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Option militaire au Mali, accord franco-américain…

17 décembre 2012 Laisser un commentaire

La situation au Mali est toujours délicate, déjà, Macky Sall (le Président du Sénégal) a demandé aux autorités maliennes de se coordonner avec l’Union Africaine et les Etats de l’Afrique de l’Ouest pour faciliter une opération militaire commune au nord Mali. En attendant un accord entre Paris et Washington…

Source : le Monde du 17-12-2012

Le Mali appelé à faciliter l’envoi d’une force internationale contre les islamistes

Le Monde.fr avec AFP | 17.12.2012 à 08h00 • Mis à jour le 17.12.2012 à 08h26

Le premier ministre malien, Diango Cissoko, à gauche, a annoncé samedi la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale misant sur la continuité.

Le président sénégalais, Macky Sall, a appelé dimanche à Conakry les autorités maliennes à se mettre « au diapason » de l’Union africaine (UA) et de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour faciliter l’envoi d’une force militaire internationale destinée à libérer le nord du Mali des insurgés islamistes. Il a également appelé les autorités maliennes à s’unir « pour restaurer la concorde nationale et apporter également une solution à la crise identitaire dans la zone touarègue, mais surtout aussi aller vers les élections présidentielles et législatives à la fin du processus » de transition.

Le premier ministre malien, Diango Cissoko, a annoncé samedi la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale misant sur la continuité, avec le maintien à leur poste des principaux ministres, mais aussi plus de poids pour les représentants du Nord du pays occupé par les islamistes, en vu d’accélérer la réconciliation avant l’envoi d’une force internationale.

À LA RECHERCHE D’UN ACCORD ENTRE PARIS ET WASHINGTON

Un accord va être trouvé entre Français et Américains à l’ONU sur une résolution permettant d’engager une action militaire internationale au Mali afin de chasser les groupes armés qui en occupent le Nord, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, lors de l’émission ‘Internationales » de RFI-TV5-Le Monde, en minimisant tout différend à ce sujet entre Paris et Washington. « Il y a 15 membres au Conseil de sécurité, pour l’instant, il y en a 14 qui sont de l’avis de la France, a fait valoir le ministre. Nous essayons de trouver une solution qui puisse rassembler tout le monde. »

Les chefs d’Etat des 15 pays membres de la Cédéao ont adopté le 11 novembre à Abuja un plan de reconquête militaire du nord du Mali. Ils ont approuvé l’envoi d’une force militaire internationale de 3 300 soldats pour une durée d’un an. Samedi, les chefs d’état-major des pays de la Cédéao ont peaufiné leur plan, qui doit être soumis avant Noël au Conseil de sécurité de l’ONU. Début décembre, le président béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’UA, avait lancé un appel à l’ONU pour qu’elle autorise « d’urgence le déploiement de la force internationale au Mali ».

Statue de la Liberté

L’histoire de la statue de la Liberté commence en août 1834, à Colmar, en Alsace. En effet, c’est à cette date que naquit Frédéric Auguste Bartholdi, fils de Jean Charles Bartholdi, conseiller de préfecture. Agé de deux ans à la mort de son père, le jeune Auguste et son frère aîné furent élevés par leur mère, Augusta Charlotte. Cette dernière décida alors de quitter Colmar peu de temps après la mort de son époux afin de se rendre à Paris. Après avoir étudié au lycée Louis le Grand à Paris, Auguste décida d’étudier l’architecture en rentrant à l’Ecole nationale supérieure des beaux arts en 1852. Le jeune Bartholdi y fréquenta ainsi les cours d’Ary Scheffer, un célèbre peintre français d’origine hollandaise. Ce dernier, proche de la famille royale, fut ainsi mis sur la sellette en 1852, suite à l’instauration de la II° République et l’avènement au pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte, neveu (et petit fils.) de l’Empereur Napoléon Ier.

 

Bartholdi, âgé de 18 ans, décida de participer à un concours destiné à la création d’un phare. Cependant, bien que ne remportant pas l’épreuve, le jeune Auguste se vit commander une statue du général Jean Rapp, héros napoléonien de Colmar[1]. Montrant ses ébauches à son ami Jean Léon Gérôme, peintre et sculpteur français, les deux jeunes hommes firent sensation lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855 : Bartholdi avec sa statue du général Rapp, Gérôme avec sa peinture Le siècle d’auguste et la naissance de Jésus Christ. Afin de célébrer ce succès, les deux vainqueurs décidèrent de faire un voyage en Egypte. Le jeune Bartholdi fut très impressionné par l’art monumental légué par l’ancienne civilisation égyptienne. De retour à Paris, Auguste assista à l’inauguration de la statue du général Rapp à Colmar.  Mais le jeune homme ne resta pas longtemps dans sa ville natale, devant partir précipitamment pour Bordeaux afin de participer à un concours pour le projet d’une fontaine. Bartholdi, recevant le premier prix à Bordeaux[2], reçut alors la visite des édiles de Colmar. Ces derniers lui confièrent alors la tâche de construire une statue d’Armand Bruat, un amiral français né à Colmar, commandant en chef de la flotte française pendant la guerre de Crimée[3]. En 1864, Bartholdi fut félicité par Napoléon III pour avoir érigé cette statue, recevant la Légion d’Honneur.

 

Inauguration de la statue de l’amiral Bruat, à Colmar, gravure publiée dans Le journal illustré, 1864.

La réputation du jeune sculpteur lui valut de nombreuses commandes. Ainsi, Bartholdi reçut la visite d’Edouard de Laboulaye, juriste et homme politique français.  Combattant la politique autoritaire du Second Empire, Laboulaye était un homme attentif à la vie politique américaine et admirateur de la constitution de ce pays (il commanda alors un buste le représentant à Bartholdi.). Laboulaye, se déclarant en faveur de l’union lors de la guerre de Sécession, apprit avec soulagement la victoire du Nord en avril 1865. Cependant, les festivités furent écourtées en raison de l’assassinat du président Abraham Lincoln au cours du même mois. En 1866, alors que Bartholdi venait d’achever le buste de Laboulaye, ce dernier confia au jeune sculpteur la tâche d’élaborer un monument marquant l’amitié entre la France et les Etats Unis. Bartholdi décida alors de se mettre au travail, se préparant pour l’Exposition Universelle de 1867, grande fête du Second Empire. Au cours de l’évènement, Bartholdi rencontra alors Ismaïl Pacha, Khédive d’Egypte. Ce dernier décida alors de confier au sculpteur l’érection d’un monument sur l’estuaire du canal de Suez, dont l’inauguration était prévue en fin d’année 1869.  Pendant deux années, Bartholdi travailla à l’élaboration de cette entreprise. En novembre 1869, toutes les têtes couronnées d’Europe se rendirent en Egypte afin d’assister à l’inauguration du canal de Suez. Bartholdi, invité à participer à la cérémonie, apprit alors avec désarroi que le trésor du Khédive étant à sec, son projet de statue sur l’estuaire ne resterait qu’à l’état de projet. Rentrant en France, Bartholdi se plongea alors dans l’élaboration d’une statue représentant Vercingétorix, considéré à l’époque comme défenseur de la gaule face aux légions de César.

 

Cependant, l’Histoire prit un nouveau tournant, suite à la catastrophique guerre de 1870, opposant la France à la Prusse.  Bartholdi, s’enrôlant dans la garde nationale, se retrouva alors sous les ordres de Giuseppe Garibaldi. En septembre 1870, les Français apprirent avec stupeur les nouvelles du front : le 2 septembre, l’armée française, retranchée à Sedan, décida de rendre les armes. Napoléon III, quant à lui, se retrouva contraint de se rendre aux Prussiens, alors qu’il était à la tête d’une armée de 80 000 hommes. Les Prussiens parvinrent alors à s’emparer sans coup férir de nombreuses villes, démoralisées par l’échec de l’Empereur. Le 4 septembre, les Parisiens décidèrent d’abolir le Second Empire et proclamèrent la III° République. Le 19 septembre, les Prussiens se retrouvèrent aux portes de paris. La capitale, après un siège de cinq mois, se retrouva finalement contrainte d’ouvrir ses portes aux vainqueurs. Finalement, Français et Prussiens signèrent le traité de Francfort en mai 1871. La France s’engageait ainsi à rendre à la Prusse les territoires annexés par Louis XIV en 1681 (soit l’Alsace et une partie de la Lorraine[4].), ainsi qu’à payer une forte indemnité de guerre de cinq milliards de francs or[5].

 

La France, sortant isolée diplomatiquement suite à cet échec, se devait donc de resserrer ses liens avec les Etats Unis. Laboulaye, plus décidé que jamais à faire don à la jeune Amérique d’un monument marquant l’amitié entre la France et les Etats Unis, décida d’envoyer Bartholdi sur le nouveau continent afin qu’il choisisse l’emplacement du futur édifice. En juin 1871, Auguste quitta une France ravagée et débarqua peu de temps après à New York. Rencontrant le président américain Ulysses Grant, Bartholdi s’engagea dans une traversée des Etats Unis, visitant les chutes du Niagara, le grand canyon, les forêts des Redwoods, etc. C’est ainsi qu’Auguste en profita plaider la cause de son grand projet, la statue de la Liberté.

 

Rentrant en France, Bartholdi découvrit un Paris ravagé par la guerre, la commune et la répression qui s’ensuivit.  Mettant de côté son projet de statue pour les Etats Unis, Bartholdi se concentra sur un nouveau projet, le Lion de Belfort : l’œuvre symbolise la résistance héroïque menée par le colonel Denfert-Rochereau au cours du siège de Belfort[6]. La vie reprenant la normale en France, Adolphe Thiers, président de la République, demanda à Bartholdi de reprendre ses travaux sur la statue de la Liberté (février 1873.). Par la suite, au cours de l’été 1874, Bartholdi présenta un plâtre à ses concitoyens. La III° République étant officiellement proclamée en janvier 1875, Laboulaye et Bartholdi participèrent à la création de l’Union franco-américaine, en novembre de la même année.

 

Recevant un conséquent financement, Bartholdi décida alors de s’installer au 25, Rue de Chazelles, afin de travailler à l’élaboration de sa statue. Il reçut alors l’aide d’Eugène Viollet le Duc, à qui fut confiée la tâche de choisir les cuivres devant être employés à la construction (il choisit alors la technique du repoussé, consistant à travailler à froid, à l’envers, une fine plaque de métal, de manière à faire ressortir une image ou un ornement.). Les fonds continuant à entrer, le projet prenait forme mois après mois.

Travaux de la statue de la Liberté, XIX° siècle, musée des Arts & Métiers, Paris.

Chaque section définitive était coulée en plâtre. Autour d’elle, on construisait un moule en bois, sur lequel s’articulerait le revêtement de cuivre. Bartholdi dut ainsi mesurer chacune des 9 000 mesures nécessaires à chaque section. Cependant, Auguste dut bientôt se rendre à l’évidence : la statue ne serait pas prête pour le centenaire des Etats Unis, en juillet 1876. Il décida donc de réaliser la partie la plus importante : la torche de la statue de la Liberté. Manquant de peu les festivités, le flambeau arriva aux Etats Unis en septembre 1876. Peu de temps après, en décembre 1876, Bartholdi épousa Jeanne Emilie Baheaux de Puysieux, de treize ans son aînée (le mariage, bien que stérile, n’en fut pas moins heureux.).

 

Début 1877, Bartholdi rentra en France, continuant l’élaboration de sa statue. Lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1878, Auguste présenta la tête de son œuvre, mais des problèmes financiers le contraignirent à mettre fin aux travaux peu de temps après.

 

Tête de la statue de la Liberté lors de l’exposition universelle de 1878. Bartholdi décida alors d’organiser une loterie afin de réunir les fonds nécessaires à la poursuite des travaux. Parvenant à empocher une somme conséquente, les travaux reprirent dès le printemps 1880. Viollet le Duc étant décédé quelques mois auparavant, Bartholdi apprit que Gustave Eiffel acceptait de reprendre la place du défunt. L’architecte décida ainsi de faire reposer la statue sur un pylône (quatre pieux en acier reliés entre eux pour former une tour.), afin que ce dernier reste indépendant de la couverture de cuivre.

 

Les travaux se poursuivirent, mais Bartholdi apprit une mauvaise nouvelle en mars 1883, le congrès américain refusant de financer le piédestal de la statue. Cependant, le coup du sort continua à poursuivre Auguste, qui assista peu de temps après aux funérailles de son ami Laboulaye, père spirituel de la statue.  A New York, alors qu’étaient inaugurés le pont de Brooklyn et le Metropolitan Opera, l’on ne se souciait plus guère de la statue de la liberté. C’est alors que Joseph Pulitzer, fondateur du journal le New York World, décida de s’attaquer aux classes aisées qui refusaient de récolter les fonds afin d’élaborer la statue. Finalement, la campagne de Pulitzer porta ses fruits, car de nombreux donneurs privés issus des classes moyennes acceptèrent de participer financièrement à l’élaboration de la statue. Pendant ce temps là, Bartholdi continuait son ouvrage, qui fut finalement achevé en juillet 1884.

Peu de temps après, en août 1884, les fonds nécessaires à l’élaboration du socle de la statue furent finalement rassemblés. L’architecte Richard Hunt fut alors chargé d’imaginer le socle, de concert avec l’entrepreneur Charles Stone. Sous une pluie battante, la première pierre du piédestal fut posée en  août 1884. En France, voyant que les travaux du socle étaient en cours, il fut donc décidé d’entreprendre les travaux de démontage de la statue dès janvier 1885. Chaque section, chaque pièce, chaque rivet fut numéroté, empaqueté et prêt à être remonté avec la même méticulosité. De la gare Saint Lazare, la statue fut envoyée en train jusqu’à Rouen, puis elle descendit la Seine afin de s’embarquer au Havre (mai 1885.). Débarquant à New York en juin, les travaux de reconstruction de la statue ne commencèrent toutefois qu’au printemps 1886, lorsque la dernière pierre du piédestal fut mise en place. En octobre 1886, alors que la statue venait d’être réassemblée, Bartholdi débarqua à new York, accompagnée d’officiels français. Le 28 octobre 1886, la statue de la Liberté, qui avait couté en tout la bagatelle de 2 250 000 francs, fut inaugurée en présence du président Grover Cleveland, devant plusieurs milliers de spectateurs. La taille du monument était colossale pour l’époque :  la statue mesurait 46 mètre de haut pour un poids de 204 120 kg, alors que son socle est d’une hauteur de 47 mètre, soit 93 mètres au total (à noter que lors de son inauguration, la statue arborait une teinte brun rouge, en raison du cuivre qui la recouvrait. Cependant, le vert de gris ne tarda guère à recouvrir la statue d’une patine bleu vert.).  Pendant les discours, Bartholdi grimpa au sommet de la torche, et découvrit ainsi le visage de la statue du voile qui la masquait au public.

Aujourd’hui, nous ne devons pas oublier que La statue de la Liberté, ou plus exactement la Liberté éclairant le monde, est un monument offert par la France aux Etats Unis en gage d’amitié entre les deux pays. Hélas, ne nombreux américains ignore l’histoire mouvementée de la statue de la Liberté : en effet, un sondage organisé lors du centenaire de la statue, en 1986, révéla que seul 2% des américains savaient que la statue avait été offerte aux Etats Unis par la France. Bartholdi, rentrant en France peu de temps après, commença à travailler sur de nouveaux projets, fort de sa renommée. Il mourut de la tuberculose à Paris , en octobre 1904. Ce n’est qu’en 1903 qu’une plaque de bronze fut accrochée à la base du monument, sur laquelle est inscrite un poème d’Emma Lazarus, intitulé The New Colossus.

 Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tost, to me,
I lift my lamp beside the golden door !
Donnez-moi vos pauvres, vos exténués
Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m’apporte
De ma lumière, j’éclaire la porte d’or !

 

En 1983, alors que le centenaire de la statue approchait, il fut décidé de la restaurer. La torche fut démontée et remplacée par un nouveau flambeau ; le fer corrodé en raison de son contact avec le cuivre fut remplacé, le bras qui s’était affaissé fut consolidé par une charpente diagonale.

Gageons que Miss Liberty ait de beaux jours devant elle !


[1] Le général Rapp, né à Colmar en avril 1771, participa à de nombreuses campagnes sous le I° Empire. Il combattit au sein de l’armée du Rhin pendant la révolution, prit part à la campagne d’Egypte, et fut aide de camp de Napoléon jusqu’en 1814. Rejoignant le camp de l’Empereur lors des Cent Jours, le général Rapp fut nommé commandant de l’armée du Rhin. Suite à Waterloo, Rapp fut mis à l’écart par les royalistes, et mourut en novembre 1821.

[2] A noter que la fontaine ne fut au final pas construite à Bordeaux mais à Lyon.

[3] La statue de l’amiral Bruat, détruite en 1940, fut remise en place en 1958.

[4] Belfort ayant héroïquement résisté au cours de la guerre, la France parvint à conserver le territoire de Belfort.

[5] A noter que les Prussiens occupèrent une partie de la France jusqu’au paiement intégral de la dette, en septembre 1873.

[6] Le projet, initié en 1872, ne fut achevé qu’en septembre 1879. Cependant, en raison d’un différend entre Bartholdi et la ville de Belfort, le monument ne fut pas inauguré (en effet, le Lion de Belfort ne fut officiellement inauguré qu’en 1989.).

 

Source : http://www.histoire-fr.com/dossier_statue_liberte.htm

Tour Eiffel américaine….

La célèbre Tour Eiffel existe sous plusieurs versions dans le monde et plus particulièrement aux Etats-Unis….

Une Tour Eiffel à Las Vegas, aux Etats-Unis
La plus célèbre copie de la Tour Eiffel de Paris est certainement celle située devant l’hôtel casino Paris Las Vegas, à Las Vegas, dans le Nevada, à l’ouest des Etats-Unis. Il s’agit également de la plus grande copie au monde : 165 mètres de haut, soit environ la moitié de la taille de notre Tour Eiffel, haute de 324 mètres. La tour du Paris Las Vegas est utilisée comme terrasse panoramique sur le Las Vegas Strip, l’avenue qui regroupe les plus grands hôtels de la ville. Elle abrite également un restaurant. Au départ, les architectes souhaitaient construire une réplique de la même taille que la tour originale, mais le projet a dû être annulé, l’aéroport McCarran étant trop proche.Devant l’hôtel, les visiteurs peuvent également reconnaître l’Arc de Triomphe, la fontaine de la place de la Concorde, ainsi que l’Opéra Garnier.

Une Tour Eiffel dans l’Ohio, aux Etats-Unis
Beaucoup de copies de la Tour Eiffel se trouvent dans des parcs d’attractions, et c’est le cas au Kings Island, près de Cincinnati, dans l’Ohio, à l’est des Etats-Unis.Le centre d’intérêt principal du parc est la Tour Eiffel de 100 mètres de haut installée sur l’artère la plus grande, à l’entrée.Une autre réplique de 84 mètres est visible dans le parc Kings Dominion, situé près de Richmond, en Virginie, à l’est des Etats-Unis.

Une Tour Eiffel en Floride, aux Etats-Unis
Le Walt Disney World Resort, situé à Orlando, en Floride, dans le sud-est des Etats-Unis, possède un parc nommé EPCOT (Prototype expérimental d’une communauté du futur).Onze pays sont représentés dans ce parc avec un pavillon chacun. Celui consacré à la France comporte entre autres une Tour Eiffel de 23 mètres de haut, une boulangerie-pâtisserie et un restaurant typiquement français.

Une Tour Eiffel au Texas, aux Etats-Unis


L’Etat du Texas, au sud des Etats-Unis, possède lui aussi une ville nommée Paris (rendue célèbre par le film de Wim Wenders Paris,Texas).Et que serait « Paris » sans Tour Eiffel ? La municipalité texane s’est donc dotée d’une tour, plus ou moins réussie, d’une hauteur de 20 mètres.Et parce qu’il s’agit du Texas, il fallait bien que cette mini Tour Eiffel se coiffe d’un chapeau de cow-boy rouge !

Une Tour Eiffel dans le Tennessee, aux Etats-Unis
Il existe également une ville du nom de Paris dans le Tennessee, à l’est des Etats-Unis.Comme pour son homologue texan, le Paris du Tennessee a fait construire en 1983 une Tour Eiffel modeste : elle culmine à 18,30 mètres de hauteur.

 

Source : http://francesebtorre.blogspot.fr/2009/09/les-tour-eiffel-dans-le-monde.html

 

 

 

De la Déclaration d’indépendance américaine

Le 4 juillet 1776 à Philadelphie, 13 Etats réunis en congrès déclarent :

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

 Cette introduction replace le contexte de la déclaration d’indépendance, il s’agit bien de l’émancipation des colons vis-à-vis de la Couronne Britannique, au nom des droits de l’homme (tels que conçus en France) mais sous couvert de Dieu, la religion étant très présente dans la société américaine, aujourd’hui également. La potée divine étant incontestable, elle confère une pleine légitimité à cette déclaration.

Nous tenons ces vérités comme allant d’elles-mêmes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

Ici, les Droits de l’Homme diffèrent légèrement de la conception française, les hommes sont égaux non par nature, mais par la Création divine. En outre, il s’agit d’une démarche individuelle qui tend vers le bonheur. L’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme (DDHC) est rédigés ainsi : Article premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ici, le but est clairement collectif,  l’individu est considéré comme étant partie d’un ensemble plus vaste où l’individualisme n’a pas sa place. Là encore les droits dont il peut se prévaloir sont considérés comme étant d’origine divine, ainsi, porter atteinte à l’individu dans ses droits fondamentaux, revient à porter atteinte à l’œuvre divine.

Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.

 Le gouvernement émane donc du peuple et de lui seul, sous réserve que ce dernier puisse le remettre en cause. En ce sens, l’article 15 de la DDHC précise à l’article 15 : La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. Une nuance de taille apparaît : on peut remettre en cause un agent public, non le gouvernement tout entier…

Dans la conception américaine, la création divine est absolue (celle qui porte sur les des droits fondamentaux), celle des hommes peut être sujette à caution, elle peut être modifiée, voire complètement refondue pour une nouvelle version qui annule et remplace la précédente.

Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur.

Ici, le peuple est pleinement souverain, c’est la source même de la souveraineté, contrairement à la Nation dans la conception française, comme le précise l’article 3 : Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Tandis que l’article 2 confie la préservation des droits inaliénables à l’association politique : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Le peuple reste le cœur, la source de toute légitimité, c’est lui qui fait et défait les gouvernements, sur la base de son intime conviction de ce qui est bon et de ce qui ne l’est pas.

 

La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés.

Cette précision relève d’une grande importance, elle reconnaît la valeur du temps pour un gouvernement, c’est un gage de stabilité non sur une base légale, mais sur l’expérience, la pratique.

Il est donc préférable de subir un « mal nécessaire » plutôt que de réformer tout un système qui a pourtant fait ses preuves. Cette disposition permet d’assurer une stabilité des institutions, de les maintenir en place malgré leurs éventuelles imperfections.

Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.

Le rejet du gouvernement reste un acte extrême qui ne doit s’appliquer que dans des situations extrêmes elles aussi. Plus qu’un droit, c’est un devoir de chaque citoyen de rejeter un gouvernement indigne pour le remplacer par un autre, plus à même de répondre à ses besoins. On voit ici un sujet délicat : la possibilité de rejeter un gouvernement indigne, mais d’un autre côté, la crainte d’une rejet trop « fréquent », trop systématique des institutions dès lors qu’elles apparaissent nuisibles. Une telle situation peut se justifier sur le plan légal, mais elle crée une instabilité qui rend impossible la gestion des affaires publiques. Indirectement, elles ouvrent également al voie à des abus de pouvoir de la part de structures suffisamment puissantes pour accéder au pouvoir et s’y maintenir. En un mot, on risque de passer d’un régime relativement acceptable à une franche dictature.

 Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd’hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial :

Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d’une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu’à l’obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d’y donner attention.

Ainsi, il est reproché au roi, de ne laisser aucune autonomie (même relative) aux gouverneurs, souhaitant ainsi, conserver un pouvoir absolu dans l’administration des colonies. En effet, l’éloignement de la Couronne est susceptible d’encourager des entreprises individuelles, la constitution de pouvoirs locaux. De tels agissements risquent fort de miner l’autorité de la Couronne, et dans le même temps, d’encourager le tentatives d’indépendances dans plusieurs domaines (commercial, juridique, militaire, etc).

Il a refusé de sanctionner d’autres lois pour l’organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n’abandonnât le droit d’être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n’est redoutable qu’aux tyrans.

Il lui est également reproché de porter atteinte à la représentativité du peuple, c’est-à-dire sa reconnaissance en tant que citoyen disposant du droit d’expression. Un grand district représente en effet une structure suffisamment vaste pour entreprendre des démarches locales, et de fil en aiguille, se détacher petit à petit de l’autorité de la Couronne. Ceci ne laisse aucune possibilité d’évolution future pour les colonies dans la voie d’une gestion locale plus souple, sans aller jusqu’à l’autonomie. Une telle situation ne laisse que deux possibilités : l’immobilisme pour un temps considérable ou la révolte pure et simple.

Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d’obtenir d’elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures.

Ces mesures visent à réduire toute opposition à son autorité. En éloignant les administrations des citoyens, la volonté est de les couper des décisions, de leur faire jouer un rôle de simple exécutant. Aujourd’hui se pose encore la question de la proximité des institutions, de la volonté de rapprocher les institutions du citoyen afin qu’il y trouve sa place. L’éloignement crée le désintérêt, la faible participation aux dernières élections européennes le prouvent largement…

Là encore, c’est la représentativité qui est atteinte, comment exercer pleinement ses droits si c’est matériellement impossible ?

La lassitude semble être le moyen choisi pour obtenir l’assentiment des colons pour les lois édictées par la Couronne.

À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu’elles s’opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d’autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n’est pas susceptible d’anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l’État restant, dans l’intervalle, exposé à tous les dangers d’invasions du dehors et de convulsions au-dedans.

C’est une mesure extrême qui met fin à toute tentative d’opposition, c’est la marque du pouvoir absolu que l’on ne souhaite pas voir remis en cause. En France, le Parlement a souvent lui aussi joué un rôle d’opposition aux volontés du Roi. De nos jours, le Président peut, s’il le souhaite, dissoudre l’Assemblée…

Faute d’une opposition constituée, structurée et légale, toute action envers la Couronne relève de la trahison pure et simple, et ne mérite aucun égard.

Il a cherché à mettre obstacle à l’accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l’exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d’en rendre d’autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres.

Cette mesure quant à elle vise à éviter la pression de la foule, le contrôle de l’opinion par le contrôle de la population en quelque sorte…

De telles mesure évitent surtout que ne se constitue une élite locale, une bourgeoisie qui pourrait bien entraîner le peuple dans son sillage.

Il a entravé l’administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l’établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

Là encore, la loi, source de tout pouvoir, est contrôlée. Le roi évite également une éventuelle dérive des magistrats dans leur charge, ceux-ci pouvant imaginer prendre des libertés loin des yeux de la couronne… Après le contrôle de la population, c’est celle des magistrats en poste…

Il a créé une multitude d’emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l’autorité civile et même supérieur à elle.

Au-delà des magistrats, c’est toute l’administration qui est visée, les postes ne sont pas confiés à des colons mais à des anglais de souche. Ainsi, les agents de l’administration n’ont d’autre souci que celui des intérêts de la couronne, et non des colons…

Afin d’éviter toute émeute, toute action armée, l’armée reste présente et susceptible de briser toute tentative de rébellion. Le commandement militaire est séparé de la société civile, il lui est même supérieur. Cette disposition permet des action ponctuelles, locales à tout instant en cas de besoin.
 

Il s’est coalisé avec d’autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu’ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d’abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d’y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d’abolir nos lois les plus précieuses et d’altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.

Toutes ce mesures visent à mettre en évidence un fait : les colons sont des citoyens de seconde zone, ils ne peuvent évoluer (professionnellement et juridiquement) qu’en étant soumis à l’autorité de la Couronne. Toute organisation commerciale et légale qui lui serait concurrente, ne peut s’imposer, ne peut exister. Là encore, la situation ne permet pas la constitution d’une bourgeoisie, une élite locale qui pourrait défendre ses intérêts et attirer la population dans son sillage. Diviser pour régner semble être la solution choisir pour maintenir en place l’autorité de la Couronne.

Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens.

Ce faisant, le roi expose les colons à tous les dangers, à l’image des excommuniés au Moyen-âge, sans reconnaissance, leur existence ou leur disparition physique ou morale importe peu…

Les colons sont donc sans protection, cela signifie que n’importe qui peut attenter à leur vie, piller leurs biens, c’est un appel clair au brigandage et à la piraterie, sous la bienveillante neutralité de la Couronne, tant qu’elle est assurée de percevoir ses taxes…

Un tel appel peut permettre également de diviser la population en deux groupes : ceux qui pillent, et ceux qui subissent, il est très difficile dans ce cas de s’unir et s’organiser pour résister à l’autorité de la Couronne…

En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l’œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d’une nation civilisée.

Ainsi, les colons sont isolés, et doivent faire face à tous les dangers. Les mercenaires étrangers jouent un rôle important de force armée, en évitant du même coup d’exposer la vie des soldats britanniques…Les pertes, s’il y en a, ne touchent pas les troupes du roi, mais des effectifs aisément remplaçables…

Le rôle des mercenaires est d’autant plus facile qu’ils peuvent piller et se livrer à toutes les exactions, avec la protection de la Couronne, en un mot, ils peuvent faire ce qui leur vaudrait la potence dans n’importe quel autre royaume…

Il a excité parmi nous l’insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d’âge, de sexe ni de condition.

Ici les indiens sont associés aux mercenaires, de la sorte, tous les moyens militaires sont mobilisés pour fragiliser les colonies et les maintenir dans une seule option : la défensive et la crainte. Dans de telles conditions, il est difficile de permettre aux colons de se rassembler en vue de constituer une opposition politique, toute leur énergie étant mobilisée pour la défense armée. Ces moyens extérieurs permettent à la fois de terroriser la population, mais aussi, de préserver la vie des soldats de la Couronne moins exposés à la révolte armée des colons.

Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n’ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.

L’absence de réponse de la couronne face aux demandes qui lui sont adressées, insistent sur le fait que les colons sont bel et bien considérés comme des citoyens de second ordre, voire indésirables. On pourrait presque songer à un remplacement de population par des nouveaux arrivants moins remuants, et plus soumis à l’autorité de la Couronne…

La réaction des colons est donc de rejeter l’autorité du roi comme le précise le 4e paragraphe.

Nous n’avons pas non plus manqué d’égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d’une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité.

Cette partie justifie le choix des 13 Etats réunis pour accéder à l’indépendance, presque malgré eux…

C’est en effet l’attitude des autorités de la Couronne qui les pousse à cette extrémité. Le texte insiste tout particulièrement sur l’attitude conciliante des colons envers la Grande-Bretagne, sa population et ses institutions. Ainsi présentée, l’attitude de la Couronne relève d’une trahison envers les populations établies en Amérique.

Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l’humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix. En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d’Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l’univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l’honneur. »

Cette dernière partie justifie la décision d’une rupture avec les autorités de la Couronne, avec une neutralité parfaite : ennemis dans la guerre et amis dans la paix non seulement envers les sujets de la Couronne, mais aussi envers tous les autres peuples, justifiant de fait, des décisions à l’avenir…

Ainsi, comme certaines Nations déclarent agir pour Dieu et le Roi, les 13 Etats déclarent agir pour Dieu et la Nation, pour accéder à l’indépendance.

Du changement de siècle…

Notre société actuelle a connu de profonds bouleversements dès le début du nouveau millénaire. Tout d’abord, l’attentat du 11 septembre 2001 a fait voler en éclat le principe du sanctuaire occidental. En touchant les deux tours, une chose s’est imposée à toute la planète : il n’existe aucun endroit à l’abri de la violence.

Ce terrible attentat a démontré les défaillances de la défense américaine, ce pays se présentait comme la première puissance de la planète. Depuis, les opérations en Irak et en Afghanistan ont confirmé l’idée que face à un ennemi déterminé, les moyens manquent. Les lacunes dans le domaine de la sécurité, de la stratégie militaire et de la capacité de financement demeurent sans réponse à ce jour…

D’une façon plus générale, les anciennes puissances (grandes et moyennes) ne possèdent plus les ressources suffisantes pour mener leur politique : elles n’ont plus les moyens de leur politique et doivent se contenter de la politique de leurs moyens. La crise de 2008 a confirmé cette nouvelle donne. Les ressourcent manquent pour les uns, tandis que les autres en disposent de nouvelles, plus modestes, mais mieux exploitées. Bien sûr le grand ennemi, chef de « l’axe du mal » a été tué en Iran et en Afghanistan, cependant, la menace court toujours, les uns remplaçant les autres. On envient véritablement à un choc des civilisation, des cultures, deux mondes coexistent sans se comprendre, et peut-être même sans vouloir se comprendre.

Ici les antagonismes, sont d’ordre religieux et culturels, avec des conséquence militaires, ailleurs les antagonismes sont d’ordre économiques. La Chine s’est bel et bien réveillée, et elle ne rencontre que peu de résistance, que ce soit face à une Europe en crise de confiance et monétaire, ou encore face à une économie américaine qui se remet difficilement de la dernière crise, et qui appréhende la suivante. La porte reste grande ouverte pour une économie en pleine expansion. Et pourtant, la révolte gronde dans l’Empire du Milieu. Les émeutes de la faim, des laissés pour compte et des opposants politiques tendent à se développer.

Pour l’instant, ils restent largement minoritaires, trop faibles pour mettre ne danger les institutions en place (comme au Maghreb en 2011 et 2012), trop peu structurés pour gêner une croissance économique et un enrichissement croissant de la population. Cependant, des brèches apparaissent, l’accès a un pouvoir d’achat nettement supérieur d’une génération à l’autre développe les importations, au point de mettre en danger la balance commerciale. Les classes moyennes (et les classes aisées) veulent consommer et en ont désormais les moyens, mais ils consomment des produits d’importation. Un autre problème se pose aux autorités chinoise : la fuite des cerveaux, en effet, la matière grise formée en chine a tendance à émigrer vers des pays où ils pourront monnayer leurs compétences au meilleur prix.

C’est ce que l’on pourrait appeler le syndrome des pays développés, une importation massive, et une fuite des cerveaux vers des destinations plus lucratives. Ajouté à cela de gros problèmes énergétiques, car il faut désormais fournir de l’électricité en quantité suffisants pour des ménages équipés d’appareils toujours plus énergivores, et du carburant en quantité toujours croissante afin de suive le développement du parc automobile. Ce problème de carburant place la Chine au niveau des pays les plus développés et les plus riches de la planète : totalement dépendants des pays producteurs, et don contrainte d’adapter leur politique extérieure afin d’assurer un approvisionnement régulier et en grande quantité pour répondre à une demande croissante…

Plusieurs pistes se dégagent pour un avenir déjà connu :

– la Chine qui s’affirme de plus en plus à travers une politique économique en plein essor, sur tous les continents, en en particulier en Afrique. Une nouvelle superpuissance qui doit cependant gérer des problèmes internes qui ne pourront que se développer naturellement ou artificiellement soutenu par des concurrents.

D’autres pays d’Asie qui se développeront eux aussi, entraînés dans le sillage chinois, ou aidés par d’autres pays souhaitant profiter du développement économique de l’Asie, ou encore pour se positionner sur place, en attendant l’occasion de pouvoir contrer la puissance économique chinoise…

– l’Europe qui peine à se remettre de la crise actuelle de l’euro et de la défiance des citoyens envers leurs institutions et leurs dirigeants. Si certain pays connaissent un net développement économique comme la Pologne, c’est souvent grâce aux aides européennes, comme l’Irlande dans un passé relativement proche. Actuellement, le miracle irlandais a cédé la place au miracle polonais, avant le nouveau bénéficiaire des largesses européennes (Croatie, Grèce, Roumanie ???).

– Les Etats-Unis qui se remettent lentement de la crise de 2008 qui a fait passer la population d’un optimisme au pessimisme, du crédit à l’épargne, en attendant la prochaine crise qui pourrait bien survenir début 2013 (mars ou avril).

Sans parler de la crise de 2001 qui a tragiquement démontré que le sol américain n’et plus un sanctuaire inviolable. Les guerres d’Irak et d’Afghanistan qui ont démontré que l’économie américaine n’est plus assez forte pour soutenir un effort de guerre sans la participation des alliés. En ce sens, la décision du Président Hollande de retirer les troupes françaises d’Afghanistan, a placé le Président Obama dans une situation délicate à la veille des élections présidentielles de septembre (politiquement et économiquement).

– l’Afrique qui connaît un développement très important, avec une expansion de l’Islam radical dans certains pays comme le Mali, ou un développement économique très soutenu comme en Guinée Conakry. De façon générale, les investissements massifs de Pékin en Afrique développent l’économie du continent, en chassant au passage les anciens investisseurs américains et européens. Il y a cependant une volonté croissante des population et des gouvernants d’accéder à une indépendance économique après l’indépendance politique de l’après-guerre aux années 80. Cela augure peut-être des décisions délicates créant susceptibles de créer des incidents diplomatiques, voire conflits armés et des renversements de gouvernements…

– l’Amérique latine connaît une contestation croissante, avec une mouvement anti-américain qui tend à se développer. Que se soit à travers des mouvements populaires ou des chefs d’Etat comme Hugo Chavez, il y a une volonté de s’affirmer, d’acquérir une nouvelle indépendance. Certaines ressources naturelles comme le pétrole permettent et motivent cette volonté d’indépendance économique. Contrairement à la Chine, il ne s’agit pas d’une politique expansionniste, mais d’une politique indépendantiste vis-à-vis de Washinton, ennemi tout désigné (à tort ou à raison). Cependant, si les pays d’Amérique latine parviennent à constituer un bloc économique et politique cohérent (comme l’UNASUR), leur regard pourrait bien se porter au-delà des frontières du continent pour exporter des matières premières ou des capitaux…

De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen…

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est un document fondamental sur lequel repose la République actuelle, ainsi que l’idéologie politique du moment. Il est intéressant de développer plus en détail chaque article :

 Article premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

 La liberté et l’égalité sont conditionnés par l’utilité commune. Cela signifie qu’on ne considère un individu qu’à travers ce qu’il peut apporter à la collectivité. Cette vision utilitariste ne laisse donc pas de place à des « non-productifs ». Qu’en serait-il aujourd’hui si l’on appliquait cette règle à la lettre ?

Notre politique sociale s’en verrait profondément modifiée, les aides en argent et en nature seraient donc conditionnées à une activité utile à la société en contrepartie de leur versement. Tout travail mérite salaire, à l’inverse, tout salaire exige un travail en retour. Comment donc l’organiser ?

La première idée serait d’imaginer des brigades, à l’image de ce qui existait en Europe de l’Est au temps de l’ère soviétique. Qu’on ne s’y trompe pas, ceci ne relève pas d’une vision « gauchisante », bien au contraire, il s’agit plutôt d’une vision purement économique, libérale : travail contre salaire – salaire contre travail. Cette question fait souvent débat au sujet des prestations versées afin de « laisser les bénéficiaires rester chez eux sans rien faire » pour les uns, « participer à la consommation et entretenir le système capitaliste de consommation de masse » pour les autres.

L’idée de l’époque voulait simplement mettre un terme aux titres acquis par la naissance, et lui substituer des titres acquis par le mérite : on ne considère pas un individu pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il fait. Là encore, la méritocratie fait débat de nos jours. Dans l’éducation, un élève est sanctionné par ses notes, encouragé par pour ses efforts, puni pour son mauvais comportement, malgré de nombreuses critiques de réformateurs, souhaitant éviter les décisions jugées « traumatisantes pour l’enfant ». Plus tard, pourtant, dans le monde du travail, le principe demeure, il est même prôné comme modèle de vertu. Là aussi, on condamne la distinction sociale non fondée sur l’utilité commune de l’entreprise, mais sur des facteurs plus… subjectifs…

200 ans après la promulgation de cet article, la question se pose encore…

Article 2 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Cet article est particulièrement délicat et ce, pur plusieurs raisons. Tout d’abord le fait qu’une association politique ne peut avoir pour seul but de s’auto-conserver au détriment du reste. Que dire alors aujourd’hui des luttes de parti, des rivalités internes ?

Cela remet en question notre environnement politique, et semble rapprocher de l’avis de nombreux électeurs déçus par l’attitude de nos dirigeants. Dans ce domaine, la sanction est immédiate : au mieux une radicalisation des opinions, au pire un désintéressement de la chose publique, de la Res Publica.

Donc une association politique ne doit avoir d’autre but que d’assurer les droits naturels, à savoir :

 – la liberté, ce premier point fondamental est très difficile à mettre en œuvre. En effet, si le principe séduit, au sein d’une idéologie de promotion de l’individu, son application concrète est plus délicate. Jusqu’à un premier stade il prémunit contre l’arbitraire, contre un gouvernement ou un groupe d’individus imposant leur loi, leur décision à l’encontre du bien commun. Une association politique doit donc combattre cette situation, et la première forme de lutte consiste à donner l’exemple, ce qui n’est pas toujours aisé…

La liberté, individuelle plus particulièrement. Soumise au groupe, elle isole l’individu, le soumet à la volonté du groupe et justement, le prive d’une réelle liberté. Exacerbée, elle porte atteinte à celle d’autrui, empiète sur celle d’autrui. Actuellement, le principe qui prévaut est celui-ci : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. La question est : quelle est cette limite ? Rien n’est plus difficile que de répondre à cette question…

La fraternité est quelque part une forme d’empathie, le besoin de se rapprocher de ses semblables. Ce peut être aussi la volonté de plusieurs individus de se rassembler pour une cause commune, de former une collectivité de personnes rassemblées autour d’un même but.

Ce belle idée peut sembler plus délicate lorsqu’il s’agit d’opposer un groupe à un autre, une fraternité à une autre. Nous en avons connu plusieurs formes, fraternité religieuse, raciale, économique, politique…

Le grand problème est de trouver un juste compromis entre liberté individuelle et liberté collective, c’est-à-dire élaborer une fraternité aussi grande que possible, en évitant le « rejet de l’autre » comme on a bien souvent l’habitude de le dire. Cela revient à agir contre tendance naturelle à se rapprocher de ceux qui nous ressemblent, de se regrouper par affinité avec des individus qui nous paraissent semblables sur plusieurs points, et de ce fait, s’éloigner des autres… Comme le disait si justement Sartre : l’enfer c’est les autres

 – la propriété, pose un autre type de problème dans une société qui se veut solidaire. Pour que cette solidarité soit effective, il faut prendre aux uns pour redistribuer aux autres. Déjà le principe pose des difficultés, les uns estimant donner trop, les autres estimant ne recevoir pas assez. Dans tous les cas, aucun n’est satisfait. En outre, la mise en application de ce principe pose de réels problèmes : sur quelle base peut-on estimer devoir prendre aux uns, comment quantifier ce don obligatoire ?

A l’inverse, sur quelle base définir qui sera bénéficiaire de ce don, et quelle quantité de richesse doit-on lui donner ?

Autre question : doit-on veiller à son minimum vital (qui reste encore à définir), ou à son pouvoir d’achat au sein d’une société de consommation ?

Il convient également d’assurer à chacun de pouvoir posséder en toute sécurité, sans crainte de voir porter atteinte à ses biens…

 – la sûreté quant à elle découle en partie de ce que je viens de décrire, mais elle porte aussi sur la personne : garantir un individu contre une atteinte à sa dignité, à son corps. L’actuel code civil détaille cette mesure de façon très claire. En effet, l’atteinte aux personnes est un délit qui est parfois requalifié en crime, faisant l’objet d’une jurisprudence assez importante. Cependant, elle fait l’objet d’âpres discussions, de controverses et de points de vue divergents. La principale question est d’établir la responsabilité des coupables, considérés comme des individus dangereux pour l’ordre public, tandis que les autres les considèrent comme des victimes de la société, de leur condition sociale, culturelle, économique ou autre…

On le voir, cette notion de sûreté si violemment débattue il y a 200 ans, est toujours d’actualité….

 – la résistance à l’oppresseur, ce dernier point a été l’un des principaux moteurs des révolutions. Lors de la Révolution de 1789, il s’agissait de lutter contre le pouvoir royal, afin d’instaurer une République, c’est-à-dire un régime géré par le peuple et pour le peuple. Depuis, ces motivations ont semblées éloignées des préoccupations, cependant, quelques révolutions face à des régimes autoritaires nous ont rappelé que de telles luttes sont encore loin de disparaître. Les révolutions arabes de 2011 (et probablement celles à venir) nous ont plongés au cœur de conflits que l’on s’imaginait impossibles à nos portes. Au-delà, la résistance à l’oppresseur peut se décliner de plusieurs façons. En effet, il convient de désigner clairement cet oppresseur. Il peut s’agir d’un gouvernement, d’un groupe de pression, d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises, d’un pouvoir économique, d’un corps de métier…

Pour résumer, on peut dire que nos sociétés modernes sont particulièrement riches en affrontements de toute sorte. Ainsi, les sources d’affrontement sont particulièrement nombreux, au point que les candidats à l’oppression ne manquent pas, les candidats au rôle d’oppresseur non plus…

Article 3 : Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

 La Nation incarne la souveraineté du peuple, cela signifie que le territoire national ne relève pas du bon vouloir des seuls dirigeants, mais de principes qui leur sont supérieurs, qui les dépassent. A l’intérieur, l’exercice du pouvoir, par délégation, ne tolère aucune initiative personnelle qui n’agit dans l’intérêt de la Nation. Cela exclue de fait tous les groupes de pression, qu’ils soient politiques, économiques, culturels, religieux ou autre. A l’extérieur, seul l’Etat et ses représentations diplomatiques peuvent parler et agir au nom de la Nation, toute intervention extérieure n’est pas admise, il s’agira d’une ingérence allant à l’encontre des intérêts du peuple et de la Nation. Qu’en est-il alors de la mondialisation et des échanges financiers, boursiers à l’origine d la crise de 2008 ?

Cette question épineuse mérite que l’on s’y arrête quelque temps. En effet, la souveraineté ne relève que de l’autorité exclusive de la Nation (de ses représentations et structures). Cela permet d’associer plusieurs structures d’autres Nations pour créer une entité supranationale, comme nous l’avons fait pour la création de l’Europe, à condition que chaque Nation conserve sa souveraineté !

Il ne s’agit pas que chacun dépose sa souveraineté, se soumette à une autorité autre, car cela reviendrait à une capitulation, comme à l’issue d’une guerre où le perdant s’en remet au bon vouloir du vainqueur. Toutefois, cela exclue de fait l’ingérence et la décision d’une structure qui impose ses vues, ses décisions aux Nations, au-delà de toute souveraineté… C’est le cas du monde de la finance qui impose ses lois aux Etats. Auparavant, les Etats imposaient leurs lois à la finance comme bon leur semblait, en dévaluant une monnaie, ou en fixant arbitrairement le cours. Actuellement, on a l’impression que ce sont les flux financiers qui imposent leurs lois aux Etats, ceux-ci étant contraint de réagir comme ils le peuvent, pour éviter un déclassement par les instituts de notation. Déjà, l’Allemagne a connu des difficultés pour ses emprunts en 2011, la France a perdu son AAA en 2012…

Il ne s’agit pas d’organisation secrètes, de réunions à la dérobée la nuit pour comploter en petit comité, les concurrents des Nations se montrent au grand jour, les spéculations ne se cachent plus, la grande question est : est-ce que les Etats (et nos gouvernants) ont la volonté de défendre notre souveraineté ?

Article 4 : La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Cet article précise davantage la notion de liberté individuelle, celle de chaque citoyen. L’idée principale est que la liberté des uns s’arrête là où elle empiète sur celle d’autrui. Reste une grande interrogation que cette belle idée ne précise pas : où commence la liberté et où finit-elle ?

En effet, l’atteinte à la liberté est très subjective, elle peut s’exprimer par une résistance farouche à toute intervention de l’Etat, comme aux Etats-Unis où la mentalité est plutôt favorable à l’action individuelle, anti-colbertiste. Les interprétations sont nombreuses, depuis la fermeture du site megaupload fin janvier 2012, les « anonymous » multiplient les attaques contre les sites gouvernementaux, au nom de la liberté individuelle, celle de pouvoir échanger librement des fichiers. Reste à savoir de quelle liberté il s’agit, celle de l’expression dans nos sociétés occidentales ou en Syrie début février 2012 (à Homs ou ailleurs), celle de la liberté d’entreprendre ou celle du protectionnisme pour préserver des emploi ?

Une autre question délicate concerne l’encadrement de la liberté par la loi. En effet, la loi se doit d’être judicieuse, efficace, et surtout dénuée de tout intérêt politique, économique, idéologique. L’intérêt politique peut rapidement apparaître quand un Etat (et ses dirigeants) souhaitent encadrer la liberté des citoyens, pour conserver le pouvoir ou éviter la remise en cause d’une situation, d’un système politique, de la répartition des responsabilité ou des postes des dirigeants. La dérive économique viserait quant à elle à développer la spéculation, et ne considère les citoyens qu’en tant que consommateurs, n’ayant d’autre utilité que de perpétuer et développer les flux économiques, financiers, commerciaux. On parlerait ici de liberté de consommer, une liberté qui masquerait bien sûr une situation de grave dépendance, ne tolérant aucune solution alternative à la consommation de masse, c’est ce que nous vivons en ce moment, depuis 2008 et plus particulièrement à présent où l’opinion publique change et s’interroge sur la situation que nous vivons, et semble adhérer à un changement radical et durable, une liberté de vivre autrement en somme. Enfin la dérive idéologique nous est familière, au nom de la liberté, de nombreuses entraves à la liberté justement ont vu le jour. Les pires dictatures se sont mises en place pour défendre la liberté et se prémunir contre… l’arbitraire…

 Article 5 : La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Ici, la loi est mise sur un piédestal, elle est le principe absolu et universel, garante contre l’arbitraire et permet de fixer des règles applicables à tous. Cependant, elle est soumise à des règles auxquelles elle doit se conformer, pour en quelque sorte trouver une raison d’être, une justification, une légitimité. Ainsi, elle doit se fixer comme objectif la défense de la société, et veiller à préserver celle-ci en agissant à l’encontre des « actes nuisibles ». La loi est donc un moyen et non une fin en soi, elle est un outil au service d’autre chose, un idéal qui la dépasse. Par ailleurs, ce qu’elle ne défend pas ne peut être empêché. Cela signifie qu’une situation instable, un événement, un état de fait ne peut être corrigé autrement que par la loi, quelles que soient les conséquences. C’est un risque important qui n’est pas couvert par une disposition particulière. Une source de problème car si la loi n’agit pas en correctif, nul ne peut le faire, car nul ne peut se substituer à la loi…

Cette question vieille de 200 ans se pose encore aujourd’hui. Le culte de la loi, source de légitimité n’admet aucune initiative concurrente, aucune remise en cause, elle est censée être infaillible, ce qui n’est pas toujours le cas dans la réalité. Cependant, un principe demeure : la loi s’impose à tous et nul n’est censé l’ignorer.

Ce décalage entre la théorie et la réalité est source de bien des conflits. La tentation est en effet grande, pour les citoyens, de se détourner de la loi, de trouver des solutions eux-mêmes quand les institutions s’avèrent impuissants, lorsque la loi est défaillante pour régler un conflit. Tout dépend ensuite du degré d’implication des citoyens vis-à-vis de la chose publique, de la Res Publica. Au sein d’une Nation où l’initiative individuelle est la norme, le respect de la loi est secondaire devant la nécessité, il ne s’agit pas d’une quelconque indiscipline, mais plutôt d’une gestion des problèmes au quotidien. Lorsque l’on ne peut compter que soi ou ses proches pour faire face aux difficultés de la vie, il est assez difficile de se soumettre à des lois qui, jusqu’à présent, n’ont pas démontré leur efficacité. Pour aller plus loin, à mesure que la pression de la loi s’impose aux citoyens, ceux-ci la rejettent, comme une atteinte à leur liberté individuelle.

A l’inverse, dans une société où l’Etat est très présent, où l’on peut compter sur les institutions pour faire face aux difficultés de la vie, la loi est davantage acceptée, plus même, elle est sollicitée. On ne remet pas en cause le principe de la loi, en revanche, on n’hésite pas à la changer, à l’adapter à ses besoins. La remise en cause porte davantage sur les auteurs de la loi, sur ceux qui sont censés la créer : les élus du peuple. Dans ce cas précis, ce sont eux qui sont mis en cause, voire déposés…

Article 6 : La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

La loi est issue du peuple (directement ou pas), elle est donc faite par le peuple et pour le peuple. Universelle, elle s’applique à tous dans un souci d’égalité absolu. Elle est le seul et unique pouvoir de promotion ou de rétorsion et donc ne souffre aucune concurrence. Ainsi, celui qui crée la loi, ou la fait appliquer, revêt un caractère particulier : il incarne le pouvoir suprême du corps des citoyens. Par ailleurs, seules les capacités d’un individu peuvent lui permettre d’accéder à un poste, une fonction, une « dignité ». Cela exclue de fait toute autre considération comme la voie du sang. En effet, le lignage ne permet pas à lui seul d’accéder à des fonctions et/ou dignités particulières. On ne juge pas un individu pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il fait. Il d’agit là d’une profonde rupture avec ce qui se pratiquait depuis la plus haute antiquité.

En effet, le seul moyen qui permettait d’identifier un individu est le lignage, à Rome, en Grèce, ou ailleurs, on est avant tout « untel », fils « d’untel », du clan « untel ». En en Irlande ou en Gaule, l’individu se rattache au clan, à Athènes au Dème et à la Tribu, A Rome à la Tribu, c’est une attache territoriale qui permet de créer un lien physique avec un territoire.

Les qualités des ancêtres sont censés se transmettre de génération ne génération, ainsi, un fils de cordonnier est le plus apte à devenir cordonnier lui-même, un fils de militaire un nouveau militaire, un chef un nouveau chef, et un roi un nouveau roi.

Ici, un citoyen se distingue par ses qualités propres, sans tenir compte de son lignage, on est citoyen capable d’où que l’on vienne géographiquement et socialement. C’est cette capacité qui permet de postuler à une charge, quelle qu’elle soit. Cette rupture avec le monde antique rejette toute idée de transmission du talent, celui-ci devient aléatoire, il revient à la société de savoir le repérer chez tel ou tel de ses membres. Cette conception est reprise de nos jour où tout poste administratif est ouvert par la voie du concours, c’est-à-dire par l’examen des connaissances et compétences des candidats. Dans le secteur privé, c’est également le cas, en entretien où l’on reçoit les candidats à un poste, on étudie leur cursus (diplômes et expérience), le lignage n’a plus sa place, sauf dans de rares cas et pour des métiers très spécifiques où il est intéressant d’y avoir évolué dès le plus jeune âge.

Article 7 : Nul homme ne peut être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.

Seule la loi fixe le cadre au sein duquel un individu peut être accusé et appréhendé. Ici, l’idée de la DDHC est que l’arbitraire n’a plus lieu d’être, toute décision de contrainte à l’encontre de quelqu’un doit émaner d’un écrit préalable, proposé, voté et adopté par les représentants du peuple. Ainsi, chacun sait à quoi il s’expose s’il contrevient aux règles établies. Ce droit écrit prévaut donc sur le droit oral, les coutumes, ou des décisions émanant d’une personne et non basées sur une texte préalable.

Seuls les dépositaire de la puissance publique peuvent agir au nom de la loi et dans le cadre qu’elle définit, toute intervention en dehors de ce cadre est donc hors la loi, et susceptible de sanctions. Cela contraint toute personne ayant un pouvoir quelconque sur des subordonnés, à restreindre leur pouvoir et leur champs d’action à ce que seule la loi prévoit. Cette mesure vise à empêcher l’arbitraire au sein d’un système, d’un régime politique régi par un droit écrit préalable, proposé, discuté, voté et adopté par les représentants du peuple. Là encore, le pouvoir judiciaire prédomine au sein d’une vision juridique de la société. Cela peut sembler rassurant au premier abord, cependant, les excès amènent inévitablement à une judiciarisation de la société où tout conflit ne peut trouver d’autre solution que dans un tribunal. La loi revêt un caractère absolu, incontestable. C’est l’autorité suprême qui ne souffre aucune concurrence. Elle exige une obéissance immédiate, inconditionnelle et absolue. D’autres régimes agissent de même, bien éloignés de l’idéal de démocratie ou de liberté recherché ici, en effet, face à un droit omniprésent au service d’un régime autoritaire, la seule alternative est la résistance à l’oppresseur, comme on l’a connu début 2011 en Lybie et en Egypte, ou en Syrie début 2012.

Article 8 : La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

C’est peut-être pour éviter tout abus que la loi se limite elle-même dans cet article. Par cette disposition, nul ne peut être soumis à l’arbitraire quant à la sévérité de la peine infligée, celle-ci est au préalable, proposée, discutée, votée et adoptée par les représentants du peuple, avant d’entrer en application. Il existe tout un panel de sanctions correspondant à un panel de crimes et délits. L’idée de tempérance des sanctions domine dans un souci de rigueur et de justesse de la loi. La peine prononcée doit donc être adéquation avec le forfait qu’elle sanctionne. L’idée de justice prend ici tout son sens, tant dans la forme que dans le fond.

Sur la forme, toute peine doit être préalable au délit, de sorte à fixer le droit, à faire en sorte que chaque citoyen soit informé de ce qui lui en coûte de commettre un forfait sans espoir de pardon ou de remise de peine (dont il n’est pas question ici d’ailleurs), par l’intervention d’une tierce personne, ce qui reviendrait à une application illégale. La loi demeure le seul élément de référence pour sanctionner le délit le plus juste, et fixant par écrit une série de peines et non selon le bon vouloir d’un seul ou d’un groupe.

Sur le fond, il y a une volonté de rompre avec l’ancien système des lettres de cachet, et plus localement avec l’arbitraire d’un gouverneur, d’un magistrat ou d’un militaire selon les cas. Cela renforce l’idée d’égalité devant la loi tant pour un simple délit, que pour un crime de sang. Il va sans dire que cette égalité de traitement concerne aussi chaque citoyen, du plus modeste, au plus important. Cette conception de la justice responsabilise aussi le monde judiciaire, en faisant reposer sur ses épaules le poids de la décision. Par une juste sanction, il en sort grandi, par une mauvaise application de la loi, il endosse tout l’arbitraire d’une décision abusive, en parfait désaccord avec l’esprit de la présente déclaration.

Le souci est de préserver le citoyen, c’est aussi d’empêcher des dérives libertaires : la liberté des uns s’arrête là où elle empiète sur celle d’autrui. Ce qui importe en fin de compte, est l’ordre public, c’est-à-dire une situation de stabilité juridique, institutionnelle, politique, économique, afin de permettre un bon développement de la Nation, préservée de troubles tant à l’intérieur (révoltes, émeutes), qu’à l’extérieur (guerres). L’idée sous jacente est aussi de servir d’exemple aux autres Nations, conformément à l’esprit de l’époque qui ambitionnait de « libérer l’Europe du joug des tyrans ». Il y a là une volonté de rompre avec l’ancien régime, mais aussi d’éviter de prolonger une situation insurrectionnelle, une période de trouble qui, au final, n’aboutirait qu’à affaiblir la Nation et l’exposer à tous les dangers de déstabilisation (intérieur et extérieur).

Article 9 : Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

La présomption d’innocence est un aspect fondamental de la justice que l’on veut défendre ici. De ce fait, l’instruction à charge ne doit s’établir que sur la base de preuves, c’est-à-dire des éléments matériels, solides, certains, indiscutables. Ce principe fondamental est toujours d’actualité 200 après la promulgation de la présente

déclaration, c’est dire l’importance de la chose, qui a traversé deux Empires, une Restauration monarchique, cinq Républiques et deux Guerres mondiales…

L’arrestation est elle aussi strictement encadrée et répond à des critères juridiques précis, l’atteinte à la liberté de circuler, de mouvement est parfois nécessaire, elle est cependant considérée comme une action ultime, après épuisement de toutes les autres mesures légales de contrainte.

Là encore, cette disposition prévient les arrestations arbitraires pour un autre motif que défini légalement, le cas le plus fréquent étant les règlements de compte, via des motifs futiles. Dans un Etat de droit, une accusation doit être explicite, clairement motivée, définie par rapport à un texte écrit, étudié, discuté, voté et accepté par la majorité des élus du peuple. Toute action en dehors de ce cadre n’a pas lieu d’être et se trouve, de fait, en totale contradiction avec l’esprit de la présente déclaration.

Article 10 : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

Cet article vise à établir la liberté d’opinion au sens large du terme, c’est-à-dire qu’il ne le limite pas à la conviction politique, mais aussi religieuse. De fait, il retire le pouvoir absolu à l’Eglise en tant qu’autorité religieuse. En effet, celle-ci devra composer avec des cultes différents, concurrents même. Par cette disposition, les guerres de religions n’ont plus lieu d’être, et ne sauraient constituer un division du corps des citoyens. A l’inverse, toute idée de revanche ostentatoire est prohibée car l’ordre public demeure la notion fondamentale de la société, aucune opinion, qu’elle soit politique ou religieuse, ne saurait la remettre en question. Cela peut aller plus loin, en effet, les processions peuvent être suspendues, voire interdites, si elles sont susceptibles de troubler l’ordre public. Ce point est particulier car il n’indique pas de limite à sa mise ne place : il suffit qu’un groupe perturbe ou menace de perturber volontairement une procession, pour que celle-ci puisse être interdite par risque de trouble de l’ordre public…

C’est une faille dans laquelle il est facile de s’engouffrer pour empêcher légalement une manifestation religieuse ou politique. Là encore, la seule décision d’un magistrat peu trancher ce type de question, et lui faire endosser par là-même toute la responsabilité de son jugement en bien comme en mal.

C’est une exception où la décision d’un seul prévaut sur une loi écrite étudiée, discutée, votée et acceptée par la majorité des élus du peuple.

Une telle décision peut être influencée par des événements extérieurs, l’esprit du moment ou l’idéologie du régime qui peut se montrer plus ou moins tolérant, plus ou moins intransigeant. Reste donc à définir quelles sont les limites à ne pas franchir, à partir de quel point peut-on estimer un trouble de l’ordre public, la question reste entière…

Article 11 : La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

 Cet article consacre la liberté d’opinion, de pensée, au temps où une censure limitait la liberté d’expression des prérévolutionnaires sous la Monarchie, que dire alors des Monarchistes sous la Terreur…

Cette idée en soulève une autre très délicate : qu’en est-il aujourd’hui, peut-on réellement considérer que l’on vit au sein d’une société qui permet la liberté d’expression ?

Au-delà, on peut s’interroger sur les limites de la liberté de pensée, la libre communication des opinions lors de situations particulières. Les révolutions arabes de début 2011 et 2012 ont montré l’importance du rôle d’internet, certaines grandes puissances actuelles ont agi pour restreindre cette liberté d’expression. Cette dernière oscille, parfois gravement, entre la volonté d’informer, et celle de porter volontairement atteinte à une personne ou un groupe de personnes, par des déclarations diffamantes. Là encore se pose la question de la liberté d’expression, à partir de quel moment on peut estimer qu’elle dépasse le raisonnable, quels sont les éléments concrets qui permettent de prendre une telle décision ?

200 ans après la promulgation de la présente déclaration, la question reste sans réponse, et demeure un sujet de controverse. C’est dire son importance…

Article 12 : La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

L’idée de force publique rejoint en partie l’article 8 et la fin de l’article 9. Ici, la force publique exprime ce que l’on a nommé plus tard le monopole de la force, qui appartient à l’Etat et à lui seul. Pour qu’une société puisse se développer en toute sérénité, pour que des institutions puissent assurer l’ordre public, l’Etat doit disposer du monopole de la force. Cela signifie surtout qu’il n’admet aucune force concurrente à la sienne, seul problème : quelle est la limite de cette force ?

En effet, pour justifier la défense de la liberté, ou d’un autre idéal, l’abus de la force est un risque très présent. Il est très tentant et très facile à la fois, d’user de la force publique pour empêcher un débordement, un trouble à l’ordre public, de manière ponctuelle ou permanente.

Ponctuellement, une action limitée dans le temps peut disperser des émeutiers, l’usage d’armes non létales est alors envisagée (gaz lacrymogènes, incapacitants, flashball, taser, matraque, jet d’eau, etc) pour des actions marquées mais sans réelle conséquence dans le temps. L’usage d’armes à feu peut être un moyen plus violent de contenir des actions plus violentes, généralement face à des émeutiers armées, dans ce cas précis, on se rapproche d’une situation insurrectionnelle, il peut s’agir alors d’une action plus durable, d’une à plusieurs journées.

Dans le temps, il s’agit généralement de l’emploi d’une force militaire (armes à feu, véhicules blindés), dans ce cas il s’agit déjà d’une situation insurrectionnelle qui tend vers une situation de guerre. Nous en avons eu un exemple en 2011 et 2012 lors des révolutions arabes, il s’agit là de renverser un régime en place, justement comme lors de la Révolution Française…

Dès lors, il n’est plus question de liberté, du moins en pratique, car celle-ci ne revêt qu’une légitimité de fond, pour la forme, c’est la loi du plus fort qui prédomine, avec une escalade de moyens de part et d’autre pour prendre, ou conserver l’ascendant sur l’adversaire.

On le voit, la garantie de droits de l’homme et du citoyen peut devenir assez aisément un instrument au service d’un régime autoritaire, la Terreur en est un parfait exemple. L’usage de la force relève donc de la responsabilité du ou des dirigeants, à l’image de la sanction judicaire de l’article 8, qui relève de la responsabilité du magistrat qui y a recours.

Article 13 : Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.

Il s’agit ici de l’égalité face à l’impôt. Le fonctionnement de l’Etat nécessite des moyens financiers, quel que soit le régime, ainsi, la contribution de chaque citoyen est indispensable, c’est un devoir qui découle de leurs droits. Cependant, l’impôt se doit d’être juste, c’est-à-dire défini clairement pour un objectif particulier, collectif, et non pour le bon vouloir ou le confort d’une ou plusieurs personnes. En outre, cette contribution doit être également répartie sur l’ensemble des citoyens selon leurs moyens. De la sorte, ceux disposant de moyens financiers importants seront plus lourdement imposés que ceux disposant de revenus modestes. Cette proportionnalité des revenus est toujours d’actualité, et sujette à de vives controverses parfois, les uns estimant payer trop au regard d’autres personnes jugées trop faiblement sollicitées, tandis que d’autres estiment un mauvais usage des recettes de l’impôt.

Quoi qu’il en soit, les mécontents seront toujours présents, à tort ou à raison, et il est souvent difficile de trouver un juste milieu qui sache satisfaire l’ensemble des citoyens. Ce que cet article ne précise pas, est le bon usage des deniers publics dans le cadre de dépenses judicieuses et adaptées aux besoins.

Pour cela, il est nécessaire d’assurer une veille, sans pour autant parler de « police des dépenses publiques », il peut être intéressant de suivre de très près la gestion des deniers publics, afin d’éviter tout gaspillage, toute dépense inconsidérée. Cela ne veut pas dire que le moins disant est privilégié, mais plutôt le mieux disant, comme en matière de marchés publics par exemple : le mieux disant est plus cher, certes, mais il permet de limiter les dépenses sur le long terme, en couvrant tous les besoins réels, ce qui évite des rallonges pour combler des oublis ou des problèmes négligés ou occultés lors de la dépense initiale. Une bonne gestion des deniers publics incluse parfois des dépenses onéreuses mais nécessaires, le but n’est pas de faire des économies à tout prix, mais bien de gérer les dépenses au mieux, selon les besoins réels. Sur le moyen ou le long terme, c’est ainsi que l’on peut réaliser les meilleurs économies, du moins, les plus judicieuses.

Article 14 : Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Ceci découle du premier article, cela se rapproche de la reddition des comptes des magistrats dans l’Antiquité à Rome ou Athènes. Un magistrat en poste, devait construire, entretenir et développer les édifices publiques (thermes, arènes, bureaux, magasins, etc) et justifier de la bonne gestion financière de son mandat, en cas défaillance, il était redevable sur ses fonds propres, comme les comptables de nos jours. Cette rigueur révèle la volonté d’une gestion par la loi et la nécessité, et non par la volonté d’un seul ou d’un groupe de personnes. Là encore, la loi trouve une place prépondérante dans la gestion des affaires publiques.

Les citoyens peuvent constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, mais qu’en est-il si les représentants ne sont pas dignes de confiance et abusent des « largesses » des finances publiques ?

Cette question trouve tout son sens de nos jours où les scandales financiers se succèdent, où le train de vie de l’Etat est régulièrement remis en cause. L’article 14 énonce un principe très louable, certes mais il ne précise pas le plus important : comment réaliser un contrôle efficace et contraignant de l’usage des fonds publics ?

En outre, seules des personnes familiarisées avec la gestion comptable ont la capacité de suivre l’emploi des dépenses (par des règles comptables), de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de la contribution publique. Actuellement nous disposons de règles de comptabilité générale très précises, ne laissant pas de place au doute. Il n’en était pas de même à l’époque de la rédaction de la présente déclaration, le détail de la répartition de l’impôt entre les citoyens, de manière équitable faisait figure d’innovation sans précédent.

C’est finalement ce qui a peut-être décidé les rédacteurs de la Déclaration à poser des principes fondamentaux, pas si utopiste que l’on pourrait croire au premier regard. Déjà, à l’époque, des notions comptables de base existaient mais manquaient peut-être de matière ou d’intérêt général pour se développer comme ils le sont actuellement. Cette sage précaution se révèle par la suite, avec l’évolution des mentalités et des pratiques, peut-être est-ce justement le but recherché des auteurs de la Déclaration, sentant de grand changements se profiler, peut-être ont-ils voulu anticiper ces bouleversement en déterminant des principes fondateurs, qui ne manqueront pas de suivre l’évolution de la société. Aujourd’hui, où les normes comptables sont particulièrement développées, on peut mesurer toute la justesse d’une telle décision.

Article 15 : La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Cet article a pour but d’éviter de perpétuer et de développer une administration toute puissante, qui s’impose aux citoyens de sa propre volonté. Qu’elle soit royale ou républicaine, une structure administrative peut aisément devenir une fin en soi, et s’imposer, se perpétuer à travers le temps et les rouages d’une machine complexe et autoritaire : le régime de la Terreur l’a prouvé par la suite. Le point fondamental est que l’administration n’est pas une fin en soi, mais un moyen, un outil qui permet d’appliquer, d’accompagner des décisions prises en haut lieu. C’est une solution technique pour des problèmes d’ordre politique, économique ou autre.

Ainsi, chaque citoyen peut demander des comptes à ces représentants locaux ou nationaux, comme elle le ferait pour des élus. Le grand problème de cet article est que derrière cette excellente idée, rien n’est précisé quant à cette reddition de compte, en effet, aucune procédure n’est présentée, détaillée, on ne peut même augurer de la nature de ce contrôle :

– Est-il d’ordre juridique ? en ce cas des comptes seront demandés via un tribunal (administratif lui aussi comme c’est le cas de nos jours).

– Est-il d’ordre politique ? en ce cas une commission pourra être mise en place pour demander de justifier telle ou telle décision, avec à la clef une sanction politique lors des échéances électorales par exemple.

– Est-il d’ordre économique ? en ce cas une procédure spécifique pourra déterminer un éventuel préjudice et demander réparation le cas échéant, on rejoint là un aspect proche d’une démarche juridique.

– Est-il d’ordre moral ? en ce cas, une démarche plus « citoyenne » sera engagée, à travers des instances spécifiques, comme des ligues ou des corporations, comme ce fut le cas en matière religieuse. Cependant le risque est grand de voir se développer des « ligues de vertu », plus ou moins intransigeantes et conduire à un climat autoritaire ou insurrectionnel.

Un autre aspect se révèle, le fait de demander des compte à tout agent public fragilise la profession. En effet, un grand responsable ou un simple exécutant peut faire l’objet d’une accusation dont les conséquences risquent de se montrer particulièrement lourdes. Une conséquence, ou une série de conséquences, peut-elle être réduite à un individu ou un petit groupe d’individu ? En ce cas, on risque de voir se multiplier des « fusibles » dont le rôle sera essentiellement de servir de bouc émissaire en cas de défaillance. Cette instabilité peut cependant préserver les autres agents de l’administration qui seraient très tentés de choisir une profession moins risquée, avec pur effet de créer une pénurie de fonctionnaires. De nos jours, la responsabilité est collective, loin de noyer les responsabilité, elle permet de maintenir un agent en place, sauf pour une faute manifeste ou délibérée d’une personne qui fait preuve d’une réelle volonté de nuire, ou d’une grave incompétence.

Comme pour l’article précédent, l’intention est excellente mais les moyens de mise en œuvre font cruellement défaut.

Article 16 : Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Cet article énonce une notion importante la Constitution est le socle indispensable à une société, tout en découle et tout s’y rattache. Il est donc impensable qu’une société, quelle qu’elle soit, ne puisse être dotée d’une Constitution. Ce point de vue est partagé, de nos jours encore, par les Etats-Unis où la Constitution est la pierre angulaire de toute organisation politique, étatique, fédérale…

De même en France, il a été nécessaire de modifier notre Constitution pour permettre notre adhésion à l’Union européenne. La différence est que cet acte fondateur est très présent à l’esprit de la Révolution, elle l’est déjà moins dans l’esprit de 2012 aux yeux des Français. Peut-être parce que l’on a modifié le texte. Si l’on peut le faire une fois, on peut le faire plusieurs fois, et pas seulement en temps de guerre (comme lors de la Révolution Nationale ou la 4e République), mais aussi en temps de paix pour permettre l’adhésion à l’Union Européenne. Ainsi, ce précédent a fragilisé l’édifice, ce socle immuable qui ne l’est plus vraiment : on le modifie selon les circonstance, il n’a donc plus la stabilité qu’on lui a conféré lors de sa création.

En outre, la Constitution impose la garantie des droits et la séparation des pouvoirs, c’est-à-dire un système où les droits de chacun sont écrits, donc fixé définitivement, et non soumis à l’arbitraire, au bon vouloir du ou des gouvernants, ou encore des circonstances. Les droits du citoyens sont donc immuables, on peut les améliorer, mais non les réduire, à l’image de la Constitution qui représente la stabilité du régime, comme la nature divine du Roi par le sacre, assurait la stabilité du royaume.

Aujourd’hui encore, le principe de rétroactivité de la loi n’est pas admis. Si la loi change, elle ne s’applique qu’à un instant T et ne peut invalider ce qui a été mis en place auparavant. Il est vrai que tout notre système politique et institutionnel a une base juridique, il est donc nécessaire que les textes sur lesquels il repose jouissent d’une grande stabilité afin que le système soit lui-même stable. Ce principe est ancien et calqué sur l’Eglise qui repose sur les textes sacrés de la Bible, la parole divine qui ne saurait être remise en cause. Ici, les droits des citoyens ne sauraient être remis en cause, à moins d’une révolution comme ce fut le cas lors de la Révolution Nationale sous le régime du Mal Pétain. Régime qui lui aussi a été remplacé par un autre : la 4e République, elle-même remplacée par la 5e République que nous connaissons aujourd’hui encore.

La séparation des pouvoir est également un élément indispensable au régime de la République. Elle garantie la cohésion des institutions et leur équilibre les unes par rapport aux autres. De ce fait, aucun pouvoir n’est supérieur aux autres. C’est aussi une garantie de bon fonctionnement des institutions, leur complémentarité : le pouvoir de l’une commence là où s’arrête l’autre, de sorte à établir une continuité, et non un chevauchement où chacun peut disputer à l’autre telle compétence. C’est une application de la célèbre réflexion de Montesquieu : tout homme porté au pouvoir est tenté d’en abuser. Ici, ce ne sont plus des individus qui exercent le pouvoir, ce son des institutions, c’est-à-dire quelque chose qui dépasse l’individu. Tel responsable quitte son mandat, il est remplaçable, mais l’institution lui survit.

Article 17 : La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

 La propriété est un élément visiblement très important dans la société de 1789, elle revêt ici un caractère inaliénable, presque sacré. Nul ne peut en être privé, cela met fin aux confiscations arbitraires, pour leur préférer une action légale, clairement établie sur un droit écrit, préalable, transparent et fiable. La propriété devient un attribut de la personne, c’est un aspect inaliénable comme la liberté, l’intégrité physique. Posséder un bien s’entend généralement par l’immobilier, un lieu de vie où l’on peut s’établir durablement, se projeter dans l’avenir sans crainte de devoir tout remettre en cause sur la décision d’une personne, d’un groupe de personnes, ou d’une structure. Le cas américain de 2008 a été très significatif en ce sens, des nombreuses classes moyennes avaient investi dans leur logement pour leurs vieux jours, une transmission à leurs enfants, et se sont vus du jour au lendemain dépossédés de ce bien, fruit d’une vie de travail.

 Là encore, après le droit, c’est la stabilité qui est recherchée, constante dans tous les aspects de la vie quotidienne. Cette stabilité qui pourra permettre de se consacrer à d’autres tâches, moins matérielles, la gestion de la Polis par exemple…

 Au-delà du logement, la propriété peut toucher d’autres domaines, d’autres éléments propres à la personne comme les titres et les charges. Nous avons vus précédemment que l’accès aux charges ne peut dépendre du bon vouloir d’un seul, mais est régi par le droit, par la loi. Ainsi, accédant aux charges par des voies légales sur le seul critère du mérite, le citoyen est garanti dans l’exercice de ses droits, de manière certaine, durable, sans crainte de se voir privé de ses fonctions sur une décision arbitraire. Il convient aussi de voir plus loin : l’accès à un titre ou une charge, n’est plus une récompense, une grâce (en attendant une éventuelle disgrâce), mais la reconnaissance de capacités, d’aptitudes particulières pour exercer une fonction, une responsabilité. Cette mesure utilitariste permet de constituer une nouvelle administration basée sur l’efficacité, la gestion des dossiers, le travail effectif et donc un rendement. En effet, si l’article 15 permet (en principe) à tout citoyen de demander de comptes à tout agent public de son administration, le contrôle peut aussi venir d’en haut, pour créer véritablement un outil administratif efficace, cohérent.

 Ce nouvel outil permet de renforcer la cohésion du pays, une administration commune, des poids et mesures communs, une même loi pour tous qui est la seule origine de toute décision sont autant d’éléments de stabilité et de continuité de l’Etat. Autant d’innovations qui nous semblent naturelles aujourd’hui.

 En résumé, on peut dire que cette Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen représentent une rupture avec le régime précédent. Les droits de Citoyens sont déjà énoncés, précisés, sacralisés (considérés comme inaliénables). Ce n’est pas tout, en effet, c’est aussi la primauté du droit qui s’impose et s’oppose à toute décision subjective. Désormais, toute décision d’ordre collectif ou individuel est prise, justifiée, motivée, contrôlée sur une base juridique.

Un droit écrit et stable, des lois proposées, débattues, votées, acceptées (ou refusées) par les représentants du peuple, voilà désormais la nouvelle norme, la nouvelle idéologie qui règle es affaires de l’Etat et de chaque citoyen.

 Il s’agit bien d’une idéologie, c’est-à-dire d’un système politique particulier de nature à s’étendre au reste du monde. La suite des événements ont prouvé cette vision qui s’est généralisée à toute l’Europe, vers d’autres continents et pour des circonstances particulières comme l’indépendance américaine, et aujourd’hui au reste du monde. Les principes qui nous sembleraient si naturels qu’ils en devenaient quelque peu lointains. se sont rappelés à notre mémoire avec les révolutions arabes de 2011 et 2012. On s’est alors souvenu de ces grands principes comme étant nôtres, et nous ont interrogés sur leur nature et leur justesse. Que ferions-nous aujourd’hui sans eux, quelle serait notre administration aujourd’hui sans eux ?

A l’inverse, qu’en est-il de ses excès ?

Voilà une grande question qui peut nous fournir bien sujets de réflexion. Ce droit régit au final toute notre vie, toute notre organisation politique, administrative, scientifique, économique, afin de nous assurer une liberté face à l’arbitraire. Voilà pour la théorie, cependant, ne risque-t-on pas de se créer de nouvelles chaînes ?

N’évolue-t-on pas vers une nouvelle forme de dictature : le droit pour la liberté, devenant non plus un outil, un moyen mais une fin en soi…

De l’attitude de la Maison Blanche..

Cette institution apparaît souvent comme le cœur de la plus grand puissance de la planète (du moins, elle est souvent présentée de la sorte). Ainsi, les décisions issues du Bureau Ovale ont une portée toute particulière, tant au niveau économique, que politique et militaire. Ainsi, le reste du monde se répartit en 3 attitudes :

la défiance qui concerne principalement les grandes puissances rivales des Etats-Unis, et les Nations plus modestes, ouvertement opposées, voire hostiles, à la Maison Blanche. Les premiers peuvent avoir simplement tendance à s’affirmer, à exister en tant que rival de la  1ère puissance de la planète (telle qu’on nous la présente, ou qu’elle se présente).

l’alliance, il s’agit là de Nations qui soutiennent la politique américaine de leur plein gré, pour défendre un intérêt commun, par sentiment d’amitié ou d’alliance (par traité), partage des mêmes valeurs. On compte aussi des Nations contraintes de suivre la ligne directrice choisie, cette contrainte peur être directe, par la menace de représailles économique ou militaires. Il peut s’agir également d’une contrainte indirecte, par la décision des Nations concernées, par peur de représailles, sans qu’une menace ne soit clairement exprimée.

l’attentisme, il s’agit ici de Nations  qui prennent acte de la décision, en attendant de constater les conséquences de celle-ci à court ou moyen terme. Il s’agit là de Nations de moyenne ou grande importance, qui ont, en tout cas, les moyens d’une telle indépendance, et qui leur permet de prendre du recul avant de soutenir ou contester la décision prise.

Ces trois attitudes se retrouvent à chaque décision de moyenne ou grande importance, leur répartition est très inégale. Les opposants étant les moins nombreux, les attentistes, un peu plus, les alliés (de gré ou contraints) sont les plus nombreux.

Les Etats-Unis jouissent donc d’un leadership dans bien des domaines, à l’image d’Athènes au Ve siècle av-JC; Cette position n’est cependant pas si idéale qu’il pourrait sembler au premier abord. En effet, le leader ne justifie sa place qu’ne cas de situation exceptionnelle : face à un danger ou un ennemi commun (menace communiste jusqu’en 1989, à l’image du péril perse au Ve siècle av-JC). Il se justifie également par son attitude d’arbitre des Nations lorsque celles-ci s’avèrent incapables de résoudre un problème diplomatique, militaire ou autre (comme le conflit en ex-Yougoslavie des années 1990). A défaut, le leader peut manier la menace ou la séduction le cas échéant, pour assurer à tous la stabilité, la sécurité ou une bonne gouvernance.

Si l’un des deux cas disparaît, le leadership ne se justifie plus. La contestation plus ou moins ouverte de la part de ses partenaires qui, dans le meilleur des cas ne le seront plus, et dans le pire des cas, deviendront hostiles et pourront entreprendre des actions, menacer les intérêts de leur ancien leader, avec ou sans l’aide de ses ennemis les plus puissants. Ce retournement de situation peut s’avérer particulièrement coûteux, en effet, il peut être l’occasion rêvée pour une Nation, de s’affirmer, d’étaler sa puissance à la face du monde par des actions belliqueuses contre l’ancienne superpuissance. Cette attitude peur devenir un exemple pour des puissance plus modestes afin d’affirmer leur existence.

Ainsi l’hostilité ou l’agression de l’ancien leader pourrait bien devenir une étape indispensable pour une Nation, ou un groupe de Nations, pour s’établir aux yeux du reste du monde, comme grande puissance. En tuant, le père (ou le chef de meute), on prend sa place en quelque sorte…

La liste des ennemis (actifs ou passifs) ne pourra que se développer, c’est à craindre. Que l’on ne s’y trompe pas, cette situation peu enviable peut fort bien devenir celle de n’importe quelle autre grande puissance (Russie, Chine, Europe,…). C’est bien cette volonté d’être en mesure de s’attaquer à un plus puissant que soi qui demeure. Cette intention est déjà forte, le passage à l’acte est, quant à lui, irrésistible et particulièrement valorisant.

Au vu de tout ceci, les décisions de la Maison Blanche doivent être particulièrement réfléchies, les conséquences de ces décisions doivent faire l’objet d’une réflexion poussée, car cette image de superpuissance demeure fragile. En effet, malgré sa puissance, et ses victoires dans presque tous les domaines (militaires, économique, technique, scientifique, commercial), sont similaires au Vizir de l’Empire ottoman : un homme couvert de pelisses, assis sur un baril de poudre… (Ali Pacha, Vizir de Janina).

Cette position centrale renforce, confère un statut particulier de leader que l’on se doit de suivre, par crainte ou par séduction (à l’image de l’URSS avant 1989). Paradoxalement, cette place de leader affaiblit aussi. Quelle meilleure cible que ce chef incontesté pour une nouvelle puissance, désireuse de s’imposer à la face du monde ?

L’attentat du 11 septembre 2001 en est la parfaite illustration. Les mouvements intégristes ont  voulu frapper fort et se faire connaître comme étant militairement capables de s’en prendre à une cible aussi symbolique. Quand Oussama Ben Laden a fait s’écraser les deux avions sur les tours jumelles, il est apparu aux yeux du monde comme une nouvelle force militaire et idéologique, avec laquelle il fallait compter désormais. Dans le même temps, il ne laissait d’autre choix aux Etats-Unis que d’entrer dans une lutte à mort avec lui, sans aucune possibilité de compromis, de négociation, comme on pourrait le faire avec un adversaire conventionnel.

Cette politique radicale du tout ou rien a payé, car si le chef spirituel d’Al Khaïda est mort, d’autres groupes représentent toujours une menace, par les armes en Afghanistan, par les urnes en Egypte, Lybie, Tunisie depuis le Printemps arabe…

On peut dire que cet adversaire a essaimé, entraîné dans son sillage d’autres menaces. Les ennemis sont nombreux et agissent dans d’autres domaines que l’intégrisme religieux et la lutte armée. Ainsi, le mouvement des indignés peut faire figure d’ennemi intérieur, en contestant le modèle de société basé sur la consommation de masse, voire le modèle capitaliste tel qu’on le connaît…

Ce type de lutte économique se veut un mouvement de résistance, comme la lutte théologique  intégriste et armée, elle peut essaimer, drainer toute une foule à travers le monde, que la crise de 2008 (et les suivantes) ont rendu tout à fait mûre pour rejoindre leurs rangs. Cette nouvelle menace peut causer de nombreux dégâts ponctuellement, et dans le temps… le temps que des groupes plus radicaux ou plus réfléchis que les autres, se structurent et proposent des solutions alternatives par des programmes, des actions d’éclat, de nouvelles façons de consommer, d’échanger, en gros, des solutions susceptibles de proposer de nouveaux modèles de société.

Pour maîtriser cette situation, des contre-mesures s’imposent dès à présent, pour éviter d’être un jour dépassé par une situation devenue incontrôlable. Un point de non retour peut aisément être franchi et ouvrir la voie à n’importe quelle issue raisonnée ou passionnée, mais en tout cas radicale. Les prochaines élections de novembre 2012 offriront peut-être une réponse, c’est à souhaiter…