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Archive for mars 2015

Un revirement de la Transnistrie ?

Source : http://balkans.courriers.info/article26854.html

Moldavie : lâchée par la Russie, la Transnistrie se rapproche de l’UE

Traduit par Béranger Dominici – Publié dans la presse : 20 mars 2015 – Mise en ligne : mercredi 25 mars 2015
La petite république sécessionniste à l’est de la Moldavie s’apprête-t-elle à mordre la main qui la nourrit ? Depuis que la crise a imposé à Moscou de revoir ses priorités économiques, la Transnistrie délaissée semble prendre goût au volte-face. Une situation qui pourrait profiter à Bruxelles.

Par Danilo Elia

 

L’annexion de la Crimée, qui a indigné l’Europe occidentale, a rempli la Transnistrie d’un enthousiasme qui s’est exprimé par des mesures très concrètes venant rappeler son désir de devenir un sujet de la Fédération de Russie. On se souvient de cette réforme constitutionnelle par laquelle l’Assemblée de Tiraspol a fait sien l’ordre juridique russe, et de Dmitri Rogozine, représentant spécial du Kremlin pour la Transnistrie, bloqué dans son avion contenant les 30 000 signatures demandant le rattachement de facto de ce territoire à la Russie. Et pourtant, ces deux coups d’éclat n’ont pas été suivis d’effets – loin s’en faut.



On le sait : la survie de la petite république d’au-delà du Dniestr dépend de la Russie. D’après Le Guardian, 70% du budget de Tiraspol est alimenté par des fonds russes. Un flux d’argent indispensable, qui commence néanmoins à se tarir. Le quotidien russe Nezavisimaja Gazeta affirme, en citant des sources internes au Soviet suprême de Transnistrie, que, pour la première fois, Moscou ne versera pas son aide de 100 millions de dollars permettant le versement des salaires et le financement du système de retraites.

Les conséquences sont déjà palpables. Dès début 2015, les autorités transnistriennes ont supprimé le « bonus russe » de 200 roubles sur les retraites et réduit les dépenses publiques de 20%. En outre, et c’est une première, le chauffage au gaz sera désormais payant et les retraités ne bénéficieront plus de la gratuité dans les transports en commun. Dans sa détresse, le gouvernement en est à mettre en place une plus que douteuse « procédure spéciale pour le financement des salaires et des retraites » prévoyant le paiement immédiat de 70% de la somme due – les 30% restant étant comptabilisés comme un avoir dont les bénéficiaires recevront le montant de façon progressive…

Pourquoi Moscou s’éloigne

D’où vient ce revirement de Moscou à l’égard de Tiraspol, au risque de mettre cette dernière face à sa faiblesse économique ? La crise frappant la Russie, conjonction de l’écroulement du rouble, de l’effondrement du prix du baril de pétrole et des sanctions conjointes des États-Unis et de l’Union européenne après l’annexion de la Crimée, a joué un rôle certain dans le désengagement russe en Transnistrie.

Mais Moscou est également contrainte par le jeu diplomatique qui s’est constitué autour de la crise ukrainienne. Les sanctions commerciales étant l’une des armes de la guerre diplomatique, la Russie ne s’est pas privée d’en faire usage à l’encontre de la Moldavie – au risque d’affecter directement la Transnistrie. En effet, toute production qui, partie de Transnistrie, souhaite entrer en Russie, doit transiter par l’Ukraine, laquelle exige la présentation de documents émis par les autorités moldaves… En conséquence de quoi, en 2014, les exportations transnistriennes vers la Russie ont chuté de près d’un quart – comparé à 2013.

Pour Tiraspol, la Moldavie est seule responsable de la crise actuelle, à cause de son rapprochement avec l’UE concrétisé par la signature de l’accord d’association comprenant un accord de libre-échange. Pour le Kremlin, c’est l’Ukraine qui tire les ficelles. Sergeï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a eu l’occasion de s’en expliquer en marge d’une rencontre avec son homologue gabonais : « L’attitude de l’Ukraine aboutit à la création d’un embargo sur la Transnistrie, dans le seul but de l’affaiblir pour la soumettre aux desiderata de la politique moldave ».

Vers une redistribution des cartes ?

Dans la situation actuelle, il paraît clair que la perspective d’annexion de la Transnistrie par la Russie ne cesse de s’éloigner. Déjà, à la requête déposée par Tiraspol un an plus tôt, Moscou avait répondu par un « niet » catégorique.

Sergeï Lavrov a par ailleurs récemment rappelé que les accords de résolution du conflit gelé « prévoient un statut spécial pour la Transnistrie, dans le respect de l’intégrité territoriale de la Moldavie, qui est un État souverain ». Toutefois, il a ajouté que la Moldavie devait rester un pays politiquement et militairement neutre. Une allusion évidente au projet de rapprochement de la Moldavie aussi bien de l’OTAN que de l’UE, et une manière de dire que la Russie est disposée à faire usage de son moyen de pression dans la région.

La situation économique dramatique de la Transnistrie pourrait bien redistribuer les cartes géopolitiques. Le Président transnistrien Evgueni Chevtchuk a déclaré à l’agence de presse russe Tass que 30% des exportations du pays allaient vers l’UE, qui exigeait un réalignement politique sous peine de sanctions.

La Transnistrie n’a pas signé l’accord de libre-échange conclu entre l’UE et la Moldavie. Mais Bruxelles a unilatéralement levé les droits de douanes sur les produits transnistriens jusqu’à janvier 2016. C’est un membre du Soviet suprême, Dmitri Soïne, qui a le mieux traduit les pensées d’Evgueni Chevtchuk : « Si, d’ici la fin de l’année, la Transnistrie ne fait pas un pas vers l’Europe pour maintenir la levée des droits de douanes, nous nous exposerons à quelques difficultés ».

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Ukraine, une guerre économique ?

Source : http://www.latribune.fr/economie/international/l-ukraine-risque-de-perdre-l-aide-du-fmi-a-cause-de-son-creancier-russe-464346.html

L’Ukraine risque de perdre l’aide du FMI à cause de son créancier russe

Kiev espère obtenir un allègement de dette de 15 milliards de dollars. (Crédits : Reuters)

latribune.fr avec AFP  |  27/03/2015, 9:25  –  443  mots

Un défaut de l’Ukraine sur les 3 milliards de dollars dus à la Russie d’ici à la fin de l’année pourrait menacer l’aide du FMI à Kiev. Selon son règlement, l’institution, ne peut prêter à un pays s’il fait défaut sur une créance détenue par un Etat ou une institution publique…

L’Ukraine cherche un second souffle. Kiev espère obtenir un allègement de dette de 15 milliards de dollars et a entamé des négociations avec ses créanciers qui pourraient englober les 3 milliards de dollars prêtés par Moscou en 2010 à l’ancien gouvernement ukrainien.

Cet allègement doit abonder un plan d’aide de 40 milliards de dollars sur quatre ans en faveur du pays, auquel le FMI doit contribuer à hauteur de 17,5 milliards de dollars. Mais une règle interne su Fonds pourrait toutefois menacer la poursuite de ce programme. Elle prévoit en effet que l’institution ne peut plus prêter à un pays s’il fait défaut sur une créance détenue par le secteur dit « officiel », c’est-à-dire un État ou une institution publique.

« Nous avons une règle de tolérance zéro »

« Nous avons une règle de tolérance zéro », a rappelé le porte-parole du FMI, William Murray, lors d’une conférence de presse, jeudi 26 mars. Or, a-t-il ajouté, la créance détenue par les Russes doit bien être considérée comme de la dette détenue par un État.

« Si je ne me trompe pas, les 3 milliards de dollars (…) viennent d’un fonds souverain russe, c’est donc de la dette officielle », a ajouté William Murray.

Si la Russie ne négocie pas, l’Ukraine serait contrainte à faire défaut

Si la Russie, à couteaux tirés avec l’Ukraine, refusait de renégocier sa dette d’ici à la fin de l’année, Kiev pourrait donc être contraint de faire défaut sur cette créance, plaçant le FMI dans une situation délicate. Interrogé sur cette éventualité, le porte-parole s’est refusé à toute spéculation.

Signe de la sensibilité du sujet, William Murray a voulu rectifier le tir quelques heures plus tard et apporter une « clarification » sur le statut de la créance russe. Dans un communiqué publié dans la soirée à Washington, le porte-parole a fait machine arrière et assuré que le FMI n’avait en réalité pas officiellement déterminé sa position sur le sujet.

Des solutions pour que la dette ne soit plus aux mains de Moscou

Quelle que soit l’issue de ce débat, des solutions existent pour éviter une impasse au FMI. Cette dette pourrait être renégociée au sein du Club de Paris, qui traite des créances entre États, ou pourrait être revendue sur le marché secondaire de la dette et ainsi ne plus être détenue par Moscou.

Interrogée sur cette créance russe, la ministre ukrainienne des Finances Natalie Jaresko avait d’ailleurs assuré ne pas savoir « dans beaucoup de cas » qui détient la dette de son pays.

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Ukraine, le grand ménage…

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/25/limogeages-en-serie-en-ukraine_4601018_3214.html

Limogeages en série pour soupçons de corruption en Ukraine

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 25.03.2015 à 14h25 • Mis à jour le 25.03.2015 à 15h57

Présent lors de la réunion, le ministre de l'intérieur ukrainien Arsen Avakov a justifié ces arrestations publiques, fait inédit en Ukraine.
Présent lors de la réunion, le ministre de l’intérieur ukrainien Arsen Avakov a justifié ces arrestations publiques, fait inédit en Ukraine. AFP/ANDREW KRAVCHENKO

Le directeur du service d’Etat pour les situations d’urgence ukrainien, Sergui Botchkovski, et son adjoint Vassyl Stoïetski, soupçonnés de corruption, ont été arrêtés, mercredi 25 mars, au cours d’une réunion gouvernementale retransmise à la télévision – fait inédit en Ukraine. Les deux hommes sont accusés d’avoir effectué des achats publics « à des prix beaucoup plus élevés » que le prix du marché, notamment auprès du géant pétrolier russe Loukoïl, selon la police, qui a dénoncé « un schéma criminel ».

Le gouvernement pro-occidental arrivé au pouvoir après la chute du président Viktor Ianoukovitch a annoncé vouloir faire de la lutte contre la corruption, qui gangrène l’Ukraine depuis des années, l’une de ses priorités.

« Tous les kopecks comptent »

Présent à cette réunion, le ministre de l’intérieur, Arsen Avakov, a justifié ces arrestations publiques. « Je n’enfreins pas le secret de l’enquête, mais je mène une enquête publique. Ce n’est pas un spectacle (…). Je pense que c’est un vaccin et il faut que cela soit public », a-t-il déclaré. Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, a lui aussi motivé cette démonstration de force :

« Lorsque le pays est en guerre, tous les kopecks comptent. Or, ils volent les gens et le pays. Cela arrivera à tous ceux qui enfreignent la loi et se moquent de l’Etat ukrainien. »

Ces arrestations publiques ont immédiatement provoqué de nombreuses réactions y compris en Russie. « A Kiev, on arrête pour corruption dans les achats publics en pleine réunion du gouvernement. Le Fonds de lutte contre la corruption est prêt à remettre tous les documents pour l’arrestation de 90 % des ministres russes », a ainsi écrit sur son comte Twitter l’opposant russe Alexeï Navalny, faisant référence à son organisation de lutte contre la corruption en Russie.

Limogeage d’un gouverneur

Par ailleurs, le président ukrainien, Petro Porochenko, a limogé mercredi Igor Kolomoïski, gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, frontalière de l’Est séparatiste prorusse. L’homme d’affaires, dont la fortune est estimée à 1,8 milliard de dollars par Forbes pour des activités dans la banque, le secteur énergétique et les médias, était un allié précieux du gouvernement du Kiev.

Nommé gouverneur en mars 2014 pour mettre fin aux pulsions séparatistes dans cette région industrielle clé, Igor Kolomoïski s’est illustré par la création et le financement de puissants bataillons de volontaires qui combattent aux côtés des troupes ukrainiennes contre les insurgés prorusses. Dans un communiqué publié sur le site de la présidence, Petro Porochenko explique que l’oligarque a lui-même offert de quitter ses fonctions de gouverneur lors d’une réunion mardi soir, au terme de plusieurs jours de bras de fer.

Igor Kolomoïski, 52 ans, fait partie de ces hommes d’affaires qui ont fait fortune après l’indépendance de l’Ukraine, en 1991, et qui ont pris le contrôle de pans entiers de l’économie locale, y compris dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, et sont devenus des acteurs politiques influents en coulisse. Mais ses intérêts sont entrés en collision la semaine dernière avec ceux du président ukrainien, quand les députés ont adopté une loi destinée à modifier l’organisation des conseils d’administration des entreprises publiques afin de réduire le contrôle exercé par les actionnaires minoritaires.

« Le président Porochenko a fait preuve de volonté dans la lutte contre l’anarchie des oligarques », a de son côté commenté Volodymyr Fessenko, analyste politique indépendant, tout en disant espérer qu’il n’y aurait « pas de fronde » après le limogeage du gouverneur de Dnipropetrovsk. Certains craignent en effet qu’Igor Kolomoïski puisse avoir recours à ses bataillons de volontaires pour prendre sa revanche.

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Un commandement « partagé » ?

Source : http://fr.sputniknews.com/international/20150321/1015280244.html

16:42 21.03.2015(mis à jour 17:05 21.03.2015)

La situation quand les plus proches collaborateurs du président des Etats-Unis s’appliquent à promouvoir une décision politique qui n’est pas encore adoptée est à la fois « inédite et alarmante », selon une édition américaine.

Le président américain Barack Obama a perdu de toute évidence le contrôle sur ses conseillers clés dans les questions concernant la situation en Ukraine, notamment une éventuelle livraison d’armes létales à Kiev, constate le bimensuel américain The National Interest (NI).Selon l’édition, le comportement de certains fonctionnaires de l’administration américaine « n’inspire pas confiance », parce qu’au lieu d’essayer de persuader le président de la nécessité de prendre une décision, ils préfèrent promouvoir directement leurs propres intérêts à l’insu du chef de l’Etat.

« Nul ne sera sans doute étonné de constater que la sous-secrétaire d’Etat pour l’Europe et l’Eurasie Victoria Nuland est la lobbyiste la plus énergique et agressive de l’armement de Kiev », écrit le bimensuel, rappelant les propos que la diplomate avait tenus lors de la Conférence de Munich sur la sécurité pour persuader les Européens de la nécessité d’armer Kiev.

Or, il ne s’agit pas que de Mme Nuland, souligne le NI.Le chef d’état-major des armées des Etats-Unis, le général Martin Dempsey, a notamment déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés de l’Otan « devraient penser à accorder une assistance militaire létale » à Kiev.

Des déclarations similaires ont également été faites par le directeur des services de renseignement américains, James Clapper, et le commandant des forces alliées en Europe Philip Breedlove qui n’a même pas hésité, selon le NI, à délivrer une désinformation sur la trêve en Ukraine pour persuader les Etats-Unis et l’Europe de la nécessiter d’armer Kiev.

Le bimensuel admet que des querelles et des divergences sur la politique étrangère arrivaient auparavant au sein de l’administration américaine, mais que la situation quand les plus proches collaborateurs du président s’appliquent à promouvoir une décision qui n’est pas encore adoptée est à la fois « inédite et alarmante ».Et le fait que les militaires américains en la personne du général Breedlove dénaturent sciemment l’information pour influer sur la Maison Blanche aggrave encore plus la situation, conclut l’édition.

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Ukraine et FMI, un nouveau plan d’aide.

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/11/ukraine-sanctions-americaines-contre-des-separatistes-et-des-ex-ministres_4591508_3214.html

Ukraine : un nouveau plan d’aide du FMI validé

Le Monde.fr avec AFP | 11.03.2015 à 16h38 • Mis à jour le 11.03.2015 à 19h00

Le Fonds monétaire international a approuvé mercredi 11 mars un nouveau plan d’aide de 17,5 milliards de dollars (16,5 milliards d’euros), étalé sur quatre ans, en faveur de l’Ukraine, après l’abandon d’une précédente ligne de crédit accordée à Kiev il y a moins d’un an.

« Le programme (d’aide) est ambitieux et comporte des risques, provenant notamment du conflit dans l’est du pays », estime dans un communiqué la patronne du FMI, Christine Lagarde, sans livrer de détail sur le montant de la première tranche ni exposer de calendrier.

En incluant les discussions ouvertes avec les créanciers de Kiev, le montant total de l’aide apportée à l’Ukraine devrait s’élever à 40 milliards de dollars, selon le FMI.

Au chapitre financier, les Etats-Unis ont annoncé un peu plus tôt de nouvelles sanctions liées au conflit en Ukraine. Elles visent des séparatistes de l’est du pays, une banque russe et des ministres du précédent gouvernement à Kiev.

Huit responsables de la région séparatiste de Donetsk et la Russian National Commercial Bank, active en Crimée depuis son annexion par la Russie, ont ainsi été ajoutés à la liste noire américaine. Trois ministres du président ukrainien déchu Victor Ianoukovitch, dont son premier ministre Mykola Azarov, sont également visés par ces nouvelles sanctions, qui gèlent leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis et interdisent aux Américains de faire affaire avec eux.

« Faire payer ceux qui violent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine »

« Depuis le début de la crise, nous avons montré que nous ferons payer ceux qui violent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a déclaré dans un communiqué Adam Szubin, sous-secrétaire au Trésor américain par intérim, chargé de la lutte contre le terrorisme. Dénonçant la main de Moscou derrière la crise ukrainienne, Américains et Européens ont pris de nombreuses sanctions contre les séparatistes de l’Est et contre la Russie.

A la fin de février, les Etats-Unis avaient menacé de renforcer cet arsenal contre Moscou, tenu pour responsable de violations répétées du cessez-le-feu conclu le 12 février. Mardi, ils l’ont accusé d’imposer le « règne de la terreur » dans les régions séparatistes ukrainiennes. Moscou dément toute implication dans ce conflit, qui a fait plus de six mille morts en Ukraine depuis le début des violences, en avril 2014.

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Ukraine, un plan de financement sans peur… pas sans reproches…

Source : http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2015/03/11/un-plan-marshall-finance-par-les-oligarques

Un plan Marshall financé par les oligarques ?

L’Agence de modernisation de l’Ukraine (AMU), initiée par un trio de personnalités européennes dont le Français Bernard-Henri Lévy et soutenue par trois oligarques ukrainiens à la réputation douteuse, suscite critiques et scepticisme.

Courrier international – | Danièle Renon – 11 mars 2015

  • presse présidentiel/Michail Palinchak
    « L’Ukraine a besoin d’un plan Marshall s’élevant peut-être à quelques centaines de milliards d’euros », expliquait le 3 mars le député chrétien-démocrate allemand Karl-Georg Wellmann (CDU) dans un entretien au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’homme est cofondateur, avec Bernard-Henri Lévy et le député conservateur britannique Lord Risby of Havervill, de l’Agence de modernisation de l’Ukraine (AMU). La raison : « En l’état actuel [du pays], personne n’est prêt à investir », et aurait donc un besoin urgent de réformes.Des oligarques sulfureux

    Ce jour-là se tenait à Vienne le forum international Ukraine Tomorrow (L’Ukraine demain), en présence de nombreuses personnalités occidentales, d’une grosse délégation ukrainienne et d’oligarques sulfureux, précise le quotidien viennois Die Presse, qui ajoute : « Celui qui tire les ficelles s’appelle Dimitri Firtach. »

    Recherché par le FBI, assigné à résidence dans la capitale autrichienne, Firtach serait, avec les deux autres milliardaires ukrainiens Rinat Achmetov et Victor Pintchouk, l’un des principaux financiers du lancement de l’AMU. Des investisseurs occidentaux sont également attendus pour alimenter un fonds de 300 milliards d’euros, ainsi que des « investisseurs russes », selon les propos de Firtach à Die Presse, mais la part de ces derniers ne devrait pas dépasser les 25%.

    Grands Européens

    Préparé depuis plusieurs mois, l’agence s’assigne trois réformes essentielles : constitutionnelle, financière et fiscale, juridique. Elle devrait être dirigée par un « triumvirat » austro-allemand – Michael Spindelegger, Karl Schlögl, Udo Brockhausen –, comporter huit personnalités européennes qui ont occupé des positions politiques de haut rang, dont Peer Steinbrück, Günter Verheugen, Rupert Scholz côté allemand, Peter Mandelson côté anglais, Vlodzimierz Czymoszevicz côté polonais, ainsi que Bernard Kouchner et Laurence Parisot côté français.

    Tous sont appelés à travailler avec leurs équipes au sein de groupes de travail indépendants, disent vouloir solliciter des contributions financières, y compris des institutions européennes, et présenteront leur programme de réformes dans « deux cents jours ».

    Hostilité à Kiev

    Si, comme l’affirme Der Spiegel, le gouvernement allemand se dit sceptique, des députés ukrainiens ont déjà résolument pris position contre cette initiative qui n’aurait pas été coordonnée avec les autorités de Kiev et pour laquelle « les politiques européens se seraient laissé abuser » et serviraient de « cache-sexe », résume Stern.

    De son côté, la presse ukrainienne est claire, relate Der Spiegel dans sa dernière édition, citant un commentaire du journaliste Vitali Portnikov sur ses compatriotes oligarques impliqués dans l’AMU : « C’est comme si des loups décidaient d’une initiative contre la consommation de viande. »

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