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De la décroissance…

Cette idée devient de plus en plus reprise, séduit de plus en plus d’individus, en un mot, elle est à la mode dans un contexte de crise économique. C’est pourtant autre chose qu’une simple mode, qu’une simple vue de l’esprit de quelques idéologues enfermés dans leur tour d’ivoire. En effet, cette demande est plus globale, et remet en question près d’un siècle de consommation de masse. Le terme même de décroissance s’oppose à celui de croissance tel qu’on le connaît de nos jours. Il suffit simplement de limiter la consommation pour « entrer en décroissance ». C’est en fait très simple de renverser le système économique aus sein duquel on évolue depuis près d’un siècle. Dans un premier temps, un besoin émerge, c’est à dire une demande. Pour y répondre et jeter les bases d’un commerce durable et lucratif, on y répond par une offre adaptée. Au sein d’un tel système, émerge un juste équilibre entre demande et offre. Pertinent et cohérent, ce système se développe, multiplie les profits et accroît l’offre jusquà un point où elle dépasse la demande initiale. Se pose alors le problème de l’écoulement des marchandises, biens ou services. Dès lors, la demande ne suit plus, il faut donc créer de nouveaux besoins qui correspondent à une offre sans cesse croissante. Cette 2e phase crée un profond déséquilibre, en effet, ce n’est plus la demande qui suscite l’offre, mais l’inverse et génère ainsi une réelle fuite en avant, une course à la consommation très lucrative mais fragile.

Un élément important apparaît : l’offre ne repose sur rien de solide, pas de besoin réel, car ce dernier est créé de toute pièce pour permettre de réaliser des ventes, de générer des bénéfices sans cesse croissants à mesure que l’on s’éloigne de la cohérence d’un besoin clair et naturel. Ce système de déséquilibre peut générer des bénéfices record, sans cesse croissants dans une soif, une frénésie de consommation sans limite d’un premier abord. Il permet également de créer des empires financiers, de poser des enjeux géopolitiques complexes et durables sur une base illusoire de stabilité. En effet, ce système s’apparente à un colosse aux pieds d’argile, sa force fait aussi sa fragilité : la consommation.

Tant que celle-ci se maintient et se dévelope, le système économique dans lequel elle évolue fait de même. Dès que la consommation se restreint, le système s’emballe, les bénéfices commencent à stagner, voire se réduisent, comme on le constate depuis plusieurs années lors des périodes de soldes. C’est donc le coeur du système économique qui se fragilise durablement. Cette réduction de la consommation peut avoir plusieurs origines, économique ou volontaire :

Dans le cadre d’une orgine économique, il s’agit le plus souvent d’une période de crise comme celle que nous connaissons actuellement. Les consommateurs ne disposent plus d’un pouvoir d’achat suffisant pour maintenir un rythme de ventes susceptible d’assurer une croissance des profits. Des choix sont faits dans les dépenses et tout ce qui semble superlfu est revu fortement à la baisse. C’est le cas actuellement où la crise pousse les individus à réduire leurs dépenses. Cette nouvelle consommation entraîne de nouvelles habitudes. En effet, la mode du discount revient en force comme ue réelle offre qui correspnd à une demande croissante. Comme la course à la consommation, la course à l’économie suit les mêmes schémas. C’estune véritable fuite en avant que rien ne semble pouvoir arrêter sauf une nouvelle demande de susbstitution, une nouvelle course à… autre chose. Cependant, l’actuelle tension économique ne semble pas aller à l’encontre de cette « course aux rabais », bien au contraire. La crise actuelle semble conforter cette attitude, la réduction sans cesse croissante du pouvoir d’achat également. Cette attittude de prudence ou à défaut, de maîtrise des dépenses, s’accompagne d’un véritable changement des mentalités. On est passé de la contrainte à la volonté de réduire les coûts, de nouvelles conceptions de la société de consommation ont émergé, se sont développées et répandues.

Dans le cadre d’une origine volontaire, une réelle prise de conscience de la société de consommation est apparue, très diférente de ce que l’on pouvait rencontrer durant les événements de mai 1968. La crise a changé, la donne. Des réalisations concrètes ont touché un nombre important de personnes, le grand public, c’est ce qui fait la différence : la demande est modifiée, orientée vers une nouveau modèle de société. Cette demande est devenue massive et telle qu’elle a pu susciter une nouvelle offre. Celle-ci est multiforme, est s’articule, s’exprime dans les actes quotidiens des plus anodins aux plus structurés. De la simple action personnelle en magasin aux « cercles de réflexion », des soldes flottants et remises à réflexion d’un Muhammad Yunus, la palette de l’offre est désormais assez large pour répondre à toutes les demandes, toutes les exigences. Davantage même, cette volonté de changement, de « consommer autrement » s’auto-alimente et s’adapte à toutes les attentes. C’est en quelque sorte la réalisation concrète de théories multiples et parfois brumeuses de la période de mai 1968 qui recherchait de nouveaux modèles de société. On peut se demander si la crise n’a pas été l’élément déclencheur, marquant il y a 40 ans…

Les idées ont semble-t-il mûri, les volontés se sont affinées, précisées, pour parvenir à une situation réellement propice au changement. Celui-ci s’opère au quotidien mais aussi dans l’organisation même de la vie publique, et disons-le de la chose pubilque, la Res Publica.

C’estun point particulièrement important qu’il ne faut surtout pas négliger, les pouvoirs publics sont désormais en première ligne, ils doivent assumer leurs respnsabilités et véritablement incarner le changment, faute de quoi, ils pourraient fort bien être remplacés par d’autres acteurs, d’autres décideurs, jugés plus aptes à accompagner ces changements, à l’image d’un Alexis Tsipras en Grèce en ce début d’année 2015. C’est bien du changement dont il est question, les attentats de janvier ont acrru cette volonté de changement, les éléctions cantonales (rebaptisées « départementales ») le prouveront sans doute. En effet, une élection reste un moment privilégié qui fournit un indicateur de la tendance du moment. C’est le meilleur sondage qui soit, il informe de façon claire sur les attentes du moment, qu’elles soient spontanées ou orientées par une campagne politique en faveur ou en défaveur de tel ou tel candidat. C’est une photographie de la population, de sa volonté et de ses attentes réelles, de ses peurs aussi. Faute d’une réponse claire de la part des partis tradtionnels, ce sont les partis plus « alternatifs » qui attirent à eux les électeurs indécis, et ceux-ci peuvent être très nombreux, au point de rassembler la majorité et ainsi de faire basculer le pouvoir en place. On le voit, la décroissance n’existe passeulement en économie, elle existe aussi en politique…

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