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Archive for mars 2014

après la Kosovo et la Crimée, le Tatarstan ?

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/03/29/97001-20140329FILWWW00181-les-tatars-de-crimee-votent-leur-autonomie.php

Les Tatars de Crimée votent leur autonomie

    • Par Le Figaro.fr aveLes Tatars de Crimée ont voté samedi en faveur de leur autonomie sur leur terre historique après son annexion par la Russie, mais ils sont restés divisés sur la manière de s’engager avec les nouvelles autorités russes. Des représentants des Tatars de toute la Crimée étaient réunis dans la ville de Bakhtchyssaraï pour un « Qurultay », ou congrès, afin de décider du sort de cette communauté musulmane d’environ 300.000 personnes.

      « Il arrive un moment dans la vie de chacun où un choix doit être fait, qui déterminera l’avenir », a déclaré le chef de file des Tatars, Refat Tchoubarov. Les Tatars de Crimée, qui représentent environ 12% de la population, ont largement boycotté le référendum du 16 mars qui a abouti au rattachement de la Crimée à la Russie. 

      Selon Refat Tchoubarov, si les Russes de Crimée ont eu la possibilité de déterminer leur futur, cela implique que « les Tatars de Crimée ont aussi ce droit ». Les Tatars se méfient de Moscou depuis que Joseph Staline a ordonné leur déportation en masse de la Crimée vers l’Asie centrale à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ils n’ont pas été autorisés à retourner sur leur terre historique avant la fin des années 1980.

      Après des heures de débats, leurs représentants ont voté pour « le lancement de procédures légales et politiques (pour) l’autonomie ethnique et territoriale du peuple tatar de Crimée sur son territoire historique, la Crimée ». Mais la manière dont ils comptent y arriver n’a pas été clairement expliquée, tout comme leur intention de devenir ou non une entité autonome eu sein de l’Ukraine ou de la Russie.
      c AFP Mis à jour le 29/03/2014 à 21:44 Publié le 29/03/2014 à 21:42

 

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Catégories :Ukraine-Russie

un nouveaconflit en germe, la Transnistrie…

Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/Transnistrie-Serguei-Lavrov-denonce-une-provocation-de-l-Occident-24383.html

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Transnistrie : Serguei Lavrov dénonce une provocation de l’Occident

L’Occident passe sous silence le blocus de la Transnistrie, organisé par Chisinau et Kiev, a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview accordée à la chaîne télévisée Rossia 1.

« Tout ce qui se passe autour de la Transnistrie est également ignoré – Chisinau et les nouveaux dirigeants ukrainiens ont de fait organisé un véritable blocus de cette région. Cette situation est complètement passée sous silence par nos partenaires européens. Qui plus est, l’Union européenne et, si, je comprends bien, les États-Unis favorisent cette ligne », a indiqué le chef de la diplomatie russe.

Selon lui, Moscou entend en parler « très sérieusement » avec ces partenaires qui prétendent que la Russie convoite la Transnistrie après la Crimée.

« Il s’agit d’une rhétorique de provocation. En réalité ils essaient par leurs actions pratiques de créer pour Tiraspol une situation insupportable, violant les ententes qui permettent aux habitants de se déplacer librement, de transiter et de faire du commerce extérieur. C’est révoltant. L’histoire ne leur a rien appris. Ils essaient de nouveau de créer un abcès dans nos relations », s’est indigné le ministre.

Après la chute de l’URSS, les milieux nationalistes roumanophones de Chisinau ont proposé de rattacher la Moldavie à la Roumanie. Ces propos ont alarmé plusieurs régions moldaves – essentiellement russophones – de la rive gauche du Dniestr. Hostiles à cette perspective, les habitants de ces régions ont annoncé la création de la République moldave de Transnistrie. Pour réprimer cette démarche, les autorités moldaves ont tenté d’introduire des troupes dans la république autoproclamée, ce qui a déclenché un conflit armé qui a duré plusieurs mois.

La République de Transnistrie souhaite se séparer de la Moldavie, tandis que Chisinau s’y oppose et lui propose une large autonomie.

La paix dans la zone du conflit est actuellement maintenue par une Force unifiée comprenant des contingents russe, moldave et transnistrien.

Le règlement du conflit fait l’objet de négociations menées au format « 5+2 », qui réunissent la Moldavie et la Transnistrie en tant que parties au conflit, la Russie, l’Ukraine et l’OSCE en tant que médiateurs, et l’Union européenne et les États-Unis en tant qu’observateurs

Catégories :Ukraine-Russie

… et l’oblast de Kaliningrad ?

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/crise-en-ukraine-paris-propose-d-envoyer-des-rafale-dans-les-pays-baltes_557689.html

Crise en Ukraine : les pays baltes ont-il raison de s’inquiéter?

Selon le « JDD », la France veut rassurer les pays de cette région, inquiets face à la démonstration de force de Moscou en Ukraine, en envoyant des Rafale dans les pays baltes. 

Un avion Rafale français atterrissant sur le porte-avions "Charles-de-Gaulle" dans le golfe d'Oman, le 31 janvier 2014.
Un avion Rafale français atterrissant sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle » dans le golfe d’Oman, le 31 janvier 2014. (PATRICK BAZ / AFP)

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Jean-Yves Le Drian se rend, vendredi 21 mars, à Vilnius, en Lituanie, pour rassurer les dirigeants d’une région qui s’inquiète du déploiement militaire russe en Ukraine. Selon le Journal du Dimanche, le ministre français de la Défense vient proposer aux pays baltes, et à la Pologne, de déployer trois avions Rafale pour participer à une mission de surveillance aérienne dans la zone baltique. Il serait également question de missionner un avion radar français de type AWACS.

Par ailleurs, des F-16 américains ont été déployés en Pologne. Le vice-président Joe Biden a effectué une tournée à Varsovie et dans les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), tous membres de l’UE et de l’Otan. L’objectif de ces initiatives : ne pas laisser penser l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie et la Pologne que Moscou agit en tout impunité vis-à-vis de l’Union européenne et des Etats-Unis. Pourquoi ces pays s’inquiètent-ils de l’attitude de Moscou ? 

Ils craignent d’être les prochains sur la liste 

Les pays baltes et la Pologne sont-ils menacés par le projet d’union eurasiatique, dont rêve Vladimir Poutine ? « Il suffit de regarder une carte pour s’en rendre compte ! », a lancé le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paet, interrogé le 5 mars par Le Monde (article payant)« Toute la communauté internationale, toute l’Europe doit être préoccupée [par la situation en Ukraine]. C’est un problème grave. Il s’agit d’envahir un pays voisin ! » 

Avec le rattachement de la Crimée, effectif depuis mardi 11, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité a estimé dès le lendemain que le comportement de la Russie constituait « une menace directe pour la sécurité régionale » dans les pays baltes et que toutes les mesures nécessaires devaient être prises pour parer ces menaces.

D’autant plus que le dirigeant russe n’a jamais caché que, selon lui, la dislocation de l’URSS avait été « le plus grand désastre politique du siècle dernier ».  Alors, pour Xavier Follebouckt, de l’université catholique de Louvain (UCL), « nous ne sommes pas au bout de la crise ».

Comme l’Ukraine, ils ont une communauté russophone

En Lettonie, 27% de la population est russophone, rappelle Arte.tv. En Estonie, elle s’élève à 25% de la population, contre 5% en Lituanie. Avec l’indépendance de ces Etats en 1990, cette minorité a été tenue à l’écart, victime notamment de l’exclusion de leur langue dans les administrations, explique PressEurop.com.

Après l’intégration de ces pays à l’UE en 2004, la question du statut des minorités russophones dans ces pays est restée « une source de préoccupation pour les autorités russes », explique une note du Sénat.

L’enclave de Kaliningrad les préoccupe

Cette même note rappelle que la Lituanie, même libérée des troupes russes au début des années 90, continue de se méfier de Moscou. Et pour cause, « les troupes russes ont continué de transiter par la Lituanie, cette route étant la plus courte entre Kaliningrad et le reste de la Fédération », indique le document. Si des accords douaniers ont été signés, cette région russe, coincée entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique, demeure une source d’inquiétude.  

Surtout depuis décembre 2013 : à cette date, le porte-parole du ministère de la Défense russe, Igor Konachenkov, a annoncé que « les systèmes de missiles opérationnels et tactiques Iskander [avaient] en effet été déployés dans la région militaire de l’ouest [qui comprend notamment Kaliningrad]« . Selon le quotidien allemand Bild, ils ont été installés le long de la frontière russe avec les pays baltes.

Le Kremlin avait averti en 2011 que la Russie pourrait installer dans la région de Kaliningrad des batteries de missiles Iskander, afin de répondre aux « menaces » représentées par le projet de « bouclier antimissile » de l’Otan en Europe. L’Alliance atlantique à laquelle appartiennent la Pologne et les pays baltes. Ils se sont d’ailleurs tournés vers elle pour réclamer de l’aide. 

Ils sont dépendants du gaz russe

Les pays baltes dépendent entièrement du gaz russe. Quant à la Pologne, elle figure, avec l’Allemagne et l’Autriche, parmi les pays les plus gourmands en gaz russe. Ainsi, les initiatives de ses pays de l’Union européenne pour s’extirper de cette dépendance sont vues d’un très mauvais œil par Moscou. A tel point que la Lituanie a déposé en janvier 2011 une plainte à Bruxelles contre Gazprom, qu’elle accusait de position dominante. 

« Les raisons vraisemblables de cette politique discriminatoire appliquée à la Lituanie sont sans doute à chercher en partie du côté de la célérité avec laquelle Vilnius a décidé de mettre en œuvre la directive européenne sur le découplage en matière de gaz et d’électricité, réforme communautaire assez directement destinée à contrer les intérêts de la Russie en Europe », expliquait en 2012 la revue Regard sur l’Est.

Ils estiment que les sanctions européennes ne sont pas assez dissuasives

Les pays baltes et la Pologne s’inquiètent par ailleurs de la faiblesse des sanctions imposées à la Russie. C’est même l’objet du Conseil européen qui se déroule dans le même temps à Bruxelles. La veille, la France avait reporté au mois d’octobre sa décision de livrer ou non deux navires de guerre Mistral commandés par l’armée russe.

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De Sun Tzu à Poutine….

Source : http://french.ruvr.ru/2014_03_18/Gagner-la-guerre-sans-combattre-selon-Sun-Tzu-l-exemple-de-la-Russie-en-Crimee-partie-1-9787/

18 mars, 11:51

Gagner la guerre sans combattre selon Sun Tzu : l’exemple de la Russie en Crimée (Partie 1)

Par La Voix de la Russie | Et si la stratégie russe à l’égard de la Crimée était directement issue de « L’art de la guerre », célèbre ouvrage de stratégie militaire écrit par Sun Tzu, général chinois du VIe siècle av. J.-C. ? Jean-Paul Pougala, enseignant en Géostratégie Africaine à l’Institut Supérieur de Management ISMA à Douala, au Cameroun, livre son analyse, que nous reproduisons ici avec son autorisation.

Qu’est-ce qu’on enseigne dans les écoles de stratégie militaire ? Installez-vous bien dans votre fauteuil. Je vais vous amener avec moi dans un voyage sur les bancs d’une école de stratégie militaire comme si vous y étiez. Nous allons étudier la crise ukrainienne en nous servant d’un livre de stratégie militaire largement utilisé dans la formation des militaires russes et chinois. Mais aussi dans certaines écoles de commerce dans le monde. Ce livre s’appelle : « L’art de la guerre » écrit par le penseur et stratège militaire chinois Sun Tzu (544–496 avant notre ère). L’idée centrale du modèle de stratégie militaire de Sun Tzu est d’utiliser la ruse pour amener l’ennemi à déposer les armes et se rendre avant même d’avoir commencé à combattre. En d’autres termes, pour Sun Tzu, le meilleur stratège militaire est celui qui gagne une guerre sans avoir besoin de la combattre, tout simplement en jouant sur la ruse, les bluffs, les fausses informations distillées au bon moment pour désorienter l’ennemi, en donnant de faux espoirs à l’ennemi au début des hostilités avant de le désillusionner complètement à la fin. Analysons maintenant la crise ukrainienne en étude de cas, comme on le fait dans les écoles militaires. Nous allons nous servir des 10 principales stratégies préconisées par Sun Tzu pour gagner une guerre sans combattre, pour savoir, en Ukraine, qui a le plus de chance de gagner le bras de fer en cours entre les Etats Unis d’Amérique et la Russie.

1 – « Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. » Lorsque vous avez identifié les projets de l’ennemi, pour vous battre, vous devez constamment lui donner l’impression d’aller à contre-courant de l’attitude belliqueuse qu’il attendrait de vous en pareille circonstance. Ainsi, vous devez savoir vous rendre invisible dans votre contre-offensive, savoir mentir et surtout, ne donner à l’ennemi aucune chance de vous situer ou de situer votre vraie réaction face à son intention guerrière, que vous devez constamment feindre de ne pas savoir. Dans ce dossier, l’objectif des Occidentaux est celle de partir d’un Accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne pour (…) faire adhérer l’Ukraine à l’OTAN afin de la couper complètement de la Russie et donc, de ne plus renouveler la location de la base marine de Sébastopol en Crimée à l’armée de la marine russe, c’est-à-dire, de priver la Russie de toute possibilité d’intervention rapide en mer Méditerranée en cas de guerre avec l’OTAN, comme lors des récentes opérations d’intimidation dans les ports syriens, lorsque le président français Hollande voulait bombarder le pays et les Egyptiens lorsqu’à la chute du président Morsi, les Etats-Unis d’Amérique menaçaient l’Egypte de sanction sur les fournitures militaires.

Le président Ianoukovitch a feint de ne rien comprendre quant aux conséquences néfastes de la signature de l’Accord d’association. Et s’est arrêté à la dernière minute. Et c’est à ce moment que les Occidentaux entrent en jeu, en inventant la révolution populaire. Selon la télévision Euronews, une conversation interceptée entre le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet et madame Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, les 88 morts de la place de l’indépendance ne sont pas l’œuvre du président Ianoukovitch mais des paramilitaires de l’opposition, commandités par les membres de l’actuelle coalition au pouvoir à Kiev pour porter un coup fatal à la présidence hostile à l’Union Européenne et à l’OTAN. Mais comment en est-on si sûr ? Voici à propos, ce que déclare Euronews : « Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’EuroMaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces de police anti-émeute et les opposants. » Total : 88 morts.

Devant tout cela, la Russie sait tout ce qui se passe, mais fait semblant d’être invisible, inaudible, absente. Et laisse faire. Et pour cela, c’est la deuxième stratégie de Sun Tzu qui va nous apporter plus d’éclaircissement sur le comportement du président Poutine de Russie dans cette crise.

2 – « Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. » Selon ce principe, Sun Tzu nous explique qu’en guerre, on n’attaque que lorsqu’on est certain de gagner. Sinon, on attend le temps qu’il faudra que la situation tourne à notre avantage.

Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l’Ukraine, ont défilé durant la révolte de nombreux politiciens occidentaux, comme le Sénateur américain MacCain le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée. Le 19 février, les manifestants dits pacifistes vont lancer un assaut sur la police. A la fin des émeutes, il y a 26 morts dont neuf policiers. Et voici ce que déclare le président Obama depuis le Mexique où il se trouve en visite officielle : « Je veux être très clair, nous allons observer de près les développements des prochains jours en Ukraine et nous attendons du gouvernement ukrainien qu’il fasse montre de retenue, qu’il n’ait pas recours à la violence face à des manifestants pacifiques ». Plus tard dans l’avion de retour du Mexique, selon une dépêche AP, c’est au tour de Ben Rhodes, conseiller spécial du président Obama de faire un point de presse dans Air Force One pour affirmer ceci : « Nous sommes opposés à la violence, d’où qu’elle vienne, mais c’est le gouvernement qui doit retirer les membres de la police anti-émeute, décréter une trêve et entamer des discussions dignes de foi avec l’opposition (…) Il est évident que les Ukrainiens estiment que leur gouvernement ne répond pas à leurs aspirations légitimes à l’heure actuelle ».

Ces 3 personnalités américaines sont dès lors déjà entrées dans le piège : ils ont clairement choisi leur camp. Par leurs actions et leurs propos, ils ont signé sans se rendre compte la paternité des manifestations sur la place de l’Indépendance à Kiev. Cette signature sera ensuite utilisée par la Russie pour discréditer les interlocuteurs occidentaux dans la suite des évènements qui semblent complètement imprévus par les deux camps, mais jusqu’à quel point ? Nous allons voir dans la prochaine stratégie qui privilégie le résultat final recherché aux multiples pseudos victoires temporaires.

3 – « Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées ». C’est à dire que pour un bon stratège militaire, ce qui compte ce sont les éléments pris dans leur globalité, c’est le résultat final de l’ensemble des opérations et non des petites victoires sporadiques au quotidien. Nous sommes partis des objectifs des uns et des autres : à terme, l’Occident veut l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, afin de priver la Russie de son accès à la Méditerranée. La Crimée est en effet le seul accès de la Russie en mer chaude.

Ailleurs, au Nord, c’est la mer froide et si l’Occident déclenche une guerre contre la Russie en hiver, tous ses bateaux sont bloqués dans des eaux gelées de la Baltique ou de la mer du Nord. Ce serait donc une défaite même avant de combattre.

Dans les opérations qui vont se succéder à Kiev jusqu’au renversement du président, c’est l’Occident qui semble avoir les meilleures cartes en main, puisque c’est lui qui dicte le tempo des événements, jusqu’au choix des nouveaux dirigeants, reconnus à la vitesse de la lumière. Même s’ils viennent à peine de renverser un gouvernement démocratiquement choisi par le peuple, qu’importe, la démocratie est un gros mensonge qui vit au dépend de ceux qui y croient. Surtout que les élections normales étaient prévues dans un an. Et dans les négociations, le président Ianoukovitch avait accepté d’anticiper ces élections. Et cela n’a pas suffi au tempo occidental qui l’a fait renverser en à peine 24h après la signature de cet accord avec l’opposition. Là, c’est l’Occident qui s’installe dans les opérations prolongées. Moscou est muet.

Le président Poutine est coincé à Sotchi pour les Jeux Olympiques d’hiver. C’est la suite des évènements qui nous fera comprendre que ce mutisme était bien calculé.

4 – « Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité. » Pour Sun Tzu, vous devez toujours pousser l’ennemi dans une plus forte mobilité, afin de l’orienter vers là où vous voulez le conduire, pour le finir. Le 6 Février 2014, c’est la secrétaire d’Etat américaine adjointe, Victoria Nuland, qui arrive à Kiev et rencontre les trois principaux dirigeants de l’opposition ukrainienne : Oleg Tiagnibok, Vitali Klitchko et Arseni Iatseniouk, qui deviendra Premier Ministre par la suite. Le lendemain, dans un entretien au quotidien Kommersant Ukraine, le conseiller spécial du président Poutine, Sergueï Glaziev déclare : « Autant que nous sachions, Madame Victoria Nuland a menacé les oligarques ukrainiens de les placer sur une liste noire américaine si le président Ianoukovitch ne cède pas le pouvoir à l’opposition. Cela n’a rien à voir avec le droit international. (…) Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d’Etat. (…) les Américains dépensent 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les rebelles, y compris pour les armer ».

Pour commenter la visite du sénateur américaine McCain sur la place de l’indépendance le 15 décembre 2013, Alexeï Pouchkov, député au Parlement russe (la Douma) déclare au quotidien ukrainien Kievski Telegraf ceci : « Les représentants de l’Union européenne et des Etats-Unis sont directement impliqués dans le bras de fer politique en Ukraine. (…) Veulent-ils y établir un nouveau régime colonial ? » Ayant poussé les Occidentaux à être plus mobiles et à se rendre plusieurs fois à Kiev, alors qu’ils ne bougent pas d’un millimètre depuis Moscou, ils arrivent à contraindre les Américains à choisir une priorité : le changement de pouvoir à Kiev. C’est dans ce piège que les Russes vont les y conduire.

5 – « Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. ». Le bon stratège doit être insaisissable pour l’ennemi. Il doit communiquer le moins possible et pratiquer la rétention de l’information. Et lorsqu’il communique, c’est pour transmettre à l’ennemi une information inexploitable ou fausse.

Lorsque le président Poutine fait la seule conférence de presse, le 5 mars, il jure qu’il n’a pas de troupes en Crimée. Vu de l’Occident, il s’agit d’un mensonge. Mais à bien y regarder, le président Poutine leur fournit une information capitale qui n’est pas comprise par les stratèges occidentaux.

A Paris, on a transformé une conférence dédiée au Liban à une conférence de sanctions contre la Russie si elle n’est pas suffisamment gentille et retirer ses militaires de la Crimée pour rentrer dans leur base.

Le lendemain à Rome, on a transformé une conférence pour parler du chaos laissé par l’OTAN en Libye, en un débat pour expliquer à l’opinion publique européenne que l’Europe comptait quand même quelque chose.

On a continué d’organiser des conférences inutiles, à aller et venir entre les capitales européennes et Kiev, alors que le barycentre de la crise s’était déplacé depuis des lustres de Kiev en Crimée. Même un mini-sommet extraordinaire sur l’Ukraine est organisé à Bruxelles le 6 mars 2014. C’est en pleine réunion. La dépêche tombe sur les téléscripteurs à 12h de Bruxelles qui dit que le Parlement de la Crimée a voté à l’unanimité le rattachement de la Crimée à la Russie et qu’un référendum pour valider ce choix sera organisé à peine 10 jours plus tard.

 

19 mars, 20:58

Gagner la guerre sans combattre selon Sun Tzu : l’exemple de la Russie en Crimée (Partie 2)

Gagner la guerre sans combattre selon Sun Tzu : l’exemple de la Russie en Crimée (Partie 2)

Par La Voix de la Russie | Suite de l’analyse (première partie accessible ici) de Jean-Paul Pougala, enseignant en Géostratégie Africaine à l’Institut Supérieur de Management (ISMA) au Cameroun, sur la stratégie de la Russie en Crimée vue à la lumière du célèbre ouvrage de stratégie militaire, « l’Art de la guerre » de Sun Tzu.

6 – « Remporter 100 victoires après 100 batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. » Un bon stratège n’est pas violent, il n’humilie pas son adversaire. Il amène son adversaire à se transformer pour reconnaître son infériorité. Ainsi, il n’a plus besoin de combattre. En Crimée, les forces spéciales russes sont arrivées dans une tenue sans étiquette et ont encerclé toutes les bases militaires ukrainiennes, mais sans les contraindre à quitter la base. Le problème est que les habituels occupants de ces bases ne pouvaient plus être libres d’entrer et de sortir. Il fallait alors choisir : ou attendre que les événements à Kiev permettent de déloger les russes, ou bien se rendre. Beaucoup ont préféré se rendre sans même tenter de se défendre. De toutes les façons, ils n’étaient pas attaqués. Au même moment, sans même attendre le référendum, à l’aéroport de Simferopol et de Sébastopol, tous les vols pour Kiev ont été dès le vote du parlement de Crimée, programmés comme des vols internationaux. La monnaie ukrainienne a été progressivement sortie de la circulation et remplacée par le rouble russe. C’est la première fois dans l’histoire qu’on assiste à un sans faute dans l’application des théories de Sun Tzu : Gagner sans combattre. Les Etats-Unis n’y ont vu que du feu.

7 – « Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. »Un vrai stratège joue sur le timing pour gagner toutes ses batailles. Il redouble de ruse pour ne pas être affecté par les menaces ou les actions belliqueuses de l’ennemi. Ainsi, il devient d’abord invincible. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite gagner. Pour cela, un bon stratège doit savoir attendre le moment où ses ennemis sont affaiblis pour passer à l’action et leur donner le coup de grâce. La Russie sait que l’opération en elle-même va drastiquement affaiblir le coté occidental dans la suite des opérations.

Poutine a déstabilisé pendant longtemps ses adversaires incapables de prendre des initiatives novatrices. Le président Obama a annoncé une série de sanctions d’abord sur les visas.

En réalité, le Président Obama ne peut pas faire grand chose. En ce moment, c’est le président russe qui est le seul maître du jeu. Il a toutes les bonnes cartes en main. Il fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il l’entend. Le pire est que les gesticulations des occidentaux trahissent au fond leur impuissance.

D’abord parce qu’ils n’ont pas d’argent pour mener la moindre guerre contre une puissance comme la Russie, mais aussi parce que la moindre sanction économique se retournerait immédiatement contre eux. Par exemple, selon une information publiée par le journal économique français Challenges du 7 mars 2014, à la seule menace du président Obama de geler les avoir russes, la Banque Centrale de Russie a déplacé dans la seule journée du jeudi 6 mars 2014, une somme gigantesque de plusieurs dizaines de milliards de dollars des comptes bancaires détenus aux Etats-Unis vers la Russie et les paradis fiscaux. Ce genre d’opérations, si elle continue dans le moyen terme, peut causer un véritable séisme bancaire et financier aux Etats-Unis. C’est la classique histoire de l’arroseur arrosé.

Toujours vendredi 7 mars 2014, c’est l’Agence Bloomberg qui fait d’autres analyses et prévisions. Selon elle, au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu’à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu’à 160 milliards de dollars d’argent russe. Et la Russie peut geler jusqu’à 242 milliards de dollars d’argent des Occidentaux. Selon Bloomberg, celui qui a plus à y perdre serait la France, dont les banques ont investi 50 milliards de dollars en Russie, suivie par les Etats-Unis, dont les banques ont investi pour 35 milliards de dollars. Le pire nous vient du conseiller du président russe Sergueï Glaziev, rapporté par la même Agence Bloomberg : « En cas de sanctions américaines, la Russie serait obligée de renoncer au dollar au profit d’autres monnaies et de créer son propre système de paiement. (…) Si les Etats-Unis gèlent les avoirs d’entreprises publiques et d’investisseurs privés russes, Moscou recommandera à tout le monde de vendre les titres du Trésor américain. En outre, les sanctions, si elles sont infligées, amèneront la Russie à renoncer au remboursement des prêts octroyés par les banques américaines ». La messe est dite. La Russie est invincible et a même identifié le point de faiblesse de l’ennemi.

Et là nous arrivons à l’autre stratégie de Sun Tzu.

8 – « Pour avancer irrésistiblement, attaquez les points faibles de l’ennemi. Pour battre en retraite sans être rattrapé, soyez plus rapide que votre ennemi. » Pour avancer, il faut éviter le corps à corps avec l’ennemi et se limiter à le toucher uniquement dans ses parties non protégées. Et pour des replis stratégiques, il faut se mettre dans les coins qui échappent au contrôle ou à la connaissance de l’ennemi.

Depuis la guerre éclair du mois d’Août 2008 contre l’allié des Etats-Unis d’Amérique, la Géorgie de Saakachvili, les territoires conquis sont le point faible de l’Occident.

9 – « Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières. ». Il faut toujours adapter les tactiques et les stratégies aux situations nouvelles. Ce n’est pas parce qu’une solution a marché hier qu’elle marchera toujours. Si on répète les tactiques victorieuses du passé, on court le risque de trouver un ennemi plus aguerri, qui aura passé du temps à étudier et à faire face à votre stratégie. Pour un bon stratège, chaque situation est unique et mérite une stratégie unique. Alors que les Américains ont répété en Irak et en Afghanistan les mêmes recettes ruineuses du Vietnam, la Russie a évité de répéter en Ukraine ses tactiques sur la Géorgie. Car il est évident que si en Géorgie, les alliés américains, n’étaient pas préparés, rien ne dit qu’une nouvelle fois, on les trouverait aussi passifs parce que surpris. En effet, on nous annonce que les F16 américains sont partis vers les ciels estoniens et polonais.

Aujourd’hui, personne ne sait quelle stratégie Poutine a préparé pour les régions russophones de l’Est de l’Ukraine.

10 – « Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer 100 batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. » Le bon stratège doit toujours avoir en tête trois soucis : bien maîtriser l’environnement, le terrain de la bataille, connaître l’ennemi dans ses détails et se connaître lui-même pour surtout desceller avant l’ennemi ses propres faiblesses. Pour faire partie des stratèges des services secrets russes, il faut bien parler plusieurs langues donc l’anglais. Au même moment, tous les textes et communications entre les membres du FSB sont exclusivement codés en russe. A la CIA, il existe un département Russie qui ne peut pas faire le poids face à l’imposante stratégie russe de maîtrise de l’anglais par tous ses espions. Et donc, de connaitre les Américains dans leurs plus petits détails. Il existe aussi un réseau composé par des Russes américains qui, avec le passeport US, accèdent à tous les postes de l’administration américaine.

C’est ce qui explique que pour le président russe, on a l’impression que rien de ce que dit son homologue américain ne le surprend ou ne l’émeut. Sur le plan de l’environnement, la Russie, c’est 17 millions de km2, les USA, la moitié. Alors que les Américains en Russie sont concentrés dans quelques grandes villes de l’Ouest, les Russes aux Etats-Unis d’Amérique sont répartis sur tout son territoire. Ils sont devenus des Américains à tous les effets. Il suffit pour Moscou d’étudier leurs comportements pour savoir tout des Américains. Pour revenir à l’Ukraine, les zones qui intéressent la Russie sont les régions où l’on parle russe, où les populations sont russes, donc avec une parfaite maîtrise même sociologique de la part de la Russie. Ce qui n’est pas le cas des USA qui en Ukraine comme en Afghanistan ou en Irak, donnent toujours l’impression de s’engager sur des éventuels théâtres de guerres sans jamais maîtriser le terrain, n’importe où sur la planète comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo où il suffirait de remplacer une carte par une autre et continuer à appuyer sur la gâchette au maximum. Ce qui a porté à des guerres inutiles qui ont littéralement ruiné les Etats-Unis d’Amérique.

Et le président Poutine a bien compris que de l’autre côté, il y a une véritable navigation à vue, du dossier iranien et syrien hier et à celui ukrainien aujourd’hui. Au final, devant le désarroi du président américain avec ses menaces rhétoriques et sa totale incapacité à placer la moindre initiative dans le dossier ukrainien, s’il y a un maître du monde aujourd’hui sur le plan de stratégie militaire, ce maître s’appelle Vladimir Poutine. Il connait son ennemi, les Etats-Unis d’Amérique, il connait bien le terrain, l’Ukraine et il connait la nouvelle force de son pays, les nouveaux moyens militaires du pays, depuis la guerre en Libye. Le président Obama, de son côté, donne l’impression de ne comprendre ni son homologue russe, de ne pas connaitre la complexité ukrainienne, sinon, il n’aurait pas suggéré à ceux qu’ils ont mis au pouvoir à Kiev comme première action, de supprimer la langue russe. Et pire, il semble ne pas connaitre ses propres faiblesses, d’un pays ruiné et qui ne pourra rien offrir à 47 pays africains qu’on invite à Washington, juste pour mimer les rencontres tous les deux ans entre les dirigeants africains et chinois.

 Quelles leçons pour l’Afrique ?

Le 22 Janvier 2014 dernier, la Maison Blanche, par communiqué, nous annonce que le président Obama a invité à Washington 47 chefs d’Etat Africains. Il a pris soin d’en exclure trois, la Centrafrique, l’Egypte et la Guinée Bissau, accusés d’être arrivés au pouvoir sans passer par les urnes, mais par des coups d’Etat. Comment expliquer qu’en Ukraine, c’est plutôt l’administration américaine qui tente de forcer la main à la Russie pour reconnaître le nouveau pouvoir à Kiev, lui aussi issu d’un coup d’Etat ? Un coup d’Etat en Europe est-il différent d’un coup d’Etat en Afrique ? Le 17 février 2008, le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance de la Serbie. Les Occidentaux applaudissent. La Serbie porte l’affaire à la Cour Internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire des Nations-Unies, qui tranche et valide la sécession du Kosovo par sa décision du 22 juillet 2010 en ces termes : « La déclaration d’indépendance du Kosovo n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel ». En revanche, la CIJ ajoute qu’elle n’est « pas tenue par la question qui lui est posée de prendre parti sur le point de savoir si le droit international conférait au Kosovo un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance. La Cour n’est pas chargée de dire si le Kosovo a accédé à la qualité d’Etat ».

Le ministre français des Affaires étrangères d’alors Bernard Kouchner va se féliciter de la décision de la CIJ en ces termes : « L’indépendance du Kosovo est irréversible (…) Cet avis affirme clairement que la déclaration d’indépendance du Kosovo n’est contraire ni au droit international, ni à la résolution 1244, comme la France l’avait toujours soutenu, et je m’en réjouis ». Question : Pourquoi l’Occident se réjouit d’alimenter les sécessions au Kosovo, au Sud Soudan, et fait semblant de jouer aux fervents défenseurs du droit international et de l’intangibilité des frontières pour l’Ukraine ? En quoi la Crimée en Ukraine est différente du Sud Soudan ou du Kosovo? La réponse est que cette équation à géométrie variable est le fond de commerce de certains pays, les mêmes qui se sont arrogés le droit de faire les gendarmes du monde pour partager les bons et les mauvais points aux candidats naïfs à la démocratie, pour bien les spolier. Contrairement à ce qui se passe régulièrement en Afrique, de l’Erythrée au Sud Soudan, la Russie n’a pas aidé la Crimée à déclarer son indépendance, mais plutôt à la rejoindre dans un ensemble déjà grand. Toute nouvelle indépendance affaiblit le pays qui perd un morceau de sa terre. Mais fragilise aussi le nouvel Etat non viable.

Les mêmes qui se battent aujourd’hui contre l’éclatement de l’Ukraine sont les mêmes qui œuvrent en sous-main pour démembrer le Mali, ce sont les mêmes qui financent les rebellions dans l’Est de la RDC pour demain créer une nouvelle république dans le Kivu.

La Russie n’a pas fini de surprendre les Américains. Quel message voulaient envoyer les Russes aux Américains lorsqu’ils ont fait coïncider la date de la fin des Jeux Paralympiques d’hiver de Sotchi le 16 mars 2014 et le référendum pour valider l’annexion de la Crimée à la Russie ?

A la différence de la Russie, les Africains sont grossièrement prévisibles dans toutes leurs stratégies par leurs ennemis occidentaux. Encore faut-il qu’ils soient capables de comprendre que l’Occident est l’ennemi de l’Afrique. Il existe en Afrique un vrai retard culturel et intellectuel de la population, pour déjà être capable de comprendre qu’il lui faut instaurer un rapport de force avec l’Occident dans lequel ses propres points de vue seraient pris en considération. Mais on ne peut pas y parvenir dans un rapport classique de mendicité institutionnalisée où celui qui tend la main pour recevoir est toujours celui qui obéit à l’autre.

Voilà pourquoi il n’existe à ce jour dans aucun pays africain un seul projet sérieux pour espionner l’Occident. Les africains croient par erreur qu’ils sont les amis des européens et ne se posent jamais la question de savoir comment ils sont vus aux yeux des européens : de simples esclaves, même si très lettrés. Les chaines de télévision en Occident pourrons donner l’impression de haïr le président Poutine ou la Russie, mais il reste un élément que personne ne peut mettre en doute, quelque soient leurs relations dans le futur, ils sont condamnés à respecter la Russie. Ils ont déjà commencé à le faire, pour preuve, la façon dont tous tergiversent pour des pseudo-sanctions qui n’arrivent jamais.

Et c’est dans ce rapport de respect que je suis paradoxalement optimiste pour le futur des relations entre ces deux ennemis d’aujourd’hui. Je ne peux pas en dire de même pour l’Afrique. Pour qu’on nous respecte, nous devons cesser de tendre la main, c’est une condition incontournable avant même de parler de stratégie militaire ou d’espionnage des européens par les africains. N

 

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ralliement russe surprise ?

Source : http://french.ruvr.ru/news/2014_03_26/La-Republique-tcheque-ne-soutient-pas-les-sanctions-contre-la-Russie-4466/

La République tchèque opposée aux sanctions contre la Russie

La République tchèque opposée aux sanctions contre la Russie

Par La Voix de la Russie | La Chambre des députés du parlement tchèque n’a pas suivi la ligne générale de l’UE. Le parlement a noté dans son communiqué : « La Chambre des députés n’a pas approuvé la proposition faite au gouvernement de promouvoir l’introduction des sanctions économiques contre la Russie dans le cadre de l’UE ».

Les députés tchèques n’ont pas avalisé non plus une augmentation du financement de l’armée tchèque. A l’heure actuelle, le budget du ministère de la Défense constitue 1,1 % du PIB. Il a été projeté de le porter à 1,3 % l’année prochaine et à 2 % du PIB en 2017.    N
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Le Kosovo, la Crimée, et après ?

Source : http://www.liberation.fr/monde/2014/03/24/apres-la-crimee-la-transnistrie_989750

Vladimir Poutine va-t-il s’arrêter au rattachement de la Crimée? L’est de l’Ukraine pourrait être la prochaine étape dans son entreprise de lutte contre l’influence européenne et de reconstitution d’une grande Russie. Mais les regards se tournent aussi de l’autre côté de l’Ukraine, vers un territoire gros comme la moitié de la Corse et beaucoup mentionné ces derniers jours du côté du Kremlin : la Transnistrie, située géographiquement en Europe mais de fait une enclave russe en Moldavie. 

Ce petit territoire au nom comme sorti du Sceptre d’Ottokar et au décorum tout soviétique est une étroite bande de terre coincée entre le fleuve Dniestr et la frontière ukrainienne, qui se fait appeler aussi «République moldave du Dniestr». Etat fantôme, la Transnistrie, 4 200 km2 et 500 000 habitants, s’est dotée des attributs d’un Etat : elle a sa propre monnaie (le rouble de Transnistrie), son hymne, son Soviet suprême, son drapeau avec faucille et marteau. La région est entièrement tournée vers la Russie, dont elle a fait partie pendant deux siècles. Les statues de Lénine et les portraits de Vladimir Poutine font partie du décor. Deux tiers des habitants sont russophones. La moitié d’entre eux se considèrent russe, les autres ukrainiens. Le troisième tiers sont des Moldaves, qui se sont retrouvés discriminés dans leur propre pays.

Newly elected president Yevgeny Shevchuk takes part in inauguration ceremony in Tiraspol in Moldova's self-proclaimed separatist Dnestr region December 30, 2011. Yevgeny Shevchuk, the president of Moldova's breakaway Transdniestria region, pledged to seek international recognition for the territory and build close ties with Russia as he was sworn in on Friday after beating a Moscow-backed candidate.  REUTERS/Stringer  (MOLDOVA - Tags: POLITICS) BEST QUALITY AVAILABLE - RTR2VQSL

Evgueni Chevtchouk, le président de la Transnistrie, fin 2011 à Tiraspol, la capitale. (Photo Reuters)

Guerre d’indépendance et référendum

En 1991, profitant de la dislocation de l’URSS, la Moldavie roumanophone a déclaré son indépendance. La Transnistrie, craignant de tomber dans l’orbite de la Roumanie, s’est alors autoproclamée indépendante de la Moldavie. Ce fut chose faite au terme d’une courte guerre d’indépendance qui a fait tout de même 500 morts. Sauf que depuis, personne n’a reconnu la micro-république – si l’on excepte l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud et le Haut-Karabakh, eux-mêmes territoires séparatistes reconnus par presque personne. 

En septembre 2006, la Transnistrie a organisé une parodie de référendum. Les électeurs ont voté à 97% à la fois pour l’indépendance et pour le rattachement à la Russie. La propagande officielle a fait campagne contre «le fascisme moldave» – tout comme en Crimée la semaine dernière les électeurs ont été appelés à faire barrage aux «fascistes de Kiev». 

Une région inféodée au Kremlin

La Transnistrie vit littéralement sous la perfusion de Moscou. Depuis «l’indépendance», l’enseignement se fait en russe et en cyrillique (tandis que la Moldavie, roumanophone, utilise l’alphabet latin), et on y enseigne le culte de la grande Russie. Le Kremlin ne reconnaît pas officiellement le territoire, qui ne présente pas à ses yeux le même intérêt stratégique et historique que la Crimée, mais le soutient politiquement, économiquement et militairement. La Transnistrie est pour lui un levier côté européen.

Depuis 1992, plusieurs centaines de soldats russes et tout un arsenal y sont stationnés. La Russie finance les retraites des fonctionnaires transnistriens. Elle offre gaz et pétrole à bas prix, apporte aux habitants une «aide humanitaire» sous forme de produits de première nécessité et distribue des passeports russes.

La Moldavie s’alarme

Le 18 mars, le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, a accusé Kiev d’avoir «décrété un blocus de fait de la Transnistrie» en postant des gardes à la frontière avec l’Ukraine.Le même jour, la Transnistrie a demandé à la Douma, le Parlement russe, à être rattachée à la Russie. Deux jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, a évoqué une réunion du gouvernement russe où devait être abordée la question du «soutien à la Transnistrie»«Nous insisterons pour que, dans les pays où vivent nos compatriotes, leurs droits et libertés soient pleinement respectés», a-t-il dit. Panique à Chisinau, la capitale moldave. «Nous avons des informations selon lesquelles des choses précises sont entreprises pour déstabiliser la situation» en Transnistrie, a alerté le président moldave Nicolae Timofti, qui, engagé dans le même processus que Kiev, doit signer prochainement un accord d’association et de libre-échange avec Bruxelles. L’Otan s’est aussi dit inquiet.

Vendredi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andreï Dechtchytsia, s’est dit à son tour «très préoccupé» par la Transnistrie. «Si la Russie décide de connecter la Transnistrie avec la Crimée et l’Abkhazie [région séparatiste de Géorgie, ndlr]», cela formerait «un corridor qui créerait une zone de forte déstabilisation en Europe». «Nous devons regarder une carte et l’éviter.»

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La Crimée, une crise des sanctions…

Les sanctions envers la Russie semblent elles aussi en crise, le partenaire économique que représente Moscou peut en effet dissuader de se priver d’un acheteur/vendeur incontournable dans un monde multipolaire et global…

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/25/crimee-le-g7-s-abstient-de-prendre-de-nouvelles-sanctions-contre-la-russie_4389211_3214.html

Crimée : le G7 s’abstient de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie

LE MONDE | 25.03.2014 à 12h36 | Par Yves-Michel Riols (La Haye, Pays-Bas, envoyé spécial )

Un signe d’apaisement ? Pour la première fois depuis l’escalade du conflit en Ukraine qui a conduit à l’annexion de la Crimée par la Russie, un dirigeant russe a accepté de rencontrer un représentant du nouveau gouvernement ukrainien dont Moscou refusait, jusqu’alors, de reconnaître la légitimité. Sergueï Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, s’est brièvement entretenu avec son homologue ukrainien, Andrii Dechtchitsa, lundi 24 mars, à La Haye, aux Pays-Bas, en marge du sommet sur la sécurité nucléaire.

Le geste était pour le moins inattendu alors que M. Lavrov avait, quelques heures plus tôt, ostensiblement quitté la salle au moment où son collègue ukrainien prenait la parole devant la cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement réunis pour ce rendez-vous international sur le nucléaire.

Rien n’a filtré de ce tête-à-tête, mais le geste en lui-même était déjà un signe politique alors que la tension n’avait cessé de monter pendant toute la journée en raison de la poursuite de la concentration de troupes russes aux frontières de l’Ukraine. Au point que la Maison Blanche s’est dite « très inquiète » de ces mouvements.

UN CAMOUFLET MAIS PAS UN REVERS MAJEUR

L’autre signe d’apaisement est venu des dirigeants du G7, regroupant les pays les plus industrialisés, qui se sont retrouvés, lundi en fin de journée, à la demande du président américain, Barack Obama. Au terme d’une réunion d’une heure trente dans la résidence du premier ministre néerlandais, ils se sont abstenus de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie. Dans leur déclaration commune, les représentants du G7 se sont contentés d’annuler la réunion du G8 avec la Russie, prévue en juin, à Sotchi. Elle sera remplacée, à la même époque, à Bruxelles, par une rencontre des seuls pays du G7.

Il s’agit d’un camouflet diplomatique pour la Russie, mais c’est loin d’être un revers majeur. L’initiative a d’ailleurs été minimisée par Sergueï Lavrov, qui a affirmé que « ce n’est pas une grande tragédie si le G8 ne se réunit pas ». Dans leurs conclusions, les représentants du G7 ont, par ailleurs, quasiment repris les mêmes thèmes évoqués, vendredi 21 mars, par les dirigeants de l’Union européenne (UE) : condamnation de l’annexion de la Crimée, menaces de sanctions économiques en cas d’extension du conflit à d’autres régions d’Ukraine et lancement d’une réflexion pour réduire la dépendance énergétique des pays industrialisés vis-à-vis de la Russie.

Autrement dit, il n’y aura pas de représailles supplémentaires à l’encontre de Moscou tant que le Kremlin circonscrit le conflit à la Crimée. Cela n’a évidemment pas été dit ouvertement mais, à ce stade, tout semble accréditer la thèse que les Occidentaux, divisés sur la riposte à apporter contre la Russie et effrayés par la perspective d’un embrasement généralisé de l’Ukraine, sont résignés à passer l’éponge sur la Crimée tant que le conflit en reste là.

« LIMITER LES DÉGÂTS »

La réaction a minima du G7, dit-on de source diplomatique européenne, est une forme de main tendue à la Russie pour éviter l’escalade. C’est bien ce que redoutent les pays voisins de l’Ukraine, à commencer par la Pologne, qui estiment que les grandes puissances entérinent trop vite le fait accompli russe en Crimée.

Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, n’a pas mâché ses mots en appelant les responsables occidentaux à ne pas avaliser « l’Anschluss de la Russie en Crimée », en référence à l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, en 1938. « Nous espérons que tout le monde comprend l’importance du principe de la non-remise en cause de l’intégrité territoriale d’un pays par la force, a-t-il insisté. De tels procédés ont déjà eu lieu en Europe avec des conséquences catastrophiques. »

Même si les Etats-Unis et les pays de l’UE ont réitéré, lundi, leur condamnation de la Russie, leur refus de sanctionner davantage Moscou reflète aussi la volonté de « limiter les dégâts ». « Personne n’a envie de faire de la Crimée l’alpha et l’omega d’une sortie de la crise », a constaté un influent diplomate européen.

L’étape suivante est déjà enclenchée : esquisser les termes d’une trêve avec la Russie. Cela passerait par plusieurs conditions, dit-il : « ne pas dégeler les conflits gelés », notamment dans les régions occupées par la Russie en Moldavie (Transnistrie) et en Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie) et « arrêter d’alimenter l’instabilité dans l’est de l’Ukraine ». Reste une inconnue de taille : Vladimir Poutine est-il prêt à jouer la carte de l’apaisement ?

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