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Archive for septembre 2014

Ukraine, une question de stratégie, et une prise de conscience un peu tardive…

30 septembre 2014 Laisser un commentaire

Source : http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0203812823511-en-ukraine-lambivalente-victoire-tactique-de-poutine-1047924.php

En Ukraine, l’ambivalente victoire tactique de Poutine

Benjamin Quenelle / Correspondant à Moscou | Le 30/09 à 06:00

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Vladimir Poutine dicte depuis plusieurs mois l’agenda en Ukraine et n’a jamais été aussi populaire en Russie. Mais le gel du conflit entre Kiev et rebelles prorusses n’est qu’un succès relatif.

La Russie en position de force

Néanmoins, pour le président russe, il s’agissait avant tout de figer la situation dans l’attente des législatives ukrainiennes du 26 octobre, dont le résultat incertain laisse planer la perspective d’un Maïdan 3, une nouvelle révolte contre le pouvoir en place – comme ce fut le cas à deux reprises contre Viktor Ianoukovitch, en 2004 puis en 2013-2014. Face au nouveau président ukrainien, Petro Porochenko, fragilisé par sa défaite militaire, Vladimir Poutine maîtrise aujourd’hui l’agenda. D’autant que l’Ukraine s’enfonce dans la crise économique et que, l’hiver approchant, Gazprom est en position de force pour le nouveau round de négociations gazières. Les Cassandre redoutent que le Kremlin ne profite d’une prochaine crise politique ukrainienne pour avancer ses pions. Les plus optimistes espèrent que Moscou se contentera d’avoir prouvé aux Ukrainiens russophones qu’il les a protégés. Vladimir Poutine ne lâchera toutefois prise que si les Occidentaux s’engagent à ce que l’Ukraine ne tombe pas dans l’orbite de l’Otan. L’Europe n’en serait pas là si elle avait su élaborer avec Moscou à la fin de la guerre froide un pacte de sécurité, avec des volets politique, économique et énergétique, et si elle avait alors répondu aux propositions de la Russie. Ce pacte aurait permis de régler bien des différends entre Russes et Européens. Il aurait aussi permis d’éviter le piège des sanctions réciproques. Même si l’Europe et les Etats-Unis peuvent justifier leur volonté de punir la Russie de Poutine pour l’annexion de la Crimée et son rôle dans l’est de l’Ukraine, cette escalade se heurte à l’incompréhension des milieux d’affaires, aussi bien à Moscou que dans nombre de capitales européennes. Car ces mesures n’ont pas aidé à résoudre le conflit et n’ont pas non plus fragilisé Vladimir Poutine en Russie. Bien au contraire, le président n’a jamais été aussi populaire. Au Kremlin, face aux libéraux placés en porte-à-faux, les faucons sortent renforcés. Et la guerre a permis de faire adopter, discrètement, une série de législations restrictives pour les citoyens. En réalité, Occidentaux et Russes se sont tirés une balle dans le pied avec les sanctions, qui ferment des débouchés aux premiers et privent les seconds de financements, de technologies et d’investissements. La crise a amplifié des maux déjà ancrés en Russie : croissance en baisse au point de plonger le pays dans la récession et d’accélérer l’inflation et la chute de la consommation. Les chefs d’entreprise s’inquiètent des gels de projets et, dans les magasins, les clients pestent contre la flambée des prix. La victoire tactique de Poutine a un goût bien amer.

Benjamin Quénelle
 Correspondant à Moscou
Les points à retenir

La conclusion, le 5 septembre à Minsk, d’un accord de cessez-le-feu en Ukraine a pris acte de l’échec militaire de Kiev et a consacré la domination russe dans le sud-est du pays. Pour Vladimir Poutine, il s’agissait avant tout de figer la situation dans l’attente des législatives ukrainiennes du 26 octobre, dont le résultat est incertain. Les plus optimistes espèrent que Moscou n’ira pas plus loin et se contentera d’avoir prouvé aux Ukrainiens russophones qu’il les a protégés.

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Ukraine, vers la voie de l’apaisement ?

28 septembre 2014 Laisser un commentaire

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/09/26/la-russie-et-l-ukraine-proches-d-un-accord-pour-retablir-les-livraisons-de-gaz_4495157_3214.html

La Russie et l’Ukraine proches d’un accord pour rétablir les livraisons de gaz

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 26.09.2014 à 18h36 • Mis à jour le 26.09.2014 à 18h54

La Russie et l’Ukraine s’acheminent vers un accord qui rétablirait la livraison de gaz russe, interrompue depuis le mois de juin et l’éclatement du conflit armé dans l’Est ukrainien.

« Nous avons négocié aujourd’hui un plan pour l’hiver en plusieurs points », qui doit permettre à l’Ukraine et à tous les pays européens qui dépendent du transit de ne pas se retrouver à court de gaz, a déclaré Günther Oettinger, le commissaire européen à l’énergie. Il a qualifié l’accord, qui doit encore être approuvé par les deux capitales, de « solution intérimaire pour assurer l’approvisionnement ». Selon M. Oettinger, qui a joué le médiateur entre les deux camps, l’accord garantit à Kiev au moins 5 milliards de mètres cubes de gaz d’ici à fin décembre contre paiement anticipé.

Selon cet « accord intérimaire », l’Ukraine paierait tout d’abord en remboursement d’impayés une somme de 3,1 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) à Gazprom, après quoi l’approvisionnement pourra reprendre. Le prix négocié est de 303 euros les 1 000 m3, moins que les 382 euros que Gazprom avait voulu imposer, mais plus que le prix en vigueur avant le changement de gouvernement en Ukraine (211 euros).

L’APPROVISIONNEMENT DE L’EUROPE MENACÉ

Mais cet accord négocié sans que les deux camps ne discutent directement l’un avec l’autre ne signifie en rien une sortie de crise. D’abord parce qu’il doit être approuvé par les deux exécutifs, et ensuite parce que les interprétations des ministres russe et ukrainien divergeaient légèrement. Ainsi l’Ukrainien Iouriï Prodana prévenu que Kiev ne paierait les 3,1 milliards de dollars promis que si Gazprom s’engageait sur des livraisons pendant l’hiver.

  • L’Ukraine candidate à l’UE dans 6 ans ? Réactions à Kiev

    Le président ukrainien Petro Porochenko a présenté ce jeudi un plan de réformes économiques et sociales. Parmi ses priorités : la lutte contre la corruption, la réforme de la justice ou encore l’indépendance énergétique. Objectif : permettre à son pays de déposer un dossier d’adhésion à l’Union européenne dans six ans. ‘Je ne pense qu’on parviendra à postuler aussi rapidement pour l’Union européenne, estime une habitante de la capitale interrogée sur la place de l’Indépendance. Cela suppose de changer nos mentalités, notre mode de vie. Mais si on le veut vraiment, alors pourquoi pas ?’ ‘La Russie va s’y opposer, ajoute une autre femme, mais il faut essayer. La priorité, c’est d’en finir avec la guerre et de redresser l’économie’. Depuis samedi, une trêve semble globalement respectée dans l’est de l’Ukraine, en proie à une insurrection séparatiste. ‘D’après le président Porochenko, pour résoudre le problème dans la région du Donbass, l’Ukraine va continuer à négocier avec la Russie, comment Maria Korenyuk, correspondante d’euronews à Kiev. La prochaine rencontre des présidents ukrainien et russe doit avoir lieu dans trois semaines dans l’un des pays de l’Union européenne’.

    Plus tôt dans la journée, les ministres des affaires étrangères des pays membres du G7 réunis à New York avaient sommé la Russie de « respecter ses engagements relatifs au cessez-le-feu, aux accords de Minsk et à la souveraineté de l’Ukraine ». Les Occidentaux attendent du Kremlin un arrêt total de son soutien aux séparatistes prorusses en Ukraine et ne cachent pas envisager un nouveau train de sanctions à l’encontre de Moscou. La réponse ne s’est pas faite attendre. La Russie a de nouveau menacé de couper l’approvisionnement en gaz de toute l’Europe. L’Ukraine s’est tournée depuis juin vers des opérateurs privés européens pour assurer son approvisionnement énergétique – principalement en gaz russe – à un meilleur prix, technique dite « des flux inversés ». Pour la Russie, c’est une violation manifeste des contrats qui lient le secteur gazier aux opérateurs européens. « Les contrats en vigueur ne prévoient aucune réexportation », a déclaré le ministre de l’énergie russe dans un entretien au magazine allemand Handelsblatt. Autre problème : l’opérateur du réseau hongrois de gazoducs, FGSZ, a annoncé jeudi qu’il suspendait pour une durée indéterminée ses livraisons en direction de l’Ukraine en raison de problèmes techniques. Bruxelles a réagi prestement par la voix de sa porte-parole, Helen Kears : « Nous attendons de tous les Etats membres qu’ils facilitent les flux inversés », a-t-elle déclaré.

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Ukraine, vers une sortie de crise ?

16 septembre 2014 Laisser un commentaire

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/16/01003-20140916ARTFIG00335-ukraine-kiev-accorde-un-statut-special-au-donbass.php

Ukraine: Kiev accorde un statut spécial au Donbass

Par Stéphane Siohan -Publié le 16/09/2014 à 19:28

Le mardi 16 septembre restera un grand jour pour l’Ukraine. Mais on ne sait pas encore vraiment de quelle manière l’histoire s’en souviendra. En ratifiant l’accord d’association avec Bruxelles, le Parlement ukrainien a indiqué la direction de l’ouest, un chemin pavé de bien des incertitudes. Mais, dans la même matinée, sur proposition du président Porochenko, la Verkhovna Rada a voté, à huis clos, deux lois cruciales, qui symboliquement signifient que l’est du pays, c’est-à-dire les régions de Donetsk et de Louhansk, 16 % du PIB avant le conflit, pourrait rester à quai. Les députés ont, dans un premier texte, doté les régions du Donbass d’un «statut spécial», les territoires occupés par les rebelles acquérant une «plus grande autonomie» durant une période de trois ans. Des élections locales y seront organisées le 9 novembre ; l’usage de la langue russe sera autorisé dans les administrations, tandis que les exécutifs locaux pourront désigner eux-mêmes juges et procureurs. En marge de considérations socio-économiques liées à la reconstruction du Donbass, les autorités de Donetsk et de Louhansk auront le droit de «renforcer leurs relations de bon voisinage» avec leurs partenaires en Russie.

«Nous avons gagné la paix»

La seconde loi pourrait faire tout autant débat. Elle protège de toutes «poursuites criminelles» les «participants aux événements dans les régions de Donetsk et de Louhansk». Il s’agit d’une amnistie offerte aux rebelles armés prorusses, mais aussi aux nombreux groupes de volontaires et mercenaires en provenance de la Fédération de Russie ainsi qu’aux groupes paramilitaires pro-Kiev. Ce texte se place dans la droite ligne de l’accord de cessez-le-feu signé à Minsk et du «plan en sept points» griffonné par Vladmimir Poutine. «Les Occidentaux ont menacé de ne plus aider l’Ukraine si elle n’acceptait pas le cessez-le-feu», avouait ces derniers jours le vice-ministre de l’Intérieur de Kiev. Avec l’adoption de cet ensemble de lois, Petro Porochenko, qui allait répétant: «Nous n’avons pas perdu la guerre, nous avons gagné la paix», adopte une posture plus réaliste. Selon Yuriy Yakimenko, directeur adjoint et spécialiste en politique intérieure au centre de recherche Razoumkov de Kiev, les deux lois sont «la contrepartie de Kiev» à l’accord de Minsk, alors qu’en l’état actuel des choses, «l’Ukraine n’a aucun moyen de faire face militairement à l’intervention d’un ennemi extérieur, bien équipé, bien plus puissant». Il s’agit donc pour Porochenko de gagner du temps. «Attention, les lois ne parlent pas d’autonomie, mais d’un statut spécial temporaire pour les régions qui sont sous le contrôle de groupes armés, précise Yuriy Yakimenko. Il ne s’agit en aucun cas d’un abandon de souveraineté sur Donetsk et Louhansk, car, pour cela, il faudrait une modification de la Constitution ukrainienne.» Néanmoins, ces lois risquent de cliver le paysage politique et l’opinion ukrainienne. «Il y a une demande globale de paix, avérée dans les sondages, mais certaines tendances politiques vont utiliser ce texte pour critiquer le président, prédit Yuriy Yakimenko. Ioulia Timochenko, en perte de vitesse, mais représentative d’un vrai courant, a accusé le Parlement de «légaliser l’occupation du Donbass». Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, pourrait également en profiter pour jouer sa propre partition, à l’approche des législatives d’octobre.

Des combats sur le terrain

Cependant, «la mise en place effective de ces lois va être très difficile», estime Yuriy Yakimenko, tant la réalité contredit les derniers espoirs de Kiev. «Le Donbass est administré de manière complètement autonome. Ce territoire n’a plus rien à voir avec l’Ukraine. Nous n’envisageons aucun lien de type fédéral avec l’Ukraine», a ainsi déclaré Andreï Pourguine, vice-premier ministre de la République populaire de Donetsk. «Peut-être pourrons-nous mener un dialogue avec Kiev sur certains aspects économiques ou socioculturels», a-t-il seulement avancé. Sur le terrain, ce sont bel et bien les tubes d’artillerie qui continuent de dialoguer, malgré un cessez-le-feu vanté dans les chancelleries, mais loin d’être respecté. À Donetsk, des combats à l’arme lourde se déroulent toujours quotidiennement autour de l’aéroport, seule poche contrôlée par l’armée loyaliste, que les rebelles cherchent à reprendre. Si la région de Marioupol reste globalement calme, les affrontements se poursuivent à l’est de Donetsk et au nord de Louhansk. Debaltsevo, la dernière grande position tenue par Kiev entre Donetsk et Louhansk, est arrosée d’un feu continu, tandis que, dimanche, les séparatistes ont pris la bourgade de Slavianoserbsk.


L’Ukraine et l’UE ratifient un accord «historique» d’association

L’Ukraine et l’Union européenne ont ratifié mardi un accord «historique» d’association. S’exprimant devant les députés, le président ukrainien, Petro Porochenko, a jugé que cette ratification à l’unanimité marquait un «premier pas» vers l’adhésion à l’UE de l’Ukraine. «Le vote d’aujourd’hui est un choix de civilisation de l’Ukraine. L’Ukraine, c’est l’Europe», a proclamé le premier ministre, Arseni Iatseniouk. Cet accord reste néanmoins symbolique à ce stade: après une réunion tripartite incluant la Russie, l’Union européenne a en effet annoncé vendredi que l’accord de libre-échange avec l’Ukraine, partie intégrante de l’accord d’association, était repoussé à la fin 2015 pour permettre de nouvelles discussions avec Moscou, opposé au projet. Ce report a déchaîné les passions en Ukraine, certaines critiques allant jusqu’à évoquer une trahison du président Petro Porochenko. Pour de nombreuses personnalités en Ukraine, cette concession au Kremlin rappelle les événements de fin 2013, quand, toujours sous la pression de Moscou, le président de l’époque, Viktor Ianoukovitch, avait refusé à la dernière minute de signer ce même accord d’association, déclenchant les manifestations qui ont fini par le balayer du pouvoir. (AFP)

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Un nouveau convoi humanitaire russe en Ukraine, sans relai médiatique cette fois-ci…

13 septembre 2014 Laisser un commentaire

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/09/13/ukraine-un-nouveau-convoi-russe-passe-la-frontiere_4486901_3214.html

Ukraine : un nouveau convoi russe passe la frontière

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 13.09.2014 à 00h04

Un nouveau convoi humanitaire russe a commencé à franchir la frontière ukrainienne, vendredi 12 septembre, a annoncé l’agence de presse russe RIA Novosti, quelques semaines après qu’un premier a rallié Louhansk, le 22 août, sans l’autorisation de Kiev.

« Les officiers des douanes et les garde-frontières ont inspecté le premier groupe de poids-lourds (…) et maintenant tous les trente-cinq véhicules ont quitté le poste de frontière vers l’Ukraine », a indiqué le porte-parole des douanes russes, Rayan Farukshin.

2 000 TONNES DE BIENS

Selon la chaîne de télévision russe Rossiya 24, l’ensemble du convoi, qui compte plus de 300 poids-lourds, devait arriver à la frontière d’ici samedi matin. Il transportait un total de 2 000 tonnes de biens dont des céréales, des pâtes, du sucre, des médicaments, du carburant diesel, des générateurs électriques et des couvertures. Selon l’agence Reuters, les autorités russes attendent à présent que les camions soient inspectés par une équipe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et qu’ils obtiennent une autorisation du gouvernement ukrainien, dont ils s’étaient affranchis le 22 août, suscitant la colère de Kiev qui avait alors accusé la Russie « d’invasion ». Le contexte est cette fois différent : l’accord de cessez-le-feu signé la semaine dernière à Minsk entre l’Ukraine et les séparatistes incluait l’envoi d’aide humanitaire dans l’est de l’Ukraine où des centaines de milliers d’habitants souffrent de pénuries d’électricité et d’eau courante, alors que leurs maisons ont été lourdement endommagées par les combats entre forces loyalistes et séparatistes prorusses.

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Ukraine, une accalmie ?

11 septembre 2014 Laisser un commentaire

Source : http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203764227572-ukraine-porochenko-affirme-que-les-troupes-russes-quittent-le-pays-1041064.php

Ukraine : Porochenko affirme que les troupes russes quittent le pays

Claude Fouquet / Journaliste | Le 10/09 à 14:24, mis à jour à 15:03

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Cinq jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu destiné à mettre fin au conflit dans l’Est, le président ukrainien Petro Porochenko a affirmé que 70 % des troupes russes présentes en Ukraine ont quitté l’Ukraine.

« Selon la dernière information que j’ai reçue de nos services de renseignement, 70% des forces russes ont été retirées », a déclaré le président ukrainien Petro Porochenko en conseil des ministres, selon le site internet de la présidence. Et d’ajouter que « ceci nous fait espérer en l’avenir de l’ initiative de paix », signée vendredi dernier entre Kiev et Moscou. « Avant l’annonce du cessez-le-feu, l’Ukraine perdait chaque jour des dizaines de vies », a-t-il souligné, au lendemain d’un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine confirmant sa détermination à trouver une issue pacifique au conflit qui a fait plus de 2.700 morts.

Un cessez-le-feu globalement « respecté »

Sur le terrain, après plusieurs jours de tensions, notamment aux abords du port stratégique de Marioupol, la situation évoluait vers l’apaisement. La mairie de Donetsk a indiqué que « la nuit a été calme ». Le porte-parole des opérations militaires ukrainiennes, Oleksii Dmitrachkivskii, a pour sa part évoqué six tirs d’artillerie par les insurgés contre des check-points ukrainiens dans la nuit, notamment près de l’aéroport de Donetsk. « Les forces armées ukrainiennes respectent le cessez-le-feu », a-t-il souligné. Les Etats-Unis ont estimé mardi que le cessez-le-feu en Ukraine « tenait globalement » et qu’ils décideraient d’imposer des sanctions supplémentaires à la Russie selon ce qui se passera sur le terrain « dans les prochains jours ». L’UE, elle, a indiqué que ses Etats membres allaient « de nouveau se saisir de la question pour décider des prochaines étapes », selon la porte-parole du service diplomatique de l’UE, Maja Kocijancic.

Pas de fédéralisation, selon Kiev

Reste que le conflit devrait perdurer sur le terrain politique, car le cessez-le-feu n’a pas fait s’envoler les revendication des deux camps. L’Ukraine « n’a fait aucune concession sur son intégrité territoriale », a déclaré en effet également souligné Petro Porochenko, en faisait allusion à la signature vendredi d’un document en douze points qui accorde notamment un « statut spécial » aux régions de Donetsk et Lougansk, deux fiefs rebelles, pour la mise en place d’un « gouvernement autonome provisoire » et la tenue d’élections locales anticipées. Un projet de loi garantissant plus d’autonomie à l’Est sera présenté au Parlement, a-t-il dit, excluant toute discussion « sur une fédéralisation ou sur une quelconque séparation » (des régions de l’Est). Une évolution qui n’est pas du goût des séparatistes qui réaffirment régulièrement leur volonté à ne pas demeurer partie prenante de l’Ukraine.

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après le Kosovo, la création d’un nouvel Etat en Europe ?

Source : http://www.courrierinternational.com/article/2014/09/06/le-plan-de-poutine

UKRAINE Le « plan » de Poutine

Une fois l’accord de cessez-le-feu signé, la partie qui va opposer l’Occident et la Russie au sujet de l’Ukraine va pouvoir réellement commencer. Le Kremlin avance ses premiers pions.
Le plan de paix « jeté sur le papier » par Poutine durant sa visite en Mongolie et les déclarations des représentants des républiques autoproclamées qui ont suivi confirment que la Russie s’oriente vers la fixation de l’Etat non reconnu de la « Nouvelle Russie » sur le territoire de l’Ukraine. Les frontières géographiques de ce territoire qualifié de « zone de sécurité » dans le plan de Poutine sont encore floues, mais leur signification géopolitique est évidente pour la Russie comme pour l’Ukraine.La direction de la République populaire de Donetsk [RPD] est en train de mener en haut lieu à Moscou des pourparlers sur la livraison de gaz russe dans le Donbass, a affirmé le 4 septembre le ministre de la Sécurité de la RPD Léonid Baranov. « Nous avons un tronçon à part, la livraison du gaz est garantie. Le gazoduc passe par la région de Lougansk et débouche dans celle de Donetsk, nous pouvons ne pas dépendre de l’Ukraine du tout », a-t-il expliqué.Les propos selon lesquels, dès la mi-septembre, les républiques autoproclamées ont l’intention de passer au rouble russe, ainsi que les déclarations des leaders séparatistes sur le fait qu’ils ne visent pas l’élargissement du territoire qu’ils contrôlent actuellement témoignent de la détermination de ces entités à se conduire comme des Etats autonomes. Non sans l’aide de la Russie toutefois – par le rouble, le gaz et le soutien moral.

Bombes territoriales

Les régions séparatistes n’ont pas non plus l’intention d’organiser les élections législatives à la Rada [Parlement]. On ne comprend pas encore très bien si les séparatistes ont l’intention de prendre Marioupol, afin de bénéficier d’un débouché sur la mer, ou s’ils se contenteront des régions de Donetsk et de Lougansk. Ils ne contrôlent pas entièrement ces territoires, mais cela devrait être le cas selon le plan de paix de Poutine, qui, semble-t-il, prévoit le retrait des troupes ukrainiennes sur l’ensemble des deux territoires et la suppression de tout point de contrôle ukrainien sur le tronçon de frontière des deux régions avec la Russie. A la lecture de ce plan, on ne peut pas éluder la question du statut des territoires séparatistes. La Russie n’a clairement pas l’intention de les annexer comme elle l’a fait avec la Crimée – ce serait alors la guerre civile garantie sur un territoire de notre pays. Mais est-elle prête à reconnaître leur indépendance au cas où, par exemple, l’Ukraine essaie d’en reprendre le contrôle par la force ou si elle obtient des Etats-Unis le statut d’allié principal hors Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) ?

Dans tous les cas de figure, la RPD et la République populaire de Lougansk [RPL] deviendront des bombes territoriales pour l’Ukraine, de la même façon que la Transdniestrie en Moldavie, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en Géorgie. Faire de ces régions des territoires d’influence russe représentant la limite du vecteur pro-occidental en Ukraine, la Russie en est capable. Mais il est clair que ne peut exister au sein d’un Etat (l’Ukraine) un territoire avec sa propre langue, la monnaie d’un Etat étranger et la possibilité de mener des négociations commerciales directes avec un autre pays.

Miser sur la fragilité du pouvoir de Kiev

Petro Porochenko pourrait-il opter pour la solution de la séparation des républiques autoproclamées ? Cette éventualité a-t-elle été évoquée lors de la rencontre des présidents russe et ukrainien à Minsk [capitale de la Biélorussie] et lors de leur conversation téléphonique le 3 septembre ?

Cette éventualité est exclue avant le scrutin législatif du 26 octobre où Porochenko escompte bien remporter la majorité. Et même après, au niveau de la rhétorique politique, l’Ukraine ne pourra accepter la perte du Donbass comme elle n’a jamais accepté celle de la Crimée. Mais, dans la pratique, elle pourrait bien laisser à la Russie la charge d’entretenir le Donbass pendant l’hiver, d’autant qu’elle-même n’en a pas les moyens. Le cessez-le-feu n’est actuellement pas moins nécessaire à la Russie qu’à l’Ukraine – cacher la participation des soldats russes à l’offensive des séparatistes est de plus en plus difficile. Par ailleurs, si les négociations s’étirent jusqu’à l’hiver, le pouvoir à Kiev risque de s’effondrer sous le poids de ses propres problèmes, et, dans ce cas, le territoire de la Nouvelle Russie s’étendra de lui-même sans la moindre opération militaire mais par la volonté des citoyens qui ne voudront pas mourir de faim ou de froid. Mais reste la question principale : en quoi le Donbass est-il utile à la Russie ? Selon certains avis, le président russe a une conception de la sécurité de son pays qui suppose de maintenir aux frontières des territoires pauvres et dépourvus de statut international, mais totalement dépendants de la Russie. C’est un peu comme cela qu’on envisageait la sécurité en Europe au Moyen Age. L’Union européenne (UE) et les Etats-Unis se rendent bien compte que seule la Russie peut faire obtenir un cessez-le-feu de la part des séparatistes, et ils ont d’ailleurs bien accueilli l’existence du plan de paix de Poutine. Il n’en reste pas moins que la Nouvelle Russie n’a pas plus de chances d’obtenir une reconnaissance internationale que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.

A partir de là, tout accord conduisant à « geler le conflit » sera interprété comme une étape intermédiaire dans la bataille géopolitique pour l’Ukraine. Or, même si le partage de l’Ukraine entre différents Etats n’a pas lieu, la Russie aura de toute façon perdu ce pays en tant que vassal politique : en effet, les relations entre l’Ukraine la Russie et une potentielle Nouvelle Russie fondées sur ce genre d’accord de paix, à savoir la capitulation des autorités de Kiev, ne peuvent être solides. La stratégie actuelle de Moscou est certainement la même que celle qui avait prévalu en novembre 2013, quand Viktor Ianoukovitch [président ukrainien renversé] avait renoncé à signer l’accord d’association avec l’UE sous la pression du Kremlin. Ce n’est pas seulement du Donbass qu’a besoin la Russie, mais de l’Ukraine dans son ensemble, sinon une Ukraine amie, du moins une Ukraine neutre, liée à la Russie par des liens économiques durables. Et en ce sens, si un accord est trouvé autour de la Nouvelle Russie, il ne constituera qu’une nouvelle étape dans une partie qui s’annonce longue et complexe

 

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Ukraine, un cessez le feu ?

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/09/05/97001-20140905FILWWW00192-ukraine-un-cessez-le-feu-conclus-entre-kiev-et-les-separatistes.php

Ukraine: un cessez-le-feu conclu entre Kiev et les séparatistes

Par lefigaro.fr avec AFP

    • Mis à jour le 05/09/2014 à 16:49
    • Publié le 05/09/2014 à 15:18
 
Kiev et les rebelles prorusses ont annoncé la signature d’un cessez-le-feu devant entrer en vigueur aujourd’hui à 15H00 GMT (17 heures à Paris, 18 heures locales) au cours d’une rencontre à Minsk destinée à mettre fin à cinq mois de combats meurtriers dans l’Est de l’Ukraine.

« Je confirme que nous sommes prêts à respecter le protocole d’accord signé et arrêter le feu à 18H00, heure de Kiev » vendredi, a déclaré à la presse le « premier ministre » de la République populaire autoproclamée de Lougansk, Igor Plotnitski.

Le président ukrainien Petro Porochenko a donné l’ordre à ses troupes de cesser le feu après 15H00 GMT, après avoir annoncé sur son compte Twitter la signature d' »un protocole préliminaire pour un cessez-le feu ».

Le Kremlin a réagi aussitôt en espérant que l’accord sur le cessez-le feu sera « respecté point par point ».

Aucune précision n’a été donnée sur la durée du cessez-le feu qui constitue un succès pour les séparatistes et la Russie, dans la mesure où il est susceptible d’entériner la perte pour Kiev de plusieurs villes de l’est de l’Ukraine après l’avancée victorieuse ces dernières semaines des rebelles, aidés sur le terrain par des militaires russes sur place, selon les Occidentaux. De violents combats se sont déroulés aujourd’hui aux abords du port stratégique de Marioupol (sud-est de l’Ukraine) vers lequel avancent les forces rebelles, tandis qu’une série d’explosions meurtrières a frappé dans la nuit Donetsk, fief séparatiste, faisant cinq morts.

Selon des journalistes de l’AFP sur place, aucun combat n’était observé aux environs de Marioupol après l’annonce du cessez-le feu.

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