Accueil > Ukraine-Russie > la contre-offensive russe (suite)

la contre-offensive russe (suite)

Source : http://www.lepoint.fr/monde/ukraine-les-pro-russes-appellent-poutine-a-la-rescousse-14-04-2014-1812937_24.ph 

Ukraine : les pro-russes appellent Poutine à la rescousse

Le Point.fr – Publié le 14/04/2014 à 17:14 – Modifié le 14/04/2014 à 18:06

Alors que le gouvernement pro-européen cherche une issue politique et en appelle à l’ONU, les insurgés demandent l’aide militaire de la Russie.

Les insurgés armés pro-russes sont repassés à l’offensive lundi dans l’est de l’Ukraine, demandant l’aide de Vladimir Poutine qui a fait part de son « inquiétude », alors que le gouvernement pro-européen de Kiev cherchait une issue politique et en appelait à l’ONU. Confronté à des assauts, visiblement coordonnés, menés depuis samedi par des activistes pro-russes mais aussi par des groupes d’hommes armés aux uniformes sans identification, le pays de 46 millions d’habitants apparaissait plus que jamais menacé d’éclatement entre l’Est russophone et le Centre et l’Ouest tournés vers l’Europe. Alors même que Kiev avait annoncé une « opération antiterroriste de grande envergure » pour reprendre la main, des centaines manifestants pro-russes ont attaqué et pris les sièges de la police et de la municipalité à Gorlivka, localité de 250.000 habitants dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie. Aucune activité militaire loyaliste n’a été constatée de la journée par les journalistes de l’AFP présents en différents endroits de la région. À Slaviansk, ville symbole des dernières tensions où des groupes armés pro-russes se sont emparés samedi des bâtiments de la police et des services de sécurité, la situation était fermement sous le contrôle des insurgés.

L’un de leurs chefs, Viatcheslav Ponomarev, en a appelé directement au président russe Vladimir Poutine, qui a massé jusqu’à 40 000 soldats à la frontière, selon l’Otan, et a promis de défendre « à tout prix » les populations russes de l’ex-URSS. « Nous demandons à la Russie de nous protéger et de ne pas permettre un génocide de la population du Donbass (est de l’Ukraine). Nous demandons au président Poutine de nous aider », a-t-il lancé. Selon le Kremlin, M. Poutine reçoit « de nombreuses demandes » d’aide semblables des régions de l’Est ukrainien et observe la situation avec « beaucoup d’inquiétude ». Devant le siège de l’administration municipale de Slaviansk, on pouvait voir une dizaine d’hommes armés, portant le même uniforme et l’air très professionnel. D’autres, en camion militaire, renforçaient les défenses autour de la localité, avec des équipements de guerre, antiaériens et antichars. Au centre-ville, un millier d’habitants étaient rassemblés, promettant de rester sur place jusqu’à l’organisation d’un référendum sur le rattachement à la Russie.

Les pro-russes réclament ce rattachement ou, au minimum, une « fédéralisation » de la Constitution ukrainienne pour donner de grands pouvoirs aux régions. Pour la première fois, le président intérimaire ukrainien Olexandre Tourtchinov a fait lundi une ouverture dans ce sens, suggérant qu’un tel scrutin pourrait être organisé en même temps que la présidentielle anticipée prévue le 25 mai. Il s’est dit certain que « la majorité des Ukrainiens se prononcerait pour une Ukraine indivisible, indépendante, démocratique et unie ». Mais M. Tourtchinov évoque un référendum national, alors que les insurgés veulent des scrutins locaux, où le rapport de force leur serait plus favorable. Et le gouvernement a jusqu’à présent toujours refusé d’aller au-delà d’une « décentralisation », jugeant que la « fédéralisation » soutenue par Moscou ouvre la voie à l’éclatement du pays. La proposition a donc peu de chances de débloquer la crise.

Guerre contre son peuple

M. Tourtchinov en a également appelé à l’ONU, estimant dans un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, secrétaire général de l’organisation, que la présence sur le terrain de « professionnels et d’observateurs pourrait ainsi attester de la légitimité de nos actions ». Moscou a en effet sommé les autorités de Kiev, issues d’un soulèvement qui a renversé fin février un régime pro-russe et que le Kremlin ne reconnaît pas, de cesser « la guerre contre (leur) propre peuple ». Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU à la demande de Moscou a tourné dimanche soir au dialogue de sourds. Les Occidentaux accusent Moscou d’être l’instigateur des troubles, dénonçant les similitudes avec ce qui s’est passé au mois de mars en Crimée, rattachée à la Russie après l’intervention de groupes armés non identifiés – des militaires russes selon tous les observateurs, ironiquement baptisés « hommes verts » en Ukraine – et un référendum controversé. Moscou rejette de son côté toute la responsabilité de l’escalade sur Kiev.

Ce regain de tension fait peser l’incertitude sur des pourparlers prévus jeudi à Genève pour tenter de régler la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine a laissé entendre que la réunion serait « menacée si les opérations militaires commencent dans l’est de l’Ukraine ». Le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont « condamné très fermement » les dernières violences, alors que les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis lundi à Luxembourg. Outre un éventuel durcissement des sanctions contre Moscou, ils devaient étudier la menace d’une coupure des livraisons de gaz par la Russie, agitée la semaine dernière par le président Poutine. Quelque 13 % du gaz consommé par l’Union européenne transite en effet par l’Ukraine, qui a des milliards de dollars de dette gazière envers Moscou. L’arme peut toutefois se révéler à double tranchant. La Russie est déjà affectée économiquement par la crise, avec une croissance en berne et des évasions de capitaux massives, et la Bourse de Moscou et le rouble étaient en nette baisse lundi. L’UE et Washington ont apporté un soutien à une Ukraine au bord de l’asphyxie financière, avec une garantie de crédit des États-Unis d’un milliard de dollars et une aide européenne d’un milliard d’euros.

 

 

Publicités
Catégories :Ukraine-Russie
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :