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Archive for juin 2015

la crise, une tragédie grecque ?

Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/06/28/20002-20150628ARTFIG00177-la-greceau-bord-du-defaut-de-paiement-et-de-la-sortie-de-l-euro.php

La Grèce au bord du défaut de paiement et de la sortie de l’euroPar Jean-Jacques Mevel – Mis à jour le 28/06/2015 à 21:36

  • Publié le 28/06/2015 à 21:32

Mardi soir, le plan d’aide arrive à échéance et Athènes pourrait ne pas payer le FMI.

<a href= »http://ww691.smartadserver.com/call/pubjumpi/42296/287574/18482/S/%5Btimestamp%5D/? » target= »_blank »> <img src= »http://ww691.smartadserver.com/call/pubi/42296/287574/18482/S/%5Btimestamp%5D/? » border= »0″ alt= » » /></a>                 <a href= »http://ww691.smartadserver.com/call/pubjumpi/42296/287574/18470/S/%5Btimestamp%5D/? » target= »_blank »> <img src= »http://ww691.smartadserver.com/call/pubi/42296/287574/18470/S/%5Btimestamp%5D/? » border= »0″ alt= » » /></a>             La Grèce n’est pas encore larguée dans le vide, mais elle ressent à coup sûr le vertige. Banque centrale européenne, Eurogroupe, plans de sauvetage… les cordes de rappel de l’euro lâchent les unes après les autres et le pays commence à goûter le sort qui le guette, avec l’étirement de files d’attente devant les distributeurs de billets.

La dégringolade commence ce lundi matin avec la fermeture annoncée dimanche soir des banques pour éviter des retraits massifs. La Banque centrale européenne, garante de l’euro, a décidé dimanche de ne pas relever le plafond des liquidités d’urgence consenties aux banques de la péninsule pour faire face à l’affolement des épargnants. Avec ce contrôle des capitaux qui ne dit pas son nom, la Grèce commencera à se couper de l’union monétaire. À brève échéance, l’activité économique risque d’être paralysée, tout comme le paiement des salaires.

La faillite d’État est la seconde marche de la descente aux enfers. Mardi 30 juin à minuit, la Grèce d’Alexis Tsipras perdrait sans appel le filet de sécurité financier que lui assuraient depuis 2010 deux plans de sauvetage d’un total de 240 milliards financés par l’UE, la BCE et le Fonds monétaire international. À la même heure, le Trésor d’Athènes, à sec, se retrouverait sans doute incapable d’honorer une échéance de 1,6 milliard due à l’institution de Washington. Il tomberait en arriérés et très vite en défaut de paiement faute de rentrées prévisibles.

Un sommet pour stopper l’irréparable?

La chute et la sortie de l’euro seraient sans doute sans retour au soir du dimanche 5 juillet, si les Grecs rejettent par référendum l’offre ultime des 18 autres pays de l’euro. L’exercice serait virtuel, puisque tout ce que l’UE a mis sur la table – les crédits comme le programme – sera déjà venu à expiration le 30 juin, comme le souligne Christine Lagarde. Beaucoup dépendra aussi de la question posée, objet de laborieuses tractations à Athènes.

À Bruxelles, les moins pessimistes se rassurent en expliquant que la consultation populaire sera un vote pour ou contre la monnaie commune. Alexis Tsipras invite clairement à voter «non», ce qui l’a fâché avec ses interlocuteurs. Mais les Grecs, déjà instruits par une semaine de chaos, pourraient aussi lui infliger un «oui» politiquement mortel. Les capitales de l’euro pousseraient un énorme soupir de soulagement, malgré les dégâts financiers. Une chose est sûre, l’électeur aura le dernier mot. Et «oui» ou «non», le reste de l’Europe saura enfin à quoi s’en tenir.

C’est un scénario à très hauts risques. Après cinq ans de crise et cinq mois de diatribes avec le chef de Syriza, pourquoi ne pas laisser quelques jours de plus à la conciliation? Discrètement, Jean-Claude Juncker et quelques autres poussent à renouer, d’ici ce mardi, les fils cassés par le premier ministre grec et sa stupéfiante annonce d’un référendum. Le vote de dimanche serait maintenu. Mais Alexis Tsipras obtiendrait enfin la promesse d’un allégement du service de la dette grecque, contre l’engagement de faire campagne pour le «oui» au référendum. C’est le marché évoqué à la Commission, dit-on de source européenne.

Pour stopper l’irréparable, la partie se joue désormais au niveau politique le plus élevé: celui des chefs d’État et de gouvernement, priés de sortir des vains conseils à Alexis Tsipras et d’une distance insondable avec les «institutions» financières, laissées en première ligne. L’idée d’un sommet de l’euro, lundi ou mardi, commence à prendre corps. À Berlin et Paris, la chancelière et le président vont consulter d’urgence leurs états-majors. François Hollande réunit ce lundi, en début de matinée, un conseil restreint autour de Manuel Valls et Michel Sapin.

L’Eurogroupe tout près de s’en laver les mains

Il ne reste à vrai dire plus que les «chefs» pour éviter l’amputation de la monnaie commune. Dimanche, la BCE, rempart de la stabilité monétaire, a clairement renvoyé le mistigri à Angela Merkel, François Hollande et leurs pairs, en refusant de verser davantage dans un puits grec sans fond. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, est tout près de s’en laver les mains: il dit ne plus avoir envie de discuter avec une équipe Tsipras «dont on peine à croire qu’elle puisse appliquer consciencieusement» la parole donnée.

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La Grèce, pour ou contre l’Europe…

Source : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/190615/accorder-plus-de-confiance-au-nouveau-gouvernement-grec?utm_campaign=2824561&utm_medium=email&utm_source=Emailvision

Accorder plus de confiance au nouveau gouvernement grec

 La réunion de la zone euro consacrée à la Grèce qui s’est conclue jeudi soir, après un peu moins d’une heure et demie de discussions, sans accord ni aucune décision, rapprochant un peu plus le pays d’un défaut de paiement à la fin du mois, fait réagir Efthymios Aravantinos, conseiller de presse auprès de l’Ambassade de Grèce à Paris.

De façon générale, avant les élections grecques, la perspective d’un nouveau gouvernement dirigé par Alexis Tsipras, qui n’avait aucune implication dans le fameux système clientéliste politique, ni dans la corruption, a suscité une vague d’espoir. Celui qu’il pourrait faire face à ces fléaux endémiques.

Pourquoi, à présent, refuse-t-on de lui accorder la possibilité de réaliser cette tâche ? Pourquoi ne lui donne-t-on pas l’espace démocratique et le temps nécessaires afin qu’il puisse faire face aux vraies défis de la Grèce : corruption,  reforme administrative, clientélisme politique, construction d’un Etat moderne et juste, réforme fiscale, prévalence de la méritocratie, mais surtout création de perspectives nouvelles pour l’avenir du pays.

Les Grecs vivent depuis cinq ans dans l’angoisse. Depuis que la Grèce est devenue le bouc émissaire des maux de l’Europe, elle est stigmatisée, montrée du doigt à cause de ses difficultés présentes et, dit-on, de ses excès passés. Les Grecs auraient ainsi consommé trop de produits européens, plus qu’ils ne pouvaient se le permettre. Mais l’adhésion à l’UE conduisait naturellement à cette situation. Cette adhésion et celle à la zone euro ont désintégré une grande part de la base productive du pays et favorisé les importations. Aujourd’hui, les citoyens helléniques vivent au jour le jour. Il n’y a aucune perspective, pas de plans pour l’avenir. Les jeunes Grecs sont piégés par la spirale infernale de la dette.

Chacun sait que les plus instruits partent pour l’étranger, beaucoup de médecins en l’Allemagne ou au Royaume-Uni, les ingénieurs pour les pays du Golfe, les artistes pour la France, d’autres pour des pays accueillant traditionnellement des émigrés Grecs comme l’Australie ou les Etats-Unis. Une nouvelle émigration qui vient aggraver encore une démographie déjà parmi les plus faibles d’Europe. Cette hémorragie de compétence est l’un des fléaux les plus douloureux que subit la Grèce, il mine l’avenir et crée encore plus de détresse dans la population.

Pour la Grèce, il ne s’agit pas que d’une crise sociale et économique qui a fait qu’elle est devenue le sujet favori des économistes et des spéculateurs. C’est avant tout un problème politique. Le désespoir qui fait germer les idées extrêmes, seule la loi démocratique et surtout le doute populaire parviennent encore à contenir d’une manière efficace ce phénomène.

Certes, pendant un certain temps, les Grecs ont vécu au-dessus de leurs moyens, surtout après l’adhésion de la Grèce au sein de l’UE. Le pays baignait alors dans une sorte d’euphorie : les Jeux Olympiques incarnaient cette euphorie, avec toutes les espérances et les fantasmes qu’ils ont fait naître.  Un nouveau mythe, qui a beaucoup joué dans l’imaginaire des Grecs, un peuple sentimental, peut être pas si réaliste et un peu rêveur.

Il conviendrait aussi de rappeler avec force que la Grèce n’a jamais été un pays riche. Peut-être était-il alors inévitable qu’il y eût un coup d’éclat, lorsqu’une crise internationale arriverait. Pendant longtemps, la consommation a été favorisée par un taux d’épargne nul. On s’habitue vite à vivre mieux et, malgré leur respect de l’histoire et de ses enseignements, les Grecs avaient cru, à la fin des années 1990, que les jours sombres étaient loin derrière eux.

L’UE et surtout la zone euro ont inspiré de la sécurité. Durant ces années, les Grecs admiraient les grands travaux publics financés par l’UE et faciliter leurs quotidiens : des aéroports modernes, des ponts, des autoroutes, le métro. Ils ont cru que la vie dure qu’ils avaient toujours menée dans le passé était terminée. Ils ont surtout cru que l’avenir serait meilleur pour leurs enfants.

Il est incontestable que tout en profitant des avantages de son adhésion à la zone euro, la Grèce devait remettre de l’ordre dans sa maison lorsque les temps étaient favorables. L’inexpérience, un opportunisme en grande partie dû à cette malheureuse méfiance historique des Grecs envers leur Etat, cette chimère de prospérité qui était partout visible, tout cela n’a pas facilité la modernisation de l’Etat, ni sa rationalisation, ni son épanouissement.

Sans vouloir nier cette responsabilité d’une partie de notre élite politique et de notre société en général, la jeunesse de l’Etat grec est néanmoins une forme d’excuse. Sous sa forme actuelle, cet Etat a à peine 68 ans. Lorsqu’il est né, cet Etat n’avait pas pour première préoccupation de bâtir une administration moderne et efficace, mais plutôt de soutenir, par tous les moyens, l’effort de guerre pour qu’il puisse rendre l’indépendance aux régions de la nation qui vivaient encore sous le joug de l’occupation.

Nous sommes arrivés aujourd’hui après 5 ans de crise violente. Une crise qui, comme on le sait, a conduit à une baisse du PIB d’un quart et à un taux de chômage de plus de 25% de la population active. Un taux qui, chez les jeunes, atteint 60%. Même salariés, les jeunes sont obligés de vivre en-dessous du seuil de pauvreté et à être constamment soutenus par leurs parents, ce qui entame de plus en plus le capital familial. Cette crise a aussi conduit quelques milliers de Grecs au suicide, un phénomène totalement inconnu jusqu’alors dans notre société. Un sacrifice impitoyable sur l’autel de l’austérité. Et les institutions – européennes incluses – nous disent qu’il faut faire plus d’efforts, parce que ceux qui ont déjà été réalisés sont insuffisants. Qu’il faut encore baisser les pensions, un des derniers soutiens financiers de familles qui souvent comptent plusieurs membres au chômage.

Les institutions refusent de faire un effort sur la dette, notamment sur la baisse du taux d’intérêt et sur un allongement de sa maturité, ce qui la rendrait plus viable et donnerait un signe positif aux investisseurs pour un pays qui par ailleurs est béni par toutes les beautés du monde et un peuple qui est chaleureux et amical. Ils refusent cet allégement qu’ils avaient promis lors de la réunion de l’Eurogroupe du 27 novembre 2012 lorsque le pays aurait atteint un excédent primaire, ce qui a déjà été fait en 2013 mais aussi en 2014.

De nombreux commentateurs disent que l’Europe est devenue punitive, que les citoyens Européens sont désenchantés par l’Europe, qu’il y a plus de précarité, plus d’angoisse. Pour les Grecs, c’est le cas. Et pourtant, les Grecs dans leur grande majorité sont favorables à l’Europe même à l’euro. Les manifestants qui se sont réunis par milliers jeudi à Athènes l’ont fait entendre à haute voix.

Les Grecs considèrent toujours que ce projet européen auquel ils ont invariablement adhéré est leur nid naturel pour des raisons historiques, politiques, sécuritaires, mais aussi parce que, dans le passé, ils ont bénéficié considérablement de ce projet. Aucun Grec ne contesterait ce dernier argument et c’est une des raisons pour lesquelles il y a encore un soutien si spectaculaire de la part des Grecs envers le projet européen.

Néanmoins, il existe une attitude de méfiance des institutions européennes envers le nouveau gouvernement qui est pourtant amplement soutenu par la population. Cette population croit avec ferveur que ce nouveau gouvernement pourra finalement respecter ses aspirations et donner toute son âme pour un Etat moderne, la méritocratie et un avenir meilleur qui contribuera à endiguer toute tendance vers l’euroscepticisme qui actuellement tourmente l’Europe.

Mais qui pourrait savoir mieux que le peuple lui-même ce qui convient à son avenir ? C’est en choisissant leurs leaders et les partis au pouvoir qu’avancent les peuples dans le monde démocratique. Pourquoi l’Europe ne pourrait pas être plus accueillante avec le gouvernement d’Alexis Tsipras en montrant d’une façon substantielle et bienveillante un vrai accompagnement de son effort. C’est ce qu’attend avec impatience des institutions européennes et de ses partenaires, le peuple grec!

Il est inconcevable que ces institutions avancent l’argument que 2,5% du PIB de la zone euro ne posent pas un souci tel pour qu’il vaille la peine d’arriver à un compromis satisfaisant pour tous et que le reste de l’économie de la zone euro est à l’abri d’une crise grecque. Espérons que les institutions européennes cessent de freiner le dynamisme et l’élan réformateur du nouveau gouvernement grec dans une interminable négociation qui prend tout le peuple grec en otage.

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L’Islande, une nouvelle alternative ?

Source : http://www.liberation.fr/economie/2013/02/08/l-islande-modele-de-sortie-de-crise_880163

L’Islande, modèle de sortie de crise ?

Dominique ALBERTINI 8 février 2013 à 11:03
L’Islande, modèle de sortie de crise ? L’Islande, modèle de sortie de crise ? (Photo Thorvaldur Orn Krismundsson. AFP)

Démocratie directe, coupes dans les dettes… Un livre revient sur les solutions non orthodoxes du petit Etat, passé tout près du naufrage financier.

«Que Dieu sauve l’Islande.» Lorsque le Premier ministre, Geir Haarde, conclut ainsi son adresse aux citoyens de la petite nation insulaire, en octobre 2008, ces derniers comprennent que les temps s’annoncent difficiles. Après plusieurs années d’exubérance financière et de consommation à tout crin, l’Islande coule, lestée d’un secteur bancaire obèse qui ne résiste pas plus que l’Europe et les Etats-Unis à la crise mondiale. Le pays, qui voit son PIB chuter de 6,6% en 2009, découvre un chômage jusqu’alors quasi-inexistant.

C’est cette chute, mais surtout les solutions mises en œuvre par le pays pour se redresser, que décortique Pascal Riché (rédacteur en chef de Rue89) dans un livre -et un e-book- paru jeudi : Comment l’Islande a vaincu la crise (éditions Versilio, 115 p.). Un reportage dans «le labo de l’Europe», et l’occasion de dépasser quelques sympathiques clichés au sujet du redressement islandais. Non, l’île n’a pas connu de «révolution», mais une simple rupture de coalition gouvernementale sous la pression populaire.

Le pays n’a pas non plus rompu avec le capitalisme, ni embastillé ses banquiers, pas plus qu’il n’a évité une cure de rigueur sous l’égide du FMI. Quant à son projet de nouvelle constitution, non, il n’a pas été rédigé «sur les réseaux sociaux». Mais, explique Riché, que l’histoire ne relève pas du «conte de fées anticapitaliste» ne l’empêche pas de représenter un «petit miracle» démocratique. Quels sont les éléments de la recette islandaise ?

1. Etre sélectif dans ses renflouements

En 2008, la taille des banques islandaises représente dix fois le PIB national. Autant dire que le pays n’a pas les moyens de voler à leur secours au lendemain de la chute de Lehman Brothers. Seul les dépôts des Islandais reçoivent donc la garantie de l’Etat. Les épargnants étrangers ─ britanniques et néerlandais, notamment ─ qui avaient confié leurs sous aux établissements locaux en sont pour leur frais, et se retournent vers leurs propres gouvernements. En Islande, de nouvelles banques sont créées pour reprendre les opérations domestiques. Contrairement à une idée reçue, sur les trois établissements concernés, deux ont d’ores et déjà été privatisées.

2. Ecouter le peuple

Petit à petit, les rassemblements se massifient devant l’Assemblée islandaise. En janvier 2009, les manifestants finissent par obtenir la démission du Premier ministre, de la direction de l’Autorité de surveillance des banques et de celle de la banque centrale. Puis, par deux référendums, l’Etat choisira de ne pas rembourser les créances réclamées par les gouvernements britannique et néerlandais. Une nouvelle constitution est élaborée sur la base des travaux de vingt-cinq citoyens «ordinaires» ─ plutôt médecins et professeurs que pêcheurs et ouvriers, néanmoins─ et de contributions recueillies sur les réseaux sociaux. Mais 49% seulement des citoyens participent au référendum validant le projet, et le dernier mot reviendra à la nouvelle Assemblée élue en avril prochain.

3. Punir (avec modération)

Passé le plus dur de la crise, vient le temps de la recherche des responsabilités. Ce n’est pas l’épisode le plus glorieux de la saga islandaise. Unique politicien poursuivi, le Premier ministre au moment du krach, Geir Haarde, fait surtout figure de bouc émissaire. Il sera condamné pour une formalité et pas même sanctionné. Du côté des banquiers, deux spéculateurs seulement ont été condamnés pour l’instant, bien que de nombreux dossiers restent ouverts.

4. Couper dans les dettes

Les mesures ont fait moins de bruit que la fameuse constitution «2.0». Mais, selon Riché, elles sont bien «les plus courageuses et radicales». Pour sauver les ménages les plus endettés de la faillite personnelle, l’Etat incite les banques a écréter leurs créances : au-delà de 110% de la valeur du logement, la dette est effacée. Des mesures similaires sont prises pour les PME, tandis que les prêts basés sur les variations de devises, destructeurs dans la crise, sont proscrits. Grâce à ce cocktail non-orthodoxe, l’Islande est aujourd’hui sur le chemin du redressement. L’île n’a cependant pas pu s’épargner un plan d’austérité, sous la houlette d’un FMI aux exigences relativement modérées.

L’Islande, modèle pour l’Europe ? Certes, sa reprise reste fragile, et la démocratie directe est plus simple à appliquer dans une société de 320 000 habitants ─ dont les deux tiers dans une seule agglomération urbaine ─ bien plus homogène que dans les grands pays continentaux. Mais, avec une croissance attendue à 2,7% en 2013 et un chômage proche de 5% fin 2012, comment ne pas s’intéresser aux ingrédients du miracle islandais ? Vu le «succès» des politiques européennes actuelles, le continent aurait bien besoin, lui aussi, de nouvelles recettes.

Dominique ALBERTINI

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A l’est rien de nouveau… quand on regarde ailleurs…

Source : http://fr.sputniknews.com/international/20150609/1016479203.html

International – 14:38 09.06.2015(mis à jour 14:44 09.06.2015)

Le sommet conjoint du BRICS et de l’OCS qui se déroulera en juillet dans la république russe de Bachkirie fournira à Moscou une excellente occasion d’afficher sa souplesse et son aptitude à braver les sanctions occidentales.

Le sommet conjoint des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se tiendra en juillet à Oufa (Bachkirie), risque de porter un coup dur à l’hégémonie mondiale des Etats-Unis, écrit Greg Shtraks dans les pages du magazine japonais The Diplomat.

Ce sommet promet d’être très important, car il pourrait donner naissance aussi bien à une nouvelle institution financière commune — la Banque de développement de l’OCS — qu’à de nouvelles alliances stratégiques susceptibles de modifier le rapport des forces en Asie-Pacifique.Le prochain sommet ouvrira en outre d’excellentes perspectives à l’OCS, car il est fort probable que de nouveaux pays adhèrent prochainement à cette organisation. Il s’agit notamment de l’Afghanistan, de la Mongolie, de l’Iran, de l’Inde et du Pakistan.

Selon M. Shtraks, l’Inde et le Pakistan sont les candidats les plus probables. Leur adhésion pourrait équilibrer au sein de l’OCS les relations entre la Chine qui coopère avec le Pakistan depuis les années 1960 et la Russie, partenaire de longue date de l’Inde.

Le sommet d’Oufa évoquera également la création d’une banque de développement au sein de l’OCS, ainsi que la coopération entre l’Union eurasiatique et le projet chinois « Nouvelle route de la soie » prévoyant la création d’un corridor de transport entre la Chine et l’Europe via la Russie. D’après Greg Shtraks, le mécanisme de cette coopération est en cours d’élaboration.

En ce qui concerne le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le forum d’Oufa présentera une feuille de route pour le développement de cette alliance jusqu’en 2025.

La Russie assurant la présidence tournante du BRICS et de l’OCS, le sommet conjoint de ces deux organisations fournira à Moscou une excellente occasion de montrer sa souplesse et son aptitude à braver les sanctions occidentales, conclut l’analyste.

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une évolution en Turquie ?

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150608.OBS0299/turquie-le-parti-kurde-entre-en-masse-au-parlement-camouflet-pour-edrogan.html

Actualité > Monde > TURQUIE. Le parti kurde entre en masse au Parlement, camouflet pour Erdogan

TURQUIE. Le parti kurde entre en masse au Parlement, camouflet pour Erdogan

L' Obs

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Publié le 08-06-2015 à 07h00Mis à jour à 07h08

Avec près de 13% des voix aux législatives, le parti prokurde HDP envoie 79 députés à Istanbul et brise le rêve de majorité absolue islamo-conservatrice de Recep Tayyip Erdogan.

Scènes de liesse à Diyarbakir. Le parti kurde HDP (Pardi démocratique du peuple) devait franchir la barre des 10% aux législatives ce dimanche pour avoir le droit d’être représenté au Parlement : mission largement accomplie puisque avec presque 13% des voix, il y obtiendra 79 sièges. Une première.

Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui essuyé un sérieux revers, en perdant la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans au Parlement, enterrant de fait ses espoirs de renforcer son règne sans partage sur le pays. Selon des résultats définitifs, le Parti de la justice et du développement (AKP) est arrivé sans surprise en tête du scrutin mais n’a recueilli « que » 40,7% des suffrages et 258 sièges de députés sur 550, contraignant le leader islamo-conservateur à former, pour la première fois, un gouvernement de coalition.

« Nous avons remporté une grande victoire. […] Ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l’autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu », s’est ému le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas, lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Le HDP comptait déjà 29 sièges dans l’Assemblée sortante. Mais ses députés avaient été élus sous l’étiquette « indépendante » pour contourner le seuil obligatoire des 10%, et n’avaient retrouvé leurs couleurs et formé un groupe qu’une fois en fonction. Les deux autres principaux concurrents du parti au pouvoir, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite), obtiennent 25,1% et 16,4% des voix et totalisent 132 et 81 sièges.

Erdogan affaibli pour la première fois

Ce premier « raté » électoral sonne comme une sévère défaite pour Recep Tayyip Erdogan, qui avait largement transformé ce scrutin en référendum sur sa politique et sa personne. Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, son parti AKP se présentait pour la première fois en position de faiblesse face aux électeurs, victime du déclin de l’économie nationale et des critiques récurrentes sur la dérive autoritaire de son chef historique.

L’AKP n’a pas perdu les élections mais Erdogan a perdu tout espoir de faire passer la Turquie à un système présidentiel », a commenté l’universitaire Ahmet Insel.

Lors de son traditionnel « discours du balcon » depuis le siège de son parti à Ankara, le Premier ministre Ahmet Davutoglu s’est efforcé de minimiser l’ampleur de ce revers. « Cette élection a montré une fois de plus que l’AKP était la colonne vertébrale de ce pays. Personne ne doit essayer de transformer une défaite en victoire », a-t-il lancé devant des milliers de partisans. « Si Dieu le veut, la décision de la nation est la bonne », a-t-il commenté. « Nous allons poursuivre nos efforts pour changer la Constitution avec le soutien d’autres partis. » Le président Erdogan ne s’est lui pas encore exprimé.

Élu président haut la main en août dernier, ce dernier visait un renforcement de ses pouvoirs via cette élection. Violant son devoir de neutralité, il avait même fait campagne en ce sens. Mais pour parvenir à ses fins, son parti devait obtenir 330 sièges pour faire passer une réforme de la Constitution. Il lui en manque ce matin plus de 70.

Les prokurdes en fanfare

Grand vainqueur de la soirée, le chef de file du parti kurde HDP, Selahattin Demirtas, a réussi son pari. Ce quadra charismatique et ambitieux a mené une campagne moderne, anti-Erdogan et très marquée à gauche qui lui a permis d’élargir son audience au-delà de la seule communauté kurde (20% de la population turque).

A la fermeture des bureaux de vote, l’ambiance était encore tendue, notamment par crainte de fraudes lors du dépouillement. Mais sitôt les résultats confirmés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Diyarbakir, la « capitale » kurde du sud-est de la Turquie, pour célébrer la victoire du HDP en agitant des drapeaux et en klaxonnant, les passagers hissés aux travers des fenêtres de voitures, les doigts fièrement écartés en « V » en signe de victoire. Quelques coups de feu ont même été tirés en l’air.

Les partisans du parti prokurde ont dansé sous les youyous triomphants, scandant le slogan de campagne du parti : « nous sommes le HDP, nous sommes le Parlement. »

La montée du HDP symbolise l’unité des Kurdes et c’est une étape de plus vers la démocratie », estime Yalman, partisan du parti kurde. « C’est un avertissement adressé à l’AKP et ses tendances dictatoriales ».

Sous l’impulsion du président Erdogan, le gouvernement a accordé ces dernières années de nouveaux droits aux Kurdes, notamment pour l’utilisation de leur langue. Mais le chef de l’Etat a récemment changé de rhétorique et mis entre parenthèses le processus de paix engagé avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La campagne a par ailleurs été marquée par de nombreuses violences, visant pour l’essentiel le HDP. Vendredi soir, un attentat à la bombe contre une réunion publique du HDP à Diyarbakir avait fait deux morts et plusieurs centaines de blessés. Aucun incident n’a en revanche été signalé pendant le scrutin.

T.V. avec AFP

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deux poids, deux mesures, deux cultures ?

Source : http://www.lefigaro.fr/musique/2015/06/07/03006-20150607ARTFIG00124-jennifer-lopez-attaquee-en-justice-au-maroc-pour-trouble-de-l-ordre-public.php

Jennifer Lopez attaquée en justice au Maroc pour «trouble de l’ordre public»

La chanteuse américaine s’est attiré les foudres des autorités du pays avec ses tenues très légères et ses danses lors d’un récent concert qu’elle a donné à Rabat. Une plainte a même été déposée.

 Le récent concert donné par Jennifer Lopez à Rabat au Maroc n’est pas passé inaperçu. Diffusée sur la télévision publique, sa performance a été très sévèrement jugée et fait même l’objet d’une plainte pour avoir «perturbé l’ordre public et terni l’honneur des femmes», parce qu’elle a «dansé et chanté des chansons d’une bassesse et d’un mauvais goût indéniables, avec des gestes et des attitudes suggestives attentatoires à la pudeur et aux bonnes mœurs […] en présence d’un public majoritairement composé de mineurs et de mineures».

Si la plainte aboutissait (ce qui semble tout de même peu probable), la chanteuse risquerait un mois à… deux ans de prison. Si l’on en croit le site américain TMZ, ce concert ne différait en rien de ses précédentes prestations au Maroc. Mais la retransmission télévisée lui ayant donné un large public, la bomba latina est fustigée. Même le ministre marocain de la communication l’a condamnée sur son compte Twitter: «Ce qui a été diffusé est inacceptable et contraire au droit de radiodiffusion».

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Grece, dette, et effet d’annonce…

Source : http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-l-ultimatum-des-creanciers-fait-pschitt-481337.html

Grèce : l’ultimatum des créanciers fait « pschitt »

Alexis Tsipras a rejeté l’offre des créanciers, mais les discussions se poursuivent. L’ultimatum est donc déjà caduc. Mais le nœud gordien des négociations demeure : les retraites.

La réunion entre le premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a donc échoué mercredi 3 juin au soir. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, convoqué pour retranscrire les termes d’un éventuel accord et convoquer dans la foulée une réunion des ministres des Finances de la zone euro, est donc reparti sans rien avoir à faire. Le blocage persiste, mais les discussions, affirme-t-on, vont continuer.

L’échec de cette énième « rencontre de la dernière chance » et le fait même que les discussions continuent prouvent en tout cas que la manœuvre des créanciers consistant à proposer une « dernière offre » à Athènes qui serait « à prendre ou à laisser » a d’ores et déjà échoué. Cette forme dérivée d’ultimatum puisque la date limite n’était pas fixée officiellement, mais basée sur les échéances de remboursement de la Grèce n’a pas davantage été suivie d’effet que le précédent ultimatum de fin mars lorsque les créanciers avaient enjoints Athènes de présenter une « dernière » liste de réformes… avant d’en demander d’autres.

Un plan en forme de provocation

Ce plan soumis par les créanciers mercredi 3 juin au gouvernement grec était, il est vrai, inacceptable pour Alexis Tsipras et son gouvernement. Même le quotidien conservateur Ta Nea titre ce jeudi matin sur une « taxe de sang pour un accord. » Ce plan, fruit de pénibles discussions entre les représentants de la zone euro et du FMI, était une véritable provocation. Certes, il assouplit les objectifs d’excédents primaires (hors service de la dette) par rapport au plan de 2012 : 1 % du PIB en 2015 au lieu de 3 %, 2 % en 2016 au lieu de 4,5 %. Mais compte tenu de la dégradation de la conjoncture, ces objectifs signifiaient encore des coupes budgétaires massives.

Les créanciers réclament aussi une modification du régime de la TVA, avec deux taux au lieu de trois. Un taux principal qui demeure à 23 % et un taux « unifié » à 11 % qui regroupe les deux taux réduits actuels de 13 % et 6,5 %. Ceci signifie que les produits de base et l’énergie verraient leur taux de TVA passer de 6,5 % à 11 %. Enfin, les créanciers réclament une suppression des exemptions pour les îles de l’Egée. En tout, la TVA sera alourdie de 1,8 milliard d’euros. Enfin, les créanciers exigent des coupes dans les retraites dès juillet, de 0,25 % à 0,5 % du PIB pour 2015 et 1 % du PIB en 2016. Et le report de la retraite complémentaire pour les pensionnés les plus faibles jusqu’en 2016.

C’était imposer une nouvelle cure d’austérité à l’économie grecque et affaiblir encore les plus fragiles. Et c’était donc aussi chercher à provoquer l’aile gauche de Syriza et à obtenir sa dissidence par la volonté nette « d’enfoncer » les « lignes rouges » sur les retraites du gouvernement Tsipras. Le premier ministre le sait, il a donc rejeté immédiatement ce plan. Ce jeudi 4 mai au matin, le gouvernement grec a donc rejeté officiellement le plan des créanciers : « ce n’est pas une base sérieuse de discussion. » Dès mercredi soir, avant son départ pour Bruxelles, Alexis Tsipras avait assuré que « à la fin de la journée, la seule option réaliste restera le plan grec. » Ce dernier, soumis le lundi 1er juin aux créanciers, prévoit des excédents primaires de 0,8 % du PIB cette année et 1 % l’an prochain, une réforme « neutre » de la TVA et la suppression des schémas de départ en préretraites.

Bluff de l’ultimatum

Le premier ministre hellénique a donc fait preuve de sang-froid et a, de facto, rejeté « l’ultimatum. » Si cet ultimatum en était réellement un, il n’y aurait plus de discussions possibles. Or, ce n’est pas le cas. Alexis Tsipras a même fait preuve de bonne volonté en annonçant que la Grèce paiera son échéance de 300 millions d’euros environ au FMI vendredi 5 juin, ce qui permet de poursuivre les discussions. C’est clairement une volonté de ne pas « rompre » avec les créanciers, mais c’est aussi la preuve qu’on peut discuter la proposition des créanciers, ce qui est l’inverse de la définition d’un ultimatum. Mercredi, le porte-parole du groupe parlementaire de Syriza, Nikos Fillis, avait prévenu qu’il n’y aurait pas de paiement « sans perspective d’un accord. » Il faut donc considérer qu’il y a une telle perspective. Selon Dow Jones, le premier ministre grec pourrait faire une contre-proposition. Tout ceci signifie donc que cet ultimatum n’en était pas un. C’était un bluff destiné à forcer la décision des Grecs.

Premières concessions des créanciers

En réalité, les créanciers semblent de plus en plus désemparés par la fermeté grecque. Ils lancent des ultimatums, mais ne peuvent accepter de tirer les leçons d’un rejet de ces derniers, autrement dit provoquer le défaut grec. Peu à peu, leur position de faiblesse devient plus évidente. Et ils commencent à reculer. Selon le Wall Street Journal, les créanciers abandonneraient désormais leurs exigences de réductions d’effectif dans la fonction publique et de réformes du marché du travail. Ce dernier point était une des « lignes rouges » du gouvernement grec qui obtient ici une nette victoire. De plus, selon France 24, François Hollande et Angela Merkel auraient accepté, mercredi soir, dans une discussion téléphonique avec Alexis Tsipras, qu’il fallait abaisser les objectifs d’excédents primaires. Ce pourrait être une ouverture pour accepter les objectifs helléniques.

Des concessions contre des coupes dans les pensions ?

Qu’on ne s’y trompe pas cependant : ces concessions pourraient n’être qu’un moyen d’arracher l’acceptation par Athènes de ce qui apparaît comme le nœud gordien de ces discussions : la réforme des retraites et les coupes dans les pensions. Il devient progressivement de plus en plus évident que le camp qui cèdera sur ce point aura perdu la partie en termes de communication. L’obsession des créanciers pour la réduction des pensions en a fait un sujet clé. Or, socialement et politiquement, le gouvernement Tsipras ne peut accepter ces mesures. « La question des retraites est un sujet des plus symbolique non seulement pour les citoyens grecs, mais aussi pour un gouvernement qui se dit de gauche », affirme une source proche du gouvernement à Athènes qui ajoute : « pour le gouvernement, une nouvelle réduction des retraites est absolument exclue. » Le gouvernement grec ne semble donc pas prêt à « négocier » les retraites contre l’abandon des exigences concernant le marché du travail. Car si le système de retraite grec est difficilement tenable à long terme (mais les systèmes allemands et français le sont tout autant), si même dans le gouvernement grec, on convient à demi-mot qu’il faudra sans doute le réformer un jour, il est impossible d’y toucher aujourd’hui. Pour deux raisons.

Pourquoi Alexis Tsipras ne peut céder sur les retraites

La première est sociale. Tant que le chômage est élevé et que le taux d’indemnisation des chômeurs est faible (14 %), les retraites ont une fonction sociale centrale. Elles permettent de faire jouer la solidarité familiale. C’est un amortisseur incontournable. Baisser à nouveau les retraites ne frappera donc pas que les retraités, cela frappera toute la société et notamment les jeunes dont le taux de chômage, rappelons-le, est de 60 %. La réforme des retraites ne peut donc intervenir dans cette situation. Il faut d’abord recréer les conditions de la croissance et de la reprise de l’emploi. La seconde raison est politique. Baisser les pensions dès la première année pour un gouvernement de gauche, c’est faire ce qu’Antonis Samaras avait refusé. C’est donc abandonner symboliquement son positionnement de gauche. Nouvelle Démocratie et le Pasok auront beau jeu de prétendre qu’ils défendaient mieux les retraités et les chômeurs que Syriza. Ce serait aussi inévitablement conduire Syriza à la rupture, beaucoup au sein du parti estimant, non sans raison, qu’il s’agit là d’une trahison et que, dans les futures élections, il faudra s’être présenté comme un défenseur des retraités. Alexis Tsipras ne peut accepter ces deux conséquences. Il est donc peu vraisemblable qu’il cède sur ce point.

Blocage

Bref, comme le signale la source athénienne déjà citée : « le gouvernement acceptera tout accord qui sera ressenti comme un progrès par rapport à la situation d’avant le 25 janvier. » Autrement dit, le gouvernement grec ne peut accepter d’accord avec des baisses dans les pensions. Mais, on l’a vu, les créanciers, n’ont désormais pour but principal que cette question des retraites. Le blocage semble donc total et les créanciers, eux, pourraient être tentés par un « report à plus tard » des discussions, mais pour cela, il faut trouver un moyen de financer les quelques 12 milliards d’euros que la Grèce doit payer d’ici à septembre prochain. Or, verser les fonds à Athènes sans accord serait aussi une défaite symbolique pour les créanciers…

Biais idéologique

En réalité, ce blocage n’est dû qu’à ce biais idéologique que portent les créanciers et qui centre la solution sur une vision comptable de l’économie. La solution au problème des retraites, comme aux autres maux de la Grèce, est pourtant ailleurs : il est dans la relance de l’économie grecque, dans sa reconstruction, dans la restructuration de sa dette publique et privée et dans la lutte active contre le chômage. Dès lors, une réforme des retraites deviendra possible. Mais la situation semble avoir échappé à toute logique. Et c’est bien pourquoi Alexis Tsipras estime que seul le plan grec est une base « réaliste » à la discussion.

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