De l’évolution du monde…

Le modèle traditionnel des sociétés antiques cède peu à peu la place à un autre modèle. L’excellent Georges Dumézil présentait la société indo-européenne selon un modèle tripartite suivant l’organisation suivante : la classe des dirigeants (religieux et politiques), la classe militaire et la classe des producteurs (de biens manufacturés, alimentaires ou autre). Comme je l’ai précisé1, ce modèle perdure jusqu’à la période actuelle. Cependant, un changement s’est opéré comme l’a fait remarquer Michel SERRE2, les deux premières classes se sont effondrées. En effet, les dirigeants ont été radicalement et structurellement modifiés depuis la Révolution Française. Le pouvoir s’appartient plus exclusivement à une élite héréditaire mais élue comme l’étaient les premiers rois sous les Mérovingiens. Le pouvoir religieux quant à lui, s’est considérablement affaibli. En occident du moins, il doit rivaliser avec des concurrents de plus en plus variés, de plus en plus nombreux. Certes, le besoin de croire est toujours présent, mais il s’agit davantage d’une démarche personnelle que collective. Le choix s’impose : on choisit ses dirigeants, on choisit sa religion, ce terme est d’ailleurs devenu global, il regroupe plus un ensemble de croyances, de convictions, qu’une véritable foi. A présent, c’est le tour de la « caste des producteurs » de connaître de profonds changements. Les façons de produire ont été considérablement modifiées depuis le monde antique. Il convient d’étudier plus en détail les transformations de ces trois « castes » :

 

la classe dirigeante tout d’abord, durant les premiers temps de l’organisation sociale des hommes, l’ordre des dirigeants se scindait en deux sphères : politique et religieuse.

 

Le politique concernait la vie temporelle, et assurait le fonctionnement de la cité (la Polis). Qu’il s’agisse d’une République ou d’une Monarchie, le pouvoir était astreint à des règles précises de désignation et de fonctionnement. La république tout d’abord, était élective, elle regroupait des personnes de haut rang destinées à exercer le pouvoir. Cependant, les participants ne représentaient qu’une partie restreinte de la population, le plus souvent en fonction de leur fortune et de leur origine (souvent les deux). A l’image de Rome, une assemblée constituait le centre du pouvoir. La Grèce a développé ce type de structure jusqu’à un haut degré de perfectionnement avec plusieurs type d’assemblées :

– la Boulè ou Conseil des 500 à Athènes regroupait 500 citoyens élus annuellement, avec une présidence mensuelle tournante, était chargée de recueillir les requêtes des citoyens (ou probouleuma).

– la Gérousia à Sparte regroupait 28 citoyens de plus de 60 ans élus à vie.

– l’Aréopage était une sorte de conseil royal qui évolua en cour de justice avec le temps.

 

D’une manière générale, les Républiques ont évolué ver des monarchies avant de redevenir des Républiques. D’abord élective, concentrait le pouvoir dans les mains d’une seule personne capable de prendre des décisions rapides et de les faires appliquer tout aussi rapidement. Là encore, le pouvoir a évolué (les ambitions aussi !) pour s’orienter vers une monarchie héréditaire.

 

 

1 – « l’image du temps, France, Europe, Monde », A.MAVRIDIS, éd. ***, 2011.

2 – « le temps des crises », Michel SERRE, éd. le Pomier, 2009

3 – la Polis, désigne la cité-Etat de la Grèce antique.

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Cette innovation présentait le double avantage de régler la question épineuse de la transmission du pouvoir, et d’assurer une lignée, c’est-à-dire l’assurance (plus ou moins fiable) que les qualités du monarque se retrouverait chez ses descendants, assurant ainsi la pérennité du pouvoir. Il faut bien situer les choses, le souci de transmission du pouvoir et de stabilité étaient une chose précieuse à une époque marquée par des guerres incessantes, une grande instabilité politique et militaire. Le roi est un personnage à part, il n’est pas encore d’essence divine mais ses qualités « spéciales » sont reconnues. Il est à la fois chef de guerre, de l’administration, du village ou de la cité, il incarne, est le garant des victoires militaires, de la stabilité politique, il permet le développement du commerce. C’est par son action qu’une cité devient prospère, que la diplomatie se développe avec les autres cités, que des accords, des alliances ou des guerres sont décidées. La disparition du roi pose de graves problèmes car la vacance du pouvoir affaiblit considérablement la polis (ou cité-Etat). il est nécessaire de trouver un successeur le plus rapidement possible, de préférence de la même lignée que le roi mort, dans l’espoir que ses qualités survivront à travers sa descendance.

Le religieux quant à lui, régnait sur le spirituel, les prêtres sont les serviteurs et les interprètes de la volonté des dieux, c’est à dire des entités supérieures qui sont à l’origine de la vie sur terre, des événements quotidiens ou exceptionnels. En outre, les prêtres jouent le rôle d’intermédiaires entre les hommes et les dieux. Maîtres du temps, il savent quand il faut semer, récolter, déclarer une guerre, prédire les événements à venir. Ils sont les garants d’une vie future meilleure dans l’au-delà, à condition de suivre certaines règles, respecter certains rites, certaines procédures. Ils rendent la justice quand ce n’est pas le pouvoir politique qui assume cette responsabilité. La classe sacerdotale rayonne également sur le domaine juridique, elle établit et fait appliquer les lois dans un cadre religieux. Il lui arrive souvent d’entrer en concurrence avec le pouvoir politique sur ce point. En effet, les conséquences sont importantes : régner sur le droit, c’est régner sur la vie temporelle, quand on dispose déjà du règne de la vie spirituelle, le pouvoir ainsi constitué est immense. Il permet d’agir largement et durablement sur la vie des citoyens, d’être réactif face à une situation d’urgence, d’être compétent en tout domaine. Cependant le risque est grand de vouloir exercer le pouvoir pour son propre compte. Ainsi, le politique peut à son tour vouloir interférer dans le domaine spirituel pour toucher à la fois les corps mais aussi les âmes de ses administrés. Les religieux peuvent également conduire l’armée quand cette tâche n’est pas dévolue au politique, en ce cas, ils sont les garants de la victoire en assurant le concours des dieux à l’issue des batailles. Cet aspect est loin d’être négligeable dans une période d’incertitude. On se rassure comme on peut, dit-on, et pour cela, toutes les formes sont recherchées, quitte à ce que les belligérants prient les mêmes dieux…

la classe militaire ensuite, assure la sécurité de la polis, et son expansion en menant des guerres défensives pour se prémunir d’une éventuelle menace, ou offensive pour piller les cités voisines et enrichir la polis. Les guerriers représentent souvent une aristocratie.

la classe des producteurs quant à elle, a la charge de l’entretien de la population. Elle se répartit en groupes et sous-groupes spécialisés dans tel ou tel type de production : alimentaire, textile, métallurgie, etc.

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La part la plus importante concerne ce que nous appelons le secteur primaire, à savoir l’agriculture. L’alimentation de la cité est primordiale, elle répond à un besoin essentiel, vital, mais joue aussi un rôle de prestige quant à la quantité et la qualité des produits disponibles.

Le surplus a une vocation commerciale, il est source de richesse et de réputation auprès des autres polis. Source de richesse, il est aussi  source de conflit, et attire les convoitises.

Cependant, le principe reste le même  : la production set à couvrir les besoins de la Polis, le surplus est destiné au commerce. La seule différence est que la production de surplus est davantage recherchée pour elle-même que pour répondre aux besoins locaux. Cette troisième classe a connu un fort développement, d’abord agricole, elle s’est orientée davantage vers l’industrie (secteur secondaire), pour enfin se spécialiser de nos jours dans les services (secteur tertiaire). Ces trois classes issues du modèle de société indo-européenne, si bien et largement décrite par Georges Dumézil, a connu de profonds changements à travers les siècles, et jusqu’à présent. Il convient de les prendre séparément pour bien comprendre leur évolution.

 

La classe dirigeante.

Le pouvoir politique a connu de grands bouleversements, d’abord République ou association de chefs, il a évolué vers une monarchie élective puis héréditaire, avant de revenir à une République. Celle-ci s’exerce au nom du peuple, à travers des représentants désignés par des élections à une échéance donnée. Ce type de fonctionnement a supplanté le pouvoir personnel et héréditaire, même dans des régions où les principes démocratiques se ont pas naturels mais importés. C’est ce qui s’est passé courant janvier-février 2011 dans tout le monde arabe. Il semblerait donc que ce modèle d’exercice du pouvoir s’impose à toute la planète, quels que soient les régimes, les peuples et les dirigeants, la structure sociale des populations. Nous assistons à une uniformisation des régimes politiques du monde entier, à quelques  exceptions près. Ceci n’est pas nouveau, en effet, une telle uniformisation a déjà eu lieu, mais pour généraliser le système monarchique, l’exercice du pouvoir par une seule personne (même si le monarque déléguait une partie de son autorité à d’autres personnes en une arborescence parfois complexe).  La situation actuelle nous semble inédite car nous ne la comparons pas avec les expériences passées. Le long terme et la globalité ne sont pas des éléments que nous intégrons à notre vision du monde.

Le pouvoir religieux connaît lui aussi une révolution. Les croyances classiques codifiaient les croyants auprès d’un culte particulier, centralisateur. La foi se voulait universelle et commune, seule la collectivité comptait, l’individu n’étant considéré qu’en tant que partie d’un tout. Actuellement, et depuis plusieurs années, le culte de l’individu a changé la donne : l’individualisme a recentré le monde sur chaque personne. L’esprit de groupe a volé en éclat, la foi également. Désormais, chacun a sa croyance propre cohérente, unifiée et composée de plusieurs croyances. L’influence de la philosophie a été déterminante dans ce processus de personnalisation de la foi. Les clergés classiques doivent composer avec de nouvelles croyances, de nouveaux mouvements spirituels parfois très éloignés du Dogme. Les sectes en premier lieu ont pu profiter largement de ce revirement de situation pour exister et s’imposer à une population demandeuse de religion. Le besoin de croire reste présent, il se développe à mesure de l’instabilité de notre environnement (économique, politique, culturel, etc.).

La médecine joue une rôle considérable au sein de ces nouveaux mouvements qui relèvent à la foi du spirituel et de la philosophie. La santé est un élément très important ces dernières années, on aspire à moins de stress, plus de bien-être. C’est un terrain propice, le terreau idéal pour que puisse se développer les croyances les plus farfelues, tant qu’elles parviennent à séduire une population qui, d’ailleurs, ne demande qu’à être séduite…

 

La classe militaire.

Les armées évoluent, se perfectionnent. De tout temps, on a cherché à atteindre l’adversaire à distance. Un temps, la lance remplissait cette fonction, en particulier avec les propulseurs dès la fin du paléolithique lors des chasses au gibier. D’autres inventions d’armes de jet plus perfectionnés l’ont concurrencé comme l’arc. Plusieurs types d’arc et de flèches (pointes et empennages) ont été mis au point selon l’usage que l’on voulait en faire (percer une ligne de combattants, un armure, un bouclier, un rempart à l’aide d’une baliste, etc.). Par la suite, la munition à explosion a remplacé la flèche, mais toujours avec la même démarche : atteindre de loin en spécialisant le projectile. Le type de cartouches a été défini selon l’usage que l’on voulait en faire : balle perforante, traçante, explosive, de petit ou gros calibre, ballplast, cartouche anti-émeute, etc.

Cette volonté d’atteindre un ennemi à distance, en se préservant de pertes éventuelles, s’est poursuivie jusqu’à nos jours.  Actuellement des systèmes complexes ont réalisé, concrétisé cette ambition, sur des distances plus importantes, bien plus étendues que la portée effective d’une flèche ou d’une balle. Désormais, un simple bouton peut décimer une ville entière. Les projectiles modernes sont plus massifs, couvrent de plus grandes distances et causent plus de dégâts que jamais. En outre, l’armée elle-même s’est spécialisée, étrangement chaque élément y est représenté : armée de terre, de l’air, marine, feu nucléaire…

Au sien de chaque corps d’armée, une arborescence existe et définit les fonctions : commandement, administration, logistique, etc.

Cependant, cette spécialisation, ce perfectionnement a rendu l’outil militaire moins efficace. En effet, la capacité de destruction s’est considérablement développée, mais la volonté de ne pas s’en servir aussi !

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C’est un paradoxe : d’un côté un potentiel de destruction sans précédent, d’un autre côté des entraves politiques et idéologiques à l’utilisation des ces moyens. L’exemple le plus criant est celui de l’Irak ou encore de l’Afghanistan (peut-être bientôt de la Côte d’ivoire ou de la Lybie). L’embourbement financier et technique de l’armée américaine tranche avec ses moyens considérables. En face, nous avons une armée d’insurgés disposant de moyens techniques plus réduits mais qui causent des dégâts importants, qui réalisent des prises d’otages, ou des opérations commandos meurtrières. Ce dernier point n’est pourtant pas nouveau, il s’est répété tout au long de la guerre du Viet-Nam. Actuellement, une telle machine militaire tant technique que complexe, peut être réduite à néant si on la prive d’énergie électrique et de moyens informatique et de communication. Paradoxalement, les moyens classiques restent opérationnel et permettent des opérations efficaces, sans crainte d’être rendus inopérants (à part une destruction par l’ennemi bien entendu). La classe militaire a donc elle aussi subi une profonde transformation. Durant presque toute l’Antiquité, le militaire et le religieux disposaient d’un grand pouvoir, ils détenaient l’essentiel de la direction de la Polis. Puis le politique a concurrencé le religieux pour enfin rivaliser avec lui et le supplanter, c’est le premier grand changement du pouvoir.

 

La classe des producteurs a fait de même, la révolution des peuples (avant et après 1789) a permis à la Bourgeoisie d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir jusqu’à nos jours. Elle est apparue comme une nouvelle aristocratie et a tiré sa force de sa maîtrise de l’outil de production, c’est le deuxième grand changement du pouvoir. Cette classe productive est actuellement divisée, son développement a entraîné sa spécialisation mais aussi sa diversification. Nous pouvons observer deux grands domaines bien séparés : la production matérielle de biens de consommation, et la production immatérielle, plus récente mais qui se développe fortement. C’est le troisième grand changement du pouvoir. En effet, cette dernière évolution permet le développement important et généralisé d’une nouvelle source de richesse : la spéculation. Il s’agit d’une nouvelle classe dirigeante qui domine le politique souvent, le religieux parfois, le militaire toujours. La production de biens matériels lui est bien entendu totalement soumise, conditionnée, façonnée selon ses besoins. La crise de 2008 pourtant profonde n’a en rien modifié les pratiques. Les bonnes résolutions ont disparu et la spéculation a repris son rythme d’avant-crise, assez souvent même, elle l’a dépassé…

Il est fort probable que la prochaine crise qui se prépare aura des effets encore plus dévastateurs, mais il y a fort à parier qu’à l’issue, la spéculation reprendra ses droits et continuera de plus belle, sous une forme ou sous une autre. Ceci à moins que de nouvelles dispositions l’en empêchent ou qu’elle se fasse supplanter à son tour par une nouvelle classe dirigeante… l’avenir nous le dira…

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Merci le FMI…

Source : http://www.lepoint.fr/architecture/grece-le-patrimoine-architectural-moderne-athenien-est-en-peril-11-08-2017-2149351_3383.php

Grèce : le patrimoine architectural moderne athénien est en péril

Une loi de 1983 oblige normalement les propriétaires de bâtiments néoclassiques à garantir leur préservation, mais la crise de 2010 a mis un coup d'arrêt aux crédits.
Une loi de 1983 oblige normalement les propriétaires de bâtiments néoclassiques à garantir leur préservation, mais la crise de 2010 a mis un coup d’arrêt aux crédits. © AFP/ LOUISA GOULIAMAKI
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La Grèce, le FMI et les autres…

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/30/grece-les-europeens-contestent-le-pessimisme-du-fmi_5071372_3234.html

Grèce : les Européens contestent le « pessimisme » du FMI

Les créanciers du pays ne veulent pas d’un effacement de la dette alors que le Fonds monétaire international juge celle-ci « totalement intenable ».

LE MONDE ECONOMIE | 30.01.2017 à 09h31 • Mis à jour le 30.01.2017 à 10h06 | Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance) et Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

 La directrice générale du FMI Christine Lagarde, et le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, en 2015.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde, et le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, en 2015. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/ FRENCH-POLITICS POUR « LE MONDE »

Quand finira donc l’interminable bras de fer entre le Fonds monétaire international (FMI) et les créanciers européens de la Grèce qui prend le pays en otage depuis des mois ?

Vendredi 27 janvier, la fuite d’un rapport très alarmiste du Fonds sur la soutenabilité de la dette publique grecque (180 % de son produit intérieur brut), a de nouveau braqué les partenaires européens du FMI et créanciers du pays (mécanisme européen de stabilité (MES) et Banque centrale européenne (BCE)). « La dette grecque est totalement intenable. Même avec une application pleine et entière des réformes approuvées dans le cadre du programme d’aide, la dette publique et les besoins de financement vont devenir explosifs sur le long terme », écrit le FMI dans ce rapport qui sera présenté à ses 189 pays membres lundi 6 février. Sans mesures d’allégement, la dette grecque atteindrait 275 % du PIB du pays en 2060.

 

Ce constat est loin d’être le premier dressé par le FMI. Depuis début 2015, il insiste sur le caractère intenable de la dette grecque, espérant que le MES et la BCE accepteront des mesures d’allégement substantielles. C’est précisément parce qu’il n’a, jusqu’à présent, pas réussi à les convaincre qu’il n’a toujours pas pris la décision de participer au troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros), dix-huit mois après son lancement.

Les Européens ne veulent pas entendre parler d’un effacement de dettes

De fait : ses statuts interdisent au FMI d’aider un pays si à terme, sa dette n’est pas soutenable. Soit les créanciers font un effort en acceptant de renoncer en partie à leurs prêts, soit c’est le pays qui adopte des mesures d’austérité supplémentaires pour être en mesure de les rembourser.

Mais les Etats de la zone euro (qui contribuent au MES), contestent le « pessimisme » du FMI. « Le fardeau de la dette de la Grèce peut être soutenable, si les réformes convenues sont pleinement mises en œuvre, grâce aux conditions de prêt exceptionnellement favorables du MES sur le long terme et aux mesures à court terme d’allégement de la dette récemment adoptées », a fait savoir un porte-parole du MES dimanche 29 janvier.

Les Européens ne veulent pas entendre parler d’un effacement de dettes. Ils ont juste consenti mi-janvier à ce que le MES procède à des opérations très techniques, avec pour conséquence de légères baisses de taux sur certaines tranches de dette. Cependant, Berlin ne veut pas accepter de baisses substantielles des taux ni d’allongement des maturités avant les élections allemandes. Tout en réclamant, de manière parfaitement contradictoire, comme les Pays-Bas ou la Finlande, que le FMI contribue quand même au troisième plan, assurant que sa présence rend plus crédible le sauvetage du pays pour les marchés financiers.

Coupe automatique

En attendant, les Grecs sont pris en otage. Comme les Européens ne cèdent pas sur la dette, le FMI exige d’eux des garanties qu’ils parviendront à dégager un surplus primaire (surplus budgétaire hors paiement des dettes) de 3,5 % de leur PIB sur le long terme… Le premier ministre Alexis Tsipras a déjà accepté au printemps dernier d’adopter un mécanisme de coupe automatique dans les dépenses publiques si ce ratio n’était pas atteint en 2018. Les créanciers suggèrent maintenant qu’il soit étendu au-delà de 2018.

« Nous pourrions éventuellement accepter sous conditions l’extension du principe mécanisme d’alerte automatique en cas de dérapage budgétaire. Mais nous ne légiférerons en aucun cas de nouvelles mesures. Tout le monde semble l’avoir compris sauf le FMI », affirme Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement grec dans une interview au quotidien Ethnos dimanche 29 janvier.

Lire aussi :   Les pays du Sud réclament une zone euro plus solidaire

Pour Alexis Tsipras, il n’est pas possible d’aller plus loin dans les épreuves infligées au peuple grec. « Il est absolument hors de question de prendre des mesures d’austérité supplémentaires qui iraient au-delà de ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord avec les créanciers, avertit-il dans un entretien au Journal des rédacteurs (Efimerida Ton Syntakton). Nous n’ajouterons pas seul un euro de plus dans l’austérité ! »

Besoin d’un nouveau prêt

Samedi, les Grecs – notamment les agriculteurs et les personnels des hôpitaux publics – étaient une nouvelle fois dans la rue pour dénoncer les coupes budgétaires dans les services publics. Dans ce contexte tendu, le leader du parti d’opposition Nouvelle Démocratie réclame des élections anticipées immédiates. « Le gouvernement conduit le pays à une impasse, affirme Kyriakos Mitsotakis. Qu’il donne dès maintenant une chance au peuple grec de décider comment il veut voir les choses évoluer. »

Alexis Tsipras continue d’affirmer qu’il souhaite aller au bout de son mandat en 2019 mais cela va devenir de plus en plus compliqué, au vu des exigences des créanciers. D’autant que la Grèce va avoir besoin d’un nouveau prêt au printemps, pour parvenir à rembourser en tout 13 milliards d’euros de prêts arrivant à échéance d’ici juillet 2017…

Lire aussi :   Les discussions sur l’allégement de la dette grecque reprennent

 

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Après le Brexit, un Grexit

Source : http://www.lepoint.fr/economie/l-allemagne-poussera-t-elle-la-grece-hors-de-l-euro-31-01-2017-2101491_28.php

L’Allemagne poussera-t-elle la Grèce hors de l’euro ?

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a rouvert le débat sur une possible sortie de la zone euro de la Grèce, accablée par sa dette.

Par 6Medias

Modifié le 01/02/2017 à 06:14 – Publié le 31/01/2017 à 20:31 | Le Point.fr
Le ministre des Finances allemand a parlé ouvertement d'une sortie de la Grèce de la zone euro.
Le ministre des Finances allemand a parlé ouvertement d’une sortie de la Grèce de la zone euro. © SOOC/ Alexandros Michailidis

 

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Une hécatombe qui se poursuit…

Déjà fin décembre 2016, M. l’Ambassadeur de Grèce était retrouvé mort à Rio…

http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/30/01003-20161230ARTFIG00251-l-ambassadeur-de-grece-disparu-au-bresil-serait-victime-d-un-crime-passionnel.php

Le scénario macabre du meurtre de l’ambassadeur de Grèce au Brésil

  • Par Juliette Mickiewicz , AFP agence
  • Mis à jour le 31/12/2016 à 11:37
  • Publié le 30/12/2016 à 21:56
Françoise de Souza Oliveira, la femme de l'ambassadeur grec à l'entrée du commissariat de Rio, quelques minutes avant de reconnaître sa participation à l'homicide de son mari.
Françoise de Souza Oliveira, la femme de l’ambassadeur grec à l’entrée du commissariat de Rio, quelques minutes avant de reconnaître sa participation à l’homicide de son mari. Crédits photo : Fabiano Rocha / AP

La police parle d’un crime passionnel : l’épouse, Françoise de Souza Oliveira, 40 ans, entretenait une liaison avec Sergio Moreira, un policier de 29 ans. Ensemble, ils sont soupçonnés d’avoir planifié l’assassinat du mari, l’ambassadeur Kyriakos Amiridis.

L’ambassadeur de Grèce au Brésil, Kyriakos Amiridis, âgé de 59 ans, retrouvé carbonisé jeudi dans sa voiture dans les faubourgs de Rio, a été assassiné par l’amant de sa femme. Sergio Gomes Moreira, un policier militaire de 29 ans, a avoué l’avoir tué dans le cadre d’un «crime passionnel» planifié par son épouse de 40 ans, Françoise de Souza Oliveira. Le commissaire de la police Evaristo Ponte a annoncé lors d’une conférence de presse que la femme et l’amant ont été placés en détention provisoire.

Un cousin de l’amant, Eduardo Moreira de Melo, 24 ans, a également été arrêté. Il est soupçonné d’avoir fait le guet pendant le meurtre et d’avoir apporté un soutien logistique.

Mercredi, l’épouse de l’ambassadeur avait signalé la disparition de Kyriakos Amiridis, alors que le couple passait quelques jours de vacances dans sa résidence secondaire de Nova Iguaçu, au nord de Rio, avec sa fille de dix ans. Elle avait indiqué à la police n’avoir pu entrer en contact avec son mari depuis son départ lundi, seul à bord du véhicule loué par le couple pour leurs vacances.

L'ambassadeur grec, Kyriakos Amiridis, durant une cérémonie officielle à Brasilia (Brésil), le 25 mai 2016. MARCOS CORREA / AP
L’ambassadeur grec, Kyriakos Amiridis, durant une cérémonie officielle à Brasilia (Brésil), le 25 mai 2016. MARCOS CORREA / AP

Dès le lancement de l’avis de recherche, la police brésilienne avait précisé qu’elle écartait l’hypothèse d’un enlèvement, en l’absence de prise de contact avec la famille.

C’est à Nova Iguaçu que la voiture de l’ambassadeur a été retrouvée jeudi, entièrement brûlée. Un corps inerte gisait à l’intérieur. Les autorités brésiliennes ont alors effectué des tests ADN afin d’identifier la personne, une manipulation difficile car le corps était «totalement carbonisé».

Tué à son domicile, le corps a été incendié dans leur voiture sous un pont

Interrogée une première fois par la police, Françoise de Souza Oliveira a été convoquée à nouveau vendredi pour s’expliquer sur ses déclarations parfois contradictoires. L’épouse a rapidement vu les soupçons se concentrer sur elle et son amant, le policier militaire, «une personne de confiance» en charge des questions logistiques et de sécurité auprès de la famille.

Durant ce nouvel interrogatoire, Françoise de Souza Oliveira a «fondu en larmes et a fini par dire que le policier militaire était l’auteur du meurtre», a détaillé le commissaire Evaristo Ponte.

L’amant a pour sa part affirmé aux policiers s’être d’abord battu avec l’ambassadeur puis l’avoir étranglé dans un geste de légitime défense. Une version mise en doute par les policiers qui ont retrouvé un canapé taché de sang dans la résidence. Selon la police brésilienne, l’épouse et l’amant ont planifié ce «crime passionnel» et demandé l’aide du cousin de l’amant en promettant de lui verser 80.000 reales (environ 24.000 dollars) pour son assistance.

La voiture calcinée de l'ambassadeur grec. RICARDO MORAES / Reuters
La voiture calcinée de l’ambassadeur grec. RICARDO MORAES / Reuters Crédits photo : RICARDO MORAES/REUTERS

L’ambassadeur aurait été tué par l’amant dans la soirée de lundi, à l’intérieur du domicile, puis celui-ci aurait ensuite transporté le corps dans le véhicule avant de l’incendier sous un pont.

Kyriakos Amiridis était devenu cette année ambassadeur de Grèce au Brésil. Il y avait déjà été en poste entre 2001 et 2004, comme consul général à Rio de Janeiro. Entre-temps, il a notamment été ambassadeur de Grèce en Libye, de 2012 à 2016.

Dans une lettre adressée au premier ministre grec Alexis Tsipras, le président brésilien Michel Temer a fait part de sa profonde tristesse et a adressé ses condoléances à la famille de l’ambassadeur ainsi qu’au peuple grec.

L’ambassade de Grèce à Brasilia n’a fait aucune déclaration.

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Une escalade de la violence ?

Après l’assassinant du Consul russe à Ankara,  le Consul russe à Athènes à été retrouvé mort, va-t-on vers une nouvelle escalade de la violence ?

http://www.leparisien.fr/international/le-consul-de-russie-retrouve-mort-dans-son-appartement-a-athenes-09-01-2017-6546003.php

Grèce : le consul de Russie à Athènes retrouvé mort dans son appartement

>International|09 janvier 2017, 23h15 | MAJ : 10 janvier 2017, 6h23|0
Un corbillard quitte l’appartement du consul de Russie retrouvé mort à Athènes.

REUTERS

InternationalRussieGrèceAndreï MalanineAthènes

Le diplomate vivait seul dans un immeuble appartenant à l’ambassade de Russie, situé dans une rue très surveillée.

«Les premières constatations attestent d’une mort causée par une pathologie, indique un policier. Mais nous ouvrons cependant une enquête». Le chef des services consulaires russes en Grèce a été retrouvé mort dans son appartement à Athènes, selon une annonce de la police grecque, lundi. Andreï Malanine, 55 ans, a été retrouvé au sol, allongé sur le dos, dans sa chambre à coucher, selon une source policière, précisant qu’il n’y avait pas de signes d’effraction.

 

Une rue très surveillée

 

Le diplomate vivait seul dans un immeuble appartenant à l’ambassade de Russie, situé dans une rue très surveillée où se trouvent également la résidence officielle du Premier ministre grec et celle du président, selon la même source. Les autorités russes ont confirmé la mort du diplomate, selon l’agence RIA Novosti.

 

Selon des médias grecs, les employés du consulats s’était inquiétés après avoir remarqué l’absence de Andreï Malanine au travail lundi matin.

  Leparisien.fr avec AFP

 

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Le Kosovo, un nouveau problème au cœur de l’Europe…

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201607201026834134-kosovo-djihadistes-syrie-irak/

Des dizaines de Kosovars dans les rangs des djihadistes en Syrie et en Irak – © AP Photo/ Darko Vojinovic – International – 12:42 20.07.2016(mis à jour 13:00 20.07.2016) URL courte

Plus de 300 citoyens de la république autoproclamée ont rejoint les rangs des groupes djihadistes opérant sur le territoire syrien et irakien.

Soixante-dix ressortissants du Kosovo prennent part actuellement aux combats en Irak et en Syrie aux côtés des islamistes radicaux, a annoncé le ministre kosovar de l’Intérieur Skender Hyseni.

« Nous devons tirer les leçons du récent attentat à Nice en France (…). 314 citoyens de notre Etat ont participé aux combats en Irak comme en Syrie. Pour le moment, 70 d’entre eux sont toujours actifs, et 57 autres ont trouvé la mort », a fait savoir le ministre cité par le site Kossev.

Les musulmans du Kosovo suivent l’école hanafite de l’islam, version libérale qui accepte d’autres religions. Cependant, les médias occidentaux indiquent que les prêcheurs radicaux ont gagné du terrain au Kosovo ces dernières années en faisant la propagande de la suprématie de la charia et des idées du djihad violent.


Source : https://fr.sputniknews.com/international/201512101020187129-kosovo-djihadisme-ei/

 

Au Kosovo, une petite ville tranquille devenue « capitale du djihadisme » –  International – 16:29 10.12.2015(mis à jour 17:31 10.12.2015) URL courte – Dossier: Indépendance du Kosovo (195)  –

La petite municipalité kosovare de Kacanik à la frontière macédonienne est l’un des leaders européens pour le nombre de personnes parties combattre dans les rangs de Daech.

22 habitants de la municipalité de Kacanik, au Kosovo, combattent en Syrie et en Irak, raconte la chaîne de télévision croate HRT. A titre de comparaison, la population de cette localité s’élève à 34.000 personnes (99% sont des Albanais).

L’un d’eux, Lavdrim Muhadzeri, surnommé le Jihadi John (nom d’un bourreau de l’État islamique) des Balkans, est un combattant de Daech qui se trouve, d’après certaines informations, dans le nord de la Macédoine. Il est connu pour des massacres atroces de militaires syriens. Par exemple, une vidéo publiée en mai dernier montre Muhadzeri abattant un soldat syrien attaché à un pilier en lui tirant dessus à l’aide d’un bazooka.

Les autorités locales démentent les informations qualifiant Kacanik de « capitale du djihadisme » et accusent les médias de la diaboliser.
Selon Florim Neziraj, président de la communauté musulmane locale qui habite à Kacanik depuis trois ans, affirme qu’aucun conflit religieux n’y a été enregistré. Et peu importe le nombre de personnes parties faire la guerre à l’étranger.

Besim Iljazi, maire de la ville, prétend que rien ne dénote la présence d’éléments radicaux même si l’on se promène dans la rue pendant un mois.

Comme pour démentir ses propos, les gens ressemblant à des wahhabites se cachent de la caméra dans la rue principale de la ville et les habitants se refusent à tout commentaire.

Le chômage, la précarité et l’absence de perspectives sont les principales raisons qui poussent les jeunes gens à fuir Kacanik pour se rendre en Irak et en Syrie, où l’on leur promet 30.000 euros par an, estime HRT. Mais nombre d’entre eux se rendent vite compte qu’on les a trompés et cherchent à rentrer au plus vite.

Les psychologues qui s’occupent de ce problème peinent à dire qui est le plus dangereux: ceux qui, euphoriques, partent en Syrie et en Irak et y restent ou ceux qui en reviennent déçus.

L’Etat autoproclamé du Kosovo occupe la première place en Europe pour le nombre de combattants partis pour faire la guerre du côté de Daech.

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