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Russie-Turquie, divorce consommé ?

Source : http://www.dhnet.be/actu/monde/moscou-demande-aux-russes-actuellement-en-turquie-de-rentrer-en-russie-565717dd3570ca6ff9340be0

Moscou demande aux Russes actuellement en Turquie de rentrer en Russie

AFP Publié le jeudi 26 novembre 2015 à 13h41 – Mis à jour le jeudi 26 novembre 2015 à 16h28

 

Monde Les Russes actuellement en Turquie doivent rentrer en Russie, a exigé jeudi le ministère russe des Affaires étrangères, invoquant des risques « terroristes », deux jours après le crash d’un avion militaire russe abattu par l’armée turque.

« En raison de l’actuelle menace terroriste en Turquie, nous réitérons notre appel aux citoyens russes de renoncer à visiter la Turquie et nous recommandons à ceux qui se trouvent là-bas pour des raisons personnelles de rentrer dans leur patrie », a déclaré le ministère dans un communiqué.

La Turquie défend son engagement « incontesté » contre l’EI, exclut des excuses à la Russie

La Turquie a fermement défendu jeudi son engagement « incontesté » contre les jihadistes en réponse aux accusations de complaisance lancées par la Russie et exclu de s’excuser auprès d’elle pour avoir abattu un de ses avions militaires à la frontière syrienne.

Lors d’un discours à Ankara, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a catégoriquement démenti que son pays laissait transiter ou bénéficiait des ventes de pétrole du groupe Etat islamique (EI).

« Ceux qui nous accusent d’acheter du pétrole à Daech (acronyme arabe de l’EI) ont l’obligation de prouver leurs allégations. Si non, vous êtes des calomniateurs », a lancé M. Erdogan devant des élus locaux.

« Daech vend le pétrole qu’il extrait à Assad », a-t-il ajouté en référence au président syrien Bachar al-Assad, « parlez de ça avec Assad que vous soutenez ».

Ankara et Moscou s’opposent sur le dossier syrien. Les Turcs ont fait du départ de M. Assad la condition sine qua non de toute solution politique au conflit, alors que les Russes constituent, avec l’Iran, son dernier soutien.

Leurs relations se sont considérablement tendues depuis l’incident aérien de mardi.

La Turquie affirme avoir abattu le Sukhoï Su-24 parce qu’il violait son espace aérien, après l’avoir mis en garde à dix reprises. La Russie assure au contraire que son avion n’a pas pénétré côté turc et qu’il n’a jamais été contacté avant d’être abattu.

Furieuse, la Russie, le président Vladimir Poutine en tête, accuse depuis la Turquie d’avoir partie liée avec l’EI et exige des excuses.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu l’a totalement exclu.

« Il n’y a pas de raison que la Turquie s’excuse pour une situation où elle a raison. Nous avons communiqué (à Moscou) notre tristesse quant à cet incident », a-t-il indiqué lors d’un déplacement dans la partie nord de l’île de Chypre.

Sur un ton très martial, M. Erdogan a insisté jeudi sur son engagement contre l’EI.

Une nouvelle fois, M. Erdogan a démenti en vouloir à la Russie et justifié la réaction militaire de son pays par la stricte application de ses « règles d’engagement ».

« Il n’y a aucune raison pour que nous ciblons (délibérément) la Russie avec qui nous avons des liens très forts (…) Nous serons amenés à réagir de la même manière si cet incident survenait aujourd’hui », a-t-il encore insisté.

M. Erdogan s’est déclaré « attristé » par l’incident et par les menaces de rétorsion économique de la partie russe. « Nous sommes des partenaires stratégiques », a-t-il relevé.

Le gouvernement russe prépare des mesures de rétorsions économiques contre la Turquie

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a demandé jeudi à son gouvernement de préparer d’ici à deux jours une série de mesures de rétorsions économiques après « l’acte d’agression » de la Turquie.

Ces mesures concerneront aussi bien le commerce que les investissements ainsi que l’emploi de main d’oeuvre, le tourisme, le transport aérien ou encore la sphère culturelle, a précisé le chef du gouvernement lors d’un conseil des ministres retransmis à la télévision.

M. Medvedev a demandé au gouvernement « de mettre en oeuvre un ensemble de mesures, dans les sphères économiques et culturelles, en réaction à l’acte d’agression », de la Turquie.

« Je propose que tout cela soit fait dans un délai de deux jours afin de passer le plus vite possible aux procédures nécessaires », a-t-il précisé.

Sans entrer dans les détails, il a laissé entendre que des projets conjoints pourraient être suspendus, les droits de douanes augmentés, les déplacements des avions turcs dans l’espace aérien russe limités comme celui des bateaux turcs dans les eaux territoriales russes. L’utilisation de la main d’oeuvre turque en Russie pourrait aussi être affectée.

Il a cité de possibles limitations aux importations de produits alimentaires turcs, alors que le ministère de l’Agriculture a annoncé dès jeudi matin un renforcement des contrôles, officiellement pour des motifs sanitaires.

Selon M. Medvedev, « des accords et projets d’investissements pourront être gelés ou tout simplement abandonnés », a-t-il prévenu.

L’aviation turque a abattu mardi près de la frontière syrienne un avion russe Su-24 qui revenait d’une mission de combat. Ankara affirme que l’appareil volait dans son espace aérien et qu’il a été averti « dix fois en cinq minutes », tandis que Moscou assure qu’il survolait le territoire syrien et n’a pas été prévenu avant d’être touché.

Un des deux pilotes à bord a été tué depuis le sol alors qu’il descendait en parachute, selon Moscou. Le deuxième a regagné sa base après deux opérations de sauvetage qui ont coûté la vie à un soldat russe.

Une opération commando de 12 heures pour sauver le pilote russe

Un commando d’élite syrien, des combats avec les rebelles, une opération de douze heures en coopération avec Moscou: un quotidien proche du pouvoir à Damas a raconté jeudi l’opération qui a permis de sauver un pilote russe dont l’avion avait été abattu à la frontière syro-turque.

Le Su-24 russe, abattu mardi par la Turquie, s’est écrasé au nord de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, où des rebelles sont présents.

Les deux pilotes ont pu s’éjecter avant le crash et sauter en parachute. L’un a été abattu avant de toucher le sol alors que l’autre était porté disparu.

« Onze membres d’une unité d’élite des services de renseignements de l’armée de l’air et un traducteur (de russe), dirigés par un officier, se sont infiltrés mardi à 3,5 km derrière les lignes ennemies (rebelles) dans la région montagneuse d’Al-Attira et ont retrouvé le pilote », a indiqué al-Watan.

Al-Attira se trouve à une dizaine de km de la frontière turque.

Selon le quotidien, l’opération a débuté mardi à 11H00 (09H00 GMT) à partir de l’aéroport de Hmeimim, quartier général des forces russes au sud le Lattaquié, après que le lieu où se cachait le pilote Konstatin Mourakhtine eut été « repéré par la direction militaire russe ».

Les onze membres des forces syriennes accompagnés du traducteur se sont alors immédiatement dirigés en direction du lieu où se trouvait le pilote qui était en contact avec des responsables militaires russes.

Le journal affirme que le mot de passe utilisé était « Costa (pour Konstatin) et le drapeau syrien ».

L’opération a duré près de douze heures et a « parfaitement réussi », affirme al-Watan, soulignant qu’aucun des soldats ayant participé à l’opération a été blessé.

Selon le journal, « un drone russe avait communiqué aux forces spéciales syriennes l’emplacement du pilote, ainsi que celui des groupes terroristes. Il a été repéré grâce à son GPS. C’était une course contre la montre car les terroristes le recherchaient aussi ».

Mais avant d’atteindre le pilote, des combats ont eu lieu avec les rebelles, selon la même source.

Les forces syriennes « ont traversé des forêts et plusieurs collines pour assurer un retour sain et sauf du pilote ». Comme il était blessé à la jambe, il a fallu le porter hors des lignes adverses où l’équipe a pu regagner ensuite l’aéroport.

Cinquante kilomètres séparent le lieu où le pilote est tombé de Hmeimim.

La Russie a annoncé que le pilote et les participants aux opérations de sauvetage recevraient « les honneurs de l’État ».

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