Moscou a mis en garde Kiev, dimanche, sur de possibles «conséquences irréversibles» après que la chute d’un obus dans une ville russe frontalière de l’Ukraine eut fait un mort, qualifiant cet événement, d’agression de la part de l’Ukraine. «En Russie, nous considérons cette provocation comme un acte d’agression supplémentaire de l’Ukraine à l’encontre du territoire russe souverain et des citoyens russes», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Cet événement témoigne d’une escalade extrêmement dangereuse dans les tensions à la frontière entre la Russie et l’Ukraine et peut avoir des conséquences irréversibles, dont l’Ukraine portera la responsabilité». Kiev a démenti tout tir sur le territoire russe. «Il n’y a aucun doute. Les forces ukrainiennes n’effectuent pas de tirs sur le territoire de la Fédération russe. Nous n’avons pas tiré», a indiqué Andriï Lyssenko, porte-parole du Conseil national de sécurité ukrainien.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait indiqué qu’un Russe avait été tué et deux personnes «grièvement blessées» par des tirs d’obus. Il a précisé qu’une note de protestation avait été remise au chargé d’affaires ukrainien à Moscou. L’Ukraine avait rappelé son ambassadeur dans la foulée des événements en Crimée, péninsule ukrainienne au bord de la Mer Noire annexée en mars par la Russie.

Alexander Titov, porte-parole des autorités régionales de Rostov cité par l’agence russe Itar-Tass, avait déclaré qu’une femme âgée avait également été blessée dans le tir d’obus sur Donetsk. «Vers 09h20 [05h20 GMT] un obus tiré à partir du territoire ukrainien est tombé sur Donetsk. Deux maisons ont été endommagées, une personne est morte», a-t-il précisé. Des enquêteurs russes ont déclaré qu’ils avaient ouvert une enquête sur ce «meurtre».

Il s’agit d’une «dangereuse escalade pour nos citoyens» a déclaré le ministre-adjoint aux Affaires étrangères, Grigori Karassine, qui a promis que cet événement «ne resterait pas sans réponse», dans des propos retransmis à la télévision. La petite ville russe de Donetsk est frontalière de la région de Lougansk, dans l’est de l’Ukraine, où les troupes de Kiev et les séparatistes pro-russes se battent pour le contrôle de points de passage frontaliers.

Samedi, le ministère russe des Affaires étrangères avait mis en garde l’Ukraine contre ce qu’il présente comme des attaques continuelles sur son territoire, indiquant qu’il «se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre son territoire et assurer la sécurité des citoyens russes».

AFP