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Du changement du monde…

1989 a été un événement majeur depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La chute du Mur de Berlin a bouleversé la géopolitique de la planète, le déchirement de l’Europe de l’Est à travers la crise yougoslave, l’effondrement du régime communiste en Russie, ont élevé les Etats-Unis au rang de superpuissance omnipotente. L’OTAN n’a cessé de s’étendre et d’intégrer en son sein des régions, des pays, des zones qui lui étaient interdits durant plus de 50 ans. L’extension militaire s’est accompagnée d’une extension économique, culturelle et politique, jusqu’aux limites de ce que cette structure pouvait atteindre.

L’extension militaire a pu rayonner sur différents types d’armements tant défensifs qu’offensifs. Les espaces de surveillances radars se sont considérablement étendus, couvrant des zones jamais atteintes jusque-là. Certains pays ont pu ainsi être profondément intégrés au point de devenir des axes essentiels du dispositif militaire comme la Pologne ou la République Tchèque avec le projet de radars antimissiles. En ce qui concerne les armes offensives, les missiles pouvant atteindre des pays sensibles comme l’Iran ou la Syrie, permettent également de toucher « potentiellement » d’autres pays comme la Russie. Actuellement, la plupart des ex-signataires du Pacte de Varsovie ont intégré l’OTAN, permettant ainsi de couvrir militairement l’Europe, l’Asie, le Proche-Orient…

Cette couverture concerne l’armement conventionnel tel que les missiles balistiques, les bases militaires, l’aviation ou les drones, mais aussi les armes non conventionnelles comme l’arme climatique (HAARP) qui est déjà opérationnelle avant une nouvelle étape à l’horizon 2020 (source : amessi.org, mondialisation.ca). L’arme climatique est une alternative qui offre plusieurs avantages, dont le premier est de ne pouvoir identifier l’utilisateur, une tornade ou un séisme ne porte aucun signe de telle ou telle armée…

Bien loin des conceptions humanistes, il convient de regarder la vérité en face, aussi pénible et gênante qu’elle soit : lorsqu’un « accident climatique » survient et anéantit une cible, il sert d’avertissement et génère une aide humanitaire et économique pour la reconstruction des biens endommagés. L’extension militaire de l’OTAN permet aussi de s’affirmer comme LA force militaire internationale, seule garantie de stabilité face aux désordres internationaux, au terrorisme comme DAESH en ce moment. C’est aussi une fantastique opportunité économique pour générer des emplois, des marchés internationaux et uniformiser les matériels militaires, supprimant de fait, toute concurrence.

L’extension économique : ces nouveaux territoires, gagnés par l’OTAN permettent également un développement économique et une fantastique opportunité pour les entreprises occidentales et surtout outre-Atlantique. Les actuelles négociations sur le TTIP (lopinion.fr, euractiv.fr) permettraient déjà un net renforcement de l’économie américaine en Europe, harmonisant ainsi une zone de libre-échange de biens et de services identiques dans toute l’Europe, gommant de fait les spécificités locales et/ou nationales. Ainsi, un même produit ou service pourrait se vendre aussi bien dans le sud de l’Europe qu’au nord, à l’ouest ou à l’est. Cette dernière région étant plus particulièrement intéressante dans la mesure où les produits typiquement américains y sont encore peu répandus (mis à part les grandes marques). L’effet nouveauté peut alors jouer à fond pour séduire de nouveaux consommateurs par dizaines de millions. Dans un second temps, la création de besoins nouveaux pourra facilement accompagner ce boom économique comme c’est déjà le cas en Europe de l’Ouest. La création de besoins nouveaux suscitant une nouvelle demande qui stimule la production de biens et de services, la vente la création d’emplois, la circulation monétaire, les placements, les investissements, etc…

Déjà des grandes villes d’Europe de l’est comme Prague ou Budapest ont considérablement évolué depuis 1989, elles ont connu un véritable boom économique que l’on pourrait nommer une « révolution des grandes surfaces » qui se multiplient au détriment des petits traditionnels. Nous avons connu cette situation en Europe de l’Ouest après-guerre dans les années 1960-1970, il semblerait que l’est de l’Europe suive le même chemin mais à un rythme beaucoup plus rapide. Actuellement, les marques sont présentes sur tout le continent européen, d’ouest en est, dans les mêmes structures commerciales, avec la même « soif de consommation ». Cette situation touche plus particulièrement les jeunes générations, celles qui n’ont pas connu le système précédent. Leurs seuls repères sont ce qu’ils côtoient aujourd’hui : la consommation de masse qui tend à uniformiser les habitudes et les comportements de Brest à… Vladivostok ?

Des « outils » existent pour répondre à cette demande et exprimer de nouveaux besoins, à travers le BRICS et l’Organisation de Coopération de Shangaï, qui rassemblent les pays au développement économique les plus prometteurs. Déjà l’enjeu énergétique des pays d’Asie Centrale attire les regards et les convoitises de la planète. Si leur retard économique et leur modernité reste à compléter, il ne faut pas se laisser aveugler par la situation actuelle, leurs formidables ressources naturelles gazières permettront un surprenant décollage économique à l’image des pays du Golfe grâce à la manne pétrolière. Mais cette fois-ci, de grandes puissances seront aux premières loges pour en bénéficier en priorité à savoir la Russie, la Chine ou l’Inde pour ne citer qu’eux….

L’extension culturelle : l’extension et l’uniformisation militaire s’accompagne d’un fort développement économique au niveau des Etats. Sur un second plan, le développement économique touche directement les populations. Cette uniformisation économique entraîne une uniformisation culturelle, « je consomme donc je suis » pourrait être la nouvelle devise de cette Europe unifiée. C’est une nouvelle culture, très différente de ce qui existait jusqu’alors qui se développe se renforce. Cette culture uniforme tend à se généraliser en un modèle social et comportemental, créant un modèle type d’individu que la barrière des langues et des cultures n’affectera plus. Une sorte de prototype idéal qui consomme ce qu’on lui dit de consommer, qui pense ce qu’on lui dit de penser, d’être ce qu’on lui dit d’être. Identique, semblable d’un bout à l’autre de l’Europe, il évoluera dans un cadre restreint, ne cherchant pas à sortir d’un modèle de société qu’on lui propose. Mieux même, il sera l’acteur, le promoteur d’un modèle de société au sein duquel il évolue pour le développer, l’exporter dans des lieux où il n’existe pas encore. Ce sera en quelque sorte une conquête culturelle qui s’exportera facilement car chaque individu qui constitue ce modèle de société sera un ambassadeur, un promoteur en puissance. Les résistances, imprégnées d’identité locales et/ou nationales pourront bien sûr exister, mais elles seront de fait agglomérées dans un amas multiforme et sans cohérence, face à une société uniforme, dont chaque constituant partage les mêmes idées, les mêmes valeurs, les mêmes repères. En un mot, une société coordonnée, étendue et structurée, qui partage les mêmes valeurs, face à un conglomérat d’opposants sans cohérence…

Ce modèle de société unique s’auto-alimente, il est principalement axé sur la consommation de masse. C’est sa force car chaque individu cherche à défendre ce modèle de vie à travers la mode vestimentaire, les produits de haute technologie que sont nos smartphones et autres tablettes numériques, la production audiovisuelle, qu’elle soit achetée ou téléchargée…

Cependant, cette force est aussi une faiblesse, en effet, un tel système, si puissant soit-il ne peut perdurer sans maintenir un pouvoir d’achat sans cesse croissant. Dans le cas contraire, le modèle de société sera rejeté par ceux-là même chargés d’en assurer la promotion. La culture qui va avec sera également rejetée, cette contestation pourra s’étendre très rapidement jusqu’aux fondements mêmes d’un tel système.

Dès lors, il ne sera plus que nécessaire d’organiser une révolution comme ce fut le cas en Tunisie en 2011. En effet, un processus de fragilisation et de pourrissement se mettra en place, de sorte qu’un effondrement sera inévitable, peut-être même sans violence. Il ne s’agira pas d’une explosion mais une implosion, une sclérose progressive jusqu’à un point de non-retour que l’on peut retarder mais en aucun cas éviter. Une simple crise économique comme celle de 2008 ou la prochaine, pourra ralentir considérablement la consommation. Une fois cette étape franchie, une ou plusieurs contre-cultures pouvant se développer dans tous les domaines de l’activité culturelle.

L’extension politique : l’extension de l’OTAN à l’Europe centrale et l’Europe de l’Est a consacré sa toute-puissance mondiale. Du moins jusqu’en 1996 et plus particulièrement en 2001 avec le développement de l’Organisation de Coopération de Shangai (OCS) qui apparaît comme son concurrent direct. A ceci près que l’OCS rassemble près de 40 % de la population mondiale (source : wikipedia), et les principaux pays producteurs de gaz. C’est donc un nouveau bloc très influent qui prend forme sur la base des réserves énergétiques, LE grand enjeu du prochain siècle. Déjà, le BRICS (qui regroupe le Brésil, la Russie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud) a posé les bases d’une nouvelle logique géopolitique, dépassant largement le cadre économique initial de cette structure internationale (source : la voix de la Russie).

Outre l’aspect militaire de cette structure qui regroupe la Russie, la Chine, outre l’aspect énergétique avec le Kazaksthan, Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, outre l’aspect économique est très séduisant pour plusieurs raisons :

– l’exploitation gazière, nouveau défi énergétique, peut générer de gros contrats particulièrement juteux.

– la coopération militaire peut elle aussi permettre de sécuriser les frontières, éviter les mouvements séparatistes, et lutter efficacement contre la menace terroriste.

– la coopération économique avec les accords de paiement en monnaie locale entre la Russie, la Chine et la Turquie, peut permettre d’attaquer le dollar comme monnaie de référence mondiale et évite du même coup les fluctuations de taux de change.

Cette structure est assez séduisante pour attirer à elle de nouvelles demandes d’adhésion. Ces demandes sont motivées, par la volonté de briser le leadership américain, celui du dollar, et ouvre la porte du marché asiatique. Les pays « observateurs » que sont l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie, le Pakistan ne s’y sont pas trompés. Ceci a incité la Turquie (membre de l’OTAN !), la Biélorussie et le Sri Lanka à demander leur adhésion à l’OCS…

Cette nouvelle structure apparaît comme une sorte de « nouvel ONU », bien qu’encore en phase de construction et de stabilisation, elle tend à gérer une partie importante de la planète, et pourrait s’étendre à bien d’autres parties, tant pour ses compétences et ses interventions que pour le simple fait de représenter une alternative à l’OTAN. D’autres structures comme l’Union Africaine pourrait voir certains de ses membre être intéressés par une participation plus ou moins active à l’OCS. Tout ceci augure de grands bouleversements de la géopolitique mondiale, les sphères d’influences seront remodelées en profondeur pour un retour un monde multipolaire.

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