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Archive for février 2015

De la prise de conscience et de la réaction…

27 février 2015 1 commentaire

Les événements semblent s’accélérer au sein d’une société à la veille de grands changements. En France, les résultats de la départementale partielle du Doubs (1er février 2015) où le Front National s’affirme comme une adversaire de taille, en Grèce, le parti Syriza a gagné les élections législatives et fait trembler l’euro. En Espagne, les Podemos ont rassemblé des milliers de personnes (31 janvier 2015) au point de noyer la place Cibeles de Madrid, encouragés par le succès de Syriza. En Italie, la Ligue Lombarde propose et fait adopter une loi anti-mosquée. En Allemagne, les Pegida ne cessent de grossir leurs rangs et essaiment hors des frontières allemandes. Tous ces événements montrent une effervescence, une profonde volonté de changement de la société dans laquelle nous évoluons.

Après 80 ans de règne sans partage, l’empire communiste s’est effondré en 1989 après une manifestation à Leipzig (9 novembre 1989), ce qui est apparu comme une surprise était en réalité préparé de longue date. La révolution de 1917 a instauré un régime qui a supplanté plusieurs siècle de monarchie. Une nouvelle révolution y a mis fin, mais le régime portait en lui les ferments de sa propre fin. Assez rapidement, il est devenu insupportable pour ceux qui vivaient en son sein. Il s’est affaibli à mesure qu’il se développait, jusqu’à atteindre un point de faiblesse fatal, au-delà duquel sa chute était inéluctable. Le système libéral actuel suit le même chemin. Il a té accepté uniquement pour ce qu’il pouvait permettre. Profondément inégalitaire, dès qu’il a été contraint de tenir ses promesses, il est apparu sous son vrai jour et a été rejeté par de plus en plus de personnes, de consommateurs, par ceux-là même qui devaient assurer la pérennité de ce système.

Il ne parvient à se maintenir que faiblement et pour une seule raison : aucun autre système concurrent ne peut le remplacer à l’heure actuelle. Cependant la colère et le rejet grondent. Ce n’est donc pas le système libéral qui sera mis en cause mais l’une de ses applications. Son développement atteindra lui aussi un point de faiblesse, de non retour. Le désormais célèbre accord TAFTA semble être ce pas de trop qui risque de consommer le désaveu, le rejet de plusieurs millions de consommateurs désireux d’un autre système. La France, la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, par les derniers événements ont montré la volonté populaire d’une autre voie, d’un autre système tant économique que politique. L’absence de réelle alternative présente un réel danger. Un attentisme sans solution à portée de main risque de déboucher sur des solution sà l’emporte-pièce, guidées par le sentiment, le ressentiment et non par la raison.

Ceci ouvre la voie à tous les champs du possible, désormais, tout est envisageable, tout est accepté, admis, intégré jusqu’à ce qu’on trouve mieux. C’est le terreau idéal pour toutes les expériences, des plus innovantes, des plus positives aux plus néfastes. Malgré des expériences parfois brumeuses, d’un échec retentissant, le rejet et la volonté de changement, sont tels que ces erreurs, ces errances pourront facilement être « occultées » pour tenter une nouvelle expérience. Il est à craindre que les plus engagés soient ceux qui obtiennent l’attention des foules. Certains y verraient assez rapidement un retour à « l’ère des foules » au sens où l’entendait Gustave le Bon. Quoi qu’il en soit, la violence pourra être un mode de communication relativement efficace, surtout face à l’immobilisme des classes dirigeantes. La situation est délicate, difficile, mais elle doit être gérée par les autorités qui doivent impérativement se montrer à la hauteur de leurs fonctions, faute de quoi, elles courent le risque de se faire supplanter par des pouvoirs concurrents. Des mouvements populaires peuvent fort bien profiter d’une carence du pouvoir pour s’imposer et peut-être s’attirer la sympathie des foules, satisfaites de voir un semblant d’organisation prendre les choses en main, agir efficacement contre une menace que rien ne semble pouvoir contenir, ou simplement répondre à des besoins essentiels, quitte à déborder sur d’autres domaines, avec l’assentiment populaire comme le mouvement Aube Dorée en Grèce.

Le cumul de tensions et de menaces telles que le terrorisme islamique, la crise économique, l’accord TAFTA, l’attentisme et la « molle attitude » des gouvernements européens, tout cet ensemble, participe au rejet global de la société, du modèle de société proposé. Ce rejet va fatalement entraîner une recherche d’un autre modèle de société, avec des moyens plus radicaux, plus rapides, plus expéditifs, plus séduisants peut-être. Ajouté à cela un rejet de la classe dirigeante, qu’elle soit politique, culturelle, économique, morale…

Tous ces éléments sont désormais réunis pour faire émerger autre chose, il n’est pas certain que cet autre chose soit très lisse, très pacifique. Né de la contestation et du rejet, il sera profondément marqué et à l’image du contexte général de crise multiforme, plus contestataire, plus destructeur que constructeur. Rien de bon ni de durable ne pourra émerger d’un tel terreau. C’est une réelle crainte dont il faut prendre conscience, car un mouvement, quel qu’il soit, doit susciter l’adhésion de tous. On revient à l’essentiel : le pouvoir du peuple, par le peuple, et pour le peuple !

Qu’en est-il aujourd’hui ? Voilà la grande question, qu’est-ce qui peut susciter l’intérêt général, qu’est-ce qui peut fédérer les volontés vers un but commun, un rêve commun, un désir de « vivre ensemble » ?

Faute d’une telle motivation, le risque est grand d’être tenté par des raccourcis, des céder à la facilité et à la division. C’est un important défi auquel il faudra répondre. La manifestation des pro-Charlie du 10 janvier 2015 a pu mobiliser un nombre impressionnant de personnes, quelle que soit leurs origines sociales, leur tranche d’âge, leurs motivations. Les manifestants sont peut-être davantage descendus dans la rue pour exprimer un ras-le bol qui couve depuis de longues années, plus que pur défendre la liberté de la presse. Peu importe, ils sont descendus en masse. La foule a été elle-même surprise par l’ampleur du mouvement, même s’il a été très ponctuel. Il en faudra probablement beaucoup plus pour s’inscrire dans la durée. Cet effet éphémère » caractérise les attitudes actuelles. Le vote de protestation n’y échappe pas, il peut être massif et soudain, mais l’électeur peut aussi changer son choix, sitôt que la situation change, en bien comme en mal. Cependant, cet « effet éphémère » peut avoir des conséquences très importantes : ce qui est établi depuis de nombreuses années peut s’effondrer d’un coup.

C’est une instabilité constante qui peut rester en latence durant de nombreuses années, au point de faire croire à une stabilité, à une fin en soi, à la victoire de tel ou tel système politique économique ou culturel. Cette fausse impression peut s’effacer devant un ou plusieurs mouvements sporadiques, surprenants toujours, violents parfois. Au sujet de l’empire ottoman, on avait coutume de dire qu’un Vizir est un homme couvert de pelisses, assis sur un baril de poudre. Cette image n’a jamais été autant d’actualité. En occident, la chute du système communiste a trouvé sa source dans une manifestation à Leipzig, avant de faire chuter le Mur de Berlin. Actuellement, c’est le système capitaliste qui suit le même chemin. Il ne peut se maintenir qu’à travers l’adhésion de tous les acteurs économiques, les consommateurs que nous sommes. Cette adhésion ne cesse de s’effriter, crise après crise, scandale économique après scandale économique. La considérable baisse du pouvoir d’achat incite les populations à se détacher de ce système, à s’interroger sur sa pertinence, sur sa viabilité. C’est une vraie crise de confiance qui s’est amorcée et qui évolue vers une défiance.

La recherche d’un autre système est déjà amorcée, elle prend forme petit à petit, les signes avant-coureurs d’une véritable réaction sont déjà perceptibles. En un mot, la base du système capitaliste axé sur la consommation de masse ne cesse de se fragiliser. Tant que les acteurs économiques que nous sommes peuvent encore disposer d’un pouvoir d’achat suffisant pour maintenir un niveau de consommation viable pour le système, une apparence de stabilité peut donner l’impression d’un calme trompeur. La révolte couve cependant, comme à la veille d’une révolution. Le rejet du système capitaliste tel qu’on le connaît et qu’on le vit, se développe, il est alimenté par différents vecteurs dont le dernier : l’accord TAFTA. C’est le point de contestation de l’instant, au moment où il est concurrencé par l’organisation des BRICS.

La récente, et opportuniste, proposition de la banque des BRICS d’aide financière à la Grèce face aux exigences de la troïka (Commission européenne, banque centrale européenne, FMI), apporte une solution alternative, bien modeste il est vrai, pour ne pas dire embryonnaire, mais l’effet séduction qu’elle peut susciter est porteur de profonds changements, de gros potentiels également. En effet, les pays désireux de s’éloigner de l’aire d’influence du FMI pourraient être fortement tentés de soutenir ou, à défaut, de solliciter la banque des BRICS (dont l’acronyme pourrait alors s’allonger sensiblement). Bien que toujours ancré au sein d’un système financier capitaliste, il serait concurrent de l’actuel, une première étape vers un retour à un monde multipolaire en quelque sorte. La révolte peut prendre des chemins parfois surprenants mais qui accompagnent parfaitement cette envie, ce besoin de changement. Si cette banque des BRICS peut se développer et répondre aux attentes de beaucoup (populations, Etats…), elle n’est pas à l’abri d’un rejet elle aussi si elle suit le même chemin que le système financier actuel, si elle reprends ses travers, si elle adopte ses défauts…

Certains diront un peu facilement que l’histoire se répète, ce n’est pas faux, tant que les mêmes situations entraînent les mêmes conséquences. Il ne tient qu’à nous de changer tout cela…

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Du choc des cultures…

Samuel Huntington a défrayé la chronique dès la publication de son livre relatif au choc des civilisations, certes les quelques approximations n’ont pas ajouté du crédit à cet ouvrage dont le mérite reste d’avoir posé la question du choc des cultures entre deux mondes dont on voulait voir une relation cordiale, par nécessité et par idéologie. Les attentats du 7 janvier 2015 ont brusquement révélé que cette illusion n’avait que trop duré. Dans différents pays, mais aussi en France, deux cultures, deux mondes coexistaient sans réellement se comprendre, se mélanger encore moins. On parle volontiers de volonté ou d’efforts d’intégration des quartiers dits sensibles, beaucoup moins de la réalité, très loin de l’idéologie dominante et bien-pensante. Car il s’agit bien d’idéologie, d’une autre, religieuse et particulièrement rétrograde qui s’est développée sans que l’on ait remarqué sa présence. Pire même, sans que l’on ait voulu remarquer sa présence.

Cette politique de l’autruche a donné l’occasion à cet obscurantisme religieux de progresser sans entraves, de toucher une très large part de la population de ces quartiers, de les sensibiliser, de les radicaliser dans la voie de la lutte armée. Nous nous réveillons un peu tard au lendemain du printemps arabe qui a ouvert les portes du pouvoir aux islamistes comme en Iran en 1978. Mais cette fois-ci, il s’agit de plusieurs pays et surtout d’une structure autonome dénommée « Etat Islamique », c’est-à-dire une structure qui se veut un Etat à part entière, doté (autant que faire se peut) des institutions et des attributions les plus visibles d’un Etat, même fantoche. C’est aussi un appel à l’ensemble du monde musulman de suivre cet exemple à savoir créer un nouvel espace régi par la charia, se substituant géographiquement au-delà des frontières politiques d’un Etat « traditionnel ». Cela signifie aussi et surtout que les institutions, les codes de reconnaissance, les marqueurs classiques sont tout d’un coup balayés par une valeur qui se veut supérieure : la loi islamique dans son expression la plus basique, la plus violente, sans réelle référence spirituelle ou philosophique comme dans les pays musulmans.

Cet Etat islamique représente donc une réelle menace pour ces derniers, car leur légitimité peut être remise en cause par n’importe quel mouvement révolutionnaire visant à instaurer une nouvel Etat islamique. Cet élément a peut-être échappé à bon nombre de dirigeants arabes ou asiatiques…

Quoi qu’il en soit, c’est un puissant facteur de déstabilisation de différentes régions de la planète. Un élément qui devrait à lui seul fédérer le plus grand nombre de pays menacés par la création de nouveaux Etats islamiques, dotés d’une conscience supranationale. Ceci aurait pour effet de gommer les limites purement nationales des frontières actuelles, les consciences aussi. C’est véritablement un nouvel ordre politique en devenir qui peut se créer indépendamment de constructions et références nationales en place. C’est un profond bouleversement qui peut survenir, indépendamment de la victoire ou de la défaite de l’Etat islamique actuel. En effet, une victoire pourrait encourager des initiatives similaires, une défaite agirait de même, avec une idée de revanche en plus…

Quoi qu’il en soit, la problématique islamique n’est pas limitée au seul Etat islamique, c’est une question beaucoup plus vaste, elle est mondiale désormais. Le printemps arabe de 2011 a permis de libérer des peuples du joug de dictateurs ayant droit de vie et de mort sur leurs sujets. Cependant, la chute de ces dictateurs a créé un vide, une carence du pouvoir, le rendant accessible à qui en voudrait. Les mouvances islamistes radicale en ont profité pour s’exprimer et s’imposer, n’ayant plus personne pour les stopper, les contenir tant physiquement que politiquement. Le cas de l’Egypte est significatif, la population, lasse de la corruption et de la vacance du pouvoir, s’est tournée vers la seule personne qui apparaissait garante d’un avenir, de la sauvegarde de la morale et de l’économie en éradiquant la corruption : Mohamed Morsi. C’est pour des raisons similaires que les Palestiniens avaient confié le pouvoir au Hamas. En Egypte, al population a été déçue par l’exercice du pouvoir et s’est tournée vers un autre homme fort : le général Al Sissi.

Quel que soit le régime (politique, religieux ou laïc), la population recherche des solutions à ses problèmes, quelles que soient les solutions…

L’Etat islamique doit être combattu, cela ne fait pas de doute, mais il ne doit pas seulement l’être sur place, il doit l’être aussi chez nous, en visant plus particulièrement les candidats au jihad en Syrie. Cette lutte passe par l’affirmation de principes indiscutables. Nous avons déjà amorcé un début d’action ne ce sens avec l’affaire des caricatures du Mahomet. Cela est un bon début mais ce n’est qu’une amorce. L’affirmation de la liberté de la presse, d’expression est un de ces principes. Il y en a d’autres que l’on se doit de défendre et d’affirmer comme la laïcité, l’égalité homme-femme. Il ne s’agit donc pas de déclarations de principes défendus devant les caméras dans un style bien consensuel et convenu. Il est nécessaire de les affirmer avec des réalisations concrètes sans rien céder. Aux principes religieux salafistes, wahabites et autres, il est nécessaire de répondre par l’affirmation des principes républicains. Au port du voile, il est nécessaire de répondre par le principe de laïcité. Aux repas religieux si en vogue, il est nécessaire là encore par le principe de laïcité. Aux horaires séparés hommes-femmes dans les lieux publics, il est nécessaire de répondre par le principe d’égalité homme-femme.

Le terrain à reconquérir est à la hauteur de celui perdu par l’aveuglement ou la négligence. Il est nécessaire non seulement pour nous prémunir de la menace islamiste, mais aussi pour prémunir les étrangers de confession musulmane en leur permettant de ne plus être partagés entre un islam radical et l’idéal républicain, garant de droits, de libertés et facilitant l’intégration. Il faut être honnête, il ne restera que les principes républicains qui ont façonné la République depuis deux siècles.

C’est aussi un défi pour nous, une nécessité pour définir dans quel type de société nous voulons vivre, évoluer, dans quel cadre nous envisageons notre avenir. Une question s’impose à nous, cruciale : souhaite-t-on accepter le radicalisme comme composante de notre société, ou souhaite-t-on l’éradiquer de notre horizon politique, culturel, social et religieux ?

Cette question est lourde de sens. Elle nous place devant nos responsabilités, nos aspirations, nous choix, nos convictions. A la volonté des intégristes de nous imposer leur point de vue, il nous est nécessaire d’imposer les principes républicains qui ont construit la République telle que nous la connaissons après 200 ans d’une évolution parfois mouvementée, ponctuée de guerres, de doutes. Aujourd’hui, il y a nécessité de réaffirmer ces principes et les défendre contre ce qui les remet en cause.

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Nouvel attentat islamiste

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/14/copenhague-tirs-pres-d-un-batiment-ou-se-tenait-un-debat-sur-l-islamisme-avec-l-ambassadeur-de-france_4576728_3214.html

Fusillade à Copenhague lors d’un hommage à « Charlie Hebdo »

Le Monde.fr | 14.02.2015 à 17h01 • Mis à jour le 14.02.2015 à 20h57

  • Une fusillade a visé un centre culturel de Copenhague où se tenait une conférence sur le thème « art, blasphème et liberté d’expression ». L’attaque a été qualifiée de « terroriste » par la police.
  • Une personne a été tuée, et trois policiers blessés.
  • Un suspect est en fuite et recherché par la police.
  • L’artiste suédois Lars Vilks, connu pour avoir caricaturé Mahomet, et l’ambassadeur de France au Danemark, qui participaient au débat, sont indemnes.

Une fusillade a visé samedi 14 février le centre culturel Krudttønden, où se tenait une conférence ayant pour thème « art, blasphème et liberté d’expression », à Copenhague, la capitale du Danemark.

Fusillade à Copenhague : suivre la situation en direct

Une personne de 40 ans a été tuée dans la fusillade, à l’extérieur du centre culturel, a annoncé la police danoise. Trois policiers, qui assuraient la protection de ce débat, ont été blessés mais leurs jours ne sont pas en danger. La police a qualifié la fusillade d’attentat terroriste, mais n’a, pour l’heure, avancé aucun motif.

Un tireur, masqué, s’est introduit dans l’entrée du centre culturel où se tenait la rencontre. Ne pouvant entrer dans la salle elle-même, dont l’accès était filtré par un détecteur de métaux, il a tiré, sans doute à l’arme automatique, et les policiers présents ont aussitôt riposté.

Après avoir annoncé que la fusillade avait été menée par deux assaillants, la police a déclaré vers 20 heures, après avoir interrogé plusieurs témoins, que l’attentat avait sans doute été perpétré par un homme seul. Elle a diffusé une photo de l’homme :

La police danoise a aussi publié en début de soirée le signalement du tireur: « Un homme de 25-30 ans, d’environ 1,85 m, de corpulence athlétique et d’apparence arabe, mais avec une peau plus claire que la normale et avec les cheveux noirs et raides », selon les mots du communiqué officiel.Le suspect aurait tiré une trentaine de coups de feu, avant de prendre la fuite, à bord d’une Polo Volkswagen qui a été rapidement retrouvée, dans le quartier d’Østerbro, où a eu lieu la fusillade. Il est actuellement recherché.

UNE « ATTAQUE TERRORISTE », SELON LAURENT FABIUS

Présent à cette conférence, l’artiste suédois Lars Vilks, connu notamment pour avoir caricaturé Mahomet en 2007, est indemne. Il a été évacué dès les premiers coups de feu, aux alentours de 15 h 30. Selon des policiers cités par la presse, il pourrait avoir été la cible de l’attentat. Depuis la publication de son dessin dans un journal suédois, Lars Vilks, menacé de mort par Al-Qaida, vit sous protection policière.

L’ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, qui participait également au débat, est en vie, et l’a fait savoir sur Twitter.

Selon le Quai d’Orsay, la fusillade a eu lieu peu après le début de la conférence, organisée en hommage à Charlie Hebdo, alors que M. Zimeray présentait les débats devant de nombreux journalistes et membres d’association. Le diplomate a pu se réfugier sous une table, puis dans une autre pièce du bâtiment.Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a condamné une « attaque terroriste » et un « attentat ».

Dans un communiqué, François Hollande a quant à lui tenu à « exprimer à la première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt, toute la solidarité de la France dans cette épreuve ». Le chef de l’Etat fait savoir par ailleurs que le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, se rendra à Copenhague « dans les meilleurs délais ».

DES CARICATURES DE MAHOMET PUBLIÉES EN 2005

« L’attentat confirme que la menace terroriste contre le Danemark est toujours élevée », a déclaré le Politiets Efterretningstjeneste (PET), les services de renseignements danois.

Le 30 septembre 2005, le quotidien danois Jyllands-Posten avait publié douze caricatures de Mahomet pour soulever la question de l’auto-censure parmi les dessinateurs danois. Cette publication avait marqué le début d’une crise qui avait culminé début 2006, avec des manifestations dans plusieurs pays musulmans. Kurt Westergaard, l’auteur de la caricature d’un Mahomet avec un turban en forme de bombe, qui a fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat, vit sous protection policière permanente.

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Ukraine, seule la voix des armes est entendue…

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/10/intenses-combats-en-ukraine-a-la-veille-du-sommet-de-minsk_4573619_3214.html

Intenses combats en Ukraine à la veille du sommet de Minsk

Le Monde.fr avec AFP | 10.02.2015 à 15h14 • Mis à jour le 10.02.2015 à 15h34

Un véhicule de l'armée ukrainienne tire des roquettes Grad sur une position prorusse près de Debaltseve, le 8 février.

Un véhicule de l’armée ukrainienne tire des roquettes Grad sur une position prorusse près de Debaltseve, le 8 février. REUTERS/STRINGER

Le principal état-major de l’armée ukrainienne dans l’est de l’Ukraine a été bombardé, mardi 10 février, pour la première fois depuis le début de la guerre. Au moins six personnes ont été tués dans cette attaque, portant à 20 morts le bilan des dernières vingt-quatre heures en Ukraine.

Le président ukrainien a dû interrompre une séance parlementaire pour annoncer que le quartier général commandant les soldats engagés dans des combats dans les régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk avait été touché par des roquettes. Cet état-major situé à Kramatorsk, à 70 kilomètres au nord du fief rebelle de Donetsk, se trouve à au moins 45 kilomètres de la zone rebelle la plus proche.

« Nous n’aurions pas pu tirer au [lance-roquettes multiples] Grad et toucher cet endroit. C’est une provocation », a déclaré un haut responsable militaire de la république séparatiste de Donetsk, Edouard Bassourine. Un responsable du ministère des affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kouleba, a pour sa part souligné que Kramatorsk avait été « frappée par un missile Tornado, le plus récent système de lance-roquettes multiples russe ». « L’Ukraine n’en possède pas », a-t-il encore affirmé. Le rayon d’action d’un Tornado varie, selon les modèles, de 20 à 90 kilomètres.

SOMMET DE MINSK EN PRÉPARATION

Parallèlement, au sud de la ligne de front, les troupes ukrainiennes ont annoncé avoir lancé une contre-offensive et repris le contrôle de trois villages à l’est du port de Marioupol, dernière grande ville de la région sous contrôle ukrainien. « De violents combats sont en cours », dans deux autres villages, a précisé le porte-parole militaire ukrainien, Zoryan Shkiryak. Dans le fief séparatiste de Donetsk, les tirs d’artillerie se sont poursuivis une bonne partie de la nuit et ont repris mardi matin.

Ces violences interviennent à la veille d’un sommet crucial à Minsk où les dirigeants européens, russe et ukrainien doivent négocier un plan de paix. Mais l’armée ukrainienne est en mauvaise posture depuis des semaines, et les rebelles prorusses cherchent à prendre un maximum de terrain pour arriver en position de force à la table des négociations pour trouver un plan de paix dans l’est de l’Ukraine, théâtre depuis dix mois d’un conflit qui a fait plus de 5 500 morts.

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Ukraine, un piège diplomatique ?

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/02/06/rearmer-l-ukraine-un-choix-difficile_4571332_3232.html

Réarmer l’Ukraine, un choix difficile

Le Monde.fr | 06.02.2015 à 11h14 • Mis à jour le 06.02.2015 à 11h24

Le  présidentukrainien Petro Poroshenko,  Francois Hollande et Angela Merkel se rencontrent à Kiev, Ukraine, jeudi 5 février 2015. (AP Photo / Presidential Press Service, Mykola Lazarenko)

Stéphane Delory, spécialiste des questions de défense, chargé d’études à la Fondation pour la recherche stratégique

Les discussions actuellement en cours au sein de l’administration américaine sur le transfert éventuel d’armements « défensifs » vers l’Ukraine pose pour les Européens une question décisive. La concrétisation de cette décision risque en effet d’entraîner les Etats-Unis et la Russie dans une posture d’affrontement direct, qui sur le terrain, pourrait provoquer une implication plus directe et massive des forces russes aux côtés des forces indépendantistes. Dans une telle hypothèse, non seulement la capacité des forces ukrainienne à tenir ses positions peut être questionnée, mais la perspective d’une action directe et brusquée des forces russes n’est pas forcément à exclure.

Le spectre d’un conflit bref et violent, justifié par la décision américaine, conduisant à la proclamation d’une république indépendantiste à l’est de l’Ukraine se profile lentement. À cet égard, il n’est pas à attendre que les États européens aient la capacité de se positionner clairement sur la nécessité ou non de soutenir l’Ukraine par des transferts d’armements. Bien que certains tendent à stigmatiser la position antirusse des États d’Europe centrale, qui pourraient donc être enclins à soutenir le projet américain, et leur opposent la position plus tempérée de la France ou de l’Allemagne, qui privilégient le règlement diplomatique du conflit, l’ensemble des États européen à bien conscience des implications graves du conflit ukrainien sur la sécurité du vieux continent. Sans même prétendre offrir à l’Ukraine la possibilité de recouvrer la souveraineté sur l’ensemble de son territoire, trouver une solution de statu quo permettant de figer l’escalade du conflit est une priorité pour tous, quels que soient les moyens privilégiés.

Une décision complexe

Dans ce contexte, soutenir le réarmement de l’Ukraine sera une décision très difficile à prendre, y compris par les capitales les plus engagées en faveur de Kiev. Reste que le maintien d’un statu quo, difficile à admettre pour les Ukrainiens, mais préférable à un effondrement du front, est probablement une illusion. Du point de vue russe, la création d’un corridor permettant d’assurer une liaison terrestre avec la Crimée est très probablement une priorité de court à moyen terme. Mais au-delà de cette question particulière, Moscou ne peut en aucun cas rester indifférent aux choix stratégiques de Kiev, lesquels, dans le contexte actuel, ne peuvent qu’aller dans le sens d’un rapprochement fort vers l’occident.

Laissée à elle-même, l’Ukraine ne peut devenir, dans la perception russe, qu’un pion des États-Unis. Maintenir un état de conflit durable à l’est du pays permet donc sur le long terme, de limiter toute tentative de rapprochement et, le cas échéant, de menacer d’agir militairement. Un scénario à la géorgienne, qui, dans l’état actuel des choses, s’avère assez fonctionnel. Dans ce sens, s’il est possible pour les États européens d’oublier le conflit en Ukraine – tentation déjà bien palpable dans plusieurs capitales – le conflit ukrainien ne sera pas un conflit gelé. Le seul statu quo qui vaille est celui que souhaite la Russie et à terme, le double objectif russe d’établir des républiques fédérées contrôlant l’est du pays et de finlandiser les restes de l’Etat ukrainien est très susceptible de se concrétiser.

Etat frontalier, la Russie dispose de toutes les facilités matérielles pour ce faire et à toute latitude pour armer les indépendantistes. On peut arguer que le devenir de l’Ukraine n’est plus de notre ressort et admettre, comme certains, que la Russie est un grand pays ayant des intérêts vitaux à défendre et que, dans ce cadre, il faut avant tout soutenir une action diplomatique pour renouer le contact. À ceci près que jusqu’à présent, la position pour le moins conciliante des États-Unis et des Européens n’a eu pour seul résultat de concéder tacitement l’implication croissante et explicite de la Russie dans le conflit. L’action diplomatique concrétise le droit d’ingérence armé de Moscou dans un Etat souverain avec lequel aucun différend territorial n’existe, précédent, qu’il n’est pas forcément souhaitable de pérenniser.

Finlandisation

Faut-il pour autant réarmer l’Ukraine, sachant que si la Russie devait réagir militairement, les États européens ne disposent ni de la volonté politique ni des capacités militaires pour réagir. Une telle initiative pourrait alors conduire à décrédibiliser l’ensemble de l’architecture de sécurité euroatlantique, puisque si l’OTAN n’est pas fondée de réagir à une invasion de l’Ukraine, l’absence d’action serait un aveu d’impuissance dévastateur. Ce qui est certain toutefois, c’est qu’il ne faut pas laisser les États-Unis agir seuls. Si demain l’administration Obama décide d’agir, la réaction de la Russie sera partiellement calibrée par la réaction des États européens. En l’absence de soutien, il sera dans son intérêt direct d’accroître les tensions et de dénoncer l’inconséquence de la politique américaine.

Et dans l’hypothèse où les Etats Unis bénéficieraient du soutien des Européens, ceux-ci doivent tirer les conséquences de cet engagement et être prêts, eux aussi à soutenir matériellement l’Ukraine, plus particulièrement en cas d’escalade russe. En effet, tant que Moscou ne décide pas d’intervenir directement en Ukraine, elle dispose de la capacité de désamorcer le conflit sans perte de crédibilité. Maximiser la pression en acceptant l’épreuve de force est probablement le seuil moyen pour les Occidentaux de conserver leur crédibilité sans se trouver confrontée au dilemme ingérable du conflit avec la Russie ou l’abandon pur et simple de l’Ukraine.

Les Européens doivent avoir conscience qu’en faisant le choix de réduire considérablement leurs capacités militaires, ils ont remis les clefs de leur sécurité à d’autres. La crise ukrainienne leur laisse peu d’options : soit ils admettent que la Russie bénéficie de droits particuliers en Europe et qui font d’elle un partenaire dominant au sein de l’architecture de sécurité européenne ; soit ils estiment que le modèle euroatlantique, qui avait permis jusqu’à l’année dernière à une immense majorité d’États de vivre dans la paix et pour un nombre croissant d’entre eux, dans la démocratie, mérite d’être défendu. Et dans ce cas, il faut malheureusement accepter de prendre un risque substantiel.

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Ukraine… une guerre dans l’indifférence générale…

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/01/97001-20150201FILWWW00074-ukraine-nouveaux-combats-meurtriers-des-dizaines-de-tues-depuis-deux-jours.php

Ukraine : nouveaux combats meurtriers, des dizaines de tués depuis deux jours

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters – Mis à jour le 01/02/2015 à 12:24 – Publié le 01/02/2015 à 12:16

Treize soldats ukrainiens ont été tués dans l’Est séparatiste prorusse de l’Ukraine, portant le bilan de morts à 19 personnes en 24 heures, a annoncé dimanche un porte-parole militaire ukrainien Volodymyr Poliovyï.

« Treize militaires ont été tués et 20 blessés en 24 heures », a annoncé un porte-parole militaire ukrainien Volodymyr Poliovyï au cours d’un point de presse. Dans la matinée, les autorités des régions rebelles ont fait état de six civils tués.

Les combats se situent en particulier autour de la ville de Debaltseve sous contrôle gouvernemental, située le long de l’autoroute qui relie les deux bastions séparatistes de Donetsk et Louhansk et que les rebelles entreprennent depuis plusieurs jours d’encercler.

Le chef de la police régionale, Viatcheslav Abroskine, a fait état sur sa page Facebook de 12 civils tués samedi dans des bombardements des séparatistes pro-russes.

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