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Archive for the ‘Kosovo-Balkans’ Category

kosovo, des élections en demi-teinte…

26 décembre 2013 Laisser un commentaire

Les récentes élections municipales au Kosovo ont fait ressortir les tensions entre Serbes et albanophones, sans réelle solution durable…

Source : http://balkans.courriers.info/article23899.html

Kosovo : après les élections municipales, comment reprendre le dialogue avec Belgrade ?

 

Traduit par Mandi Gueguen

 

 

Publié dans la presse : 17 décembre 2013 -Mise en ligne : mardi 24 décembre 2013

 

Les récentes élections municipales au Kosovo risquent de peser pour beaucoup dans le processus de normalisation des rapports entre Pristina et Belgrade. Les problèmes et les doutes persistent encore, surtout au nord de Mitrovica. Retour sur un scrutin compliqué, qui risque de changer la donne.

 

Par Tatjana Lazarević

« ZSO », « CIK », « Srpska » : voici de nouveaux termes apparus dans le vocabulaire politique du nord du Kosovo. Ils sont les signes avant-coureurs d’un changement qui devrait advenir dans les prochains mois, après 14 années de résistance aux missions internationales et à l’intégration dans l’Etat du Kosovo.

Selon les données définitives produites par la Commission électorale centrale du Kosovo, la Liste citoyenne Srpska, souvent perçue comme la « liste de Belgrade », a obtenu la majorité des sièges dans les cinq municipalités kosovares à large majorité serbe du Kosovo du Nord, mais ce ne fut pas le cas au nord de Mitrovica. Dans la ville divisée, la « Sprska » a obtenu le même nombre de sièges (six), que la Liste citoyenne « Serbie, démocratie, justice » (SDP), dirigée par Oliver Ivanović, après la répétition du vote dans deux bureaux à la suite des incidents survenus pendant le premier tour du 3 novembre.

La liste « Sprska » a fait élire neuf maires sur une possibilité de dix municipalités à majorité serbe sur tout le territoire du Kosovo. Le nouveau maire de Mitrovica Nord sera Krstimir Pantić, élu de liste « Srspka », qui a battu en ballotage avec quelques centaines de voix le vice-secrétaire pour le Kosovo du gouvernement de Belgrade, Oliver Ivanović. Au Nord, la participation moyenne aux trois tours des 3 et 17 novembre et 1er décembre a dépassé de peu les 20%.

Le fiasco du 3 novembre

Le premier tour des élections administratives, tenu le 3 novembre, a été un échec total au nord de Mitrovica. L’OSCE a déclaré que les conditions n’étaient pas réunies pour permettre l’expression d’un vote libre, alors que des hommes masqués et armés de bâtons ont fait irruption dans quelques bureaux de vote en fin d’après-midi et ont détruit les urnes électorales. La participation avait été extrêmement basse jusqu’à la survenue des faits et d’autres irrégularités avaient été constatées.

Les partisans du boycott ont rappelé leur position : clore « les élections illégitimes de l’Etat non-reconnu du Kosovo ». Même si les principaux médias ne l’ont pas repris, leur leader avait alerté l’opinion publique sur l’éventualité d’incidents le jour des consultations administratives. Il a soutenu, peu de temps avant que ces incidents ne se produisent, qu’ils auraient été organisés justement pour délégitimer la campagne pour le boycott. Marko Jakšić a voulu ainsi ne pas être rattaché à ces violences. Or, ses déclarations se sont répandues dans les médias sociaux alors que les médias traditionnels et les membres des listes électorales signalaient de nombreux cas d’intimidations dirigés contre les électeurs.

Les partisans du boycott ont été repérés aux alentours des bureaux de vote, en train de crier « traîtres » aux petits groupes d’électeurs, qui souvent accompagnés de leurs supérieurs hiérarchiques, se rendaient aux urnes affichant un air préoccupé et inquiet. Bien des électeurs étaient amis, parents ou des soutiens des candidats en lice. Jusqu’à la survenue des incidents, qui a mis fin à la journée électorale, la participation ne dépassait pas les 12% au Kosovo du nord et les 7% à Mitrovica.

Pour les médias, ces violences étaient la conclusion logique d’une journée électorale extrêmement problématique. Une vidéo d’amateur a circulé ensuite sur le Net où on pouvait voir fuir le groupe d’agresseurs du bureau de Mitrovica. De nombreux commentaires mettaient en cause l’implication possible d’Aleksandar Vulin, ministre sans portefeuille pour le Kosovo et la gendarmerie serbe.

Des témoins oculaires ont mentionné des « visages inconnus, portant des joggings et des vestes en cuir, aux cheveux très courts », comme l’a confirmé le leader de l’Initiative anti-élections, Nebojša Jović. La nouvelle de la présence à Mitrovica de l’ancien commandant de la gendarmerie serbe, Bratislav Dikić, a bien animé la ville. D’autres « éléments intéressants » semblaient être présents, comme l’homme d’affaires Zvonko Veselinović, réputé proche du Parti progressiste serbe et de Mladen Obradović, leader du mouvement de l’extrême droite « Obraz ». Le leadership politique de la Serbie, a annoncé avoir tiré au clair les responsabilités de l’échec, mais aucun responsable n’a publiquement été identifié.

Le retournement de situation au second tour

Le second tour du 17 novembre dans deux bureaux de vote au nord de Mitrovica et dans trois bureaux de vote de Zvecan, a été marqué par une participation atteignant les 22%. Des groupes d’ouvriers, menés par leurs superviseurs, se sont présentés pour voter. L’atmosphère par rapport au premier tour était de tout évidence plus pacifiée.

Les médias ont rapporté des pressions exercées sur des citoyens pour les « convaincre » de participer aux élections. Les plus insistantes provenaient des institutions financées par Belgrade, qui ont poussé leurs salariés à aller voter. Beaucoup de ces derniers se sont retrouvés entre « le sens du devoir envers l’Etat [serbe] » et leurs intimes convictions de s’abstenir. Seulement quelques uns ont eu le courage d’admettre publiquement avoir subi ces pressions. Mais uniquement dans les médias sociaux, les autres médias ne leur ont pas vraiment prêté attention.

Vesna Čosić, « mère courage »

Elle a incarné l’exemple le plus dramatique des pressions « pro-vote ». Au chômage et enceinte, cette habitante du nord de Mitrovica, a dénoncé, via Facebook, avoir subi les chantages d’un fonctionnaire des services sociaux. L’homme lui aurait dit que ses aides lui seraient versées si elle votait pour le candidat de la « Srpska » Krstimir Pantić.

L’histoire de Vesna Čosić a immédiatement été utilisée par le rival du maire élu, Oliver Ivanović, qui a promis d’aider cette femme. Cette dernière a annoncé qu’elle ne prenait parti pour aucun des candidats en lice mais qu’elle dénonçait fermement le népotisme et la corruption des pouvoirs locaux aux allures mafieuses. En déclarant faire partie de ces rares personnes qui ont défendu Mitrovica en 1999, Vesna Čosić a fini par s’exprimer contre les élections.

Elections sous tension

Le 1er décembre, la participation électorale est à nouveau descendue à 17%. Aucun incident majeur n’a été enregistré, exception faite des escarmouches lancées par les deux candidats à la mairie, Oliver Ivanović et Krstimir Pantić. Le premier accusait le dernier à être le candidat des Albanais et des pays occidentaux, qui dénonçait à son tour le choix de Belgrade de soutenir une seule liste au Kosovo, la « Sprska ». Après le dépouillement des bulletins, les deux semblaient conscients de la nécessité de collaborer au sein de l’administration de la ville dans les mois à venir, après la constitution de l’Association des municipalités serbes obtenue par Belgrade à la table des négociations de Bruxelles.

Malgré la complexité de cette affaire, les Serbes semblent partager en nombre et en privé l’idée que les trois tours électoraux ont été une humiliante farce pour tenir dans le cadre de l’implémentation forcée des accords de normalisation des rapports entre le Kosovo et la Serbie. Bien loin des élections démocratiques, décrites par les médias « alignés ».

Tanja Vujisić, correspondante de Radio Belgrade et reporter pendant les élections a affirmé : « le vote au nord, surtout le 17 novembre, avait des allures d’un vrai état de siège. On n’avait pas vu une telle accumulation de forces de l’ordre même dans les moments les plus chauds des confrontations interethniques. Les élections devraient être, par définition, un processus libre. Mais à Mitrovica, elles ont été accompagnées de soldats, de véhicules militaires, d’hélicoptères de la police. Le silence électoral a largement été violé, surtout par les chaînes de télévision. Du matériel électoral a été distribué même à l’intérieur des bureaux de vote. Aucune sanction n’est tombée. Le 1er décembre, l’OSCE a interdit aux médias de filmer les bureaux de vote, de recueillir des déclarations des électeurs. Cameraman, photographes et reporters n’ont pas pu observer la clôture de la journée électorale et l’ouverture des urnes. La Commission électorale centrale a tenu seulement quelques conférences de presse dans la journée, ce qui est bien insuffisant pour assurer une bonne surveillance du processus de vote et de la participation. La campagne informative pour expliquer les règles du vote a été désastreuse et a entraîné l’annulation de très nombreux bulletins. Aussi parce que les bulletins eux-mêmes étaient confus ».

Intégration ou nouvelles résistances

Malgré l’importance de ces élections tant pour la Serbie que pour le Kosovo, les Serbes du Nord sont mitigés : pour certains, elles représentent le début d’une silencieuse intégration de la région dans la société kosovare, pour d’autres, la tentative de transformer la toute nouvelle Association des municipalités serbes en une sorte de « micro-Etat ».

Tous refusent, toutefois, de se voir comme étant des « Kosovars », et restent fidèles, au moins partiellement, à la « Serbie dans le Kosovo ». De nouveaux défis sont désormais plantés sur le chemin de l’application des accords de Bruxelles : l’entente sur les douanes et sur l’ouverture du Tribunal au Nord de Mitrovica.

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Catégories :Kosovo-Balkans

La situation des Serbes du Kosovo, toujours préoccupante…

26 décembre 2013 Laisser un commentaire

Au lendemain de noël, la situation des Serbes du Kosovo demeure source d’inquiétude, un élément de plus qui confirme les tensions communautaires sans solution à ce jour…

Source : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2013/12/20/01006-20131220ARTFIG00328-mgrtheodose-au-kosovo-les-serbes-vivent-dans-la-peur.php

Mgr Théodose : «Au Kosovo, les Serbes vivent dans la peur»

Par Jean-Christophe Buisson – Publié le 20/12/2013 à 10:52

Retranchés dans des enclaves protégées par les forces de l’ONU ; obligés de vivre leur foi sous protection internationale ; interdits de déplacements libres dans leur propre pays… Telle est la situation des 100.000 Serbes orthodoxes vivant encore en Kosovo-Métochie, qui est à la Serbie ce que la Touraine est à la France: son berceau historique. Depuis l’intervention de l’Otan en 1999, puis l’indépendance unilatérale du Kosovo (non reconnue par Belgrade, mais pas non plus par l’Espagne, la Grèce ou la Roumanie), se produit ici, au cœur de l’Europe, ce que Nikola Mirkovic, dans un livre très complet et très documenté, Le Martyre du Kosovo, nomme «le chemin de croix du peuple serbe». En dépit du travail remarquable d’organisations humanitaires comme Solidarité Kosovo , qui organise notamment chaque année un convoi de Noël dans les enclaves serbes, la situation peine à s’améliorer. Pour Le Figaro Magazine, Mgr Théodose témoigne.

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Catégories :Kosovo-Balkans

Une page sombre des Balkans….

19 décembre 2013 Laisser un commentaire

Une des pages les plus sombre des Balkans du 21e siècle n’en finit plus de disputer le flou à l’indignation….

Source : http://balkans.courriers.info/article23867.html

Trafic d’organes au Kosovo : les principaux suspects échappent toujours à Eulex

 

 

Mise en ligne : mercredi 18 décembre 2013

 

Cela fait maintenant deux ans et demi que les deux principaux suspects ont été mis en examen dans l’affaire de trafic d’organes à la clinique Medicus. Pourtant activement recherchés, fichés par Interpol, le médecin turc Yusuf Sönmez et l’Israélien Moshe Harel sont toujours introuvables. La justice d’Eulex s’impatiente.

 

(Avec Balkan Insight) – Plus de huit mois après les premières condamnations dans l’affaire de trafic d’organes à la clinique Medicus, la mission Eulex a reconnu qu’elle ne disposait toujours pas d’informations lui permettant d’arrêter les deux principaux suspects.


Retrouvez notre dossier :
Trafic d’organes : « Au Kosovo, tout le monde était au courant »


Le médecin turc Yusuf Sönmez et l’Israélien Moshe Harel, accusés de trafic d’organes et de crime organisés sont en cavale depuis qu’ils ont officiellement été inculpés en juin 2011. Ils figurent pourtant sur les fichiers des criminels activement recherchés d’Interpol.

Le juge d’Eulex Malcolm Simmons s’est dit « inquiet que rien ou presque n’ait eu lieu depuis ». « Nous ne pouvons faire que le strict minimum tant que les accusés n’ont pas été arrêtés », a-t-il rappelé lors d’une audience qui s’est tenue à Pristina pour rendre compte de l’évolution de l’enquête sur le trafic d’organes.

Pour le procureur d’Eulex Allen Cansick, « Harel se trouve toujours en Israël », tandis que « la mission a des informations qui indiquent que Sönmez se déplace tout autour de la planète ». Le procureur se veut néanmoins optimiste : « il y a des chances qu’ils soient un jour conduits au Kosovo ».

Les accusés ne peuvent pas être jugés par contumace, de sorte qu’un éventuel futur procès dépend de leur extradition.

Catégories :Kosovo-Balkans

la Grèce… la crise et le reste…

13 décembre 2013 Laisser un commentaire

La crise de l’euro n’en finit plus de ravager certains pays comme la Grèce, de quoi refroidir les nouveaux adhérents…

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Constantin-Tsoukalas-Nous-vivons-une-crise-humanitaire-en-Grece-2013-12-13-1075457

Constantin Tsoukalas :  « Nous vivons une crise humanitaire en Grèce»

 

Un entretien avec Constantin Tsoukalas, sociologue, professeur émérite de l’université d’Athènes

 

13/12/13 – Mis à jour le 13/12/13 – 13 H 37
 

 

Pour Constantin Tsoukalas, la crise balaye l’idée d’Europe solidaire.

Socrates Baltagiannis/ pour la Croix

Pour Constantin Tsoukalas, la crise balaye l’idée d’Europe solidaire.

 

Comment jugez-vous la situation en Grèce ?

Constantin Tsoukalas : Le recul du niveau de vie est considérable. Nous vivons une crise humanitaire. Nous pensions que cela était réservé aux pays les plus pauvres du tiers-monde et voilà que la crise humanitaire arrive en Europe. C’était pourtant impensable dans l’Europe de l’après-Seconde Guerre mondiale. Faute de pouvoir dévaluer notre monnaie, il a fallu appliquer le concept de « dévaluation intérieure », c’est-à-dire d’autodévaluation. Autrement dit, les salaires et retraites ont été baissés de 35 % ! 

Certains pensent qu’il faudrait aller encore plus loin en baissant de nouveau les revenus, en ôtant les barrières aux licenciements, en expulsant les personnes qui ne peuvent plus honorer leurs traites. Il n’y aurait ainsi pas d’autre solution que de s’appauvrir.

Vous contestez cette vision  ?

C. T. : Nul ne doute des effets désastreux d’une telle expérience politique qui consiste à aller le plus loin possible. Nous allons finir par épouser la rhétorique du philosophe anglais du XIXe  siècle Herbert Spencer, selon lequel les pauvres qui n’arrivent pas à survivre n’ont qu’à mourir. La crise balaie toute idée d’Europe solidaire, rationnelle et humaniste. La convergence des pays de l’Union européenne est oubliée bien qu’elle figure en tête de la constitution européenne. L’on sait pourtant qu’il s’agit d’un projet politique de très long terme. Regardez comment l’ex-Allemagne de l’Est reste sous développée par rapport à l’Allemagne de l’Ouest plus de vingt ans après la réunification, en dépit des sommes colossales qui ont été déversées. Que peut-on espérer dans une Europe de plus en plus divergente ?

Les Grecs semblent pourtant résignés…

C. T. : L’illusion de confort et d’aisance qui prévalait avant la crise s’écroule de manière très brutale. Lorsque votre retraite de 1 200 € chute à 650 €, vous ne vivez plus, vous survivez, même si la notion de privation est toujours relative. La classe moyenne est laminée. Le nombre de dépressions nerveuses augmente, de même que les suicides et les internements. Et l’on ferme des hôpitaux psychiatriques ! 

C’est démentiel mais c’est vrai. Les gens sont en suspens. Ils ont perdu leur travail ou ils ont peur de le perdre. Tout le monde se sent en insécurité, a peur pour son travail, son argent, sa maison, sa santé. Le désespoir est contagieux. Il est devenu endémique. Tout comme l’est la véritable hémorragie de confiance dans les institutions et les garants des institutions. Beaucoup ne croient plus en l’avenir. Or appartenir à une société, c’est précisément croire en l’avenir.

Comment expliquer qu’il n’y ait pas d’explosion sociale ?

C. T. : Cet excès de précarité est très néfaste d’un point de vue psychique. La douleur psychique s’alimente d’une douleur sociale. L’on sent la tristesse et l’abattement mais aussi la révolte. Il est possible de passer de la colère à l’apathie et inversement. Ces états se renforcent l’un l’autre. La distance est minime entre l’intériorisation, l’acceptation et l’explosion. Il n’y a certes pas d’explosion sociale. Peut-être vaudrait-il mieux dire pas encore. Le gouvernement s’oppose – mais jusqu’à quand ? – à la demande de la troïka (1) de lever le moratoire sur les expulsions car il sent bien que cela risquerait d’enflammer le pays. Cependant, les révoltes ne sont jamais prévisibles, elles peuvent éclater n’importe quand pour n’importe quel prétexte.

Les nombreuses initiatives solidaires n’incitent-elles pas à l’optimisme ?

C. T. : Comme souvent, la crise alimente l’expression artistique, intellectuelle et citoyenne. La vie ne s’arrête pas. On joue de la musique, des théâtres voient le jour. Partout des mouvements de solidarité s’organisent. Ces phénomènes sont réconfortants, même s’ils ne peuvent à eux seuls résoudre le problème et ils témoignent de la destruction de l’État social.

C’est le cas en Grèce ?

C. T. : Selon la méthode du salami, on coupe chaque jour une « tranche », dans l’éducation, la sécurité sociale, les pensions, etc. Tout ce qui a été conçu depuis la Seconde Guerre mondiale vole en éclats.

recueilli par MARIE VERDIER (à Athènes)

(1) Le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale européenne forment la troïka chargée de trouver une solution à la crise des dettes souveraines en Europe.

 

Catégories :Kosovo-Balkans

Les troupes françaises quittent le Kosovo…

La situation reste toujours sensible au Kosovo, cependant, ces dernières ne semblent relever que d’opération de maintien de l’ordre.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2013/11/29/01003-20131129ARTFIG00564-l-adieu-au-kosovo-des-militaires-francais-de-la-kfor.php

L’adieu au Kosovo des militaires français de la Kfor

Par Alain Barluet publié le 29/11/2013 à 19:08

Soldat français de la Kfor au Kosovo, près de la frontière avec la Serbie, en 2008.

 

Paris annoncera prochainement le retrait en 2014 de son contingent de 320 hommes présents au sein de cette opération de l’Otan.

 

L’information ne devait pas «sortir» si tôt. Engagée au sein de la Force de l’Otan au Kosovo (Kfor) depuis 1999, la France retirera en 2014 son contingent de 320 militaires présents dans cette ex-province serbe devenue indépendante en 2008. C’est le commandant en chef des forces de l’Otan, le général Philip Breedlove, qui a brûlé la politesse aux autorités françaises en annonçant ce retrait, jeudi, à l’occasion d’une visite à Pristina. Dans les sphères otaniennes, l’affaire avait déjà commencé d’agacer d’autres pays participants à la Kfor, notamment l’Allemagne, premier contributeur avec 685 militaires de cette force qui compte actuellement 5.000 hommes. Outre-Rhin, certains déplorent ainsi, de la part de la France, une «action unilatérale» ayant donné lieu à un «préavis trop court». Un peu de sel sur les égratignures provoquées, il y a quelques semaines, par les initiatives du ­ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en vue d’une «réorganisation» de la brigade franco-allemande…

Un autre débat plonge l’avenir de la Kfor dans l’incertitude: son éventuel passage sous la bannière de l’Union européenne, un transfert de responsabilité souhaité par Paris mais qui n’enthousiasme guère les Vingt-Huit.

Côté français, on estime que la situation au Kosovo, longtemps en proie aux affrontements entre populations d’origine serbe et albanophone, ne justifie plus le maintien d’une force aussi «robuste». Le contexte, dit-on, relève désormais du «maintien de l’ordre plutôt que d’opérations militaires». Dans cet esprit, une quarantaine de gendarmes français participent à la mission européenne Eulex, compétente dans les domaines de la justice, de la police et des douanes. Paris préconise aussi la mise sur pied d’une «force en attente», à l’extérieur du Kosovo mais susceptible d’y être projetée en cas d’un retour de flammes intercommunautaires. Avec ce retrait va se tourner peu ou prou la page d’une présence militaire française dans les Balkans qui compta jusqu’à 7.000 hommes durant la guerre dans l’ex-Yougoslavie. Cet adieu au Kosovo est aussi placé sous le sceau des restrictions budgétaires et intervient à un moment où les troupes sont très sollicitées en Afrique. Toutefois, cette décision est «sans corrélation avec l’intervention en Centrafrique», affirme-t-on dans l’entourage de François Hollande.

Le 19 avril dernier, l’UE a parrainé un accord signé à Bruxelles entre la Serbie et le Kosovo pour normaliser leurs relations. Dans le but de «réconcilier les évolutions politiques et l’outil militaire», Paris voudrait que la Kfor passe sous la houlette européenne, comme pour l’opération Althea en Bosnie-Herzégovine, en 2004. Mais la France est isolée. Les Vingt-Huit jugent majoritairement préférable de rester sous l’étendard Otan. «La situation au Kosovo reste tendue, ce n’est pas le moment de changer de configuration», invoque ainsi une source britannique. Le sujet sera sur la table du prochain Conseil européen consacré à la défense, les 19 et 20 décembre. Paris se contentera de «prendre date» dans un processus qui s’annonce lent.

Catégories :Kosovo-Balkans

Violence au Kosovo, encore…

La situation n’en finit plus de se détériorer au Kosovo entre Serbes et Albanophones, une ambiance très lourde que les dernières élections n’ont pas permis d’assainir. A quand le prochain conflit ?

Ce n’est plus une question pour la presse à sensation mais pour la presse tout court, un nouveau conflit reste toujours en gestation à nos portes…

Sources : http://www.lejournalinternational.fr/Kosovo-la-violence-s-invite-aux-elections-locales_a1490.html

Kosovo : la violence s’invite aux élections locales

Jean-Samuel Lécrivain, membre de UN’ESSEC
551 lectures
21/11/2013

 

 
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Très attendues par Belgrade et Pristina et hautement surveillées par la communauté internationale, les élections du 3 novembre dernier au Kosovo ont été le théâtre d’épisodes de violence. Présentées comme une étape importante dans la normalisation des relations entre la Serbie et son ancienne province, ces élections sont-elles synonymes d’un échec international ?

 

Crédits photo -- Getty Images

Crédits photo — Getty Images
Ces élections étaient les premières organisées depuis l’indépendance du Kosovo en 2008. Les bureaux de votes saccagés par des hommes cagoulés dans la région de Mitrovica nous rappelle que 5 ans plus tard les tensions sont encore extrêmement fortes. 

L’élection de tous les enjeux

Les Serbes, qui représentent moins de 10 % de la population, sont majoritaires dans le nord de ce pays. Les 90 % restant sont des Albanais. Depuis le départ des forces serbes en 1999, à la suite de l’intervention de l’OTAN, l’organisation Human Right Watch estime que plus de 200 000 d’entre eux ont été contraints de quitter la région du fait de violences et de persécutions. Ironie tragique de l’histoire alors qu’à l’issue de la Première Guerre mondiale, le Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes s’était lancé dans une intense « désalbanisation » de la région.

L’enjeu de ces élections municipales était multiple et déterminant pour l’avenir de la région. En effet, le Kosovo, tout comme la Serbie, cherche à se rapprocher de l’Union européenne. C’est dans ce contexte que le processus électoral du 3 novembre apparaissait comme un test grandeur nature de l’accord de normalisation des relations signées par Belgrade et Pristina à Bruxelles. Une des conditions essentielles à l’amélioration de la situation et au bon déroulement du processus électoral était la participation de la minorité serbe kosovare aux élections, en particulier dans le nord du pays.

Cette participation des Serbes était censée permettre l’élection de représentants locaux à même de négocier avec Pristina. L’accord de Bruxelles prévoyait ainsi la création d’une Associations des Municipalités serbes, à laquelle le pouvoir central conférerait un certain degré d’autonomie dans le cadre de l’État kosovar. Cette association devait mettre un terme aux structures administratives parallèles financées par Belgrade et considérées comme illégales par la communauté internationale.


Le vote comme renoncement ?

Cette participation a tout de même été fortement remise en question au sein de la communauté serbe kosovare. Pour nombre d’entre eux, voter revenait à reconnaître de facto l’existence et la légitimité du Kosovo. Ainsi la simple présence de symboles de l’État kosovar dans les bureaux de vote avait suscité de vives réactions chez certains Serbes comme Krstimir Pantić, candidat aux élections municipales de la liste Initiative citoyenne serbe à Mitrovica. Quelques jours avant les élections, Krstimir Pantic s’insurgeait sur le plateau de la chaîne belgradoise TVPink de la présence de la mention « République du Kosovo » dans les bureaux de vote alors que l’accord signé par Pristina, Belgrade et l’UE prévoyait que seul le logo de la Commission Centrale Électorale du Kosovo soit présent. Rappelons qu’officiellement la Serbie considère toujours le Kosovo comme une de ses provinces, et qu’administrativement Pristina n’a quasiment aucune autorité sur les régions du nord. 

 

L’appel aux urnes de personnalités serbes comme le Premier ministre Ivica Dacic n’a vraisemblablement pas dissipé les craintes des Serbes kosovars, comme en témoigne le taux de participation de 13 % dans les régions à majorité serbe. Ce dernier avait ainsi déclaré à l’agence de presse Tanjug : « Leur destin doit être dans leurs propres mains, et non dans les mains d’extrémistes de droite qui poussent les Serbes vers une catastrophe ». Les auteurs des violences dans les bureaux de vote de Mitrovica Nord font partie de ces extrémistes, résolus à faire échouer toute tentative de conciliation.

Alors que la France se félicite du bon déroulement général des élections marquant une étape importante vers l’établissement d’un État de droit, le porte parole du gouvernement serbe, Milivoje Mihajlovic, affirme que les évènements du 3 novembre représentent « la faillite de la démocratie ».

Le faible taux de participation et les épisodes de violence auront pour principales conséquences, et peut-être pour but, de questionner la légitimité des futurs élus. Sans reconnaissance suffisante de la part des Serbes, toute tentative de négociations entre ses représentants et le gouvernement kosovar est vouée à l’échec, gelant toute intégration administrative – aussi ténue soit-elle – du nord de la région au Kosovo.


Aide ou ingérence : une souveraineté en trompe-l’oeil ?

Ces violences soulignent donc l’échec des forces de police du Kosovo soutenues par la mission de l’Union européenne au Kosovo (EULEX) et ses unités spéciales, ainsi que par les forces de l’OTAN déployées dans le cadre de la Kosovo Force (KFOR), qui n’ont pu garantir le bon déroulement des élections. Ni le Kosovo, ni ses « superviseurs » internationaux n’ont ainsi pu permettre aux Serbes kosovars de prendre pleinement part aux élections.

En effet, si les violences se sont globalement limitées à trois bureaux de vote, ce sont tous les bureaux du nord de la région qui ont été fermés plusieurs heures avant la fin officielle des élections. Toute la journée, devant ces bureaux, des partisans du boycott avaient monté la garde afin de dissuader d’éventuels électeurs d’aller voter. En ce sens, la nature démocratique du processus électoral paraît très fortement compromise dans les régions du nord, sans compter le vote par correspondance dont le contrôle parait douteux. C’est dans ce contexte que la décision prise à Bruxelles par Catherine Ashton et Hashim Thaçi d’annuler le scrutin uniquement dans trois des bureaux de votes de Mitrovica fait débat.

Derrière cette décision, c’est la supervision même du Kosovo par les instances supranationales qu’il faut envisager. Ainsi, la mission d’encadrement et de surveillance des élections n’a pas été confiée au Comité électoral du Kosovo mais à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Dès lors, les décisions prises par Bruxelles apparaissent comme fortement politiques. Même si l’on peut louer leur motivations, à savoir accélérer le règlement et la normalisation de la situation, ces dernières peuvent sembler contre-productives. Ce n’est pas sans rappeler lorsqu’en 2010 l’UE avait fermé les yeux sur un certain nombre d’irrégularités dans le déroulement des élections du gouvernement kosovar.

 

Crédits photo -- Reuters

Crédits photo — Reuters
De telles interventions minent la légitimité du gouvernement.Car si dans l’absolu ces élections permettent à Bruxelles de disposer d’interlocuteurs sur le terrain, leur manque de légitimité, réel ou supposé, représente un frein à toute amélioration. Certains Serbes s’en prennent ainsi au soi-disant parti pris européen, alors que de nombreux Kosovars rejettent « l’ingérence internationale » avec parmi eux les membres de Vetëvendosja (Autodétermination), qui réclament le rattachement de la province sécessionniste à l’Albanie voisine.

La tutelle internationale sur le jeune État kosovar, bien que théorique depuis le 10 septembre 2012 (date à laquelle le pays s’est vu officiellement reconnaître la « pleine souveraineté sur son territoire » reste de facto très présente. Dimanche dernier, la tenue de nouvelles élections dans de bonnes conditions, dans les 4 districts touchés par les violences le 4 novembre dernier, est néanmoins à mettre au crédit de l’OTAN et de l’Union européenne. Le déploiement de moyens exceptionnels dans la région de Mitrovica a en effet permis le déroulement du scrutin dans le calme, avec une participation en hausse par rapport au 3 novembre, atteignant plus de 20 %.

Une telle hausse demeure difficile à interpréter. Est-elle le fruit des appels renouvelés de Belgrade désireuse d’accélérer la réception de sa candidature à l’UE ou le résultat de la crainte de voir des Albanais être élus dans ces régions majoritairement serbe ? Une chose est sûre : avec un tel taux de participation, l’intégration politique des enclaves serbes à l’État kosovar et le règlement de la situation demeurent encore lointains.

Site officiel de UN’ESSEC

 

Catégories :Kosovo-Balkans

élections au Kosovo, un coup d’épée dans l’eau ?

Source : http://balkans.courriers.info/article23569.html

Nord du Kosovo : un déni de démocratie sous label de l’OSCE et de l’Union européenne

De notre envoyé spécial à Mitrovica
 
 
Mise en ligne : mercredi 6 novembre 2013
Le « suspens » a donc été levé mercredi à l’issue de la rencontre, à Bruxelles, entre Catherine Ashton, Ivica Dačić et Hashim Thaçi : le scrutin municipal de dimanche sera annulé dans trois bureaux seulement de Mitrovica, alors qu’il a été entaché de graves irrégularités dans l’ensemble du secteur-nord du Kosovo. Une décision qui représente un évident déni de démocratie.

Par Jean-Arnault Dérens

Depuis lundi, les déclarations tant de l’OSCE, de la mission d’observation de l’Union européenne que de la Commission électorale centrale du Kosovo suggéraient que cet épilogue serait trouvé aux graves violences qui se sont produites dimanche au Kosovo. Selon l’OSCE, le scrutin se serait déroulé « de manière globalement satisfaisante » dans l’ensemble du secteur nord du Kosovo, jusqu’à l’irruption d’hommes masqués dans trois écoles de Mitrovica. Pourtant, les bureaux de vote n’ont ouvert qu’avec une heure ou deux de retard à Mitrovica. Devant tous les bureaux de quatre communes de la région, des partisans du boycott ont monté la garde toute la journée, pour dissuader les électeurs d’aller voter. Enfin, alors même que les incidents violents n’ont eu lieu qu’à Mitrovica, tous les bureaux de vote de la région ont été immédiatement fermés, l’ensemble des personnels de l’OSCE évacuant la région. La décision de valider un scrutin qui s’est déroulé dans de telles conditions représente donc un évident déni des principes démocratiques les plus élémentaires.

Les étonnants chiffres de l’OSCE

L’OSCE a également déclaré que la participation dans le nord aurait atteint 15 à 25% des inscrits. Nous contestons rigoureusement de tels chiffres. Nos observations dans de nombreux bureaux de vote de la région, tant à Mitrovica qu’à Leposavić et Zvečan indiquent que la participation n’a nulle part atteint la barre de 10% des inscrits. Dans la commune de Mitrovica, nous affirmons que la participation à 16 heures était de 2432 votants sur 27.915 inscrits, soit 8,71%. Parmi ces 2.432 électeurs, 1.499 avaient voté dans les trois bureaux majoritairement albanais de Mitrovica-Nord (dans les quartiers de Bošnjačka mahala et Mikronaselje). Une participation de « 15 à 25% » des inscrits ne pourra donc être atteinte qu’en ajoutant « généreusement » des votes par correspondance émis par les personnes déplacées en Serbie, qui ont voté (ou ne l’ont pas fait) sans aucune procédure démocratique de contrôle : on pourra, effectivement, « faire voter » autant de personnes déplacées en Serbie que l’on voudra…

Que de telles malversations aient lieu au nom de « l’intérêt supérieur » de la « normalisation » du nord du Kosovo ne change rien au problème. Comment pourrait-on croire que les Serbes du nord du Kosovo iront voter avec plus d’entrain le 1er décembre prochain, ou à n’importe quelle autre date, qu’ils ne l’ont fait le 3 novembre ?

La seule solution digne, respectueuse des populations locales et conforme aux principes démocratiques auxquels se réfèrent tant l’Union européenne que l’OSCE aurait été d’annuler le vote dans l’ensemble des quatre communes du nord (Mitrovica-nord, Leposavić, Zubin Potok et Zvečan) et de placer cette zone sous administration spéciale, tant que les conditions d’un nouveau vote réellement libre et démocratique ne seront pas réunies.

Catégories :Kosovo-Balkans