Accueil > Ukraine-Russie > La Crimée, une crise des sanctions…

La Crimée, une crise des sanctions…

Les sanctions envers la Russie semblent elles aussi en crise, le partenaire économique que représente Moscou peut en effet dissuader de se priver d’un acheteur/vendeur incontournable dans un monde multipolaire et global…

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/25/crimee-le-g7-s-abstient-de-prendre-de-nouvelles-sanctions-contre-la-russie_4389211_3214.html

Crimée : le G7 s’abstient de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie

LE MONDE | 25.03.2014 à 12h36 | Par Yves-Michel Riols (La Haye, Pays-Bas, envoyé spécial )

Un signe d’apaisement ? Pour la première fois depuis l’escalade du conflit en Ukraine qui a conduit à l’annexion de la Crimée par la Russie, un dirigeant russe a accepté de rencontrer un représentant du nouveau gouvernement ukrainien dont Moscou refusait, jusqu’alors, de reconnaître la légitimité. Sergueï Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, s’est brièvement entretenu avec son homologue ukrainien, Andrii Dechtchitsa, lundi 24 mars, à La Haye, aux Pays-Bas, en marge du sommet sur la sécurité nucléaire.

Le geste était pour le moins inattendu alors que M. Lavrov avait, quelques heures plus tôt, ostensiblement quitté la salle au moment où son collègue ukrainien prenait la parole devant la cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement réunis pour ce rendez-vous international sur le nucléaire.

Rien n’a filtré de ce tête-à-tête, mais le geste en lui-même était déjà un signe politique alors que la tension n’avait cessé de monter pendant toute la journée en raison de la poursuite de la concentration de troupes russes aux frontières de l’Ukraine. Au point que la Maison Blanche s’est dite « très inquiète » de ces mouvements.

UN CAMOUFLET MAIS PAS UN REVERS MAJEUR

L’autre signe d’apaisement est venu des dirigeants du G7, regroupant les pays les plus industrialisés, qui se sont retrouvés, lundi en fin de journée, à la demande du président américain, Barack Obama. Au terme d’une réunion d’une heure trente dans la résidence du premier ministre néerlandais, ils se sont abstenus de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie. Dans leur déclaration commune, les représentants du G7 se sont contentés d’annuler la réunion du G8 avec la Russie, prévue en juin, à Sotchi. Elle sera remplacée, à la même époque, à Bruxelles, par une rencontre des seuls pays du G7.

Il s’agit d’un camouflet diplomatique pour la Russie, mais c’est loin d’être un revers majeur. L’initiative a d’ailleurs été minimisée par Sergueï Lavrov, qui a affirmé que « ce n’est pas une grande tragédie si le G8 ne se réunit pas ». Dans leurs conclusions, les représentants du G7 ont, par ailleurs, quasiment repris les mêmes thèmes évoqués, vendredi 21 mars, par les dirigeants de l’Union européenne (UE) : condamnation de l’annexion de la Crimée, menaces de sanctions économiques en cas d’extension du conflit à d’autres régions d’Ukraine et lancement d’une réflexion pour réduire la dépendance énergétique des pays industrialisés vis-à-vis de la Russie.

Autrement dit, il n’y aura pas de représailles supplémentaires à l’encontre de Moscou tant que le Kremlin circonscrit le conflit à la Crimée. Cela n’a évidemment pas été dit ouvertement mais, à ce stade, tout semble accréditer la thèse que les Occidentaux, divisés sur la riposte à apporter contre la Russie et effrayés par la perspective d’un embrasement généralisé de l’Ukraine, sont résignés à passer l’éponge sur la Crimée tant que le conflit en reste là.

« LIMITER LES DÉGÂTS »

La réaction a minima du G7, dit-on de source diplomatique européenne, est une forme de main tendue à la Russie pour éviter l’escalade. C’est bien ce que redoutent les pays voisins de l’Ukraine, à commencer par la Pologne, qui estiment que les grandes puissances entérinent trop vite le fait accompli russe en Crimée.

Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, n’a pas mâché ses mots en appelant les responsables occidentaux à ne pas avaliser « l’Anschluss de la Russie en Crimée », en référence à l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, en 1938. « Nous espérons que tout le monde comprend l’importance du principe de la non-remise en cause de l’intégrité territoriale d’un pays par la force, a-t-il insisté. De tels procédés ont déjà eu lieu en Europe avec des conséquences catastrophiques. »

Même si les Etats-Unis et les pays de l’UE ont réitéré, lundi, leur condamnation de la Russie, leur refus de sanctionner davantage Moscou reflète aussi la volonté de « limiter les dégâts ». « Personne n’a envie de faire de la Crimée l’alpha et l’omega d’une sortie de la crise », a constaté un influent diplomate européen.

L’étape suivante est déjà enclenchée : esquisser les termes d’une trêve avec la Russie. Cela passerait par plusieurs conditions, dit-il : « ne pas dégeler les conflits gelés », notamment dans les régions occupées par la Russie en Moldavie (Transnistrie) et en Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie) et « arrêter d’alimenter l’instabilité dans l’est de l’Ukraine ». Reste une inconnue de taille : Vladimir Poutine est-il prêt à jouer la carte de l’apaisement ?

Publicités
Catégories :Ukraine-Russie
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :