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L’art de la guerre… en 2015…

Source : http://fr.sputniknews.com/opinion/20130418/198106609.html

Le Livre blanc des forces armées chinoises, rendu public cette semaine à Pékin, relève moins du domaine militaire que de la propagande.

Le Livre blanc des forces armées chinoises, rendu public cette semaine à Pékin, relève moins du domaine militaire que de la propagande. En d’autres termes, ce document est un effort littéraire pour expliquer au monde de quelle armée a besoin la deuxième puissance mondiale et pourquoi. C’est précisément l’intérêt du livre, qui n’a pas été publié par le ministère de la Défense mais par le bureau de l’information du Conseil d’Etat – c’est-à-dire le gouvernement.

Moins de mystères

Les commentaires étrangers de spécialistes militaires se réduisent à dire que les Chinois ont déclassifier pour la première fois le nombre et la structure de ses forces armées. Ce qui a privé de pain de nombreux espions et experts militaires.

Désormais on sait officiellement que les forces armées chinoises sont les plus importantes du monde. A savoir un total de 850 000 hommes dont 398 000 soldats dans l’armée de l’air et 235 000 marins. Rappelons que le Washington Post note que la courbe des dépenses militaires de la Chine a fléchi pour la première fois cette année – elles n’augmenteront que de 10,7%.

Depuis 20 ans, selon les estimations, ces dépenses augmentaient constamment avec une hausse à deux chiffres.

Autrement dit, dans les affaires militaires comme en économie, la Chine ralentit légèrement, remet les choses en ordre et explique à ceux qui veulent bien l’entendre où elle est arrivée et ce qu’elle souhaite.

L’armée de terre ne fait pas le bonheur

Pour des raisons évidentes le monde ne s’intéresse pas tant à l’armée de terre qu’aux autres capacités de la Chine. L’idée d’une invasion terrestre n’est plus pertinente à notre époque car il s’agit d’une aventure très coûteuse.

Prenons les pays frontaliers de la Chine (y compris la Russie) : quelles sont les ressources nécessaires pour contrôler le territoire conquis et que pourra-t-il apporter au conquérant à moyen et à long terme ?

Comme toujours, l’Amérique a mis la main à la pâte. La conquête de pays relativement petits comme l’Afghanistan et l’Irak a été techniquement possible mais ensuite, il est nécessaire de « construire une nation » et d’engager de longues transformations sociopolitiques. Les Etats-Unis n’ont pas eu suffisamment d’argent ni de compréhension générale de l’objectif. Or sans transformations, même le retrait le plus pacifique des troupes ressemble à une défaite.

On pourrait rappeler les mots de l’un des commandants les plus marquants de l’histoire américaine, Douglas MacArthur. Il comparait souvent les invasions à une entreprise commerciale, où les investissements devaient apporter un profit à l’envahisseur. Il fut d’ailleurs à la tête du plus grand effort américain pour réformer la société et l’Etat au Japon, vaincu. Aujourd’hui le Japon s’interroge pour savoir comment avancer à partir du point fixé par MacArthur. Sans succès.

N’oublions pas tout de même que ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont attaqué le Japon en décembre 1941 – mais l’inverse. Les USA n’avaient pas le choix. La Chine, de même que le monde entier, a minutieusement évalué les dépenses des Américains pour les dernières guerres, ainsi que le résultat de leurs efforts. L’estimation la plus brute s’élève à 1 000 milliards de dollars.

Non seulement la Chine n’a pas autant d’argent mais elle n’a pas non plus envie de finir comme les USA, ruinée par les aventures militaires.

La mer et le ciel

Le monde est donc moins préoccupé par l’armée de terre chinoise que par l’activité spatiale du pays. Le Livre blanc explique qu’il existe « dans l’air » des menaces à sa sécurité, y compris sur internet, car le pays subit actuellement de nombreuses attaques cybernétiques. On ne peut pas dire que ce soit une nouveauté que de présenter internet sous la forme d’un champ de bataille commun avec l’espace. Les documents américains, par exemple, disent la même chose. D’autres pays ne sont pas du même avis.

Le cas de la marine est bien plus intéressant. L’an dernier, les porte-avions chinois sont sortis pour la première fois dans l’océan et leur nombre va augmenter. Le Livre blanc comporte deux chapitres consacré au thème naval qui parlent beaucoup d’entraînements ou encore d’accompagnement des navires. Même s’il faut reconnaître qu’après la lecture de ce document on puisse ajouter pas mal de choses sur la situation actuelle autour de la puissance navale chinoise.

Pour être bref il y a deux océans, Pacifique et Indien, où la Chine n’aspire pas à la domination mais cherchera à maintenir l’équilibre des forces. La politique mondiale évoluera en grande partie autour de cette question et de quel rôle joueront, par exemple, les Etats-Unis et l’Inde.

L’inconnu effraie

En ce qui concerne le Livre blanc comme document de propagande, dans l’ensemble, c’est un appel à la compréhension et à la coopération. Il commence par : « Aujourd’hui le monde et le développement sont confrontés à de nouveaux défis et opportunités. La mission historique de tous les pays consiste à profiter en toute confiance des opportunités, à faire face ensemble aux défis, à soutenir la sécurité et assurer le développement collectif ». Ensuite, on rencontre dans le texte des appels à coopérer et à parer les défis dans la coopération.

Par ailleurs, la Chine annonce l’adoption d’un nouveau concept de sécurité avec un accent sur la confiance mutuelle, le profit mutuel, l’égalité et la coopération.

Le plus grand pas dans ce sens est le dévoilement des informations sur le nombre et la structure de l’armée chinoise. La confidentialité dans les affaires militaires est aujourd’hui l’apanage des nations telles que la Corée du Nord : l’inconnu doit (théoriquement) faire peur.

Le sens de l’exercice de propagande chinois consiste à permettre aux autres pays de comparer les objectifs militaires annoncés de la nation avec ses capacités militaires. Si les deux coïncident, alors on a affaire à une politique claire et un partenaire prévisible.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

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