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Archive for mai 2015

Ukraine, une intervention française non officielle…

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/05/28/97001-20150528FILWWW00374-ukraine-poutine-rencontre-giscard-d-estaing.php

Ukraine: Poutine rencontre Giscard d’Estaing

  • Par LeFigaro.fr avec AFP – Mis à jour le 28/05/2015 à 20:30 – Publié le 28/05/2015 à 20:18

Le président russe Vladimir Poutine a accueilli aujourd’hui Valéry Giscard d’Estaing pour s’entretenir notamment de la crise ukrainienne et de ses conséquences sur les relations entre Moscou et Paris, a annoncé le Kremlin.

Au cours de cette rencontre entre Vladimir Poutine et Valéry Giscard d’Estaing, « un échange d’avis substantiel (…) sur la situation en Ukraine et ses conséquences sur les relations entre la Russie et la France, ainsi que sur celles entre la Russie et l’Union européenne en général a eu lieu ».Le conflit armé en Ukraine opposant les forces de Kiev aux séparatistes prorusses a provoqué la pire crise entre la Russie et les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.

L’UE et les Etats-Unis ont imposé l’année dernière une série de sanctions à Moscou qu’ils accusent de soutenir militairement les rebelles ukrainiens, ce que les autorités russes démentent.
La Russie a riposté en introduisant l’été dernier un embargo sur les produits alimentaires aux pays qui la sanctionnent.
Pour sa part, la France a suspendu fin 2014 « jusqu’à nouvel ordre » la remise à la Russie des navires de guerre Mistral, en raison de l’implication présumée de Moscou dans le conflit en Ukraine.

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Du changement…

La période actuelle est en réalité une transition, une sorte de pont entre ce que l’on a connu (que l’on considère comme éternel, stable, à force d’y vivre sans se poser de question) et l’inconnu. Le printemps arabe du début 2011 nous a soudainement rappelé que rien n’est éternel, le monde est en perpétuel mouvement sous-jacent, loin des yeux et des consciences. Comme un iceberg, la partie la plus importante reste immergée, si l’on ne fait pas l’effort de la chercher, on n’aperçoit que la partie émergée de façon ponctuelle, lors d’une révolution, d’une émeute ou d’une échéance électorale…
Pourtant les indices ne manquent pas, les risques avant-coureurs sont fort révélateurs pour peu que l’on sache les remarquer et les interpréter. Bien sûr la faute nous incombe, notre aveuglement trouve son origine dans notre confort du quotidien qui nous masque un fait essentiel : le perpétuel mouvement, l’évolution constante du monde, du nôtre et de celui des autres que l’on ignore bien souvent par confort ou plus simplement par habitude. Cependant, il faut bien reconnaître que nous n’avons pas tous les torts. Le « système » au sein duquel nous vivons a intérêt à ce que l’on demeure dans cette nonchalance intellectuelle, dans cet endormissement dont il tire sa stabilité, sa durée. Le « système » est une appellation bien facile et bien pratique pour désigner en réalité un ensemble complexe et multiforme. Il se compose de domaines différents mais toujours complémentaires, voire interdépendants. On peut en distinguer plusieurs : politique, économique, de pensée et culturel…

Le système politique est celui auquel on pense en premier lieu. C’est de façon très classique le « système » que l’on veut combattre dans une volonté de remise à plat, plus que de réforme. Les contestataires et autres révolutionnaires ont laissé à ce sujet une image d’Epinal très vivace, très présente dans les esprits. Il convient avant tout de bien définir ce qu’est ce fameux système politique. C’est une structure administrative issue d’une idéologie le plus souvent d’une vision des choses, d’une conception du monde. Il s’articule sur plusieurs axes majeurs déclinés dans des axes secondaires, voire tertiaires. Chaque rouage répond à cette vision du monde, à cette idéologie qui oriente le « système » dans un sens donné. Celui-ci n’est pas forcément statique, il peut évoluer en fonction des dirigeants ou des circonstances. A l’image d’un être vivant, il naît, se développe, se sclérose et meurt. Ce cycle peut être plus ou moins long selon différents critères. L’idéologie n’est pas le seul élément majeur, en effet, les nécessités ou les circonstances, les faiblesses parfois peuvent soutenir ce système politique. Les intérêts de chacun peuvent ainsi les inciter à soutenir un régime même honni. Le ventre a ses raisons que le cœur ne connaît pas…
La faiblesse d’un dirigeant ou de réformateurs peut tout aussi bien assurer la pérennité d’un régime politique, par docilité, par faiblesse d’esprit ou plus simplement par confort. Ce dernier point est singulier, il ne touche pas seulement nos dirigeants mais tout un chacun. Une révolte est possible lorsque les conditions de vie deviennent insupportables, comme en Tunisie en 2011. Il en faut visiblement davantage pour jeter des milliers de personnes dans les rues, que notre vie relativement confortable. Les manifestations des « Charlie » en France suite aux attentats de 2015 ou à Madrid avec les « Podemos » en 2015 en sont un exemple, ces manifestations sont spontanées mais pas assez durables pour véritablement renverser le système politique en place. Les émeutes raciales aux Etats-Unis de début 2015 ne font pas exception à la règle. Un attentat, une mort suite à une interpellation, sont suffisants pour cristalliser des tensions et éclater ponctuellement dans un mouvement plus profond et plus durable, nécessite bien autre chose. En premier lieu, il est impératif que les conditions de vie soient nettement dégradées au point de devenir invivables, insupportables. Ce n’est pas encore le cas, le niveau de confort est encore trop élevé pour motiver la population, l’inciter à descendre dans les rues pour les inciter réellement à renverser le régime en place, même si celui-ci multiplie les signes de faiblesse, même s’il se fragilise. C’est généralement lorsque l’on n’a plus rien à perdre (ou peu à perdre) que la mobilisation peut se réveiller. Après une révolution et le renversement du régime, on observe généralement une période de flottement qui peut s’avérer très dangereuse. En effet, si rien n’est prévu, préparé et organisé, la vacance du pouvoir peut servir n’importe quelle cause. Les luttes de pouvoir sont elles aussi très dangereuses car elles peuvent créer une période durable d’instabilité politique, voire de violence armée. Une élection semble la meilleure solution pour y remédier, pour sortir de la crise. Là encore, les surprises peuvent survenir comme l’a montré l’élection de Mohamed Morsi en Egypte…

Il ne semble pas y avoir de recette miracle pour régler cette période de vacance du pouvoir, si ce n’est la bonne volonté des citoyens ou des candidats. C’est pourtant une période charnière pour régler des conflits naissants, avant qu’ils ne se développent et prennent une importance trop grande au point d’être ingérable.

Le système économique, quant à lui, repose essentiellement sur la confiance que les acteurs économiques accordent aux valeurs (monnaie, titres, actions, entreprises, ertc.). Cette confiance confère une grande force, elle peut donner l’illusion d’une stabilité sans faille, d’un système inébranlable. C’est en réalité une pure illusion. La crise de 2008 et la forte tension économique qui en découle et qui perdure jusqu’à nos jours en ont donné une preuve éclatante. La confiance donne une force, mais elle reste fragile à l’image d’un colosse aux pieds d’argile, elle peut s’effondrer à tout instant, suite à une crise, à une baisse des valeurs boursières, une flambée des prix et du coût de la vie à l’image de celle qui a suivi la mise en service de l’Euro en 2000-2001. L’instabilité politique peut elle aussi influer sur la confiance d’un système économique. Le « grexit » de 2015 en est un parfait exemple. La sortie de l’euro et l’orientation vers un autre système économique concurrent de l’actuel, s’impose de plus en plus dans les esprits. Quitter l’Union Européenne (tout en y conservant des liens privilégiés) pour s’orienter vers els BRICS, voire l’OCS, est une réflexion qui prend une grande ampleur. En fait, c’est plus qu’une simple réflexion, cela prend peu à peu l’aspect d’un programme de plus en plus séduisant, de plus en plus cohérent à mesure que le poids de l’euro se fait de plus en plus lourd, de plus en plus insupportable.

Au-delà de l’euro, c’est peut-être aussi le modèle de société de consommation qui est directement remis en cause. Comme le système communiste s’est effondré en 1989, miné de l’intérieur, le système capitaliste tel que nous le connaissons, pourrait lui aussi être remise sérieusement en cause : en tant que modèle. Il est profondément miné de l’intérieur, les acteurs économiques que nous sommes sont de moins en moins confiants dans un système qui semble de moins en moins nous convenir. Dès lors, ce qui faisait la force de ce système, fait aujourd’hui sa faiblesse. Le manque de confiance incite à la méfiance, la méfiance à la défiance, et la défiance incite à rechercher autre chose, un autre système davantage en adéquation avec les aspirations de chacun. Cette dernière opération s’articule en plusieurs étapes : Tout d’abord, une réflexion sur la consommation elle-même à travers une démarche de mieux consommer. Le gaspillage est alors ciblé et rejeté en bloc. Cela entraîne une baisse significative de la consommation et donc des profits liés au commerce. C’est le premier impact qui tend à modifier profondément les comportements. Ceux qui ne peuvent s’adapter à ces changements disparaissent, les autres évoluent vers une nouvelle offre commerciale axée sur l’anti-gaspillage, le respect de l’environnement. Il est même possible d’introduire de nouveaux goûts (politiques, religieux, etc). C’est un nouveau créneau marketing qui apparaît et se développe comme le bio, le hallal ou n’importe quel autre préférence des consommateurs. Dans un deuxième temps, les produits manufacturés et « prêts à l’emploi » sont rejetés à leur tour au profit d’autres…

Une nette tendance à faire soi-même apparaît et se développe. Elle touche plusieurs domaines très variés : ameublement, textile, cosmétique, alimentaire, santé, etc. Cette fois-ci le consommateur s’éloigne de plus en plus de l’offre classique. Là encore, les uns disparaissent faute de faire évoluer leur offre, tandis que les autres s’adaptent en proposant des produits nouveaux, une offre qui accompagne cette nouvelle tendance. D’un premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit simplement d’une évolution de la consommation, une nouvelle demande qui attend une offre correspondante, un simple flux commercial qui évolue, s’adapte à une nouvelle demande, se développe sur de nouveaux segments, de nouvelles opportunités. Il faut aller plus loin que cela, cette évolution tend vers un seul objectif : sortir du modèle de consommation classique, de ce que l’on connaît depuis des décennies (des siècles ?), en un mot, sortir du système économique tel qu’on le vit, tel qu’on le conçoit. Les débuts de ce changement radical sont encore peu marqués, peu développés et permettent juste d’éliminer ceux qui ne peuvent s’adapter à la demande. Une sorte de sélection naturelle économique s’opère avec un écrémage à chaque étape, à chaque nouvelle demande. Cependant, la fuite ne avant est amorcée, elle ne cesse d’avancer, de se reproduire, écrémage après écrémage, elle élague les moins adaptés, elle sape les bases du système économique tel qu’on le connaît, d’abord de façon marginale, puis de façon plus massive, sans que l’on en prenne réellement conscience.

Il arrivera un moment où il ne restera plus grand chose à écrémer, où les acteurs économiques que nous sommes arriveront à une sorte d’autosuffisance à des degrés différents. Il ne s’agit pas de tisser ses propres vêtements, comme de parfaits petits Gandhis, ou de produire notre propre alimentation, mais plutôt d’actes quotidiens, d’actions ponctuelles, mais répétées des milliers, des millions de fois au point de créer des manques à gagner colossaux au sein d’un système économique resté traditionnel, au point de réduire de façon drastique les bénéfices des grandes sociétés, des grands groupes, trop lourds et trop peu réactifs pour s’adapter.

Ce sont les PMI-PME, les TPI-TPE qui, elles, pourront s’adapter et suivre ce mouvement de fond jusqu’à se reformer eux-mêmes, loin des indices boursiers et des manuels d’économie. En effet, les bourses mondiales seront les premières impactées, encore une fois, faute de pouvoir et savoir s’adapter. Les petites structures pouvant quant à elles suivre ce mouvement, accompagner ce nouveau système économique hors du profit à tout prix, à l’image du social business si cher à Mohamad Yunus. C’est une véritable lame de fond qui se prépare, un nouvel équilibre avec d’un côté un système qui s’effondre faute de pouvoir répondre aux attentes, et d’un autre côté, toute une série d’initiatives locales qui se structurent peu à peu, qui se coordonnent autant que possible afin de créer un vaste réseau en capacité de répondre à la demande.

Le système de pensée et la culture est lui aussi est touché par cette révolution sourde. Une nouvelle culture tend à en remplacer une autre, plus ancienne, conservatrice et figée, qui ne répond plus aux attentes, aux aspirations du public. L’innovation doit cependant rester proche de la réalité et ne pas s’articuler autour de dogmes, des références idéologiques trop marquées, d’utopies qui la freinent. C’est un véritable retour au réel qui est attendu, demandé par tout un chacun. Au sein du désert culturel que nous semblons traverser, les idées nouvelles pour changer le monde et les modes de pensée, de vivre, sont les bienvenues. Cependant le temps n’est plus aux conjectures, il est au concret. Ainsi, une idée non suivie d’effet aura peu de chances de se développer. Elle pourra séduire par sa nouveauté, mais elle ne pourra s’inscrire dans le temps sans une matérialisation bien concrète. La crise que nous connaissons depuis 2008 est multiforme, elle a profondément modifié les consciences, les attentes aussi. Une réalisation concrète prouve par elle-même sa valeur, elle se justifie par ce qu’elle apporte. Les attentes du public sont cependant for simples : répondre aux besoins premiers (se nourrir, se vêtir, se loger) en les déclinant à travers ce que notre culture a conçu et développée : les raffinements de la cuisine pour la nourriture, la mode vestimentaire et l’esprit « fashion » pour se vêtir, les différents types d’habitats pour le logement selon des critères spécifiques (habitat durable ou éco responsable). Les besoins secondaires eux aussi suivent cette évolution. La culture telle qu’on la conçoit au premier abord (peinture, sculpture, littérature, cinéma) tend à se raffiner, à se diversifier. Actuellement c’est notre façon de vivre qui se développe et se décline en conceptions, en projections et en interrogations surtout. Les remises en cause se multiplient, même si elles restent encore marginales. Elles portent cependant en elles les germes d’un futur développement, une issue à la société dont on veut de moins en moins, quand on ne la rejette pas en bloc. Il suffit de peu de choses pour donner une aura plus forte, une grande influence, assez grande ne tout cas pour réellement « changer les choses ». La seule condition nécessaire à leur développement reste une réalisation concrète. C’est en quelque sorte le « syndrome St Thomas » qui prévaut.

En effet, les trop nombreuses promesses non tenues, les désenchantements après de grandes et belles idéologies, ou théories avortées, ont instauré la nécessité de s’ancrer davantage dans le concret. A l’image d’une procédure comptable désormais, on paye au vu du service fait, de la prestation exécutée. Cela en dit long sur le désenchantement de nos sociétés modernes. C’est une situation qui peut présenter certains dangers. Un manque excessif de confiance limite fortement toute possibilité d’évolution, la confiance est nécessaire pour permettre le développement d’une idée. Juger uniquement sur pièce permet certes de se prémunir contre les affabulations, mais dans le même temps, il hypothèque gravement une évolution, un climat, favorable à la création, à l’innovation. On ne peut évoluer sans croire à quelque chose, à rêver. C’est le propre de la culture de s’ouvrir vers l’extérieur, d’exprimer un sentiment, des idées parfois, des rêves souvent, un point de vue toujours. Cette étape essentielle est fortement compromise aujourd’hui. La culture doit jouer son rôle d’évasion, d’instruction aussi afin d’élargir les horizons, d’éveiller les consciences bien au-delà de la simple expression personnelle. C’est le propre de la culture, elle se partage davantage même que la politique ou l’économie.

Ces trois aspects du « système » donnent un éclairage singulier de ce que l’on nomme « le système ». Ce ne sont cependant que trois aspects relativement simples d’un ensemble beaucoup plus vaste. Avant de changer cet environnement au sein duquel nous vivons, il faut d’abord changer nous-mêmes, c’est une tâche particulièrement ardue. En effet, la question est de savoir si nous y sommes prêts, si nous acceptons de changer, car cela signifie nous remettre entièrement en cause. Avant cette étape essentielle, il nous faut prendre conscience de notre fonctionnement, de notre mode de pensée, de prendre en compte nos défauts, les accepter avant de tenter d’y remédier. Un élément est indispensable à intégrer avant toute tentative de changement : notre forte tendance à l’individualisme. C’est en effet un aspect majeur de nos sociétés modernes. L’idée de groupe, la conscience d’être une collectivité n’a cessé de reculer. Nous vivons depuis une bonne trentaine d’année sous le règne de l’individu-roi, la majorité a été peu à peu habituée à céder devant une minorité remuante, exigeante, revendicatrice. C’est un paradoxe, chacun veut un changement de la société, mais refuse encore de changer lui-même. L’esprit collectif n’existe quasiment plus, la solidarité encore moins. L’individualisme s’est répandu à travers chaque aspect de la vie quotidienne, il est devenu si omniprésent qu’il est désormais difficile de le remarquer, tant il fait partie du décor. Il reste cependant nécessaire de l’identifier afin de le rejeter lorsque c’est possible et le remplacer par un esprit collectif. La célèbre devise diviser pour régner a été appliquée à la lettre. L’individualisme et l’égoïsme ont été développés à un niveau très élevé, tel qu’il paraît difficile aujourd’hui d’amorcer une réflexion profonde et constructive sur notre société moderne, sur notre mode de vie, nos habitudes. Il ne reste malheureusement qu’une seule option : atteindre les limites d’un système pour qu’il s’effondre sur lui-même de façon sporadique et violente. L’émeute ou la révolution semblent être les seules issues pour clore le chapitre d’un système, qu’il soit politique, financier, de pensée ou culturel…
Il semble que la solution à nos problèmes soit en nous, qu’elle ne puisse venir que de nous. C’est notre planche de salut, mais aussi la source principale du blocage que l’on connaît. Il ne semble pas encore que nous soyons prêts à changer nous-mêmes afin de changer notre environnement…

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Ukraine, le bilan

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/ukraine-quel-bilan-apres-annee-pouvoir-president-porochenko-michael-e-lambert-2158880.html

Ukraine : quel bilan après une année de pouvoir du président Porochenko ?

Le président ukrainien Petro Porochenko est arrivé au pouvoir le 7 juin 2014. Ses entreprises, Roshen en tête, ont subi de plein fouet les pressions commerciales russes visant à faire capoter les négociations de libre-échange entre l’Ukraine et l’Union européenne, dont l’échec a provoqué les manifestations de Maïdan.

Atlantico :  Noms  de  rues  et  de  villes  modifiés,  tentative  de  réhabilitation  de  nationalistes ukrainiens  douteux,  blanchiment  de  l’histoire…  Pourquoi  Petro  Porochenko  s’attaque  t-il aux symboles et à l’histoire pour faire avancer son pays ? Est-ce qu’il faut nécessairement exacerber une fibre patriotique et identifier un ennemi pour reconstruire un pays ?

Michael E. Lambert : Le Président ukrainien ne s’attaque pas à l’Histoire de son pays, mais revient davantage sur  l’héritage  de  la  période  soviétique  et  sur  l’influence  de  la  culture  russe  dans  le  vie  des citoyens.  Il  est  vrai  que  cette  procédure  qui  vise  à  renommer  les  rues  et  à  mettre  en  avant  les patriotes ukrainiens peut semble extrême, mais celle-ci correspond à la valorisation de l’identité nationale et revient sur l’héritage historique du pays qu’il était impossible de critiquer en raison de l’importante présence des russophone, notamment en Crimée et en Novorossia.

Ainsi, pendant plusieurs décennies, Kiev à mis en avant l’héritage soviétique avec une image de Staline autrement plus positive qu’en occident. Ce choix de passer de la vision russe à la vision plus occidentale, et donc européenne, témoigne des ambitions européennes du pays.  

Il n’est pas nécessaire de trouver un ennemi pour reconstruire un pays, ni même pour exacerber l’identité nationale, mais l’influence soviétique et de la Russie est objectivement nocive pour la mise en place des standards occidentaux pour la liberté politique et la prospérité économique. On peut donc difficilement reprocher à Porochenko ce choix d’accorder l’Histoire du pays avec ses partenaires de l’Ouest.

Saint-Gobain célèbre ses 350 ans et dévoile les coulisses de son histoire dans une exposition en ligne d’une richesse exceptionnelle.

La  tentative  de  musellement  de  l’opposition  et  les  lois  votées  visant  à  empêcher expression  politique  et  la  liberté  de  parole  alertent  l’OCDE,  universitaires  et  intellectuels occidentaux.  Pourquoi  l’Ukraine,  qui  souhaite  se  rapprocher  de  l’Europe,  s’en  éloigne  en s’extirpant violemment du passé et de la sphère soviétique ? Comment Porochenko priorise t-il ses volontés ?

Il semble important de rappeler que Kiev est actuellement dans un état de guerre (civile ou non, en fonction des représentations du conflit avec Novorossia), et doit rapidement prendre des décisions. Loin de s’éloigner de l’Union européenne et de l’OTAN, le choix de ne pas prêter attention   aux   tendances   pro-russes,   pro-soviétiques   ou anti-européennes   dans   le   pays   est judicieux  et  réaliste.  De  nombreux  pays  occidentaux,  notamment  les  Etats-Unis,  interdisent  à certains partis politiques de s’exprimer, c’est le cas du parti communiste américain. Plutôt que de voir  ces  actions  comme  une  atteinte  à  la  liberté  d’expression,  il  faut  les  percevoir  comme  un moyen de dynamiser le débat et de l’orienter rapidement sur les problématiques concrètes, avec la  mise  en  place  de  réformes  qui  ne  peuvent  plus  attendre,  c’est  le  cas  du  développement  des énergies renouvelables, du choix d’intégrer l’Union européenne et l’OTAN. Dans cette optique, ce qui importe est le résultat sur l’économie et sur le rapprochement avec l’occident.

Les  priorités  sont  objectivement  la  lutte  contre  Novorossia  et  l’influence  de  Moscou,  la prospérité  économique,  la  lutte  contre  la  corruption.  Ce  dernier  aspect  devant  en  réalité  se retrouver en premier d’après les recommendations de l’OSCE, l’OCDE et de Bruxelles.

Quel  est  le  calendrier  politique  du  « baron  du  chocolat »,  milliardaire  et  hommes d’affaires, aux nombreuses ambitions politiques ?

Il  est  vrai  qu’une  visite  dans  Kiev  peut  interpeller  dans  la  mesure  ou  les  magasins  du Président  sont  mis  en  avant  d’une  manière  assez  ostentatoire,  ce  qui  amène  à  penser  que  la corruption reste le principal problème dans le pays, et que la séparation entre monde politique et milieu  des  affaires  reste  à  faire,  bien  qu’on  puisse  reprocher  une  situation  similaire  dans  de nombreux pays en Europe, dont la France.

Contrairement à de nombreux experts, il me semble que Porochenko n’a pas de calendrier précis. La  priorité  est  de  contenir  Novorossia,  essayer  tant  bien  que  mal  de  se  rapprocher  de  l’Union européenne tout en conservant des relations “acceptables” avec le Kremlin. A l’heure actuelle, le principal objectif est d’arriver à survivre en espérant une réponse des occidentaux, ce qui semble s’apparenter  à  une  approche  optimiste  si  on  se  réfère  aux  négociations  de  Riga  sur  l’avenir  du Partenariat  oriental  et  sur  le  basculement  de  l’attention  américaine  de  l’Atlantique  vers  le Pacifique.

Enfin, quelle est la situation économique de l’Ukraine d’aujourd’hui ? Est-elle toujours esclave de son voisin en matière énergétique ? Sur quels atouts peut-elle compter ?

L’Ukraine est un pays qui à toutes les ressources nécessaires pour parvenir à s’émanciper de  la  tutelle  de  Moscou.  Le  pays  dispose  d’une  population  avec  un  bon  niveau  d’éducation, d’industries qui peuvent produire du chocolat, des armes et de la vodka à un prix abordable, ce qui  peut  lui  apporter  un  avantage  stratégique  en  axant  ses  exportations  vers  des  pays  comme l’Union européenne pour le chocolat, la Chine pour la vodka, et les armes pour le Moyen-Orient, ce dernier aspect constituant une triste réalité.

Qui  plus  est,  le  pays  pourrait  émerger  comme  puissance  énergétique  avec  la  production d’énergies  renouvelables,  c’est  du  moins  ce  que  rapporte  un  rapport  du  PISM. A  cela  s’ajoute naturellement la production agricole qui peut intéresser les européens de l’Ouest.

Malgré cela, le pays souffre d’une faible natalité, peine à attirer des immigrants, et doit adapter ses  normes  à  celles  de  pays  pays  occidentaux.  Il  lui  faudrait  donc  recevoir  des  investissements massifs  pour  moderniser  toutes  les  infrastructures  en  même  temps,  ce  qui  s’apparente  à  une impossibilité au regard de la corruption qui règne dans le pays.

Pour  terminer  sur  une  note  optimiste,  des  pays  comme  la  Pologne  et  l’Estonie,  au  départ totalement dépendants de la Russie pour leur survie, ont pu s’extirper de celle-ci en adoptant une attitude  qui  vise  à  passer  de  leur  relation  avec  la  Russie  vers  une  relation  avec  les  partenaires  occidentaux.  Kiev  pourrait  faire  de  même  et  dispose  d’un  potentiel  énorme,  il  lui  faut  juste  parvenir à l’exploiter et à inciter l’OTAN et les Européens à accorder leur confiance.

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La Grèce a-t-telle trouvé une solution à la crise ?

Source : http://www.lesechos.fr/monde/europe/02162320458-la-grece-rembourse-le-fmi-et-cherche-le-salut-politique-avec-un-referendum-1118522.php

La Grèce rembourse le FMI et cherche le salut politique avec un référendum

Anne Bauer / Correspondante à Bruxelles | Le 11/05 à 19:53

750 millions d’euros vont être remboursés au FMI en attendant la prochaine échéance de juin. L’idée d’un référendum à Athènes sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro fait son chemin.

L’agence de la dette grecque a annoncé avoir donné l’ordre de paiement pour rembourser l’échéance de 750 millions d’euros au FMI due mardi 12 mai, alors que les ministres des Finances de la zone euro prenaient connaissance à Bruxelles des progrès des négociations. Un nouveau gage de bonne volonté alors que nombre de ministres ont été échaudés par les ratés des négociations depuis l’accord conclu le 20 février . Cette fois-ci, le ton a toutefois changé, et à l’inverse de l’Eurogroupe du 24 avril à Riga , plein de reproches et d’amertume, l’atmosphère était plus amicale et encourageante. A l’issue de la réunion, les ministres se sont félicités des progrès accomplis et de la contribution grecque « à des discussions plus substantielles ». Toutefois, l’accord n’a pas été scellé, lundi. « Plus de temps et plus de travail sont nécessaires », a une nouvelle fois répété le président de l’Eurogroupe Jerone Dijsselbloem. Le prochain remboursement important de la Grèce interviendra le 5 juin, avec un dû de 302,5 millions d’euros au FMI, ce qui laisse encore quelques semaines pour trouver un accord.

L’écart entre les positions se réduit

A priori, l’écart entre ce qu’exigent les créanciers et ce que peut accepter le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est rétréci, mais pas au point que le FMI, la BCE et la Commission européenne rendent les armes. Alors que les caisses d’Athènes se vident, les créanciers sont de plus en plus en force pour pousser « leur programme de redressement de l’économie grecque », même s’ils ne cessent de répéter qu’ils sont flexibles.

Signe du basculement du rapport de force, le gouvernement d’Alexis Tsipras évoque à présent la tenue d’un référendum en cas d’impasse avec l’Eurogroupe. Il pourrait demander aux Grecs s’ils veulent rester dans l’euro, et d’une manière ou d’une autre à quel prix. Yannis Dragasakis, vice-premier ministre grec, a évoqué cet appel au peuple en cas d’impasse à l’Eurogroupe.

Des ministres étonnament zen

Lundi, les ministres des Finances se sont montrés curieusement zen sur la tenue éventuelle d’un nouveau vote en Grèce. En 2011, l’ex-Premier ministre grec Georges Papandréou avait dû démissionner tant la colère suscitée par sa volonté de faire un réferendum avait été grande en Europe, et notamment auprès d’Angela Merkel et de l’ex-président français Nicolas Sarkozy. Mais cette fois-ci, bien que le temps manque pour de telles manoeuvres politiques d’ici à fin juin, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schauble s’est montré ouvert: « si la Grèce estime devoir faire un référendum , qu’elle le fasse ! Cela pourrait être positif que de laisser le peuple grec décider ce qu’il est prêt à accepter ou ce qu’il voudrait changer ». Plusieurs ministres ont aussi déclaré « pourquoi pas ? ».

Plus de 70 % des Grecs déclarent vouloir rester dans l’euro

De fait, le Premier ministre Alexis Tsipras est de plus en plus coincé entre ses caisses vides et ses promesses électorales impossibles, telle que la hausse immédiate du Smic de 25 %. Il garde encore un soutien majoritaire, mais sa cote de popularité est passée de 82 % en février à 54 %, selon un sondage du week-end. Et pour rassurer les Européens, plus de 70 % des Grecs déclarent vouloir rester dans l’euro, et si la question était soumise à référendum, 49,2% d’entre eux accepteraient de nouvelles coupes dans les salaires et les retraites si cela permettait au pays de rester dans l’euro. Un référendum pourrait donc permettre à Alexis Tsipras d’opérer le virage tant attendu par ses partenaires vers le centre gauche.

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Grèce, une issue à la crise se dessine…

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/11/athenes-face-a-ses-creanciers-l-amorce-d-un-compromis-ou-la-crise_4630950_3234.html

Athènes face à ses créanciers: l’amorce d’un compromis, ou la crise

Le Monde.fr | 11.05.2015 à 08h08 • Mis à jour le 11.05.2015 à 08h09 | Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

Les ministres des finances de la zone euro se réunissent lundi 11 mai à Bruxelles. Au menu de cet Eurogroupe : un peu d’Irlande, d’Espagne, mais surtout, encore et toujours depuis trois mois, de la Grèce…

Revue des enjeux de cette énième réunion des 19 ministres des finances de la zone euro, alors qu’un accord n’est toujours pas en vue sur le versement de la dernière tranche de prêts du deuxième plan d’aide au pays (7,2 milliards d’euros) contre une liste de réformes côté Grec.

  • Des positions encore très éloignées

Les négociateurs, à Bruxelles et dans les capitales européennes, l’ont répété ces derniers jours : cet Eurogroupe ne sera pas « décisionnel », aucun accord n’y sera acté, il y a encore trop d’écarts entre ce que sont prêts à accepter les créanciers et ce que souhaite obtenir le gouvernement d’Alexis Tsipras.

Mais cette réunion ne doit pas non plus servir à rien : il faudrait qu’elle soit l’occasion d’acter le fait que les négociations en cours au « groupe de Bruxelles », cette petite quarantaine de techniciens grecs et représentants des créanciers d’Athènes (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne), progressent bien.

Ce n’est pas rien : jusqu’à présent, ces discussions patinaient sérieusement. Surtout, à en croire les créanciers d’Athènes, à cause du manque de bonne volonté côté grec.

Depuis l’Eurogroupe du 24 avril, suite auquel cette équipe a été renouvelée, et surtout mise sous l’autorité d’un proche du premier ministre grec, Euclide Tsakalotos, et non plus d’hommes du ministre des finances, Yanis Varoufakis, les pourparlers avancent mieux. On est enfin entré dans le dur des discussions, dit-on à Bruxelles.

  • Des « lignes rouges » de part et d’autre

Les ministres des finances de l’Eurozone pourraient aborder les « lignes rouges » des uns et des autres. Les créanciers de la Grèce insistent pour que le pays présente une liste de réformes, qui ne grèvent pas davantage les finances publiques du pays et la compétitivité de son économie.

Selon les nouvelles prévisions de la Commission européenne pour 2015, la Grèce, qui avait affiché en 2014 un budget en léger excédent primaire (avant charge de la dette), sera à nouveau en déficit en 2015 (2,1 % du produit intérieur brut), en raison de la chute des rentrées fiscales, liées aux incertitudes politiques depuis le début de l’année.

La dette, elle, devrait atteindre 180 % du PIB. Des paramètres qui réduisent encore un peu la marge de manœuvre du gouvernement Tsipras, qui tente d’imposer des mesures anti-austérité.

Samedi 9 mai, le ministère des finances grec a dit ne plus prévoir, lui, qu’une croissance d’« au moins 0,8 % cette année », moins du tiers de la projection initialement retenue dans le projet de budget 2015.

Par ailleurs, le FMI, classiquement plus enclin à exiger des réformes ayant un effet à court terme (il prête à 10 ans, contre une moyenne de 32 ans de maturité pour les prêts accordés par les pays de l’UE à la Grèce), devrait insister, lui, sur sa volonté qu’Athènes continue à réformer le système des retraites et à libéraliser le marché du travail, alors que les priorités de la Commission européenne vont plutôt aux mesures fiscales (privatisations, TVA sur les achats des touristes dans les îles grecques…).

  • Au mieux, un accord d’ici à fin mai

L’idéal, pour certaines sources proches des négociations, serait que les 19 ministres des finances de l’eurozone parviennent à une déclaration commune permettant d’indiquer que « les discussions avancent, la perspective d’un accord se rapproche. »

Une telle phrase donnerait l’assurance qu’un accord va advenir dans les jours ou les semaines qui viennent et lèverait quelques hypothèques. Elle permettrait notamment à la BCE de continuer à relever, de semaine en semaine, le plafond des ELA (emergency liquidity assistance), ce financement d’urgence qu’elle continue à fournir aux banques grecques.

Athènes y croit : la Grèce et ses créanciers internationaux sont « très proches » d’un accord, a affirmé, dimanche 10 mai, Euclide Tsakalotos. « Après des semaines de douloureuse négociation, si l’autre partie le souhaite, nous allons voir qu’(…) un accord est très proche et sera conclu prochainement », a déclaré le coordinateur des discussions avec les créanciers au quotidien grec Avgi.

Les plus optimistes, côté créanciers, espèrent un accord d’ici à fin mai. Cela permettrait de disposer encore d’un gros mois – d’ici à fin juin, date d’expiration du deuxième plan d’aide à la Grèce – pour négocier un troisième plan d’aide, et un allégement de la dette grecque (environ 340 milliards d’euros). Une discussion « pas taboue », comme l’a dit au « Monde » le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, jeudi 7 mai.

Le scénario du pire n’est pas exclu

Si l’Eurogroupe n’accouche d’aucune déclaration positive ou si, pire, comme à celui qui s’est tenu à Riga, le 24 avril, il se termine sur un clash, les scénarios du pire, dont celui d’un « Grexit » (sortie de la Grèce de la zone euro), vont revenir sur le devant de la scène, alors que le 12 mai, Athènes est censée effectuer un nouveau remboursement au FMI (770 millions d’euros).

De fait, un désaccord évident, lundi, serait la preuve qu’un accord est très difficile, voire impossible, entre un gouvernement de gauche radicale anti-austérité et le reste de l’Eurozone, dominé par des gouvernements conservateurs et sociaux-démocrates.

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La Grèce, un nouveau Cuba ?

Source : http://fr.sputniknews.com/international/20150414/1015660944.html

Rien n’empêche la Grèce d’accorder une assistance technique et militaire à la Russie, estime l’historien et philosophe grec Ilias Iliopoulos.

Une coopération militaro-technique plus étroite avec la Russie est dans l’intérêt de la Grèce, et Athènes pourrait notamment, si besoin, mettre ses bases militaires à la disposition de Moscou, a indiqué Ilias Iliopoulos, professeur de géostratégie à l’Ecole de défense nationale de Grèce.Selon l’expert, ces questions pourraient être examinées lors de la visite en Russie du ministre grec de la Défense Panos Kamménos les 15 et 16 avril.

« Je salue la visite du ministre en Russie, estimant qu’elle aura une grande portée politique. En violation du droit international, l’Occident mène à présent une guerre non déclarée contre la Russie », a déclaré M.Iliopoulos.

Ce dernier n’a pas exclu qu’une éventuelle utilisation des bases grecques par les militaires russes puisse être évoquée lors de cette prochaine visite. »Pourquoi pas? 25 ans se sont écoulés depuis la chute du communisme », a-t-il fait remarquer.

Et d’ajouter que la Russie souhaitait sans doute élargir sa présence permanente dans l’est de la Méditerranée, en mers Egée et Ionienne.

M.Iliopoulos a exprimé la certitude que cela serait très important pour la paix et la sécurité dans le monde, pour la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical.

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La nouvelle guerre froide semble bien se confirmer

Source : http://fr.sputniknews.com/presse/20150508/1016005910.html

Le Parlement russe n’exclut pas la possibilité que la Russie réanime sa coopération militaire et technique avec Cuba, ainsi que son centre de renseignement électromagnétique à Lourdes en banlieue de la Havane, abandonné en 2002.

 « Dans le contexte géopolitique actuel de pression américaine et des sanctions antirusses, la coopération avec la République de Cuba permettra de rétablir les relations qui existaient entre nos deux pays avant le milieu des années 1980 et l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, qui s’est mis à réduire ce partenariat », explique Dmitri Gorovtsov, vice-président du comité pour la sécurité à la Douma (chambre basse du Parlement russe).

« A mon avis, nous pourrions bientôt rétablir la station radar de Lourdes, utilisée par l’URSS et ensuite par la Russie. Nous étions très proches de cette station mercredi dernier, lors de la cérémonie de dépôt de gerbes consacrée à nos combattants-internationalistes, morts à Cuba en accomplissant leur devoir militaire », souligne-t-il, avant d’ajouter qu’il considère ce centre comme un joyau de l’arsenal militaire russe.La station de Lourdes était le centre principal de renseignement électromagnétique soviétique et russe à l’étranger. Sa construction achevée en 1967, la base est restée en service jusqu’à 2002. A l’époque de la Guerre froide le centre jouait un rôle primordial dans le domaine du renseignement.

Le bail de cette base militaire coûtait 90 millions de dollars en 1992 et 200 millions de dollars de 1996 à 2000. Le paiement s’effectuait en fournitures de bois, de produits pétroliers et de matériel militaire. Cuba avait également accès à toutes les informations obtenues relatives à sa sécurité. Le maintien du contingent russe — jusqu’à 1 500 personnes — exigeait encore 100 millions de dollars annuels.Les années 1990 ont remis en cause la nécessité des bases militaires russes à l’étranger. Les difficultés économiques consécutives à la crise de 1998, la croissance faible des années 2000-2001 et les exigences du gouvernement américain ont poussé les autorités russes à fermer la base, le retrait des militaires s’étant achevé en 2002.

« Cuba est pratiquement le pivot de l’Amérique du Nord et du Sud. Ainsi, d’un point de vue stratégique, la présence d’une base militaire russe sous telle ou telle forme est dans les intérêts de la sécurité nationale de la Russie et de Cuba, estime Igor Korotchenko« , membre du Conseil social auprès du ministère russe de la Défense. »La coopération militaire et technique, ou militaire et politique avec Cuba est tout à fait possible. Je peux le confirmer en tant que participant aux négociations avec les Cubains. Mais il me semble contre-productif de se baigner deux fois dans la même rivière. Le monde et sa configuration ne cessent de changer, et je doute donc qu’il nous faille nous revenir à la situation des années 1980 à Cuba. En ce qui concerne la présence militaire et technique, les technologies actuelles permettent d’assurer le renseignement électromagnétique par des moyens plus efficaces par rapport à la présence d’une station radar », assure Andreï Klimov, vice-président du comité pour les affaires internationales au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe).

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