseils municipaux des Serbes du nord du Kosovo, sanctionnant l’hostilité de certains de ces élus quant l’organisation du scrutin. Au final, plusieurs listes serbes ont été enregistrées. Le ministre serbe chargé du Kosovo Aleksandar Vulin arpente inlassablement ces derniers jours le territoire pour convaincre les Serbes de se rendre aux urnes. «Au lendemain des élections, les gens devront continuer à exister ici mais ils ne réussiront pas» sans une participation au scrutin, a-t-il déclaré à Zvecan (nord du Kosovo). Mais, dans cette partie du Kosovo, il n’existe quasiment aucun signe de campagne électorale. Pas d’affiches dans les rues et pas de rassemblements électoraux. Le Premier ministre Ivica Dacic a appelé samedi depuis l’enclave de Gracanica, les Serbes du Kosovo à «s’unir pour mieux défendre les intérêts de la Serbie» dans ce territoire.

«Nous vous demander de voter. Votre État vous dit que c’est dans votre meilleur intérêt», a déclaré M. Dacic, qui ne s’est néanmoins pas rendu à Mitrovica où les adversaires du scrutin sont très actifs.

Les rues de Mitrovica sont pavoisées d’affiches appelant à boycotter les élections. Sur une affiche, une photographie de M. Dacic serrant la main de son homologue kosovar Hashim Thaçi est frappée du texte: «Je préfère ne pas me salir les mains».

Un fourgon avec sur son toit un haut parleur d’où s’échappent des chansons patriotiques et des appels à boycotter le scrutin, déambule dans les rues de Mitrovica du matin au soir.

«S’ils votent, les Serbes vont substituer leur État à un État (NDLR: kosovar) qui a été créé sur le malheur du peuple serbe. Tout le monde ici a compris que c’est une trahison», a déclaré à l’AFP Marko Jaksic, député de la formation ultra-nationaliste DSS, opposée à tout rapprochement de la Serbie avec l’UE.

Pour Danijela Vujicic, candidate de la liste «Initiative citoyenne Srpska», le scrutin permettra aux Serbes de former des institutions légitimes, reconnues par Pristina et la communauté internationale.

«Si la participation (serbe) est massive, Pristina ne pourra plus prendre des décisions sans les Serbes», a-t-elle estimé.

«Nous avons déjà boycotté les élections organisées par Pristina, comme en 2010. Cela a empêché les kosovars de contrôler le nord, alors pourquoi ne pas faire pareil», s’interroge, pour sa part, Nevenka Medic, 44 ans.

Si le boycottage du scrutin par les Serbes venait à réussir, il pourrait engendrer une conséquence aussi inattendue qu’insolite et promouvoir aux commandes des municipalités à majorité serbe des représentants albanais, car les partis kosovars ont présenté des listes dans toutes les circonscriptions du nord du Kosovo. Dans l’ensemble, quelque 1,5 million d’électeurs seront appelés à élire entre 102 partis et associations qui briguent le contrôle de 36 municipalités au Kosovo.

AFP

Catégories :Kosovo-Balkans

Le Mali… et maintenant ?

21 octobre 2013 2 commentaires

Le conflit malien a été quelque peu oublié, malgré les menaces persistantes.

Source : http://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-la-france-va-rester-au-mali-18-10-2013-1745495_24.php

Le Point.fr – Publié le 18/10/2013 à 17:46

L’armée française va maintenir plus de 2 000 soldats au Mali d’ici à la fin de l’année, officiellement pour permettre la bonne tenue des législatives.

Par

Ils ne devaient plus être qu’un millier à la fin de l’année. Mais face à la résurgence de la menace terroriste, la France a annoncé qu’elle maintiendrait plus de 2 000 soldats au Mali. Il s’agit, d’après le ministre de la Défense, d’assurer la sécurité des élections législatives, dont le premier tour doit avoir lieu le 24 novembre prochain, et le second le 15 décembre. « Les législatives nécessitent un soutien logistique et sécuritaire », explique au Point.fr une source diplomatique. Deux mois après le succès de la présidentielle, qui n’a été entachée d’aucune violence, Paris compte boucler par un sans-faute cette année qui l’a vue libérer le nord du pays.

Problème, les djihadistes, que l’on pensait défaits, refont parler d’eux. En l’espace de deux semaines, le Mali a été secoué par de multiples incidents. Le 28 septembre, un combattant d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) se fait exploser devant un camp de l’armée à Tombouctou : bilan, deux morts et sept blessés. Le 7 octobre, des soldats du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), une dissidence d’Aqmi, tirent des obus contre la ville de Gao. Le lendemain, ces mêmes islamistes dynamitent un pont dans le sud de la ville. Le 12 octobre, un soldat français est grièvement blessé lors de la destruction d’une cache d’armes et de munitions à 70 kilomètres à l’est de Gao.

« La menace djihadiste est encore là »

« Contrairement aux djihadistes d’Aqmi, qui sont désormais peu nombreux au Mali, les combattants du Mujao sont toujours présents à Gao, où ils bénéficient d’implantations locales, notamment dans les villages salafistes », explique au Point.fr Francis Simonis, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille et spécialiste du Mali. Jean-Yves Le Drian est pourtant formel : au Mali, « ce n’est plus la guerre, nous faisons du contre-terrorisme ». Le ministre de la Défense a ainsi révélé que l’armée française avait abattu, le 1er octobre dernier, une « dizaine » de combattants au nord de Tombouctou, à la suite d’un accrochage de plusieurs heures. Durant les combats, dans lesquels ont été engagées les forces spéciales, un hélicoptère français a notamment été déployé sur place.

« La menace djihadiste est encore là », admet la source diplomatique. « On l’a profondément affaiblie, mais des menaces résiduelles peuvent arriver. » Depuis le 1er juillet, la sécurité du pays est assurée par la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Succédant à la force panafricaine (Misma), cette mission onusienne de maintien de la paix regroupe des Casques bleus ouest-africains (tchadiens, nigériens, burkinabais ou sénégalais) et doit à terme compter quelque 12 600 soldats.

Appel à l’aide

Ils sont épaulés sur le terrain par les militaires français de l’opération Serval. Au nombre de 4 500 au plus fort des combats, ils sont aujourd’hui près de 3 000. Mais contrairement à la Minusma, les Français mènent des opérations antiterroristes, soit l’essentiel des missions contre les djihadistes. « Le travail de la Minusma, avec sa présence sur la zone, le renseignement et la surveillance qu’elle mène, est indispensable », souligne toutefois la source diplomatique. Mais preuve de ses limites, son chef, le représentant spécial de l’ONU au Mali, a lancé mercredi un véritable appel à l’aide.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Bert Koenders a exhorté ses partenaires à lui procurer un renfort en troupes et en équipement. La Minusma ne compte que « 50 % des troupes nécessaires » et ne dispose que de « deux hélicoptères civils », a pesté le chef de la mission onusienne. « La Minusma n’est pas opérationnelle sur le terrain, car elle n’est pas équipée », explique le chercheur Francis Simonis. « Or, on a vu comme les hélicoptères demeurent indispensables pour traquer les djihadistes. »

Fardeau

Pourtant, la source diplomatique l’assure, « la transition avec la Minusma se passe bien et un certain nombre de pays ont déjà proposé de la rejoindre ». L’Inde a notamment indiqué qu’elle était prête à envoyer des soldats. Or, la Minusma les attend toujours. « Le Mali n’intéresse plus personne », indique Francis Simonis. « Aucun pays n’a à gagner diplomatiquement à s’y investir. » Exemple de ce désintérêt croissant, l’appel de fonds de 477 millions de dollars lancé pour remédier à la crise humanitaire n’a été financé pour l’heure qu’à 37 %, laissant un « trou » de 300 millions de dollars.

Dès lors, la France est-elle condamnée à rester au Mali pour porter seule le fardeau d’une guerre qu’elle a elle-même lancée ? « La décrue de l’armée française se fera, insiste la source diplomatique, mais elle prendra simplement un peu plus de temps. » Un avis qu’est loin de partager Francis Simonis, qui voit là une « hypocrisie » de Paris. « La France sait qu’elle devra encore rester des années, en tant que seule puissance dissuasive et efficace contre les djihadistes », affirme le spécialiste du Mali. « Tout départ provoquera automatiquement le retour de ces derniers, et le désordre dans le pays. »

 

 

Catégories :causeries du moment