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Archive for juillet 2016

Le Kosovo, un nouveau problème au cœur de l’Europe…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607201026834134-kosovo-djihadistes-syrie-irak/

Des dizaines de Kosovars dans les rangs des djihadistes en Syrie et en Irak – © AP Photo/ Darko Vojinovic – International – 12:42 20.07.2016(mis à jour 13:00 20.07.2016) URL courte

Plus de 300 citoyens de la république autoproclamée ont rejoint les rangs des groupes djihadistes opérant sur le territoire syrien et irakien.

Soixante-dix ressortissants du Kosovo prennent part actuellement aux combats en Irak et en Syrie aux côtés des islamistes radicaux, a annoncé le ministre kosovar de l’Intérieur Skender Hyseni.

« Nous devons tirer les leçons du récent attentat à Nice en France (…). 314 citoyens de notre Etat ont participé aux combats en Irak comme en Syrie. Pour le moment, 70 d’entre eux sont toujours actifs, et 57 autres ont trouvé la mort », a fait savoir le ministre cité par le site Kossev.

Les musulmans du Kosovo suivent l’école hanafite de l’islam, version libérale qui accepte d’autres religions. Cependant, les médias occidentaux indiquent que les prêcheurs radicaux ont gagné du terrain au Kosovo ces dernières années en faisant la propagande de la suprématie de la charia et des idées du djihad violent.


Source : https://fr.sputniknews.com/international/201512101020187129-kosovo-djihadisme-ei/

 

Au Kosovo, une petite ville tranquille devenue « capitale du djihadisme » –  International – 16:29 10.12.2015(mis à jour 17:31 10.12.2015) URL courte – Dossier: Indépendance du Kosovo (195)  –

La petite municipalité kosovare de Kacanik à la frontière macédonienne est l’un des leaders européens pour le nombre de personnes parties combattre dans les rangs de Daech.

22 habitants de la municipalité de Kacanik, au Kosovo, combattent en Syrie et en Irak, raconte la chaîne de télévision croate HRT. A titre de comparaison, la population de cette localité s’élève à 34.000 personnes (99% sont des Albanais).

L’un d’eux, Lavdrim Muhadzeri, surnommé le Jihadi John (nom d’un bourreau de l’État islamique) des Balkans, est un combattant de Daech qui se trouve, d’après certaines informations, dans le nord de la Macédoine. Il est connu pour des massacres atroces de militaires syriens. Par exemple, une vidéo publiée en mai dernier montre Muhadzeri abattant un soldat syrien attaché à un pilier en lui tirant dessus à l’aide d’un bazooka.

Les autorités locales démentent les informations qualifiant Kacanik de « capitale du djihadisme » et accusent les médias de la diaboliser.
Selon Florim Neziraj, président de la communauté musulmane locale qui habite à Kacanik depuis trois ans, affirme qu’aucun conflit religieux n’y a été enregistré. Et peu importe le nombre de personnes parties faire la guerre à l’étranger.

Besim Iljazi, maire de la ville, prétend que rien ne dénote la présence d’éléments radicaux même si l’on se promène dans la rue pendant un mois.

Comme pour démentir ses propos, les gens ressemblant à des wahhabites se cachent de la caméra dans la rue principale de la ville et les habitants se refusent à tout commentaire.

Le chômage, la précarité et l’absence de perspectives sont les principales raisons qui poussent les jeunes gens à fuir Kacanik pour se rendre en Irak et en Syrie, où l’on leur promet 30.000 euros par an, estime HRT. Mais nombre d’entre eux se rendent vite compte qu’on les a trompés et cherchent à rentrer au plus vite.

Les psychologues qui s’occupent de ce problème peinent à dire qui est le plus dangereux: ceux qui, euphoriques, partent en Syrie et en Irak et y restent ou ceux qui en reviennent déçus.

L’Etat autoproclamé du Kosovo occupe la première place en Europe pour le nombre de combattants partis pour faire la guerre du côté de Daech.

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Le Kosovo revient sur la scène, une erreur que l’on aurait pu éviter…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607201026849443-kosovo-citadelle-europe-daech/

Le Kosovo, une citadelle européenne de Daech – © AFP 2016 Jean-Marc Mojon

International

18:49 20.07.2016(mis à jour 21:47 20.07.2016) URL courte
 
Environ 70 citoyens du Kosovo sont impliqués dans les combats en Irak et en Syrie, contre 300 auparavant, a déclaré le ministre kosovar de l’Intérieur Skender Hyseni. Selon lui, en Irak et en Syrie, il y a également 38 femmes et 27 enfants provenant du Kosovo.

Le Kosovo est depuis longtemps considéré comme le « bastion européen » de l’Etat islamique (EI, Daech). Le représentant russe au Conseil de sécurité de l’Onu a notamment qualifié le Kosovo de « centre de formation » de Daech, rappelant que cette région avait donné aux groupes islamistes radicaux plus de membres en proportion du nombre total d’habitants que d’autres pays.

Cependant, les autorités kosovares sont impuissantes face à ce problème, parce que, tout d’abord, beaucoup de ceux qui sont partis en Syrie et en Irak étaient des combattants de l’Armée de libération du Kosovo, une organisation terroriste dont les soldats sont toujours considérés comme des héros de la guerre de libération du Kosovo de « l’occupation serbe ».Les frontières du Kosovo avec l’Albanie et la Macédoine n’existent que sur le papier et les camps de formation des radicaux sont bien cachés. Ainsi, il est presque impossible de contrôler les cellules des islamistes.

« Des dizaines de combattants du Kosovo ont lutté aux côtés de l’Etat islamique, et ils sont tous soigneusement surveillés par les autorités compétentes. Mais il est impossible de tout prévoir, et il y a beaucoup cas de ce genre », a indiqué à Sputnik Fadil Lepaja, chef du Centre des recherches balkaniques.

Beaucoup de jeunes, non seulement du Kosovo, mais aussi de la Bosnie-Herzégovine et des régions musulmanes de la Serbie, sont recrutés alors qu’ils suivent un programme éducatif gratuit dans des Etats du monde arabe qui soutiennent les terroristes islamistes. Plus tard, on les retrouve dans des cellules islamistes en Europe, où, le cas échéant, ils sont prêts à prendre part à des actes terroristes.Selon des experts, il est difficile pour les services secrets des pays européens d’identifier les membres de groupes terroristes, car la plupart d’entre eux sont des jeunes bien instruits et dont la biographie ne laisse rien transparaître.

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la puissance… n’est pas immuable…

Source :

http://www.diploweb.com/La-puissance-n-est-plus-ce-qu-elle.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=DOSSIER_1__LA_PUISSANCE&utm_medium=email

La puissance n’est plus ce qu’elle était

Par Francis GUTMANN , le 23 mai 2012  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Ambassadeur de France. F. Gutmann a été Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, directeur de Péchiney, de la Croix Rouge, PDG de PC Ugine Kuhlmann, de Gaz de France et de l’Institut Français du Pétrole

RDN. C’est en balayant avec l’Ambassadeur de France Francis Gutmann l’ensemble des modes d’exercice de la puissance que l’on prend conscience de la relativité de chacun d’eux et de l’incapacité de leur combinaison à établir un pouvoir incontestable et à garantir une sécurité imparable. L’ère de la puissance relative a commencé.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le Diploweb.com est heureux de vous présenter cet article publié en mai 2012 dans le n°750 de la Revue Défense nationale, pp. 11-14.

POUR Le Larousse et Le Robert, la puissance est le pouvoir de commander, de dominer, d’imposer son autorité. Ainsi définie, elle est tout ce qui permet d’instaurer avec autrui un rapport de forces déséquilibré, en faveur de ses intérêts, ses valeurs, ses opinions. Mais il existe aussi une acception négative de la puissance, selon laquelle elle est tout ce qui empêche un rapport de forces à son détriment. Au total, comme le disait Raymond Aron, elle est le pouvoir de dissuader quiconque de vous faire disparaître ou celui de donner une certaine capacité de faire prévaloir votre volonté.

Or la puissance, à présent, ne se confond plus, comme elle le fit longtemps, avec la seule force. Ses éléments se diversifient, en même temps ses effets deviennent plus incertains. Au reste, les plus forts ne sont plus toujours les plus puissants. La violence des faibles peut les rendre plus forts que les plus puissants.

Puissance militaire

Longtemps, la puissance s’est entendue essentiellement du point de vue militaire. Mais les menaces se situent désormais dans un espace géographique de plus en plus étendu et leur temporalité devient imprévisible. L’adversaire de surcroît peut être sans visage clairement identifiable.

Le militaire doit continûment s’adapter. En même temps, il tend à n’être plus qu’un élément, certes encore fort important, mais un élément seulement de la puissance. C’est dans le paroxysme des crises qu’il reste le plus déterminant. Il ne suffit plus à restaurer la paix. La situation est en général trop complexe pour qu’il puisse seul permettre de la dénouer.

D’une part, il ne saurait prendre en compte tous les éléments, de plus en plus nombreux et divers, dont dépend la réalité d’un conflit. D’autre part, il n’y a plus guère de cas que l’on puisse, comme en 1945 avec l’Allemagne et le Japon, escompter régler par la défaite, voire la destruction de l’adversaire. Après l’intervention militaire, il reste le plus souvent à rétablir la paix par la restructuration d’un espace politique stable. Il faut beaucoup de temps pour que soient réunies les conditions d’une paix durable et cela ne dépend pas que du militaire. Au demeurant, il n’est pas d’autre solution qui vaille que celle qui provient finalement des protagonistes eux-mêmes.

Ainsi la puissance militaire apparaît comme ne pouvant plus désormais seule permettre d’imposer une volonté. Elle ne procure pas non plus une assurance entière contre des menaces de plus en plus diverses.

La coexistence entre les bouleversements politiques et les évolutions technologiques majeures font que de plus en plus d’États, y compris parmi les moins développés, sont devenus en mesure de s’attaquer à de plus puissants qu’eux. Qu’il soit le fait d’États ou d’organisations non étatiques, le terrorisme d’autre part permet de gravement atteindre ceux-ci à défaut de les détruire.

Plus un pays est avancé, plus en effet il devient vulnérable, à la fois par les réactions d’une opinion de plus en plus sollicitée, et parce qu’il est possible de désorganiser avec peu de moyens les systèmes complexes qui caractérisent une société évoluée.

Ces moyens sont notamment informatiques. Mais la puissance cybernétique – qui n’est d’ailleurs pas l’apanage du militaire – peut désorganiser l’adversaire, elle ne suffira pas à l’annihiler, et elle est elle-même limitée par le risque de réciprocité.

Ainsi, il n’y a plus de forts absolus, ni de faibles totalement désarmés. La puissance militaire, pour importante qu’elle demeure, est devenue relative.

Puissance économique

Il existe d’autres formes de puissance, en particulier la puissance économique. Elle s’exerce entre des entreprises, l’une d’entre elles pouvant contraindre une autre à l’acceptation de ses conditions, voire la mener à sa satellisation ou même à sa disparition. C’est ici peut-être que la puissance demeure la plus déterminante. Mais les réglementations, nationales ou internationales, tendent à en restreindre la portée.

Entre des États, la puissance économique peut créer des situations de dépendance ou bien être à la base d’une politique de sanctions. Mais ces dernières sont rarement efficaces, en ce qu’elles atteignent davantage les populations que leurs dirigeants.

Avec la mondialisation et les interdépendances qu’elle engendre, tous les pays voient leur puissance limitée et leur vulnérabilité accrue par le fait d’autrui. Aussi la croissance renaissante aux États-Unis peut-elle être compromise par la persistance de la crise en Europe, tandis que la Chine n’échappe pas entièrement à la situation dans le reste du monde.

La puissance économique est elle-même devenue également relative.

Puissance culturelle

Avec la puissance culturelle, on touche à des éléments incorporels de la puissance. D’aucuns en déduiront qu’il s’agit davantage d’influence que de puissance véritable. La culture, selon eux, peut contribuer à créer un contexte favorable à l’exercice de sa volonté mais pas à l’imposer. D’autre part, elle ne permet pas de se protéger d’un monde de plus en plus sans ordre et, d’une manière générale, de la montée des périls.

Mais l’influence, par la culture, est ici entendue comme un simple pouvoir moral. Il est sans doute possible, en termes de puissances, d’entendre la culture comme faisant partie d’un ensemble plus vaste et diversifié.

Une combinaison de puissances

Aucune forme de puissance ne paraît à elle seule susceptible d’imposer une volonté ou de garantir la sécurité. Cela tient à la complexité accrue des affaires dans la multiplication des acteurs et des facteurs, à la pluralité des places et des rôles de chacun dans un nouveau décor international en gestation, au foisonnement des interdépendances.

Mais on peut se demander dans quelle mesure une combinaison de toutes les formes possibles de puissance ne pourrait pas pallier l’insuffisance de chacune d’entre elles. L’idée s’est même faite jour de renforcer une telle combinaison en l’étendant à un ensemble d’autres éléments que ceux de la puissance traditionnelle, afin de mieux correspondre à un monde complexe et multiforme. Cet ensemble constitué de ce qu’on a appelé le soft power, pouvoir sans la force, pouvoir d’attraction, pouvoir sur les esprits, comprend notamment, outre la culture, des valeurs, l’image, l’information, la formation, ainsi que la façon de vivre, les performances scientifiques, techniques et économiques, les méthodes d’organisation, de fonctionnement et de gestion, les institutions, etc.

Semblable combinaison, ainsi élargie, est sans doute plus efficace que chacune de ses composantes considérées séparément. Mais son efficacité ne saurait être totale pour autant. Rien ne permet d’y voir une panacée, soit pour imposer sa volonté, soit pour garantir sa sécurité.

Puissance relative

Elle ne pourrait l’être en effet que dans un monde stable, aux acteurs et facteurs, aux modes de fonctionnement bien définis. Or il est changeant, incertain et indéterminé.

La mondialisation n’est pas un ordre stable. Elle favorise l’échange mais elle est à la source de déséquilibres de plus en plus difficiles à réguler. À l’universalisme, ambitionné longtemps par l’Occident, succède un monde pluriel, divers et fragmenté. On assiste à l’affaissement des États, de ce qu’on appelle parfois la puissance publique et de son pouvoir, dans l’exacerbation de l’individualisme et une crise quasi générale des sociétés. Tout se transforme et de plus en plus vite. Les rapports de forces ne peuvent qu’être instables, la puissance sous toutes ses formes ne peut plus être que d’une portée relative.

La notion de domination a pris elle-même – et pas seulement en économie – une signification d’entraînement plus que de commandement. L’autorité – au reste souvent contestée – n’est plus ce qu’elle était. Toutes les sociétés humaines s’en trouvent profondément affectées. L’ensemble du monde également.

Il n’y a plus, il n’y aura plus sans doute à l’avenir de pays, de puissances véritablement dominants. On peut moralement s’en réjouir. Il est permis de se demander si la paix ne viendra pas à en pâtir. Mais il est vrai qu’au temps du régime des blocs, le monde, partagé entre seulement deux grandes puissances, n’était certes pas lui-même sans danger.

La question des effets de la puissance en général appelle donc une réponse relative. Pour qu’elle soit vraiment efficace, il faut ajouter, davantage qu’auparavant, d’autres éléments devenus sans doute aussi importants, comme notamment une intelligence accrue des situations, la connaissance et la compréhension de l’adversaire, de ses motivations et de ses modes de fonctionnement, une capacité d’anticipation.

La puissance n’est plus ce qu’elle était, car aujourd’hui, dès à présent, est un autre monde.

Copyright Mai 2012-Gutmann/Revue Défense Nationale


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La Revue Défense nationale

La puissance n'est plus ce qu'elle était

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C’est pour y répondre que la Revue Défense nationale est conçue. À la différence de tant de publications consacrées aux questions d’armement et aux problèmes militaires, elle ne dépend d’aucun groupement économique, d’aucun pouvoir financier, ni d’aucune institution officielle. Elle est éditée par le Comité d’études de défense nationale, association fonctionnant selon la loi de 1901, qui recrute elle-même ses membres, élit son conseil d’administration, désigne son président, lequel est en même temps directeur de la publication. La revue vit de ses abonnements, de ses recettes de publicité et de ses ressources propres. Son indépendance est ainsi garantie.

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de Brics et de broc…

Source : http://www.lecourrier.ch/139773/haro_sur_les_brics

Haro sur les BRICs

Mardi 07 juin 2016

Il n’aura échappé à personne que depuis deux ans, les BRICs traversent une mauvaise passe. Le taux de croissance de l’économie chinoise est descendu à 7% – ce qui reste une performance jalousée par tous les pays occidentaux –, la Russie a plongé dans la récession – même si son économie tend à se stabiliser depuis le début 2016 – tandis que le Brésil s’enfonce dans la crise et que l’Afrique du Sud est à la peine. Seule l’Inde tient plus ou moins bon.

Pis, à ces difficultés économiques viennent s’ajouter des turbulences politiques. Le Brésil vient d’assister à une sorte de coup d’Etat légal qui visait à écarter du pouvoir Dilma Rousseff, présidente démocratiquement élue, pour la remplacer par des politiciens accusés de corruption par la justice. En Russie, la presse et les ONG pro-occidentales redoublent d’activité à l’approche des élections parlementaires et présidentielles dans l’espoir de relancer les manifs anti-Poutine de 2012. En Afrique du Sud, le gouvernement ANC est accusé de corruption tandis qu’en Chine, c’est le contraire:
son président Xi Jinping est dénoncé pour sa campagne anticorruption! Peu importe l’étiquette, pourvu qu’on ait l’ivresse…

Ces crises politico-économiques se sont aussi étendues à l’ensemble de l’Amérique latine, gouvernée par des régimes de gauche critiques du libéralisme jusqu’à ces derniers temps. En Uruguay, la page du sympathique Pepe Mujica est tournée depuis janvier 2015. L’Argentine a mis fin au péronisme pour s’abandonner à un dirigeant néolibéral, Mauricio Macri, qui a aussitôt renoué avec les fonds vautour et rouvert les vannes des crédits à taux exorbitant avec les banques américaines. En 2012, le parlement paraguayen a démis de ses fonctions le président élu Lugo et l’a remplacé par un vice-président néolibéral. Le Vénézuela et son président chaviste Maduro font l’objet dans la grande presse nationale et internationale pro-occidentale d’une campagne de dénigrement sans précédent qui rappelle la tentative de coup d’Etat avorté soutenu par les Etats-Unis en 2002. Les jours du gouvernement Maduro paraissent comptés. En Bolivie, au Pérou et en Equateur, les présidents indigénistes et anti-impérialistes Evo Morales, Ollanta Humala et Rafael Correa sont également menacés.

Certes, direz-vous, mais ces gouvernements ne se sont-ils pas mis eux-mêmes dans l’embarras? Et ne sont-ils pas d’abord les victimes de la chute des prix du pétrole et des matières premières dont leurs économies sont excessivement dépendantes? Sans doute y a-t-il une usure du pouvoir. Quant à la chute des prix des matières premières, elle est bien réelle et elle fait très mal. Mais est-ce un pur hasard? Un rapport du Sénat américain n’a-t-il pas établi que la seule banque Morgan Stanley, avec une capacité de stockage de 58 millions de barils de pétrole à travers le monde, était capable de manipuler le marché?1.

Sans doute faut-il n’y voir qu’une simple coïncidence, mais on ne peut s’empêcher de constater que la recrudescence des tensions économiques et politiques suit de très près les sommets des BRICS qui, en 2014, avaient décidé de s’affranchir du dollar et de la dictature des paiements SWIFT ainsi que de créer une Banque d’investissement et de développement des infrastructures alternative au FMI et à une Banque mondiale entièrement sous la coupe des Etats-Unis et de l’Europe. De même, l’empressement manifesté depuis vingt mois à conclure des accords transpacifiques et transatlantiques TTIP et TTP qui excluent formellement les BRICs et les pays d’Amérique du Sud de leur champ d’action est très suspect.

Il y a quarante ans, on nous expliquait qu’il fallait éliminer le gouvernement Allende et renverser le gouvernement démocratique argentin à cause de leur incurie économique et de la gabegie sociale. Il est permis de penser que, des décennies plus tard, le vocabulaire et les techniques de changement de régime se sont affinées pour correspondre aux goûts du public et des médias contemporains, mais que les mêmes sordides intérêts politico-économiques sont toujours à l’œuvre.

* Directeur du Club suisse de la presse.

  • 1. Cf. Rapport «Wall Street Bank Involvement with Physical Commodities», 2013.

 

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face au terrorisme, « l’union sacrée »

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607041026382497-formation-antiterroriste-terrorisme-chine-russie-moscou-commandos-force/

es manœuvres anti-terroristes conjointes « Collaboration-2016 » impliquant la participation des forces spéciales russes et chinoises ont commencé dans la région de Moscou.

La formation spéciale tactique se déroulera du 3 au 14 juillet dans les régions russes de Moscou et de Smolensk (dans l’ouest du pays). Les soldats de l’unité « Vityasi », du groupe  » Mercure » ainsi que les fonctionnaires chinois de la Police armée du peuple, y compris les commandos spéciaux chinois « Snow Leopard » et russe « Falcon », participent aux exercices.

Afin d’explorer des méthodes efficaces dans les campagnes anti-terroristes et pour renforcer la coopération pratique entre les forces des deux pays, les militaires russes et chinois ont formé deux détachements interarmes.

Serguei Tchenchik, chef d’état-major de la garde nationale de Russie, et Qin Tian, chef d’état majeur de la Police armée du peuple, ont participé à la cérémonie d’ouverture.
« Les relations de bon voisinage entre nos pays représentent une ligne stratégique pour les autorités chinoises et russes », a déclaré M. Tchenchik.

C’est déjà la troisième fois pour les forces intérieures des deux pays qu’elles tiennent ce type d’exercices. Des exercices spéciaux semblables ont eu lieu dans les années 2007 et 2013.

Rusnano
© Sputnik. Alexey Danichev

Cette année, les participants visent à accomplir les opérations militaires en utilisant un matériel spécial, soit des batteries de mortiers, des hélicoptères Mi-8 et des véhicules blindés. Les manœuvres s’achèveront dans le centre de formation Derzhinsky par un exercice exemplaire d’anéantissement d’une bande armée à l’aide de l’aviation et du matériel spécial.

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Quand l’Europe punit, la Russie invesit…

Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/040716/cooperation-entre-la-grece-et-la-russie

Coopération entre la Grèce et la Russie

Vladimir Poutine est arrivé en Grèce vendredi 27 mai, pour une visite de deux jours, la première depuis 2007. Son déplacement s’inscrit dans le cadre de l’année Russie-Grèce organisée par les deux pays. Le président russe est allé aussi s’incliner samedi dans l’un des vingt monastères du mont Athos, un lieu saint de l’orthodoxie.

Cette visite et les Memoranda of Understanding signés semblent démontrer que la Grèce, interdite il y a quelques mois d’une sortie de l’Union européenne (UE), sous la pression américaine, de peur qu’elle ne se rapproche ensuite de la Russie, n’a pas renoncé à ce rapprochement. Il faut féliciter Tsipras (et sa majorité « de gauche ») de leur rôle actif dans cette perspective.

De son côté Vladimir Poutine montre clairement qu’il est prêt à coopérer avec les Etats européens qui le souhaiteraient, même si ces Etats, toujours sous la pression américaine, refusent encore de se prononcer clairement pour la levée des « sanctions » contre la Russie que continue à imposer Washington.

Les accords ne sont pas négligeables et permettront d’offrir à la Grèce quelque répit dans le véritable étranglement actuel que lui imposent l’UE et le FMI. Il s’agit de coopérations scientifiques dans les domaines d’avenir que sont les échanges académique et scientifique, sans mentionner le domaine culturel. Ils permettront aussi plus concrètement de renforcer les liens dans l’investissement et le commerce. Les accords permettront ainsi la reprise des négociations entre la Grèce et la Russie pour la mise en place de pipe-line ou gazoduc permettant à cette dernière d’exporter ses produits pétroliers vers l’Europe, et en premier lieu vers la Grèce .

“The following documents were signed in the presence of the President of Russia and the Prime Minister of Greece: a Joint Declaration of the Government of Russia and the Government of Greece on Partnership for Modernisation; a Memorandum of Understanding on Inter-regional Cooperation Between the Russian Economic Development Ministry and the Greek Foreign Ministry; and a Roadmap on Broadening Russian-Greek Cooperation in Agriculture.The relevant agencies signed a Joint Action Programme in Tourism for 2016–2018, memoranda of understanding on cooperation in standardisation, energy efficiency and renewable energy sources, investment and trade. An Agreement on the Main Parameters of Oil and Petroleum Products Supply and a Memorandum of Understanding Between the Ural Federal University and the University of Piraeus regarding BRICS projects were signed as well.”

L’Otan

Au dela de ces aspects, les déclarations communes montrent probablement que la Grèce, au sein de l’Otan, refusera de suivre les injonctions américaines visant à encercler de plus en plus la Russie par des installations et manoeuvres militaires offensives. Elle en serait la première victime en cas d’aggravation de la situation. Tsipras l’a dit relativement clairement.

Poutine de son côté n’a pas hésité à renouveler ses propositions de coopération à l’égard de l’Otan. Il ne s’adresse pas évidemment dans ce domaine à l’Amérique, mais aux grands Etats européens, France et Allemagne en premier, qui commencent à s’inquiéter, sans le dire officiellement, de l’atmosphère pré-guerre mondiale que l’Otan impose actuellement en Europe.

“We believe, as the declaration states, that reaching a new, higher level of dialogue can help promote the relations between the European Union and Russia, as well as between NATO and Russia, during this difficult period, and strengthen the European security architecture under the OSCE.”

Dans la suite du Brexit

Il est clair que l’exemple actuellement fourni par les perspectives de coopération entre la Grèce et la Russie devraient intéresser, même s’ils n’osent pas encore le dire, les Britanniques sortis désormais de l’Union, et qui auront besoin de rétablir des relations économiques et politiques avec le reste du monde. La Russie et la Chine au sein du Brics, seront les premières visées. D’ores et déjà une coopération bancaire et financière était envisagée par l’adhésion britannique à l’Asian Infrastructure Investment Bank

Mais un certain nombre d’autres pays européens tentés par une sortie de l’UE et craignant de se retrouver isolés en retour, suivront avec intérêt la suite des Memoranda signés entre la Grèce et la Russie. Même l’Allemagne, qui restera un pilier de l’UE, ne manquera pas de s’y intéresser.

Sources

1) http://en.kremlin.ru/events/president/news/52023

2) http://en.kremlin.ru/events/president/news/51997

3) http://www.wsj.com/articles/greece-to-sign-russian-gas-pipeline-deal-1434631581

4) http://en.kremlin.ru/events/president/news/52024

5) https://en.wikipedia.org/wiki/Asian_Infrastructure_Investment_Bank

 

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