Accueil > Non classé > l’économie chinoise enterrée un peu vite…

l’économie chinoise enterrée un peu vite…

Source : http://www.lepoint.fr/economie/le-yuan-entre-dans-la-cour-des-grands-01-12-2015-1986197_28.php

 

Le yuan entre dans la cour des grands

La devise chinoise vient de rejoindre le club très fermé des monnaies de réserve du fonds, aux côtés du dollar, de l’euro, du yen et de la livre sterling.

De notre correspondant en Asie,

Publié le 01/12/2015 à 10:40 – Modifié le 01/12/2015 à 11:25 | Le Point.fr
Un employé chinois et des billets de banque à Huaibei, à l'est de la Chine, en 2015.
Un employé chinois et des billets de banque à Huaibei, à l’est de la Chine, en 2015. © Imaginechina/ Xie Zhengyi / Imaginechina
Un parfum de fierté patriotique embaume la presse officielle chinoise, ce mardi 1er décembre. « Le yuan pèse plus lourd que le yen japonais et la livre sterling », titre triomphalement guancha.net, l’un des principaux portails d’information. L’ennemi héréditaire nippon et l’ancien colonisateur britannique n’ont qu’à bien se tenir ! La devise chinoise vient d’offrir à l’empire du Milieu une revanche éclatante, effaçant presque deux siècles d’humiliation. Rarement, une réunion de technocrates à Washington n’a suscité autant d’enthousiasme à Pékin. Aux côtés de Christine Lagarde, le président de la Banque centrale de Chine Zhou Xiaochuan affiche un large sourire aussi rare qu’éclatant pour un Mandarin rouge. « C’est une reconnaissance pour tous les efforts accomplis par les autorités chinoises pour réformer leur système monétaire et financier », affirme la directrice générale du FMI.
Le yuan vient de rejoindre le club très fermé des monnaies de réserve du fonds, aux côtés du dollar, de l’euro, du yen et de la livre sterling. Après des années de négociations en coulisse, le conseil d’administration du FMI a décidé lundi d’intégrer la « monnaie du peuple » (renminbi) dans son panier de devises de référence, les fameux « droits de tirage spéciaux » (DTS). À partir d’octobre prochain, elle pèsera 10,92 % de ce panier, loin derrière le dollar (41,9 %) et l’euro (37,4 %), mais déjà devant la livre et le yen. Une décision technique à la puissante résonnance symbolique et politique pour la Chine.

Dragon asiatique

Il s’agit de la modification la plus importante des DTS depuis 35 ans. Elle prend acte de la phénoménale montée en puissance économique du dragon asiatique, passé de la misère au premier rôle en moins de trois décennies. Un succès patriotique pour le régime, trompeté par les médias officiels. « Aller n’importe où dans le monde avec des renminbis en poche n’est plus un rêve », s’enthousiasme le Quotidien du Peuple, à l’adresse des touristes chinois toujours plus nombreux à parcourir la planète. Cette reconnaissance internationale s’inscrit dans le « rêve chinois », le slogan du président Xi Jinping, qui a promis de replacer son pays parmi les grandes puissances, fermant la parenthèse de plus d’un siècle d’affaiblissement face à l’Occident.
Elle symbolise également un tournant dans l’équilibre des forces économiques mondiales. « C’est une étape majeure pour la finance chinoise. Cela reflète le respect de la planète pour notre économie », analyse pour Le Point.fr Yang Chang Jiang, professeur à l’université Fudan, à Shanghai. Ces derniers mois, Pékin a mis les bouchées doubles pour répondre aux critères posés par le FMI, notamment en lâchant la bride à sa monnaie. En août, la banque centrale chinoise (PBOC) sème la panique sur les places mondiales en déclenchant une dévaluation « déguisée » de plus de 5 % du yuan. Il s’agit en réalité d’un nouveau mécanisme d’évaluation du taux de change visant à donner au marché une plus grande influence, afin de satisfaire aux exigences de Christine Lagarde. Malgré le ralentissement inquiétant de sa croissance, les timoniers chinois gardent le cap sur leur objectif stratégique : l’internationalisation du yuan, outil et symbole de la Chine renaissante.

Rivaliser avec le dollar

Pas question donc de s’arrêter là. L’entrée dans les DTS n’est qu’un jalon avec pour ambition à long terme de rivaliser avec le dollar, pour affirmer le retour historique au premier plan du pays le plus peuplé de la planète. « La prochaine étape et de faire du yuan une monnaie attractive. Mais pour cela, il va falloir faire des réformes sur le marché financier intérieur pour les rendre plus stables », estime Yang. Un sacré défi, alors que la tempête boursière estivale a révélé la fragilité de la finance chinoise ainsi que l’inexpérience des régulateurs. En quelques semaines, la Bourse de Shanghai avait perdu 40 % de sa valeur déclenchant des mesures radicales du pouvoir central, dont l’effet a été jugé souvent contre-productif par les experts.
L’intégration au sein des DTS réduit les marges de manœuvre des autorités chinoises et semble confirmer le chemin de l’ouverture financière tracée par le Premier ministre Li Keqiang. Mais c’est aussi un outil pour permettre aux capitaux chinois de partir à la conquête du monde, en quête de technologie et de savoir-faire. « C’est aussi important que lorsque la Chine a rejoint l’OMC [en 2001]. À l’époque, cela a permis aux produits made in China d’envahir le monde. Cette fois, c’est le signal que les capitaux chinois peuvent aller à l’assaut de l’international », juge Hong Rong, le PDG de la société d’investissement Shanghai DZH Limited. Les places financières sont prévenues.

Publicités
Catégories :Non classé
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :